1934-1935 Kimpton à la rescousse

1934-1935 Kimpton à la rescousse

1934 Pas d’exploit mais du mérite

1934 Pas d’exploit mais du mérite

Après avoir battue le Luxembourg en match de qualification (1-6), l’équipe de France gagne le droit de disputer la deuxième édition de la Coupe du Monde de football, qui se tient en Italie du 27 mai au 10 juin 1934. Le comité de sélection, composé de Raoul Caudron, Jean Rigal, Maurice Delanche et Gaston Barreau, constitue une sélection de vingt-deux-joueurs assez jeunes (la moyenne d’âge tourne autour des 24 ans) et inexpérimentés (quatorze joueurs comptent moins de dix sélections).

De l’aventure de 1930 en Uruguay, il reste six joueurs : Alexis Thépot, Etienne Mattler, Edmond Delfour, Lucien Laurent, Emile Veinante et Célestin Delmer, qui ont aussi la charge d’encadrer les plus jeunes et notamment les quatre joueurs qui n’ont encore jamais joué avec l’équipe de France : Louis Gabrillargues, René Llense, Georges Beaucourt et Jospeh Gonzales. A l’exception de Georges Verriest, tous les joueurs sélectionnés sont professionnels. S’ils évoluent tous en France, en revanche, ils ne jouent pas tous en Division 1 puisque huit joueurs fréquentent le championnat de deuxième division (Korb, Nicolas, Rio, Verriest, Keller, Thépot, Mairesse et Aston). Le groupe est accompagné en Italie par Gaston Barreau (seul membre du comité de sélection à faire et le voyage) et par l’anglais George Kimpton embauché par la Fédération comme entraîneur durant la compétition.

Huitième de finale : Rendez-vous avec l’Autriche
Seize nations sont qualifiées pour cette deuxième Coupe du Monde de l’histoire. Contrairement à 1930, la compétition se déroule sur une phase à élimination directe, qui débute en huitièmes de finale. Un tirage au sort est organisée avec huit têtes de séries désignées.

La France n’est pas tête de série et hérite de l’Autriche, un tirage qui se veut difficile car la sélection autrichienne enchante le public (ce qui lui vaut le surnom de Wunderteam, équipe merveilleuse) et règne en quelque sorte sur le football européen où elle obtient d’excellents résultats, grâce à son système de jeu basée sur la vitesse d’exécution et l’intelligence de ses joueurs.

France / Autriche (2-3 a.p.)

Composition France : Thépot (cap.) – Mairesse, Mattler – Delfour, Verriest, Liétaer – F. Keller, Alcazar, Nicolas, Rio, Aston

Composition Autriche : Platzer – Cisar, Sesta – Wagner, Smistik (cap.), Uurbanek – Zischek, Bican, Sindelar, Schall, Viertl

La rencontre se tient le 27 mai 1934 à 16h30 au Stade Benito Mussolini de Turin devant 16 000 spectateurs (dont 10 000 français qui ont fait le déplacement en train depuis Paris). L’Autriche d’Hugo Meisl, qui est une des grandes favorites de la compétition, se présente avec une ligne d’attaque redoutable où officie notamment Matthais Sindelar, Anton Schall et Karl Zischek. Pour faire face à la puissance offensive autrichienne, Kimpton confie le marquage de Sindelar à Georges Verriest et demande à Edmond Delfour et Noël Liétaer de bien bloquer les couloirs. Le gardien est Alexis Thépot, le capitaine. Les deux arrières sont Jacques Mairesse et Etienne Mattler alors que la ligne d’attaque est composée (de droite à gauche) de Fritz Keller, Joseph Alcazar, Jean Nicolas, Roger Rio et Alfred Aston.

Le match débute par un téléscopage à la 5e minute entre Jean Nicolas et le capitaine autrichien Josef Smistik, qui assomme le buteur français, ce qui le gênera pour la suite de la rencontre. Malgré cela, Nicolas parvient à ouvrir le score pour la France, en reprenant un centre de Fritz Keller, que l’autrichien Cisar a mal renvoyé. Avec la blessure de Nicolas, Kimpton décide d’interchanger Keller et Nicolas pour placer l’auteur du premier but sur le côté droit. Menée au score, l’Autriche attaque coup sur coup et parvient à égaliser par Sindelar juste avant le repos. A la reprise, Nicolas change une nouvvel fois de position, cette fois avec l’ailier gauche Alfred Aston. Durant la seconde mi-temps, rien n’est marqué et les deux équipes doivent disputer la prolongation, ce qui est déjà un petit exploit pour les Bleus.

