1.1 Création du championnat professionnel

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1 Histoire CF de football

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1.1 Création du championnat professionnel

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  • Championnat France 1894-1920
    • Championnat France 1926-1929

Le football français résiste au professionnalisme jusqu’en 1930. Il est autorisé dans le football anglais en 1885 mais n’est pas adopté en Europe continentale, où une vision idéalisée du sport est un frein à son autorisation. Les disciplines sportives majeures, et le football au premier chef, en raison des recettes qu’il générait déjà, furent alors touchées par l’« amateurisme marron ».
1912_10_01-PIERRE-CHAYRIGUESLe gardien de but de football international français Pierre Chayriguès refuse ainsi un « pont d’or » du club anglais Tottenham Hotspur, en 1913 ; il admet dans ses mémoires que les joueurs du Red Star étaient grassement rémunérés malgré leur statut officiel d’amateur.

Henri Jooris, le président de l’Olympique lillois, est suspendu pendant deux ans au sortir de la Première Guerre mondiale pour avoir pris part à un système illégal de rémunération occulte des joueurs de son club. Les emplois de complaisance étaient alors une pratique courante pour couvrir ces salaires. Le terme « racolage » est alors en usage pour décrire les offres financières faites aux joueurs pour les transférer. Des clubs plus modestes tout comme les locomotives parisiennes, lilloises ou marseillaises sont touchés par le phénomène.

Le nombre d’affaires de ce type dans le football français mène finalement à l’autorisation du professionnalisme en 1930, pour mettre un terme à ces scandales touchant les meilleurs clubs, dirigeants et joueurs.En juillet, le Conseil national de la Fédération française de football (FFF) se prononce par 128 voix contre 20 (Paris, Alsace et Auvergne) et une abstention (le président Jules Rimet) pour la mise en place du professionnalisme en France, avec mise en application le 1er juillet 1932.

Les pères fondateurs du professionnalisme français sont :

BayrouGeorges Bayrou

Emmanuel GambardellaEmmanuel Gambardella

Gabriel_Hanot_1910Gabriel Hanot

La Fédération décide de limiter le statut professionnel à une élite restreinte. Elle met alors en place un championnat national à vingt clubs. Eux seuls peuvent évoluer sous statut professionnel en 1932-1933.

La FFF édicte trois règles pour limiter le nombre des candidatures au statut professionnel :

  • avoir eu des résultats probants par le passé
  • avoir des recettes guichets suffisamment importantes pour équilibrer les finances
  • recruter au moins huit joueurs sous statut professionnel.

Certains clubs s’opposent par principe au statut professionnel : les trois clubs strasbourgeois, le RC Roubaix, l’Amiens AC et de nombreux clubs parisiens dont le Stade français refusent ainsi de se porter candidats. Dans d’autres clubs, la tension est telle que l’on doit jouer sur des artifices pour permettre à certains d’accéder à ce statut.

Au Racing Club de France, historiquement hostile au statut pro, il n’est ainsi pas question de se fourvoyer. L’équipe fanion du RCF est alors rebaptisée Racing Club de Paris et pose sa candidature au statut professionnel sous ce nom. L’Olympique lillois est également en pointe dans le refus au statut pro, mais pas pour des raisons de morale.

La hantise du président Henri Jooris, également président de la puissante Ligue du Nord, est le passage de sa Ligue au rang d’une Division 2. Les voisins du SC Fivois ne se posent pas ce genre de question et sont candidats. Certains joueurs lillois commencent même à y signer des contrats professionnels. Pour stopper l’hémorragie, Jooris est contraint de présenter son club au statut professionnel. Même le Stade rennais hésite à franchir le pas du professionnalisme alors que le club fait figure de club en pointe à ce sujet.

À la surprise générale, le comité directeur repousse cette possibilité par vote (73 voix contre 20). Il faut que les supporters promettent de renflouer les caisses en cas de déficit pour que le club rennais s’engage finalement chez les professionnels. Si les dirigeants des clubs du nord du pays apparaissent globalement hostiles à cette évolution, ce n’est pas le cas dans le sud et de très nombreux clubs n’hésitent pas à poser leur candidature.

La Ligue du Sud-est hérite ainsi à lui seul de près de la moitié des autorisations (neuf sur vingt). Un an plus tard, une Division 2 est mise en place et quelques clubs réticents en 1932 acceptent de franchir le Rubicon, parmi lesquels le RC Strasbourg, l’Amiens AC et le RC Roubaix notamment.

