Equipe F.F.

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De 1904 à 1930 : Les grands débuts

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Equipe de France – 1er mai 1904
Guichard, Canelle, Davy, Verlet, Bilot G., Bilot C., Mesnier, Royet, Garnier, Cyprès, Filez

L’histoire de l’équipe de France débute officiellement le 1er mai 1904 à Bruxelles. La France y dispute son premier match et fait match nul face à la Belgique, 3-3. Louis Mesnier est le premier buteur de l’histoire des Bleus. Marius Royet et Gaston Cyprès sont les deux autres buteurs français de la rencontre. Le premier capitaine est Fernand Canelle.

En 1905, la France dispute son premier match à domicile, au Parc des Princes face à la Suisse. Grâce à un but de Cyprès, la France s’impose 1-0 et décroche la première victoire de son histoire. La suite est peu glorieuse. La même année, la France s’incline lourdement en Belgique (7-0). En 1906, les Bleus essuient deux lourdes défaites à domicile, d’abord contre la Belgique (0-5) puis contre l’Angleterre (0-15). En 1907, la France connait sa deuxième victoire en s’imposant contre la Belgique (1-2) grâce à des buts de Royet et François.

En 1908, alors que la France est exclue de la FIFA, l’USFSA (Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques) a en charge les sélections olympiques de l’été 1908. Deux équipes de France (A et B) sont envoyés à Londres. Mais c’est la bérézina pour les français, qui subissent deux lourdes défaites contre le Danemark en trois jours d’intervalle (0-9 puis 1-17). Si l’USFSA gère les sélections olympiques, c’est le CFI (Comité français interfédéral) qui procède aux sélections à partir de mai 1908. Des conflits entre les différentes fédérations marquent ainsi cette période. Côte terrain, la France réalise quelques belles performances, notamment en 1912 où elle s’impose en Italie (3-4).

La Première Guerre Mondiale interrompt l’activité de l’équipe de France et provoque malheureusement la mort de nombreux internationaux. En 1919, la France reprend du service avec un nul en Belgique (2-2). En 1920, elle sera présente aux Jeux Olympiques d’Anvers. Après avoir battu l’Italie (3-1), la France s’incline en demi-finale contre la Tchécoslovaquie (1-4).

En 1921, la première victoire face à l’Angleterre (2-1) marque les débuts d’une équipe de France qui sélectionne les meilleurs joueurs du pays suite à la création de la FFF (Fédération Française de Football) en 1919. L’année 1923 marque une année noire pour les Bleus qui subissent huit défaites de rang. Un entraineur britannique Charles Griffiths est engagé pour redorer le blason tricolore avant les Jeux Olympiques de 1924 que la France organise. Il sera vivement critiqué pour sélectionner des joueurs évoluant en province. Exempté du premier tour, les Bleus débutent les JO en huitième de finale en éliminant la Lettonie (7-0). Mais ils sont éliminés en quart de finale par l’Uruguay (1-5), futur vainqueur de l’épreuve.

De 1930 à 1940 : Les premières Coupes du Monde

La Coupe du Monde 1930

Lucien Laurent et Marcel Langiller

Lucien Laurent et Marcel Langiller

En juillet 1930, la France participe à la première Coupe du Monde, qui déroule en Uruguay. Jacques Caudron est le seul membre du comité de sélection (Barreau, Rigal, Caudron) qui a fait le long déplacement. Edmond Delfour, le milieu de terrain, se charge de l’entretien physique. En phase de poule, Lucien Laurent inscrit le tout premier but de l’histoire de la Coupe du Monde face au Mexique, que les Bleus battent 4 à 1 grâce à un autre but de Marcel Langiller et un doublé d’André Maschinot. Deux jours plus tard, la France est opposé à l’Argentine, le favori du groupe. Les Français tiennent bien le coup, notamment grâce à un excellent Thépot dans les buts qui s’inclinent à la 81e minute sur un coup franc de Monti. Les Bleus ne renoncent pas car il reste du temps, sauf pour l’arbitre qui siffle la fin du match quelques instants à peine après le buts alors qu’il reste plus de 6 minutes à jouer. Les Bleus ne s’en remettent pas, ils sont malheureusement ensuite battus par le Chili (1-0) et ne franchissent pas le cap du premier tour.

 

La Coupe du Monde 1934

Après quelques victoires de prestige entre 1930 et 1934 (5-2 devant l’Angleterre, 4-5 aux Pays-Bas), les Bleus entrainé par George Kimpton participent à la Coupe du Monde 1934, deuxième du nom, qui a lieu en Italie. Au premier tour, la France est opposée à l’Autriche, l’un des favoris de la compétition. Les Français font preuve d’une belle résistance et ne s’inclinent qu’en prolongation, par 3 buts à 2. Jean Nicolas et George Verriest sont les deux buteurs français. Cette belle prestation leur permettra de recevoir un superbe accueil à leur retour à Paris, où 4 000 personnes sont venus les acclamer.


La Coupe du Monde 1938

mattler_1937En 1938, la France a le privilège d’organiser pour la première fois la Coupe du Monde. Les Bleus du sélectionneur Barreau, qui évoluent en 4-3-3, débutent par un joli succès contre la Belgique (3-1), grâce notamment à un doublé de Jean Nicolas. En quart de finale à Colombes, les Français sont opposés à l’Italie devant une foule record (58 445 spectateurs). Mais les Bleus s’inclinent par 3 buts à 1 contre le futur vainqueur de l’épreuve.
De 1938 à 1939, l’équipe de France connait une période faste durant laquelle elle remporte 8 de ces 13 matchs disputés (pour 2 nuls et 3 défaites). De nouveaux talents se révèlent comme le gardien Julien Darui ou l’attaquant Larbi Ben Barek. Le 28 janvier 1940 marque le dernier match de la France par une victoire sur le Portugal (3-2) avant la seconde guerre mondiale et l’occupation. Ce jour-là, Etienne Mattler, le capitaine français, dispute son 46e match avec le maillot national, ce qui fait de lui le recordman de sélections.

De 1940 à 1950 : La guerre met en sommeil

Larbi Ben Barek

Larbi Ben Barek

La seconde guerre mondiale impacte l’équipe de France de football qui ne peut plus jouer ou sans certains de ses cadres. En 1942, la France avec une sélection qui mixe des joueurs de la zone occupée et de la zone libre, dispute deux rencontres contre la Suisse et l’Espagne pour deux défaites. En 1944, les Bleus ne disputent qu’une seule rencontre contre la Belgique à Paris pour une victoire 3-1. A partir de 1945 et la fin de la guerre, l’équipe de France retrouve peu à peu sa place.

Elle s’organise autour des survivants de la guerre, notamment Darui et Ben Barek mais intègre aussi une nouvelle génération talentueuse représentée par Jean Baratte, Roger Marche, Antoine Cuissard et Jean Prouff. Cette équipe signe une victoire de prestige en Tchécoslovaquie (0-4) en 1948 mais rate de peu la qualification pour le Mondial 1950 au Brésil en s’inclinant contre la Yougoslavie dans un match d’appui disputé à Florence (3-2 ap).