Au début de la prolongation, pourtant, la France craque. Sur une attaque de l’Autriche, Sindelar adresse une passe vers Schall. Mairesse lève le bras pour signaler une position de hors-jeu, tandis que Thépot n’essaye même pas d’arrêter le tir qui s’achève au fond des filets français. A la surprise des français et malgré leurs protestations, l’arbitre accorde le but à tort. C’est un coup dur pour la France, qui encaisse un troisième but à la 109e minute de jeu par Josef Bican. En fin de rencontre, les français parviennent tout de même à réduire l’écart grâce à un pénalty transformé de Verriest, consécutif à une main de Sesta. Malgré une bonne prestation, la France s’incline par 3 buts à 2 après prolongation et est donc éliminée de la compétition. Si l’Autriche a bénéficié d’une erreur d’arbitrage, elle mérite toutefois son succès et sa qualification.

Un retour triomphal en France

Comme quatre ans auparavant, l’équipe de France ne faisait pas partie des meilleures équipes engagées, mais elle a réussi à tenir tête à un favori de la compétition, l’Autriche, qui atteint les demi-finales de cette Coupe du Monde 1934, éliminée par l’Italie (1-0), future championne du monde. Les Bleus sortent donc la tête haute de la compétition. A leur retour en France, ils sont d’ailleurs accueillis par plus de 4 000 personnes à la gare de Lyon à Paris venus les applaudir.

Les 22 joueurs français sélectionnés pour la Coupe du Monde 1934 :

Gardiens : Robert Défossé, René Llense, Alexis Thépot

Défenseurs : Georges Beaucourt, Joseph Gonzales, Jacques Mairesse, Etienne Mattler, Jules Vandooren

Milieux : Edmond Delfour, Célestin Delmer, Louis Gabrillargues, Noël Liétaer, Georges Verriest

Attaquants : Joseph Alcazar, Alfred Aston, Roger Courtois, Fritz Keller, Pierre Korb, Lucien Laurent, Jean Nicolas, Roger Rio, Emile Veinante

1934-1935 Kimpton à la rescousse

1934-1935 Kimpton à la rescousse

France / Yougoslavie (3-2) – Amical – 16 décembre 1934

Composition France : Thépot (cap.) – Anatol, Mattler, Gabrillargues, Verriest – Liétaer, F. Keller – Courtois, Nicolas, Rio, Langiller
A l’issue de la Coupe du Monde 1934, George Kimpton quitte le poste d’entraîneur de l’équipe de France, au grand soulagement de Gaston Barreau, qui n’apprécie guère les options tactiques de l’anglais. L’équipe de France ne dispute qu’une seule rencontre en 1934, le 16 décembre, contre la Yougoslavie au Parc des Princes. Maurice Delanghe, membre du Comité de sélection, a la responsabilité technique. La défense est organisée avec Manuel Anatol et Etienne Mattler qui marquent les ailiers, Verriest qui évolue comme est stoppeur et se charge de Marjanovic alors que Louis Gabrillargues marque l’autre avant-centre, Vujadinovic. Noël Liétaer joue avancé au milieu, en compagnie du meneur de jeu Roger Rio, tandis que Roger Courtois est placé en second avant-centre. La disposition sur le terrain est donc un 4-2-4, schéma qui est identique pour les Yougoslaves. Grâce à Jean Nicolas qui reprend un tir mal bloqué par le gardien, l’équipe de France ouvre la marque à la 12e minute. Juste avant la pause, Marjanovic égalise. En fin de match, à la 84e minute, Vujadinovic donne l’avantage à la Yougoslavie. Mais dans la foulée, la France réagit. Jean Nicolas égalise en reprenant un centre de Courtois à la 86e minute. Deux minutes plus tard, Courtois reprend un tir de Rio repoussé par le poteau et donne la victoire aux Bleus dans une fin de match folle (3-2). L’équipe de France termine donc l’année 1934 sur une bonne note.

Espagne / France (2-0) – Amical – 24 janvier 1935

Composition France : Thépot (cap.) – Vandooren, Mattler, Gabrillargues, Verriest – Lehmann, Courtois – Alcazar, Nicolas, Rio, Langiller

En 1935, l’équipe de France reprend du service le 24 janvier avec un déplacement à Madrid pour y affronter l’Espagne. La France joue avec un marquage individuel strict de Vandooren sur Gorostiza, de Lehmann sur Lafuente, de Verriest sur Langara alors que Mattler est défenseur libre. Au milieu, Gabrillargues,surveille Hilario tandis que Alcazar et Rio jouent très repliés. En attaque, Courtois et Nicolas permutent. Dans ce match très défensif, les Bleus concèdent l’ouverture du score à Regueiro à la 15e minute. A la 75e minute, Hilario signe le deuxième but espagnol qui scelle le succès des siens et une défaite 2 à 0 de l’équipe de France.