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Le football français résiste au professionnalisme jusqu’en 1930. Il est autorisé dans le football anglais en 1885 mais n’est pas adopté en Europe continentale, où une vision idéalisée du sport est un frein à son autorisation. Les disciplines sportives majeures, et le football au premier chef, en raison des recettes qu’il générait déjà, furent alors touchées par l’« amateurisme marron ».
1912_10_01-PIERRE-CHAYRIGUESLe gardien de but de football international français Pierre Chayriguès refuse ainsi un « pont d’or » du club anglais Tottenham Hotspur, en 1913 ; il admet dans ses mémoires que les joueurs du Red Star étaient grassement rémunérés malgré leur statut officiel d’amateur.

Henri Jooris, le président de l’Olympique lillois, est suspendu pendant deux ans au sortir de la Première Guerre mondiale pour avoir pris part à un système illégal de rémunération occulte des joueurs de son club. Les emplois de complaisance étaient alors une pratique courante pour couvrir ces salaires. Le terme « racolage » est alors en usage pour décrire les offres financières faites aux joueurs pour les transférer. Des clubs plus modestes tout comme les locomotives parisiennes, lilloises ou marseillaises sont touchés par le phénomène.

Le nombre d’affaires de ce type dans le football français mène finalement à l’autorisation du professionnalisme en 1930, pour mettre un terme à ces scandales touchant les meilleurs clubs, dirigeants et joueurs.En juillet, le Conseil national de la Fédération française de football (FFF) se prononce par 128 voix contre 20 (Paris, Alsace et Auvergne) et une abstention (le président Jules Rimet) pour la mise en place du professionnalisme en France, avec mise en application le 1er juillet 1932.

Les pères fondateurs du professionnalisme français sont :

BayrouGeorges Bayrou

Emmanuel GambardellaEmmanuel Gambardella

Gabriel_Hanot_1910Gabriel Hanot

La Fédération décide de limiter le statut professionnel à une élite restreinte. Elle met alors en place un championnat national à vingt clubs. Eux seuls peuvent évoluer sous statut professionnel en 1932-1933.

La FFF édicte trois règles pour limiter le nombre des candidatures au statut professionnel :

  • avoir eu des résultats probants par le passé
  • avoir des recettes guichets suffisamment importantes pour équilibrer les finances
  • recruter au moins huit joueurs sous statut professionnel.

Certains clubs s’opposent par principe au statut professionnel : les trois clubs strasbourgeois, le RC Roubaix, l’Amiens AC et de nombreux clubs parisiens dont le Stade français refusent ainsi de se porter candidats. Dans d’autres clubs, la tension est telle que l’on doit jouer sur des artifices pour permettre à certains d’accéder à ce statut.

Au Racing Club de France, historiquement hostile au statut pro, il n’est ainsi pas question de se fourvoyer. L’équipe fanion du RCF est alors rebaptisée Racing Club de Paris et pose sa candidature au statut professionnel sous ce nom. L’Olympique lillois est également en pointe dans le refus au statut pro, mais pas pour des raisons de morale.

La hantise du président Henri Jooris, également président de la puissante Ligue du Nord, est le passage de sa Ligue au rang d’une Division 2. Les voisins du SC Fivois ne se posent pas ce genre de question et sont candidats. Certains joueurs lillois commencent même à y signer des contrats professionnels. Pour stopper l’hémorragie, Jooris est contraint de présenter son club au statut professionnel. Même le Stade rennais hésite à franchir le pas du professionnalisme alors que le club fait figure de club en pointe à ce sujet.

À la surprise générale, le comité directeur repousse cette possibilité par vote (73 voix contre 20). Il faut que les supporters promettent de renflouer les caisses en cas de déficit pour que le club rennais s’engage finalement chez les professionnels. Si les dirigeants des clubs du nord du pays apparaissent globalement hostiles à cette évolution, ce n’est pas le cas dans le sud et de très nombreux clubs n’hésitent pas à poser leur candidature.

La Ligue du Sud-est hérite ainsi à lui seul de près de la moitié des autorisations (neuf sur vingt). Un an plus tard, une Division 2 est mise en place et quelques clubs réticents en 1932 acceptent de franchir le Rubicon, parmi lesquels le RC Strasbourg, l’Amiens AC et le RC Roubaix notamment.

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