De 1950 à 1960 : Une génération dorée

FRANCE-ITALIE-1954Equipe de France en 1954
Ruminski, Marcel, Vingal, Jonquet, Gianessi, Penverne, Marche, Kopa, Ujlaki, Cisowski, Piantoni, Deladerrière

Cependant, les Bleus parviennent à signer quelques résultats brillants comme un match nul (2-2) ramené d’Angleterre et d’Highbury en 1951. Une nouvelle génération débarque alors en Equipe de France qui s’inscrit dans la continuité de l’équipe constitué en 1951. Cette nouvelle génération porte les noms de Fontaine, Kopa, Piantoni, Vincent, Penverne, Wisnieski, Jonquet ou Cisowski. La France prend alors une nouvelle dimension.

La Coupe du Monde 1954

Elle se qualifie pour la Coupe du Monde 1954 en Suisse, mais malheureusement elle passe à côté de l’évènement en perdant d’entrée contre la Yougoslavie (1-0). La victoire contre le Mexique lors du deuxième match (3-2) ne change rien. Les Bleus de Gaston Barreau (sélectionneur) et de Pierre Pibaron (entraineur) terminent troisième de leur groupe derrière le Brésil et la Yougoslavie et sont éliminés au premier tour.
La Coupe du Monde 1958

Equipe de France en 1958Equipe de France Football en 1958
Kaelbel, Penverne, Jonquet, Marcel, Remetter, Lerond, Wisnieski, Fontaine, Kopa, Piantoni,Vincent

Quatre ans plus tard, la France participe à sa cinquième Coupe du Monde. En Suède, les Bleus de Paul Nicolas (sélectionneur), d’Albert Batteux (entraineur) et de Jean Snella (entraineur adjoint) vont réalisé un très beau parcours. Les Français s’imposent d’abord contre le Paraguay (7-3) avec notamment un triplé de Just Fontaine. Si les Bleus s’inclinent contre la Yougoslavie lors de leur deuxième rencontre malgré un doublé de Just Fontaine (2-3), ils se reprennent contre l’Écosse (2-1) grâce à des buts de Kopa et de Fontaine et terminent premier de leur groupe.

Just Fontaine

En quart de finale, les Français font plier assez facilement l’Irlande du Nord (4-0), avec encore un doublé pour l’intenable Fontaine. Les Bleus sont en demi-finale de la Coupe du Monde pour la première fois de leur histoire. Ils sont opposés au Brésil, auxquels ils tiennent tête en répondant par Fontaine à une ouverture du score précoce de Vava. Mais l’équipe de France perd son capitaine et défenseur central Robert Jonquet, blessé. Les Bleus vont craquer et finalement s’incliner par 2 buts à 5 contre le futur champion du monde, avec un triplé du jeune Pelé. Mais les Français ont encore de la ressource et dans le match pour la troisième place, ils décrochent une place sur le podium en battant la République Fédérale d’Allemagne (6-3). Just Fontaine inscrit 4 buts dans cette petite finale et termine meilleur buteur de la compétition avec 13 buts. Une sacrée performance ! Porté par son attaquant vedette, la France termine meilleure attaque de cette Coupe du Monde où elle a réalisé sa meilleure performance.

Le Championnat d’Europe 1960

FRANCE-1960Equipe de France en 1960
Batteux, Taillandie, Wendling, Herbin, Ferrier, Chorda, Siatka, Jonquet, Marcel, Sauvage, Lamia, Thépot (sél.), Hainaut (mass.), Grillet, Muller, Douis, Wisnieski, Vincent, Stievenart, Heutte, Rodzik

Après cette belle aventure suédoise, l’équipe de France prend part en 1958 aux huitièmes de finale de la nouvelle Coupe d’Europe des Nations. Les hommes d’Albert Batteux éliminent la Grèce en s’imposant à l’aller sur un score sans appel de 7 buts à 1 au Parc des Princes, avant de ramener un nul d’Athènes (1-1). En quart de finale, en 1959, les Bleus éliminent l’Autriche en s’imposant par deux fois, d’abord 5 buts à 2 à Colombes, puis 2 buts à 4 à Vienne. La France est alors choisie pour organiser la phase finale qui regroupe les 4 équipes encore en lice. Privé de plusieurs titulaires de la Coupe du Monde 1958 dont Kopa, Fontaine et Piantoni, les Bleus sont opposés à la Yougoslavie en demi-finale dans un Parc des Princes loin d’être comble (26 370 spectateurs). A 15 minutes de la fin de la rencontre, la France mène par 4 buts à 2 mais elle s’incline au final par 4 buts à 5. Un coup dur dont elle ne se relèvera pas, s’inclinant de nouveau à Marseille contre la Tchécoslovaquie dans la petite finale (2-0).

De 1960 à 1970 : Premières désillusions

eff-1963Equipe de France en 1963
Michelin, Artelesa, Ferrier, Bernord, Chorda, Rodsyk, Lech, Herbin, Goujon, Douis, Buron

Malgré ces résultats intéressants en 1958 et 1960, la France va connaitre ses premières désillusions avec les années 1960. D’abord, elle ne parvient pas à se qualifier pour la Coupe du Monde 1962, terminant première à égalité du groupe 2 avec la Bulgarie. Le barrage disputé entre les deux pays à Milan tourne à l’avantage des Bulgares (1-0) sur un but contre son camp d’André Lerond. Les Français ne voient donc pas le Chili.

En 1964, les Bleus prennent part au Championnat d’Europe. Ils éliminent successivement l’Angleterre (1-1/5-2) et la Bulgarie (0-1/3-1). Opposée à la Hongrie en quart de finale, la France ne parvient pas à franchir l’obstacle en s’inclinant à deux reprises (1-3/1-2) et rate la phase finale en Espagne.

La Coupe du Monde 1966


eff1966Equipe de France en 1966

Deux ans plus tard, les Bleus parviennent à se qualifier pour la Coupe du Monde 1966 en Angleterre. Placés dans un groupe relevé, les hommes d’Henri Guérin n’arrivent pas à franchir le premier tour. Après un nul au premier match contre le Mexique (1-1), la France s’incline successivement contre l’Uruguay (2-1) et l’Angleterre (2-0), future championne du monde. Avec 1 seul point récolté, la France termine dernière de son groupe, ce qui met fin à son parcours à ce mondial anglais.
Après la Coupe du Monde 1966, la France prend part au Championnat d’Europe. Elle parvient à terminer première de son groupe de qualification comprenant la Belgique, la Pologne et le Luxembourg, mais elle est stoppée en quart de finale par la Yougoslavie avec une lourde défaite à Belgrade (1-1/1-5) et rate la phase finale de 1968 en Italie.

