Naissance EFF

Vers un football professionnel

Vers un football professionnel

La contagion du professionnalisme en vigueur en Grande-Bretagne gagne la France. Officieusement d'abord, ce ne sont que des bruits de couloirs. Ensuite, les rumeurs enflent et la lutte entre défenseurs de l'amateurisme et partisans du football professionnel éclate dans les années 1920. Les premiers craignent que la notion de jeu et de plaisir disparaisse. Les seconds estiment qu'il est bon pour la qualité du jeu et les résultats de l'équipe d'autoriser un joueur à se consacrer davantage au football. De plus, beaucoup de pratiquants y voient l'occasion de s'enrichir grâce à leur talent, et ce d'autant plus s'ils sont issus des couches populaires. Les spectateurs viennent de plus en plus nombreux. Ils veulent toujours plus de beau jeu, de buts et de résultats.

Les premières vedettes du foot apparaissent : « Pierrot » Chayriguès, « Julot » Dewaquez ou Lucien Gamblin dit « Lulu la Matraque ». Comme eux, nombre de joueurs cèdent aux sirènes de l'argent ou des avantages matériels que vont leur offrir des clubs assoiffés de victoires. Comme tout cela est interdit, les rémunérations sont déguisées : soins médicaux ou frais de déplacements gonflés, emplois de complaisance… La FFFA essaie d'enrayer la professionnalisation des joueurs. En vain. L'ampleur du phénomène du football professionnel est trop grand d'autant qu'il a déjà pris chez les voisins européens : Tchécoslovaquie, Autriche, Roumanie, Hongrie, Allemagne, Espagne… La France ne peut pas continuer à rester à la traîne.

Le 17 novembre 1930, une commission de la fédération composée notamment de Georges Bayrou, Gabriel Hanot et Emmanuel Gambardella, institue le « joueur rétribué » et permet le mélange de footballeurs payés ou non au sein d'une même formation. Mais le 17 janvier 1931, le Conseil national de la FFFA adopte le principe du professionnalisme par cent trente voix pour et dix-sept contre qui aboutit au vote cinq mois plus tard du statut de joueur professionnel. Son salaire mensuel est fixé à 2 000 francs.

Un an plus tard jour pour jour, par cent six voix pour, quarante-neuf contre et quatre abstentions, c'est le statut de club professionnel qui est accepté.Pour l'acquérir, un club doit disposer de huit joueurs « pro » minimum, demeurer sous le régime de la loi de 1901 et se soumettre au droit de contrôle de sa gestion par la FFFA. L'arrivée officielle de l'argent dans le foot français ne gène en rien sa croissance.

En juillet 1932, la FFFA compte plus de 8 000 clubs affiliés et près de 150 000 joueurs. Cette période est aussi celle d'un autre grand chantier : celui du Championnat de France. Depuis 1918, la seule compétition nationale majeure est la Coupe de France dans laquelle se font remarquer le Red Star et l'Olympique de Marseille. Un championnat est organisé dans chaque région puis une phase finale regroupe les meilleures équipes. Toutefois, pour les joueurs et les spectateurs, le vainqueur de la Coupe est le champion de France.

Pour faire progresser le football hexagonal, les grands clubs doivent se confronter les uns aux autres dans un véritable Championnat de France et passer outre les difficultés d'organisation d'une telle compétition et la réticence de certaines ligues régionales à perdre leur prestige. Ainsi, une première tentative de Championnat est lancée. Trop confus, il ne dure que trois saisons, de 1927 à 1929. Les dirigeants du FC Sochaux, soutenus par la firme doubiste Peugeot, créent un tournoi national à l'été 1930. Huit clubs participent à la première édition de la Coupe Sochaux remportée par les Francs-comtois en 1931 aux dépens de Lille 6-1.

