2.1 L’USFSA face aux autres fédérations

2.1 L’USFSA face aux autres fédérations

Tensions entre fédérations

Organisation

L’USFSA face aux autres fédérations

Un championnat parmi d’autres
Même si elle est d’abord réticente à la pratique du football, l’USFSA, fédération omnisports, est, en 1894, la première fédération française à reconnaitre ce sports . Rapidement, d’autres fédérations vont aussi s’y intéresser. Paradoxalement, le vélo participe au développement du football en France, avec la création d’un championnat regroupant une quinzaine de clubs par la Fédération Cycliste Amateur, créée par des dissidents de l’Union vélocipédique de France (UVF) qui n’acceptaient pas le professionnalisme qui s’y pratiquait.

En 1897, la Fédération des Sociétés athlétiques de France (FSAF) met sur pieds son propre championnat, pour récupérer les membres de l’USFSA exclus pour avoir enfreint la règle de l’amateurismej . Cette fédération souhaite instaurer le professionnalisme, tandis que l’USFSA reste intransigeante et maintient l’amateurisme dans ses rangs. Un accord important a finalement lieu le 29 janvier 1906.

Les deux fédérations signent un traité dans lequel l’USFSA délègue ses pouvoirs en ce qui concerne le sport professionnel à la FSAF, qui prend le nom de Fédération des Sociétés Athlétiques Professionnelles de France (FSAPF). Dès la première édition du championnat professionnel en 1907, la presse est dithyrambique quant à l’annonce de la finale, qui voit la victoire du Club athlétique du Sud sur le Football Club de Paris par 2-0.

Le championnat perdure jusqu’en 1914 et ne reprend pas après la guerre. Néanmoins, il semblerait que les rémunérations des membres de la FSAPF soient davantage un remboursement des frais de déplacement qu’un véritable salaire. La Fédération cycliste et athlétique de France (FCAF) décide en 1902 d’élargir ses activités au football pour occuper la morte-saison du cyclisme, et pour tenter de récupérer les sportifs de l’USFSA lésés par le traité passé entre l’USFSA et l’UVF, qui donne le monopole des sports athlétiques à la première fédération et le monopole du cyclisme à la seconde. La FCAF établit alors son championnat de 1904 à 1914.

L’USFSA va surtout se confronter aux patronages, qui introduisent la gymnastique dans leurs activités, puis le football. À Paris, le patronage de Saint-Honoré-d’Eylau fonde en 1898 l’Étoile des Deux Lacs, futur plus grand club de patronage de Frances . Dans la foulée, Paul Michaux fonde la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF). Elle instaure aussi en 1901 un championnats .

Le 14 avril 1901, en plein débat sur l’association loi de 1901, neuf équipes parisiennes s’affrontent toute la journée pour le premier tournoi de football catholique. Ce nombre passe à 64 équipes engagées dès 1906, concurrençant l’USFSA. Malgré l’intégration du football dans la plupart des fédérations, il reste tout de même majoritairement administré par l’USFSA. Ainsi, en 1906, dans le département de la Seine, l’USFSA compte 40 clubs, la FGSPF 25 clubs, la FSAF 10 clubs et la FCAF 6 clubs.

Tensions entre fédérations

Equipe_de_France_de_football_du_1er_novembre_1906-L'USFSA gère l'équipe de France jusqu'en 1908 avant d'être contrainte de passer la main au CFI. Ici l'équipe qui affronte l'Angleterre amateur en 1906.L’USFSA gère l’équipe de France jusqu’en 1908 avant d’être contrainte de passer la main au CFI. Ici l’équipe qui affronte l’Angleterre amateur en 1906. En 1906, environ 10 000 personnes pratiquent le football au sein des différentes fédérations. En pleine vague anticléricale due à la loi de séparation des Églises et de l’État adoptée le 9 décembre 1905, les relations entre l’USFSA et la FGSPF deviennent particulièrement tendues.

Le 28 mai 1905, l’Étoile des Deux Lacs, le club phare de la FGSPF, domine le Gallia Club, championnat de France en titre de l’USFSA, par 2-1 en match amical. Devant l’affront, l’USFSA interdit à ses clubs de rencontrer ceux de la FGSPF. Le 22 octobre 1906, l’USFSA refuse d’affilier un patronage pourtant décidé « à maintenir hors de son programme toute question politique ou religieuse ».

Le 20 janvier 1907, la FGSPF organise un match entre une sélection nationale de la FGSPF, alors que l’équipe de France est gérée par l’USFSA, et le North London Amateur FC. La sélection s’impose 4-3 devant une assistance nombreuse. Le match est quelconque, mais cette victoire, rare à l’époque sur un club anglais, connaît un fort retentissements . Elle encourage Charles Simon à prendre conscience de la valeur du football des patronages et à aller définitivement au conflit avec l’USFSA.
simonDans la foulée, pour s’opposer à l’USFSA, Charles Simon crée le 23 mars 1907 une confédération qui regroupe alors la FGSPF, la Fédération Cycliste Amateur de France (FCAF), la Fédération athlétique Amateur (FAA), la Fédération cycliste et athlétique de Lyon et du Sud-Est (FCALSE) et la Fédération athlétique du Sud-Ouest (FASO). Elle prend le nom de Comité français interfédéral (CFI) et organise le Trophée de France, sorte de championnat de France commun auquel participe toutes les fédérations sauf l’USFSA. Charles Simon crée le CFI en 1907 pour s’opposer à l’USFSA.