En match de qualification pour la Coupe du Monde 1970, la France n’arrive pas non plus à briller. Surprise par la Norvège à Strasbourg (0-1), elle ne peut empêcher la Suède de finir en tête de son groupe et de se qualifier pour le Mondial mexicain que la France suivra de loin.

De 1970 à 1980 : La reconstruction

eff1972Equipe de France en 1972
Carnus, Novi, Trésor, Mézy, Rostagni, Bosquier, Blanchet, Michel, Floch, Lech, Bereta

Désormais sous la direction de Georges Boulogne, la France du football se reconstruit en mettant en place une politique centrée sur la formation dont l’équipe de France profite par ricochets. La France échoue dans sa quête de qualification pour l’Euro 1972, terminant derrière la Hongrie et la Bulgarie dans son groupe de qualification, mais tente d’insuffler un souffle nouveau.

Stefan Kovacs, qui prend les rênes de l’équipe de France en 1973, poursuit ce travail en donnant sa chance à de nombreux jeunes joueurs. Les résultats ne sont pas au rendez-vous car la France ne franchit pas le tour préliminaire à la Coupe du Monde 1974 où elle termine dernière de son groupe composé de l’Union Soviétique et de l’Irlande, mais la mentalité, le physique et l’approche tactique des joueurs français changent.

Lors des éliminatoires au Championnat d’Europe 1976, ce travail ne porte toujours pas ses fruits car la France termine troisième de son groupe, derrière la Belgique et la RDA et doit une nouvelle fois se contenter de voir l’Euro en spectateur.

La Coupe du Monde 1978

eff1978Equipe de France en 1978

Le réveil de l’équipe de France sonne enfin en 1977. Désormais dirigé par Michel Hidalgo, la France parvient à se qualifier pour la Coupe du Monde 1978 en Argentine grâce à sa génération montante dont les leaders sont Platini, Rocheteau, Trésor, Bossis, Bathenay ou encore Six. En Argentine cependant, les Français payent leur manque d’expérience du très haut niveau et subissent une élimination dès le premier tour. Tombés dans un groupe particulièrement relevé, les Français font néanmoins bonne figure en ne concédant que deux courtes défaites contre deux favoris de la compétition, l’Italie (1-2) et l’Argentine (1-2). Pour l’honneur, les Français battent tout de même la Hongrie dans leur dernier match.

En vue du Championnat d’Europe 1980, la France échoue à se qualifier dans son groupe face à la Tchécoslovaquie, championne d’Europe en titre, la faute notamment à un nul contre la Suède au Parc des Princes (2-2). Mais les Bleus montrent toutefois de nets progrès dans le jeu et vont confirmer deux ans plus tard.

De 1980 à 1990 : Des exploits et une première consécration

La Coupe du Monde 1982

eff1982Equipe de France en 1982
Trésor, Ettori, Janvion, Amoros, Genghini, Bossis, Soler, Lacombe, Giresse, Platini, Six

Emmenée par la génération Platini, Rocheteau, Bossis, Giresse ou encore Tigana, les Bleus vont vivre une première épopée fabuleuse en 1982 lors de la Coupe du Monde en Espagne. L’aventure commence pourtant mal avec une défaite d’entrée contre l’Angleterre (1-3). Mais les Français relèvent la tête contre le Koweït (4-1) et arrache la qualification en faisant match nul contre la Tchécoslovaquie (1-1).
Au deuxième tour, la France dispose de l’Autriche (1-0) puis de l’Irlande du Nord (4-1) et accède aux demi-finales. Contre l’Irlande du Nord, Hidalgo associe pour la première fois quatre joueurs à vocation offensive au milieu de terrain (Tigana, Genghini, Giresse, Platini). Le carré magique est né.
A Séville, les Français sont opposés à la RFA, dans un match qui va entrer dans la légende. Les deux équipes sont à égalité 1-1 après 90 minutes et doivent disputer une prolongation. Survoltés notamment après l’attentat du gardien allemand Schumacher sur Battiston, les Bleus vont inscrire deux buts coup sur coup dès l’entame de la prolongation, par Trésor et Giresse. Les Bleus ne ferment pas pour autant le jeu et continuent de proposer un football spectaculaire, qui les voient se faire rejoindre au score à quelques minutes de la fin de la rencontre. Français et Allemands doivent se disputer la place en finale sur la première séance de tirs au but de l’histoire de la Coupe du Monde. Malheureusement, c’est la RFA qui sort vainqueur de cette séance. La France sort perdante et termine finalement 4e de ce Mondial après une défaite contre la Pologne (2-3) dans la petite finale.

Le Championnat d’Europe 1984

eff1984Equipe de France – Championne d’Europe 1984

Deux ans plus tard, pour le Championnat d’Europe 1984 qu’elle dispute à domicile, la France fait figure de favorite pour le titre continental. La génération arrive au sommet de son art et peut aussi compter sur le renfort du hargneux Luis Fernandez dans le carré magique. Après une entame délicate mais victorieuse contre le Danemark (1-0), la France va monter en régime pour écraser la Belgique (5-0) et se défaire de la Yougoslavie (3-2).
En demi-finale, la France est opposée au Portugal à Marseille. Les Bleus sont poussés en prolongation et même menés d’un but à 5 minutes de la fin des prolongations. Mais Jean-François Domergue égalise. Et dans les derniers instants de la partie, à la suite d’un rush héroïque de Jean Tigana, Michel Platini parvient à inscrire le but libérateur qui donne la victoire aux Bleus (3-2). La France est en finale de l’Euro.
Au Parc des Princes, les Bleus sont opposés à l’Espagne. Dans une finale verrouillée, c’est encore une fois de la patte de Michel Platini que la différence va venir. Un coup-franc du numéro 10 français va surprendre le malheureux portier espagnol Luis Arconada et va débloquer la rencontre. En fin de match, c’est Bruno Bellone qui double la mise et permet à l’Equipe de France de s’assurer la conquête de son premier titre majeur (2-0). Pour la première fois de son histoire, la France est championne d’Europe.

La Coupe du Monde 1986

eff1986Equipe de France en 1986
Amoros, Bats, Ayache, Battiston, Bossis, Fernandez, Giresse, Platini, Stopyra, Bellone, Tigana