L'année suivante, vingt clubs s'y engagent et voient le FC Mulhouse battre en finale le Stade français 4-2. Le succès de ce challenge est total. Le professionnalisme officiellement adopté début 1932, la Coupe Sochaux disparaît et laisse sa place à un véritable Championnat de France professionnel. Vingt équipes provenant des quatre coins du pays inaugure à l'automne la première saison conquise par Lille. Plus tard, y brilleront particulièrement le Stade de Reims, l'AS Saint-Etienne, le FC Nantes, les Girondins de Bordeaux, l'Olympique de Marseille, l'AS Monaco et le l'Olympique Lyonnais.

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L’équipe de France de la FFF

L'équipe de France de la FFF

Après guerre, le football français s'unit sous l'autorité de la FFFA mais les résultats irréguliers de l'équipe nationale continue. En amical, l'équipe de France perd cinquante-deux rencontres sur les soixante-dix-huit disputés de 1919 à 1934. Il y a notamment de nombreuses et larges défaites face aux Italiens, aux Anglais, aux Hongrois, aux Néerlandais, aux Espagnols et aux Roumains. Les parties sont plus serrées face aux Autrichiens, Belges, Yougoslaves, Tchèques, Irlandais ou Portugais. Souvent, c'est en seconde période que les Français lâchent.

Toutefois, le jour de gloire arrive le 5 mai 1921. Devant 35 000 personnes réunies au stade Pershing de Paris, la France domine 2-1 l'Angleterre. Depuis, l'équipe nationale d'outre-Manche sera de moins en moins composée d'amateurs. Les Tricolores rééditent cet exploit dix ans plus tard, surpassant 5-2 les Britanniques.Pour la première fois après un match, les joueurs se sont échangé leur maillot. L'initiative en revient au vainqueur. Toujours en 1931, pour le premier France-Allemagne de l'histoire. 40 000 supporteurs des deux pays voient les Tricolores triompher 1-0 dans une bonne ambiance.

Les stars de l'époque portent les noms de Gabriel Hanot, Pierre Chayrigues, Marcel Domergue, Lucien Gamblin, Jean Boyer, Jules Dewaquez, Paul Nicolas, Raymond Dubly, Alexis Thépot, Edmond Delfour, Lucien Laurent… Avec eux, les Bleus brillent lors de compétitions officielles. Aux Jeux Olympiques de 1920, ils vainquent pour la première fois les Italiens (3-1) avant de perdre en demi-finale face aux Tchèques (4-1).

Aux Jeux de 1924 à Paris, la France étrille 7-0 la Lettonie mais s'incline en quarts de finale face aux futurs rois du football mondial, les Uruguayens, vainqueurs des JO de 1924, 1928 et de la Coupe du Monde 1930. Jules Rimet, président de la FFFA et de la FIFA, a enfin réussi à monter cette compétition. Mais à l'heure d'embarquer pour l'Uruguay, peu de sélections nationales européennes font le voyage. Avec la Roumanie, la Belgique et la Yougoslavie, la France en est.

Le 13 juillet 1930 à Montevideo, les Bleus battent le Mexique 4 buts à 1 à dix contre onze et sous quelques flocons de neige ! Deux joueurs du FC Sochaux entrent alors dans l'histoire de la Coupe du Monde : Lucien Laurent, en en marquant le premier but, et André Maschinot, en en réalisant le premier doublé. Les Français, sans entraîneur, perdent leur deuxième match de poule face aux Argentins sur le plus petit score (1-0). Curieusement, l'arbitre brésilien siffle la fin de cette rencontre à la quatre-vingt-quatrième minute. Après protestations et discussions, la partie reprend. Edmond Delfour tire sur la transversale mais le score ne bouge pas. Néanmoins, les Bleus sont triomphalement salués par le public uruguayen.

Le Chili défait les Bleus 1-0 dans une troisième rencontre sans enjeu. Avant de revenir en Europe, les Français jouent contre le Nacional de Montevideo, le Santos FC et même l'équipe nationale du Brésil. Le 1er août, après avoir mené 2-0, l'équipe de France s'incline finalement 3-2 face aux Brésiliens. L'équipe de France de la fff à depuis participé à onze Coupes du Monde et va participer à la dix-huitième édition en Allemagne.Ils y ont brillé pour la première fois en 1958 en Suède. La formation des Kopa, Piantoni, Vincent, Jonquet, Fontaine… ont pris une belle troisième place. Just Fontaine inscrit treize buts, un record qui tient toujours.