Le 7 juin 1908, l’USFSA, qui représente seule le football français auprès de la FIFA, en démissionne en solidarité avec la fédération anglaise de l’Amateur Football Association qui s’en est vu refuser l’accès. Le CFI en profite pour déposer sa candidature le 13 février 1909, qui est étudiée puis validée le 18 mai 1910.

Charles Simon tient sa revanche sur l’USFSA.

Le CFI est désormais seul habilité à gérer l’équipe de France et à organiser des rencontres internationales pour ses clubs. L’affiliation du CFI à la FIFA est une catastrophe pour les principaux clubs parisiens, adhérents à l’USFSA, dont la fin des rencontres internationales signifie la pertes de leurs plus grosses recettes. Quatre clubs parisiens, le Cercle athlétique de Paris, le Red Star Amical Club, l’Union sportive suisse et Paris Star fondent la Ligue de Football Association, premier organisme autonome du football français. La LFA établit de suite son propre championnat et adhére au CFI. Dès 1911, elle compte 36 clubs. Résignée, l’USFSA finit par adhérer au CFI et à faire participer ses clubs au Trophée de France à partir de 1913.

Images liées:

L’USFSA face aux autres fédérations

usfsa

L’USFSA face aux autres fédérations

Un championnat parmi d’autres

Même si elle est d’abord réticente à la pratique du football, l’USFSA, fédération omnisports, est, en 1894, la première fédération française à reconnaitre ce sports. Rapidement, d’autres fédérations vont aussi s’y intéresser. Paradoxalement, le vélo participe au développement du football en France, avec la création d’un championnat regroupant une quinzaine de clubs par la Fédération Cycliste Amateur, créée par des dissidents de l’Union vélocipédique de France (UVF) qui n’acceptaient pas le professionnalisme qui s’y pratiquait.

CA_Sud_en_1907-Le Club athlétique du Sud remporte le championnat de la FSAPF en 1907.Le Club athlétique du Sud remporte le championnat FSAPF 1907

En 1897, la Fédération des Sociétés athlétiques de France (FSAF) met sur pieds son propre championnat, pour récupérer les membres de l’USFSA exclus pour avoir enfreint la règle de l’amateurisme. Cette fédération souhaite instaurer le professionnalisme, tandis que l’USFSA reste intransigeante et maintient l’amateurisme dans ses rangs. Un accord important a finalement lieu le 29 janvier 1906. Les deux fédérations signent un traité dans lequel l’USFSA délègue ses pouvoirs en ce qui concerne le sport professionnel à la FSAF, qui prend le nom de Fédération des Sociétés Athlétiques Professionnelles de France (FSAPF).

Dès la première édition du championnat professionnel en 1907, la presse est dithyrambique quant à l’annonce de la finale, qui voit la victoire du Club athlétique du Sud sur le Football Club de Paris par 2-0. Le championnat perdure jusqu’en 1914 et ne reprend pas après la guerre. Néanmoins, il semblerait que les rémunérations des membres de la FSAPF soient davantage un remboursement des frais de déplacement qu’un véritable salaire.

La Fédération cycliste et athlétique de France (FCAF) décide en 1902 d’élargir ses activités au football pour occuper la morte-saison du cyclisme, et pour tenter de récupérer les sportifs de l’USFSA lésés par le traité passé entre l’USFSA et l’UVF, qui donne le monopole des sports athlétiques à la première fédération et le monopole du cyclisme à la seconde. La FCAF établit alors son championnat de 1904 à 1914. L’USFSA va surtout se confronter aux patronages, qui introduisent la gymnastique dans leurs activités, puis le football.

À Paris, le patronage de Saint-Honoré-d’Eylau fonde en 1898 l’Étoile des Deux Lacs, futur plus grand club de patronage de France. Dans la foulée, Paul Michaux fonde la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF). Elle instaure aussi en 1901 un championnats.

Le 14 avril 1901, en plein débat sur l’association loi de 1901, neuf équipes parisiennes s’affrontent toute la journée pour le premier tournoi de football catholique. Ce nombre passe à 64 équipes engagées dès 1906, concurrençant l’USFSA. Malgré l’intégration du football dans la plupart des fédérations, il reste tout de même majoritairement administré par l’USFSA. Ainsi, en 1906, dans le département de la Seine, l’USFSA compte 40 clubs, la FGSPF 25 clubs, la FSAF 10 clubs et la FCAF 6 clubs.

Images liées:

Categories
  • 1914
  • Armand Thibaudeau
  • cdl le trophée du désamour
  • Paul Michaux
  • Statistiques et records du championnat
  • Trophée france football