En 1986, la France est à nouveau qualifiée pour la Coupe du Monde qui se déroule cette fois au Mexique. Emmenés par Henri Michel, les Bleus parviennent à sortir de leur groupe à leur portée sans trop de difficultés, en battant d’abord le Canada (1-0), puis en faisant un nul contre l’Union Soviétique (1-1) avant de disposer de la Hongrie (3-0).
En huitième de finale, les Bleus sont opposés à l’Italie. Grâce à une remarquable maitrise et à des buts de Platini et Stopyra, les Français éliminent le champion du monde en titre.
En quart de finale, la France retrouve sur sa route le Brésil, pour un match que beaucoup d’observateurs considérent comme un duel entre les deux équipes pratiquant le plus beau football. La rencontre tient toutes ses promesses et voit les Brésiliens, dominateurs, ouvrir la marque par Careca. Sur un centre de Rocheteau, Platini parvient à remettre les deux équipes à égalité avant la pause. Les 90 minutes ne départagent pas les deux équipes, pas plus que la prolongation, pourtant spectaculaire et riche en occasion. C’est finalement aux tirs au but que se joue la qualification et grâce à une dernière tentative réussie de Luis Fernandez, c’est la France qui se qualifie pour les demi-finales.
En demi-finale, la France retrouve la RFA, comme quatre ans plus tôt à Séville. Mais les Français ne prendront pas leurs revanches. En manque d’imagination, les Bleus butent sur une équipe allemande rigoureuse et, qui plus est, réaliste. Les Allemands s’imposent au final 2-0 et privent une nouvelle fois les Français d’une première finale de Coupe du Monde. Contrairement à 1982, les Français se consolent avec la troisième place acquise avec une équipe totalement remaniée au dépend de la Belgique (4-2 ap).
La formidable aventure mexicaine marque la fin d’une génération d’exception. A la fin du Mondial 1986, les cadres que sont Giresse, Bossis et Rocheteau annoncent leur retraite internationale. Un an plus tard, et alors que la qualification pour l’Euro 1988 est mal engagée, Michel Platini met lui aussi un terme à sa carrière internationale. Sans ses joueurs cadres, la France ne parvient pas à redresser la barre et rate le Championnat d’Europe 1988.

En 1988 et après un nul contre Chypre, Claude Bez, le président des Girondins est promulgué à un poste de superintendant, spécialement conçu pour lui. Bez désigne alors Michel Platini comme sélectionneur de l’équipe de France. L’arrivée de l’ancien joueur emblématique n’empêche pas l’absence à la Coupe du Monde 1990 en Italie mais suscite de nombreux espoirs.

De 1990 à 2000 : Une transition délicate et l’apothéose

1947-1948 Entre exploits et réalité

1947-1948 Entre exploits et réalité

Portugal / France (2-4) – Amical – 23 novembre 1947

Composition France : Darui – Grillon, Marche, Prouff, Grégoire – Hon, Alpsteg, Heisserer (cap.) – Baratte, Ben Barek, Vaast
Comme la saison dernière, l’équipe de France débute sa saison par une rencontre face au Portugal. Cette fois, les Français se déplacent et se rendent au Estadio Nacional de Lisbonne. C’est la neuvième fois de son histoire que la France affronte le Portugal. Dans la composition de départ de l’équipe de France, il faut noter le retour de Larbi Ben Barek en meneur de jeu et la première sélection de Louis Hon. Jean Baratte est aligné en position d’avant-centre. Pour le reste, c’est plutôt du classique. Par l’intermédiaire de Fernando Peyroteo, le Portugal ouvre le score à la 32e minute de jeu.

Menés à la pause, les Français réagissent dès le début de la seconde période. D’un tir en demi-volée au coin des six mètres, Ernest Vaast égalise à la 47e minute. Quatre minutes plus tard (51e), Vaast récidive en reprenant un centre d’Alpsteg prolongé par Baratte pour donner l’avantage à la France. Grâce à Antonio Araujo, le Portugal parvient à revenir à hauteur à la 71e minute. Mais Vaast étincele et est présent dans tous les bons coups. A la 77e minute, il redonne l’avantage à l’équipe de France en reprenant de volée une passe de Ben Barek. A la 84e minute, Ben Barek se transforme en buteur et enfonce le clou en inscrivant le quatrième but français d’un tir en demi-volée sur un service en profondeur de Louis Hon. Grâce à ce succès par 4 buts à 2, l’équipe de France confirme son embellie entrevue la saison dernière et signe une quatrième victoire consécutive. C’est la cinquième victoire de l’équipe de France contre le Portugal mais la première à l’extérieur, en terre portugaise.
France / Italie (1-3) – Amical – 04 avril 1948

Composition France : Domingo – Grillon, Marche, Cuissard, Jonquet – Prouff, Alpsteg, Heisserer (cap.) – Baratte, Ben Barek, Vaast
Il faut presque attendre cinq mois pour retrouver l’équipe de France. Les Bleus reprennent du service pour affronter l’Italie, à Colombes. Cette rencontre marque une grande nouveauté puisque pour la première fois, les maillots des joueurs sont numérotés. Pour cette 18e confrontation contre l’équipe d’Italie, les Français sont privés de Julien Darui, forfait, remplacé dans les buts par Marcel Domingo qui fête sa première cape. Robert Jonquet connaît lui aussi les joies d’une première sélection avec ce match. Pour le reste, l’équipe se veut prudente avec Antoine Cuissard et Jean Prouff qui renfocent la défense. Il faut dire que l’Italie réussit peu à la France. En 17 matchs, les Français ont concédé 11 défaites pour 3 nuls et 3 victoires, un constat largement défavorable.

Malgré la prudence affichée dans la composition d’équipe de Gabriel Hanot, les Français connaissent une première période délicate et difficile. A trois reprises, Domingo doit aller chercher le ballon au fond des filets. D’abord une première fois à la 31e minute sur un but de l’attaquant Riccardo Carapellese. Ensuite, à la 36e minute, c’est Guglielmo Gabetto qui inscrit un deuxième but italien. Enfin, à la 39e minute, c’est Riccardo Carapellese qui récidive en marquant un deuxième but personnel. 0/3 à la pause, l’affaire est déjà entendue. Les Français ont le mérité de réduire le score en deuxième période, grâce à un pénalty (tiré deux fois) transformé par Jean Baratte à la 71e minute. La France s’incline par 3 buts à 1 et concède donc une 12e défaite en 18 rencontres face à l’Italie. La belle série de quatre victoires consécutives s’achève.
France / Ecosse (3-0) – Amical – 23 mai 1948

Composition France : Darui (cap.) – Huguet, Marche, Cuissard, Grégoire – Prouff, Sesia, Baratte – Bongiorni, Ben Barek, Flamion
Après l’Italie, l’équipe de France doit faire face à un autre adversaire qui ne lui réussit pas, à savoir l’Ecosse. Les deux précédentes confrontations, bien que disputées en France en 1930 et 1932, ont tourné à l’avantage des Ecossais. Hanot décide d’apporter quelques modifications dans sa composition de départ : le Stéphanois Guy Huguet, le Nancéien Georges Sesia et le Rémois Pierre Flamion sont sélectionnés et titularisés pour la première fois. Emile Bongiorni fait également son retour dans l’équipe. En l’absence d’Heisserer, Julien Darui, de retour, récupère le brassard de capitaine. A Colombes, pour ce 177e match de l’histoire de l’équipe de France, la première période est conclue sur un score nul et vierge.

En seconde période, la France enclenche la vitesse supérieure et ouvre la marque à la 55e minute de jeu par Bongiorni, qui, aux six mètres reprend un tir de Ben Barek dévié par un défenseur écossais. La France accélère et double la mise à la 60e minute grâce à Flamion, qui trompe Cowan, le gardien écossais, d’un tir croisé. A la 79e minute, Baratte inscrit le troisième but en reprenant de volée un retourné de Ben Barek à la suite d’un corner frappé par Flamion. Par 3 buts à 0, la France signe une victoire sans grande difficultés, acquise grâce à une belle seconde période. Pour la première fois, la France s’impose devant l’Ecosse.