La génération Platini, Giresse, Genghini, Rocheteau, Battiston, Tigana, Six… termine quatrième en 1982 en Espagne et troisième au Mexique en 1986. Les Français s'inclinent par deux fois en demi-finales face à l'Allemagne de l'Ouest, la première à l'issue d'un superbe match (3-3 après prolongation et 5-4 après les tirs aux buts), la seconde 2-0 après un quart de finale somptueux gagné face au Brésil aux tirs au but. Ces Bleus-là remportent quand même le Championnat d'Europe des Nations, créé en 1960, en 1984. Enfin, à domicile, l'équipe de France des Zidane, Djorkaeff, Henry, Deschamps, Blanc, Lizarazu… triomphe à la Coupe du Monde 1998 en battant le Brésil en finale 3-0. Dans la foulée, ce sont quasiment les mêmes joueurs qui décrochent l'Euro 2000 à Rotterdam, et réussissent, dans cet ordre, un doublé inédit.

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1904…Les débuts équipe de France de footbal

1904…Les débuts équipe de France de footbal

L'équipe de France de football naît en 1904. Avant cette date, les matches internationaux opposaient des clubs ou une sélection des meilleurs joueurs des équipes parisiennes. Ainsi, en 1900, un tournoi disputé à l'occasion des Jeux Olympiques, a été remporté par l'équipe anglaise d'Upton Park devant une sélection de l'USFSA (le onze du Club français en fait) et une de Belgique formée d'étudiants de Liège et de Bruxelles. D'ailleurs, au début du XXe siècle, les rencontres entre clubs ou sélections de pays différents se multiplient.

Pour les Français, c'est surtout avec les Belges et les Anglais qu'ils se mesurent. Le premier match international d'une équipe de France digne de ce nom a lieu le 1er mai 1904. Celle-ci est composée de dix joueurs parisiens et d'Adrien Filez, de l'US Tourcoing. Son dirigeant est Robert Guérin, président de la commission « d'association » à l'USFSA et futur président de la FIFA. La France affronte la Belgique à Bruxelles sous l'autorité d'un arbitre anglais. Près de 2 000 spectateurs voit les Belges ouvrir le score puis être dominés (2-1) avant de revenir au score et de mener à leur tour (3-2). Mais la France, en maillot blanc orné des anneaux de l'USFSA, égalise dans les dernières minutes.

Louis Mesnier, du FC Paris, est le premier buteur de l'histoire de l'équipe de France de football. Il est apparu que ce dernier ainsi que Fernand Canelle ont joué sous un faux nom, semble-t-il, pour se cacher de leurs employeurs. Apparemment, il n'est pas encore de bon ton de prendre des congés pour représenter sa nation en jouant au football. L'équipe de France dispute douze matches de 1904 à 1908. Après la Belgique, elle est opposée à la Suisse le 12 février 1905 au Parc des Princes. Grâce à Cyprès, les Français signent leur première victoire. Suivent plusieurs raclées, 7-0 et 5-0 par la Belgique puis 15-0 pris à Paris par une équipe d'Angleterre amateur !

La France se reprend en 1907 en allant battre les Belges 2-1. Le but décisif a été marqué par André François qui, aidé de deux coéquipiers, a poussé le gardien de but. Une action autorisée à l'époque. Le joueur du RC Roubaix permet aussi à son équipe de battre les Suisses 2-1 début 1908. Ensuite, les défaites s'enchaînent. En Angleterre, l'équipe de France de football est humiliée 12-0 avant de perdre 2-1 à Colombes face aux Belges et 4-1 à Rotterdam contre les Pays-Bas. Pour les Jeux Olympiques de Londres, l'USFSA, tout juste écartée de la FIFA, aligne deux sélections. France B est éliminée 9-0 par le Danemark. Pire ! France A perdu 17-1 face à ces mêmes Danois.