Italie / France (2-1) – Amical – 17 février 1935

Composition France : Llense – Vandooren, Mattler (cap.), Gabrillargues – Verriest, Delfour – F. Keller, Beck – Courtois, Duhart, Aston

Après sa défaite en Espagne, l’équipe de France retourne en Italie neuf mois après la Coupe du Monde. Cette fois, ce n’est pas à Turin que la France débarque mais à Rome, et pas pour y affronter l’Autriche, mais l’Italie, championne du monde donc quelques mois plus tôt. La France se présente de nouveau dans un système défensif : Verriest est stoppeur et Gabrillargues joue « second demi-centre » à ses cotés, Vandooren et Mattler marquent eux les ailiers. Au milieu, à coté de Delfour, deux internationaux étrangers font leur apparition : Beck (yougoslave naturalisé) à droite et Duhart (uruguayen réintégré), meneur de jeu statique en position axiale. Les Français concèdent rapidement l’ouverture du score aux Italiens et à Meazza, qui ouvre la marque dès la 4e minute. Ce diable de Meazza se joue à nouveau de la défense française en doublant la mise à la 15e minute. Les Français parviennent cependant à réduire la marque grâce à une tête lobée de Fritz Keller, à la 26e minute, à la suite d’un centre de Delfour prolongé par Courtois. Plus rien n’est marquée dans la suite de la rencontre et l’Italie s’impose donc par 2 buts à 1, infligeant une deuxième défaite à la France en cette année 1935.

France / Allemagne (1-3) – Amical – 17 mars 1935

Composition France : Thépot (cap.) – Vandooren, Mattler, Gabrillargues – Verriest, Delfour -Aston, Beck – Nicolas, Duhart, Nuic

Le 17 mars 1935, la France est de retour au Parc des Princes pour y affronter l’Allemagne, troisième de la dernière Coupe du Monde. L’organisation de jeu est la même qu’au match précédent, avec Verriest qui marque Conen.- Nuic, claqué, est remplacé par Sécember qui entre d’abord à l’aile droite (Aston étant déplacé à gauche jusqu’à la mi-temps), puis passe à gauche à la reprise. Une fois de plus, la France concède le premier but. C’est Lehner qui permet à l’Allemagne d’ouvrir la marque à la 36e minute. Après la pause, Kobierski double la mise pour les allemands à la 51e minute de jeu. Huit minutes plus tard, Duhart relance la France en reprenant victorieusement de la tête un centre de Sécember. Mais, à la 88e minute, Hohmann brise les derniers espoirs français de remontée en inscrivant le troisième but de l’Allemagne. Battue 1-3, la France concède une troisième défaite de rang.

Belgique / France (1-1) – Amical – 14 avril 1935

Composition France : Llense – Diagne, Mattler (cap.), Charbit -Verriest, Delfour – Aston, Beck – Courtois, Veinante, Langiller
Un peu moins d’un mois après sa défaite contre l’Allemagne, la France retrouve au Heysel de Bruxelles un adversaire qu’elle a l’habitude de fréquenter. Ce match du 14 avril 1935 contre la Belgique marque le retour de l’entraîneur Kimpton (qui entraîne aussi le RC Paris) qui impose, lui aussi, un système en WM serré : Diagne et Mattler chargent les ailiers, Verriest s’occupe du meneur de jeu Braine, Charbit est au marquage d’Isemborghs l’avant-centre, Delfour s’occupe de l’autre milieu offensif Voorhoof et les milieux offensifs Beck et Veinante se replient parfois jusqu’en défense. La France parvient toutefois à ouvrir le score grâce à Courtois, qui reprend de volée un centre de Beck. Blessé à la cuisse, Mattler est remplacé par Vandooren à la 43e minute. Les officiels belges protestent pendant la mi-temps (la F.I.F.A. n’autorise les remplacements que jusqu’à la 40e minute) et Mattler est obligé de revenir sur le terrain à la reprise et Vandooren de se retirer. Diminuée, la France concède l’égalisation à Van Beeck à la 63e minute mais parvient toutefois à conserver ce résultat nul (1-1) qui met fin à sa série de trois défaites consécutives.

France / Hongrie (2-0) – Amical – 19 mai 1935

Composition France : Llense – Vandooren, Mattler, Charbit – Verriest (cap.), Delfour – Aston, Beck – Courtois, Laurent, F. Keller

Pour terminer cette saison 1934/1935, la France accueille à Colombes la Hongrie. L’entraineur Kimpton a rassemblé les joueurs en stage à Saint-Germain. Le Comité de sélection, toujours composé de Barreau, Rigal, Delanghe et Caudron voit une équipe de France évoluer dans une tactique en W.M. strict qui impose au « policeman » Verriest de marquer de nouveau un avant-centre, en l’occurrence Sarosi qui évolue en fait retrait puisque la Hongrie ne joue pas le W.M., et à Charbit de surveiller l’avant-centre réel. Les Français parviennent à s’imposer par 2 buts à 0, grâce à deux buts de Courtois. Après quatre matchs sans victoires, la France se rassure et termine la saison en retrouvant de la confiance.

Categories
  • 1914
  • Armand Thibaudeau
  • cdl le trophée du désamour
  • Paul Michaux
  • Statistiques et records du championnat
  • Trophée france football