Belgique / France (4-2) – Amical – 6 juin 1948

Composition France : Darui (cap.) – Huguet, Marche, Cuissard, Grégoire – Prouff, Batteux, Baratte, Biongiorni – Ben Barek, Flamion
Quelques jours plus tard, la France se déplace à Bruxelles pour y affronter une vieille connaissance, l’équipe de Belgique. C’est la 38e confrontation entre les deux nations. Face à un adversaire qui présente deux avants-centres (Mermans et Govard), la France choisit aussi d’évoluer avec dans cette configuration en confiant l’attaque à Baratte et Bongiorni. Pour faire face au dispositif belge, Prouff est contraint d’évoluer en défense, au marquage des attaquants belges, alors que Cuissard s’occupe du meneur de jeu Chaves. Mais en début de match, Chaves se joue de son adversaire et de l’organisation française pour ouvrir le score dès la 10e minute de jeu. A la pause, les Français sont menés 1 à 0.

A la reprise, Antoine Cuissard se rattrape en inscrivant le but de l’égalisation (47e). A la 74e minute, Ben Barek reprend d’un retourné du pied gauche un centre du novice Albert Batteux et donne l’avantage à la France. L’avantage est de courte durée puisque dans la foulée (76e), Govard égalise pour la Belgique. A la 85e minute de jeu, Mermans trompe Darui et redonne l’avantage à la Belgique. A la 89e minute, Chaves asseoit le succès belge en inscrivant le quatrième but collectif de son équipe, son deuxième personnel de la rencontre. L’équipe de France est battue pa 4 buts à 2. C’est la 17e défaite de l’équipe de France contre la Belgique (pour 15 victoires et 6 nuls). Avec cette défaite, la France retombe dans ses travers.

Tchécoslovaquie / France (0-4) – Amical – 12 juin 1948

Composition France : Darui (cap.) – Huguet, Marche, Prouff, Cuissard – Hon, Baillot, Batteux – Baratte, Ben Barek, Flamion
Six jours après son déplacement à Bruxelles, l’équipe de France se rend à Prague pour affronter la Tchécoslovaquie pour terminer sa saison 1947/1948. Historiquement, la Tchécoslovaquie est un adversaire qui ne réussit pas à l’équipe de France. En 8 confrontations, les Français se sont inclinés à 7 reprises. Mais la dernière opposition entre les deux nations, en 1946, a permis à l’équipe de France de signer sa première victoire face aux Tchécoslovaques. Pour tenter de rééditer cette performance, l’équipe de France est réorganisée et disposée en 4-3-3. En défense, Cuissard et Hon occupent les postes d’arrières centraux et se chargent respectivement de Cejp et Maly, les deux avant-centres tchécoslovaques. Au milieu, Prouff est placé au marquage du meneur de jeu Riha tandis que Batteaux et Ben Barek ont pour mission d’organiser les offensives françaises. Dans cette configuration, la France rivalise avec la Tchécoslovaquie. La première période est cependant vierge de but.

La seconde période est en revanche beaucoup plus prolifique et sourit à l’équipe de France. A la 62e minute, Batteux ouvre le score sur un corner direct. Quatre minutes plus tard (66e), Baratte récidive en doublant la mise après une percée de 30 mètres et un tir croisé. A la 74e minute, le Messin Henri Baillot fête sa première cape en reprenant victorieusement de volée un centre de Famion. A la 89e minute, le Rémois Albert Batteux parachève le succès français en inscrivant un troisième but personnel d’un tir de 15 mètres sur un service en retrait de Baillot. Par 4 buts à 0, la France signe, à Prague, une victoire convaincante et de prestige contre la Tchécoslovaquie. Le saison de l’équipe de France se conclut par une troisième victoire en cinq rencontres. Bien que moins convaincante que la saison dernière, cette saison reste une belle saison pour l’équipe de France, qui pour la première fois de son histoire s’est imposée au Portugal et en Tchécoslovaquie, deux exploits remarquables.

1946-1947 L’embellie bleue

1946-1947 L’embellie bleue

France / Portugal (1-0) – Amical – 23 mars 1947

Composition France : Darui – Grillon, Marche, Cuissard, Swiatek – Prouff, Courtois (cap.), Heisserer – Bilel, Ben Barek, Jacques
L’équipe de France, qui reste sur deux victoires en 1946, retrouve les terrains dix mois après son dernier match contre l’Angleterre. Le 23 mars 1947, au Stade Olympique de Colombes, la France est opposée pour la huitième fois de son histoire au Portugal. L’encadrement de l’équipe de France s’est étoffé. Gaston Barreau est toujours sélectionneur unique mais la préparation physique de l’équipe est confiée à Helenio Herrera. Gabriel Hanot est lui conseiller technique de l’équipe.

Sur le terrain, les Français signent une courte victoire en s’imposant par 1 but à 0. Le but de la rencontre a été inscrit par René Bihel d’un tir croisé à la 41e minute suite à une ouverture de Larbi Ben Barek. Après les succès contre l’Autriche et l’Angleterre en mai 1946, c’est la troisième victoire consécutive pour la France, une performance qu’elle avait réalisée pour la dernière fois en 1940.
Angleterre – France (3-0) – Amical – 3 mai 1947

Composition France : Darui – Swiatek, March, Cuissard, Grégoire – Prouff, Vaast, Tempowski – Bongiorni, Heisserer (cap.), Lechantre

Forte de trois victoires consécutives, c’est confiante que l’équipe de France débarque à Londres le 3 mai 1947 pour y affronter l’Angleterre à Highbury. Contre un adversaire qui ne lui réussit guère (8 défaites pour 2 victoires et 1 nul lors des précédentes confrontations), les Bleus tiennent bon durant la première période, achevée sans aucun but inscrit.

Mais en seconde période, Jean Grégoire, blessé à l’arcade, doit s’exiler sur l’aile droite. Antoine Cuissard passe arrière central. Au milieu, Bolek Tempowski et Oscar Heisserer restent prudents. Mais cette nouvelle organisation fortuite profite à l’Angleterre qui ouvre la marque à la 50e minute par Thomas Finney. Les Bleus accusent le coup et l’Angleterre en profite. Wilfried Mannion (64e) puis Horatio Carter (77e) donnent de l’épaisseur au succès anglais. La belle série française de trois victoires consécutives s’arrêtent donc à Londres.

France – Pays-Bas (4-0) – Amical – 26 mai 1947

Composition France : Darui (cap.) – Jadrejak, Rodriguez, Cuissard, Grégoire – Prouff, Dard, Baratte – Alpsteg, Carré, Vaast
Dans le courant du mois de mai, le 26, l’équipe de France dispute un nouveau match. Cette fois, c’est les Pays-Bas qui se déplacent à Colombes. Heisserer notamment est absent pour ce match, et remplacé par Roger Carré, qui connaît sa première sélection, tout comme René Alpsteg, qui fête dignement sa grande première en ouvrant le score à la 17e minute.

