6.4.1 Le championnat et la radio

6.4.1 Le championnat et la radio

6.4 Le championnat et les médias

6.4 Le championnat et les médias

micro-radio

6.4.1 Le championnat et la radio

Avant la Seconde Guerre mondiale, les clubs n’autorisent pas les radios à retransmettre les rencontres en direct. Quelques rares matchs sont toutefois diffusés, telle la finale de la première édition du championnat, le 14 mai 1933. Radio Paris, Le Poste Parisien et Radio PTT assurent la couverture du match en direct. À partir de la saison 1935-36, la Fédération autorise la diffusion de matchs du championnat en différé, une demi-heure après le coup de sifflet final avec des commentaires gravés sur disques. À partir de novembre 1937, les diffusions de matchs de championnat en direct deviennent quasi hebdomadaires. Radio 37, Radio Paris, Radio Cité et Le Poste Parisien assurent ces retransmissions, parfois en couvrant le même match (par exemple, le dimanche 21 novembre 1937, Radio Cité, Radio 37 et Le Poste Parisien diffusent à partir de 14h00 le match Sète-Sochaux) ou des rencontres différentes. Georges Briquet, Alex Virot, Jean Eskenazi, Fred Poulain et Roger Mahler, notamment, assurent les commentaires. Radio 37 est la plus active en matière de diffusions.

Pendant la guerre, deux matchs sont diffusés en direct le dimanche. Après la Libération, les radios opèrent sans contrainte. Radio Luxembourg met en place à partir du 1er novembre 1953 un multiplex en direct permettant de suivre tous les matchs d’une même journée de championnat. Le Groupement interdit la diffusion en direct durant la première mi-temps en mars 1954 au prétexte que cela encouragerait les spectateurs à aller au stade. Les stations s’adaptent en attendant la fin de la première période pour en faire le résumé et enchaîner avec la diffusion en direct de la seconde mi-temps.

En octobre 1975, France Inter lance le multiplex moderne[???] sans demander d’autorisation aux autorités du football au nom du droit à l’information. Europe 1, RTL et RMC adoptent rapidement la même formule, toujours d’actualité.

Ces voix magiques de la radio

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La célébration du 50e anniversaire de la création de la station de radio France-Inter puis de la Maison de la radio a donné l’occasion à ses auditeurs de se remettre dans l’oreille des indicatifs d’émissions des voix célèbres d’autrefois.

Celles-ci sont des compagnes fidèles de nos vies. On se souvient souvent avec émotion, de leur timbre, de leur rythme qui ont imprégné la mémoire.

J’ai fait toute ma carrière de journaliste dans la presse écrite. Pourtant, ce sont les fameuses voix de la radio des années 1950-60 qui m’ont inoculé le virus du journalisme. A une époque où les images de sport à la télévision étaient rares et où les téléviseurs n’avaient pas encore la place de choix dans les foyers, c’étaient ces radio-reporters qui faisaient vivre les grands événements. Ils emmenaient avec eux, au son de leur voix et de leurs enthousiasmes, leurs auditeurs dans les tribunes des stades et sur les routes du Tour de France. Leurs voix étaient nos yeux. Elles font partie de l’histoire du sport.

Je voudrais citer ici quelques noms de ces grands anciens qui racontaient le football à la TSF et rappeler quelques titres d’émissions sportives de ce temps-là. Les évoquer me remet immanquablement dans la tête le son de l’époque et l’image des postes à l’œil lumineux et vert, qui ont précédé l’apparition du transistor.
« Sport et musique » ou « le dimanche des auditeurs »

Le dimanche, lorsque je n’étais pas au stade Moulonguet d’Amiens, l’après-midi était rythmée par les reportages sportifs de la radio entrecoupés de chansons. Dans le nord de la France, on naviguait surtout entre Paris-Inter (l’ancêtre de France-Inter) et Radio-Luxembourg

Georges Briquet (à g.) et Roland Mesmeur, au bord du terrain, à AthènesGeorges Briquet (à g.) et Roland Mesmeur, au bord du terrain, à Athènes

Sur l’une, « Sports et musique » introduisait l’émission par la chanson martiale entonnée par la voix tonitruante d’André Dassary: « Chantons pour le sport, d’un cœur joyeux, chantons l’espoir de la jeunesse ». A moins de 10 ans, on n’était pas obligé de savoir qu’il avait aussi chanté « Maréchal, nous voilà », moins de vingt ans plus tôt… Le grand Georges Briquet prenait la parole, souvent depuis un stade de championnat, partageant l’antenne du football avec Bruno Delaye.

André Bourillon,c’était le dimanche des auditeurs

André Bourillon, c’était le dimanche des auditeurs

Sur Radio-Luxembourg, c’était « Le dimanche des auditeurs », animé par André Bourillon. Sur les stades, on entendait Patrick Saint-Maurice et surtout le journaliste de L’Equipe Jacques de Ryswick et sa voix métallique si particulière. En fin de journée, on écouterait avec impatience Michel Cazeau donner tous les résultats du jour. Il égrenait des noms de villes et de villages, des noms de clubs aux sigles bizarres, des noms de champions. C’était comme une longue poésie, en même temps qu’une leçon de géographie.

maurel (claude) - rmc - forestier (jacques) - europe 1 - choisel (fernand) - europe 1 - virot (alex) - radio luxembourg - chapatte (robert) - rtf - bourillon (andre) - radio luxembourg - briquet (georges) - rtf -

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Les vedettes de la radio en 1957

Ecouter les résultats de toutes ces rencontres, c’était le prolongement naturel de ces voyages imaginaires de la journée. Je continuerai de me bercer au doux chant des résultats sportifs un peu plus tard, le samedi après-midi, sur les ondes de la BBC où l’on pouvait suivre les évolutions des scores des quatre divisions du championnat anglais, de Liverpool à Torquay, de Southampton à Preston (North End).