A la 60e minute, le Lillois Jean Baratte, qui porte la tunique bleue pour la deuxième fois, double la mise pour l’équipe de France. A la 75e minute, c’est également un novice, Georges Dard, qui fête sa première cape par un but. A la réception d’un centre de Vaast, Dard offre à la France un troisième but. A la 86e minute, Jean Baratte s’offre un doublé personnel et clôt la marque en inscrivant le quatrième but français. Après sa défaite contre l’Angleterre à Highbury, l’équipe de France retrouve donc le sourire avec une victoire convaincante.

France – Belgique (4-2) – Amical – 1 juin 1947

Composition France : Darui – Jadrejak, Grillon, Cuissard, Grégoire – Heiné, Dard, Baratte – Alpsteg, Heisserer (cap.), Vaast
Six jours après son succès devant les Pays-Bas, la France enchaine par la réception, toujours à Colombes, de la Belgique. Heisserer fait son retour dans l’équipe et récupère le brassard, confié temporairement à Darui. Les Bleus débutent bien la rencontre en ouvrant la marque dès la 13e minute par Ernest Vaast, qui reprend de la tête un corner d’Heisserer. Mais les Belges répondent rapidement. En effet, 4 minutes après le but de Vaast, Albert De Cleyn égalise pour la Belgique. 1-1, c’est le score à la pause.

Il faut attendre le dernier quart d’heure pour voir le match se décanter. Et de quelle façon ! A la 76e minute, Henri Coppens donne l’avantage à la Belgique. Mais dans la foulée (77e), Jean Baratte égalise à la suite d’une belle percée en solitaire. A la 83e minute, Georges Dard redonne l’avantage à la France en reprenant victorieusement un centre d’Alpsteg. La fin de match est totalement française. Euphoriques, les Français s’offrent un quatrième but dans la minute suivante (84e) grâce à Vaast, le premier buteur de la rencontre. Après le succès convaincant contre les Pays-Bas, l’équipe de France confirme en enchainant une deuxième victoire consécutive avec quatre buts inscrits.

Suisse – France (1-2) – Amical – 8 juin 1947

Composition France : Darui – Jadrejak, Grillon, Prouff, Grégoire – Cuissard, Heiné, Baratte – Alpsteg, Heisserer (cap.), Vaast
C’est confiante et forte de ces deux succès acquis de haute volée devant les Pays-Bas et la Belgique que la France se déplace à Lausanne, pour y affronter la Suisse, le 8 juin 1947, sept jours après sa victoire devant la Belgique. Pour cette rencontre, la France pratique un WM élastique : Grégoire marque l’avant-centre réel (à tour de rôle Fink ou Tamini), Prouff marque l’autre avant-centre Amado se retrouvant ainsi second arrière central, Cuissard prend le meneur de jeu Bickel qui évolue en retrait sur la droite. Baratte et Heisserer jouent loin de leur ligne d’attaque où Heiné, polyvalent, évolue comme ailier droit.

Dans cette configuration et devant 35 000 spectateurs, la France est surprise. A la 16e minute de jeu, Jacques Fatton ouvre le score pour la Suisse. Mais les Bleus ont des ressources et renversent la vapeur avant la pause. A la réception d’un corner frappé par Heisserer, René Alpsteg égalise pour la France (36e). A la 44e minute de jeu, ce même Alpsteg sert Baratte, qui aux vingt mètres prend sa chance et trompe le portier suisse Erwin Ballbio. En seconde période, aucun but ne sera inscrit et la France décroche donc une nouvelle victoire, sa troisième consécutive. Ce huitième succès de la France en 19 rencontres contre la Suisse conclut surtout une très belle saison française, ponctuée de 4 victoires pour 1 défaites. L’embellie bleue entrevue en fin de saison dernière s’est donc confirmée et laisse présager de bonnes choses pour cette équipe encore jeune.

1945-1946 Retour à la vie normale

1945/1946 : Retour à la vie normale
Autriche / France (4-1) – Amical – 6 décembre 1945

Composition France : Darui – Dupuis, Salva, Samuel, Jordan – Bastien, Aston (cap.), Siklo – Bongiorni, Ben Barek, Vaast
La guerre étant terminé, le championnat de France a repris et l’équipe de France peut elle aussi retrouver une « vie » normale. Pour son premier match post-guerre, la France se déplace à Vienne pour y affronter l’équipe d’Autriche, le 6 décembre 1945. Une nouvelle fois, la France est disposée en 4-3-3 avec une défense Dupuis-Jordan-Bastien-Salva et un milieu Siklo-Ben Barek-Samuel. Les Bleus commencent la rencontre idéalement en ouvrant la marque dès la 8e minute par Bongiorni, qui honore sa première sélection comme Salva, qui reprend un centre d’Aston.

Cependant, la suite se gâte pour les Français. Karl Decker égalise à la 14e minute. A peine deux minutes après, le même Decker se joue à nouveau de la défense française pour donner l’avantage à l’Autriche (16e). La seconde période confirme la domination autrichienne. Leopold Neumer inscrit le troisième but de son équipe à la 53e minute. A la 78e minute, Decker s’offre un triplé et parachève la victoire de l’Autriche, qui triomphe donc de la France par 4 buts à 1.

Belgique / France (2-1) – Amical – 15 décembre 1945

Composition France : Darui – Dupuis, Salva, Samuel, Braun – Ourdouillié, Aston (cap.), Siklo – Bongiorni, Ben Barek, Vaast

Neuf jours après sa déroute autrichienne, le 15 décembre 1945, l’équipe de France se déplace à nouveau, cette fois, à Bruxelles, pour y affronter une vieille connaissance, la Belgique. La France est toujours disposée en 4-3-3 avec deux stoppeurs, Braun et Ourdouillié qui se chargent des attaquants Gillaux et Mermans. Au milieu et en attaque, les mêmes hommes que contre l’Autriche sont reconduits.

La première mi-temps n’est pas à l’avantage des Français. François Sermon ouvre le score pour la Belgique à la 19e minute. A la 33e minute, Sermon repasse le plat et double la mise. Ballotée, la France trouve les moyens de réagir en fin de match. Le capitaine Aston réduit la marque à la 77e minute, mais ce but ne suffit pas aux Français pour revenir et les Bleus concèdent une défaite par 2 buts à 1 à la Belgique.

France / Tchécoslovaquie (3-0) – Amical – 7 avril 1946

Composition France : Darui – Grillon, Salva, Prouff – Cuissard, Leduc, Aston (cap.) – Heisserer, Bihel, Ben Barek, Vaast
Pour son premier match de l’année 1946, l’équipe de France reçoit le 7 avril au Stade Olympique de Colombes, l’équipe de Tchécoslovaquie. La France pratique dans cette rencontre un WM aménagé, avec trois arrières (Grillon, Cuissard et Salva), trois demi-défensifs (Prouff, Heisserer et Leduc), un meneur de jeu (Ben Barek) et trois attaquants (Aston, Bihel et Vaast). Principale menace offensive, le tchécoslovaque Rudolf Smejkal est surveillé de près par Heisserer

A la 15e minute, Ernest Vaast permet à la France d’effectuer la course en tête en reprenant victorieusement un corner d’Aston qui a ricoché sur Ben Barek. Il faut attendre la fin de match pour voir les Français faire définitivement la différence. Suite à un débordement d’Aston et une passe d’Heisserer, Vaast inscrit un deuxième but à la 75e minute. Huit minutes plus tard (83e), Heisserer bien servi par Aston triple la mise. Les Bleus s’imposent donc devant les Tchécoslovaques par 3 buts à 0 et mettent fin à une série de quatre matchs sans victoires.

Portugal / France (2-1) – Amical – 14 avril 1946

Composition France : Darui – Grillon, Salva, Prouff – Cuissard, Leduc, Aston (cap.) – Heisserer, Bihel, Ben Barek, Vaast

Sept jours après sa victoire devant la Tchécoslovaquie, la France se rend à Lisbonne pour y affronter le Portugal. C’est exactement le même onze de départ que contre les Tchécoslovaques qui est reconduit en ce dimanche 14 avril 1946. A la 33e minute, Marcel Salva se blesse à l’arcade et sort du terrain jusqu’à la fin de la première mi-temps. Quelques minutes après, c’est Heisserer qui se blesse et doit laisser temporairement ses coéquipiers à 9 contre 11. En double infériorité numérique, les Bleus cèdent et encaissent un but d’Antonio Araujo. Ce but permet au Portugal de mener 1 à 0 à la pause.

Au retour des vestiaires, la France évolue de nouveau à 11 contre 11. A la suite d’un centre-tir de Ben Barek repoussé par le gardien portugais Joao Azevedo, Ernest suit bien et égalise pour la France à la 68e minute. Malheureusement, les Bleus ne maintiennent ce score de parité que 4 petites minutes, le temps qu’il faut à Fernando Peyroteo pour redonner l’avantage aux Portugais (72e). Malgré le temps restant, les Français ne parviennent pas à recoller au score et sont donc battus par 2 buts à 1, retombant ainsi dans leurs travers.

France / Autriche (3-1) – Amical – 5 mai 1946

Composition France : Darui – Grillon, Salva, Prouff – Cuissard, Leduc, Aston (cap.) – Heisserer, Bihel, Ben Barek, Vaast
Trois semaines après sa défaite au Portugal, le 5 mai 1946, l’équipe de France retrouve la pelouse de Colombes pour s’offrir une revanche contre l’Autriche, victorieuse des Français quelques mois plus tôt. L’équipe de départ est identique à celle alignée contre la Tchécoslovaquie et le Portugal. A la 23e minute, l’équipe de France est prise à défaut et concède l’ouverture du score à Willi Hahnemann. C’est menée 0-1 que la France termine la première période.

Heureusement, en seconde mi-temps, la France affiche un autre visage. Sur une passe de Bihel, Vaast égalise à la 66e minute. A la 83e minute, c’est sur un corner direct d’Heisserer que les Bleus prennent l’avantage. A la 86e minute, sur un corner frappée par Vaast, Leduc vient placer sa tête gagnante, qui entérine le succès par 3 buts à 1 de l’équipe de France.

France / Angleterre (2-1) – Amical – 19 mai 1946

Composition France : Darui – Grillon, Salva, Prouff – Cuissard, Leduc, Aston (cap.) – Heisserer, Sinibaldi, Ben Barek, Vaast

Quelques jours après sa victoire contre l’Autriche, la France est de retour à Colombes le 19 mai 1946 pour y affronter une bonne connaissance, l’Angleterre. Pour cette rencontre, il faut noter un seul changement par rapport aux trois derniers matchs de l’équipe de France, la titularisation de Pierre Sinibaldi à la place de René Bihel. Devant plus de 58 000 spectateurs, il faut attendre la seconde période pour voir des buts.

A la 54e minute, sur un centre-tir lobé, Jean Prouff ouvre la marque pour les Français. A la 78e minute, à la suite d’un centre de Ben Barek que relâche Albert Williams, le portier anglais sous la pression de Sinibaldi, Vaast pousse le ballon au fond des filets, pour donner une avance de deux buts à la France, que l’on croit définitive. Mais dans la foulée, James Hagan réduit la marque pour les Anglais (80e). Malgré cette réduction du score, l’Angleterre ne parvient pas à égaliser et la France s’impose par 2 buts à 1, dans une rencontre toutefois pas reconnue officiellement par la Fédération Anglaise. Grâce à ce succès, l’équipe de France signe deux victoires consécutives, une performance qu’elle n’avait plus réussi à réaliser depuis mai 1939 (victoires en Belgique et au Pays de Galles).

1939-1945 En marge de la guerre

1939-1945 En marge de la guerre

France / Portugal (3-2) – Amical – 28 janvier 1940

Composition France : Hiden – Vandooren, Mattler (cap.), Bourbotte, Jordan – Diagne, Courtois – Hiltl, Koranyi, Heisserer, Veinante
Après une saison 1938/1939 marquée par une embellie sportive, la France retrouve le terrain le 28 janvier 1940 à Paris pour y affronter l’équipe du Portugal. Le match se déroule en pleine période de guerre et les joueurs mobilisés sont libérés par les autorités militaires. Naturalisés français, les ex-internationaux autrichiens Hiden et Hiltl peuvent représenter la France (la FIFA n’interdit pas encore à un joueur de porter le maillot de deux pays et impose seulement un délai de résidence de 3 ans). Etienne Mattler, le capitaine, porte le record de sélections à 46 capes. La tactique est toujours identique à celle définie par Gaston Barreau en 1937 : défense à quatre arrières (Vandooren surveille l’avant-centre, Mattler en couverture, Bourbotte et Diagne marquent les ailiers), le demi-centre Jordan balaye devant la défense et relance le jeu en compagnie d’un inter replié, Heisserer), transformé en second demi-centre offensif. Hiltl joue en pointe et l’équipe est disposée en 4-2-4 pour ce match.

A la 17e minute, c’est la France qui ouvre le score par Heisserer. Koranyi double la mise six minutes plus tard et permet donc à l’équipe de France de rentrer aux vestiaires avec deux buts d’avance. Koranyi s’offre un doublé à la 75e minute en inscrivant le troisième but français. On croit l’affaire entendue mais Peyroteo marque successivement deux buts (83e et 85e) qui relançent la fin de match. La France tient toutefois son avance et s’impose finalement 3 buts à 2.