Mais dans ces années de petite enfance, quand mon père jouait à l’extérieur avec Amiens, quelque part du côté d’Hénin-Liétard, de Béthune ou de Quiévrechain, on tournait le bouton du gros poste pour écouter les résultats des championnats du Nord. Sur Radio-Lille, officiait une autre voix, célèbre dans toute la région, celle de Jean Crinon.

Bientôt viendrait Europe n°1, avec Fernand Choisel, Jacques Forestier, Emile Toulouse. On faisait alors un pas de plus dans la modernité, surtout l’été, au moment du Tour de France. Mon père avait acheté en Allemagne un premier poste transistor, si mignon parce que si petit. C’était un Siemens qui nous accompagnait à la plage. Pour connaître les résultats de l’étape du jour, nous n’avions plus besoin d’attendre de rentrer en ville et d’aller consulter le classement écrit à la craie sur un tableau noir, dans la vitrine d’un magasin de vêtements de la rue de l’Impératrice, à Berck-Plage. Nous pouvions suivre, désormais en direct, les péripéties de la course. Ah ! la magie des temps de passage en haut des cols et le chronométrage des écarts entre les échappés et le peloton, quand le reporter choisissait comme point de repère un poteau électrique sur la droite de la route ou la camionnette rouge près d’un panneau indicateur !

Plus tard viendraient les successeurs de ces enchanteurs des ondes, ceux qui feraient le sport à la radio à partir des années 70, les Pierre Loctin, Fabrice Balédent – mon camarade de classe d’Amiens, Eugène Saccomano, Guy Kédia, Bernard Roseau, Jacques Vendroux, Jean-Yves Dhermain, Christian Bindner, Roger Zabel, Didier Beaune – on nous confondait à cause de nos noms, pas à cause de la corpulence ! – ou, un peu plus tard, Thierry Gilardi. Mais c’est à titre professionnel que je les ai côtoyés. On comprendra que la magie n’était plus la même. »Jacques de Ryswick et Luc Varenne »

Je voudrais enfin rapporter deux souvenirs personnels qui, lorsque je les évoque, rendent encore présentes deux de ces grandes voix.

Jacques de Ryswick, Patrick Saint-Maurice au micro de Radio-Luxembourg avec Jean Baratte à Colombes

Jacques de Ryswick, Patrick Saint-Maurice au micro de Radio-Luxembourg avec Jean Baratte à Colombes

Le premier remonte au tout début des années 1970. J’étais étudiant en histoire et entreprenais un mémoire sur les aspects politiques de la Coupe du monde de football avant-Guerre. Désireux de m’entretenir avec les quelques journalistes français qui avaient été témoins de ces Coupes de 1930, 1934 et 1938, j’avais pris contact avec Jean Eskenazi à France-Soir et Jacques de Ryswick, alors chef de presse de la Fédération Française de Football. Dès qu’il décrocha le téléphone et prononça ses premiers mots de bienvenue, ce fut comme si je me retrouvais à l’écoute de Radio-Luxembourg, des années auparavant. La voix n’avait pas changé et le téléphone rendait le même son que le vieux poste d’autrefois. J’ai souvent revu Jacques par la suite et chaque fois, son timbre de voix me renvoyait vers mes jeunes années.

L’autre souvenir date de 1983. Le Paris Saint-Germain affrontait l’équipe belge de Watershei en Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe. J’avais à rédiger pour L’Equipe un article dit d’ambiance. N’ayant pas très envie de répéter les sempiternels clichés sur les drapeaux, les chants des supporters et les cars de police postés dans le quartier d’Auteuil, je finis pas trouver une idée de papier qui avait au moins le mérite de me sortir de cette impasse. J’avais constaté que c’était la première fois qu’une équipe belge venait disputer un match de Coupe d’Europe à Paris contre un club français, depuis le célèbre Reims-Standard de Liège de 1959. Je me souvins soudain que j’avais écouté la retransmission de cette rencontre à la radio belge, avec au micro le célèbre Luc Varenne. Je rédigeai donc un papier, sous forme de correspondance, que je titrai: « Lettre à une voix ».

Le lendemain, au bureau, le téléphone sonna et dès les premiers mots, je reconnus l’accent: « Allô, Monsieur Braun, ici Luc Varenne ». Pour le coup, j’en restai sans voix. Il me remercia gentiment de l’article, ne soupçonnant pas qu’il avait pu laisser un souvenir aussi fort dans la mémoire d’un enfant de 8 ans qui n’était même pas supporter des « Rouches ».

L’émotion de ce moment est resté intacte, plus de 30 ans après. Comme sont restées présentes, toutes ces voix d’autrefois qui m’ont fait rêver avant de me diriger vers un métier où je passerais très bien d’un micro.

Didier Braun

Cette entrée a été publiée dans La nostalgie, et marquée avec radio, reporters, le 18 décembre 2013 .

Un grand merci pour ce reportage et commentaire de notre ami Didier Braun et vous conseille d’aller voir et lire ces récits sur son bloghttp://uneautrehistoiredufoot.blogs.lequipe.fr/2013/12/18/ces-voix-magiques-de-la-radio/

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