France / Suisse (0-2) – Amical – 8 mars 1942

Composition France : Darui – Vandooren (cap.), Roessler – Bourboutte, Jordan, Schmitt – Aston, Simonyi, Koranyi, Dupuis, Arnaudeau
La guerre continuant de frapper, la France ne retrouve les terrains que le 8 mars 1942, soit plus de deux ans après son dernier match contre le Portugal. A Marseille, l’équipe de France est opposée à la Suisse, avec une sélection qui mixe des joueurs de la zone non occupée et de la zone occupée. Diagne, Aznar et Danzelle sont forfaits pour cette rencontre. Gaston Barreau, le sélectionneur unique, décide de revenir à la tactique du WM : Jordan joue stoppeur sur Knecht, l’arrière gauche Roessler marque Bickel, un faux ailier, Schmitt est opposé à Amado, un inter qui joue en pointe. Au milieu de terrain, Bourbotte marque le meneur de jeu Walaschek tout en jouant un rôle de second demi-centre d’attaque, Simonyi joue un rôle de meneur de jeu, et, en raison des forfaits, l’arrière Dupuis tient un rôle de relayeur sur la gauche.

Amado ouvre le score pour la Suisse à la 14e minute de jeu. Kappenberger inscrit rapidement un deuxième but suisse (23e) qui entérine le succès de la Suisse (0-2). Après cinq matchs sans revers, la France regoûte donc à la défaite, dont la dernière date du 4 décembre 1938 contre l’Italie à Naples.

Espagne / France (4-0) – Amical – 15 mars 1942

Composition France : Darui – Vandooren (cap.), Mercier – Bourboutte, Jordan, Roessler – Aston, Simonyi, Koranyi, Dupuis, Arnaudeau
Cette fois, pas besoin d’attendre plus de deux ans pour revoir l’équipe de France. Le 15 mars 1942, soit sept jours après leur défaite contre la Suisse, les Fançais remettent le maillot national pour aller défier l’Espagne chez elle, à Séville. La France se présente dans une organisation en WM aménagé devant un adversaire qui joue de façon classique. L’arrière Mercier ne marque pas l’ailier adverse Epi et c’est Roessler qui joue défenseur gauche, tandis que Bourbotte, Simonyi et Dupuis évoluent au milieu comme au match précédent.

Malheureusement pour les Bleus, ce système aménagée ne porte pas ses fruits. Dès la 4e minute, Francisco Campos ouvre la marque pour l’Espagne. A la 38e minute, Mundo double la mise pour les Espagnols. Menée 2 à 0 à la pause, la France ne parvient pas à réagir et au contraire encaissent pour deux nouveaux buts en seconde période, oeuvres de Campos (68e) et d’Epi (85e). La France subit donc en Espagne un lourd revers (4-0).

France / Belgique (3-1) – Amical – 24 décembre 1944

Composition France : Dambach – Frey, Swiatek – Bigot, Bastien, Pironti – Hiltl, Aston (cap.), Simonyi, Baratte, Arnaudeau
La guerre n’a toujours pas cessé, il faut attendre deux ans et neuf mois pour revoir l’équipe de France reprendre du service. Après ses deux matchs disputés en mars 1942, l’équipe de France rechausse les crampons le 24 décembre 1944. A Paris, au Parc des Princes, la France est opposée à la Belgique. Maurice Bacquet est désormais adjoint à Gaston Barreau comme préparateur physique. Pour cette rencontre contre la Belgique, la France pratique un WM souple : en défense, Bastien joue comme stoppeur avec l’appui de Pironti, au milieu, Bigot (inter déplacé en demi) et Baratte assurent la liaison alors qu’en attaque Hiltl (ailier droit statique), Aston (inter de pointe) et Simonyi (avant-centre mobile) n’opèrent pas à leur poste habituel.

Dans cette configuration, la France arrive tout de même à tirer son épingle du jeu. Simonyi ouvre le score à la 38e minute. Avant la pause (42e), Arnaudeau reprend victorieusement un centre de Hiltl pour dooubler la mise. A la 79e minute, le capitaine Aston inscrit un troisième but d’une reprise des 20 mètres. Grâce à De Wael à la 83 minute, la Belgique réduit la marque mais c’est bien la France qui s’impoe au final par 3 buts à 1.

Suisse / France (1-0) – Amical – 8 avril 1945

Composition France : Darui – Frey, Dupuis, Jasseron, Jordan – Bigot, Bihel – Aston (cap.), Simonyi, Siklo, Vaast
Quatre mois après son succès contre la Belgique, la France est de retour et se déplace le 8 avril 1945, à Lausanne pour y affronter la Suisse. Gabriel Hanot est adjoint comme conseiller technique au sélectionneur Gaston Barreau. Comme en 1942, lors de la dernière confrontation entre les deux équipes, la Suisse joue le verrou avec un faux ailier (Bickel) et deux avants-centre (Monnard et Friedländer). Quant à elle, la France est disposée en 4-2-4 avec une défense à 2 stoppeurs (Jasseron et Jordan), et deux relayeurs au milieu, (Bigot opposé au meneur de jeu Walaschek et Siklo). Devant, Aston conserve son poste d’inter de pointe, tandis que Bihel est utilisé comme ailier droit.

Malheuresement, dans cette rencontre, l’équipe de France ne trouve pas faille. A la 53e minute, au contraire, c’est la Suisse qui fait trembler les filets grâce à Friedlander, seul but de la rencontre. Comme en 1942, la France s’incline contre la Suisse, cette fois sur le score de 1 à 0.

Angleterre / France (2-2) – Amical – 26 mai 1945

Composition France : Darui – Dupuis, Swiatek, Samuel, Jordan – Jasseron, Aston, Heisserer (cap.) – Bihel, Siklo, Vaast
Le 26 mai 1945, un peu plus d’un mois après sa défaite en Suisse, la France effectue un nouveau déplacement. Cette fois, elle se rend à Londres pour y défier l’Angleterre. La France est disposée dans un 4-3-3 prudent avec une défense à quatre arrières qui pratiquent un marquage individuel (Dupuis sur Smith, Jordan sur Lawton, Jasseron sur Carter et Swiatek sur Matthews). Au milieu, le trio est composé de Heisserer, de Samuel et de Siklo. Devant, Aston (qui retrouve son poste habituel) et Vaast, animent les ailes alors que Bihel est placé en pointe.

La France est cependant rapidement dépassé puisque Horatio Carter ouvre la maque la marque à la 10e minute. A la 21e, l’Angleterre bénéficie d’un pénalty que se charge Leslie Smith mais Julien Daru, le gardien français, l’arrête. Grâce à Vaast (44e), la France égalise juste avant la pause et rentre aux vesiaires sur un socre de parité. Thomas Lawton redonne l’avantage à l’Angleterre à la 79e. Alors que la victoire anglaise paraît acquise, Oscar Heisserer trompe le gardien anglais, Albert Williams, à la 90e minute, et évite à l’équipe de France la défaite (2-2). A noter que ce match n’est pas reconnu officiellement par la Fédération Anglaise (classé war-time).

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