Sans surprise, la Grande-Bretagne, invaincue en Europe jusqu'en 1910, remporte le tournoi. Avec huit défaites pour quatre victoires, les débuts sont difficiles. La FIFA remplace l'USFSA par le Comité français interfédéral. Il devient le seul organisme habilité à organiser des matchs au nom de la France. La sélection du CFI, en maillot blanc rayé bleu et rouge, n'eut pas un meilleur bilan de 1909 à 1914 : quatorze défaites, souvent sévères, face aux Anglais, Suisses, Belges, Italiens, hongrois et même Luxembourgeois ; trois matches nuls et sept victoires. La première arrive en 1911 sur le Luxembourg (4-1). Même score en 1912 contre la Suisse avant deux victoires consécutives sur l'Italie (4-3 puis 1-0). Les Tricolores battent à nouveau les Helvètes 4-1 et affligent un 8-0 au Luxembourg.

En janvier 1914, le traditionnel derby franco-belge organisé à Lille fait recette et voit les Français gagner 4-3. Il fallait beaucoup de courage et d'envie pour porter le maillot national à cette époque. Davantage encore lorsque les matches se déroulaient hors de France : harassant voyage en train de jour et même de nuit, arrivée quelques heures avant le début de rencontre et retour juste après. Les joueurs ne touchaient pas un sou. La fédération ne payait qu'un repas et les billets de train. Quant au maillot, il était rendu sitôt le coup de sifflet final.

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Il y a 100 ans

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Décembre 1912

En cette fin d'année 1912, c'est l'équipe deuxième de l'Angers Université Club qui fait le plus parler d'elle ! A l'heure de jeu, elle mène par 6 buts à 1 un match de championnat contre son homologue du Stade nantais Université Club lorsque crève le ballon nantais. Le réglement prévoit qu'il appartient aux visiteurs de fournir le ballon de remplacement.

Or… nos Angevins ont oublié d'apporter le leur. Ils sont donc déclarés perdant sur tapis vert, au bénéfice de Nantais dépourvus du moindre fair play. Mais deux semaines plus tard, l'AUC joue à son tour des subtilités du réglement pour aligner plusieurs joueurs dignes de l'équipe première, dont l'irrésistible Triboulet : ainsi renforcée, la réserve AUCiste bat celle des Enfants de Cholet 10 à 0, sous les protestations du public choletais.

Cependant, l'événement du mois est assurément la création du Club sportif Bessonneau, célébrée par un repas de gala le 29 décembre : les conséquences pour le football angevin seront incalculables. Pour l'AUC, qui vient de disputer son premier déplacement à Paris afin d'y affronter le Stade français, c'est le commencement de la fin. Mais personne ne le sait encore.

Novembre 1912

La saison démarre aussi chez les clubs moins huppés, par exemple l'Amical Club Jules-Ferry ou l'Union sportive de Candé chez les laïcs, l'Elan-Sport ou l'Espoir-Club chez les catholiques. Parmi les patronages d'Angers la Vaillante est sans rivale : en championnat de deuxième série, son équipe seconde bat l'Elan 16 à 0. La domination du patronage de Saint-Serge est telle que le fair- play vient parfois à en souffrir : c'est ainsi que, quinze jours plus tard, les joueurs de l'Etoile sportive, dégoûtés par la déroute qu'ils subissent, quittent purement et simplement le terrain !

Octobre 1912

Le début de saison approche. Les grands clubs de Maine-et-Loire (l'AUC et les Enfants de Cholet en USFSA, la Vaillante et le Jeune France en FGSPF) ont organisé une série de matches amicaux pour intégrer les nouveaux et rôder les équipes. Les Agevins sont vite dans le bain : l'AUC étrille l'Union sportive mancelle (6-1) puis le 13ème Régiment d'Artillerie de Vincennes (11-0) ; la Vaillante vainc la Jeune France sur le terrain de La Maillochère (5-0) tandis que son équipe II écrase l'Avant-Garde angevine (8-0).

Avril 1912

Comme à l'accoutumée, la fin de saison offre au public de Maine-et-Loire la venue de grandes équipes parisiennes. Au stade vélodrome de Cholet, la Jeune France invite ainsi le Football Etoile Club de Levallois : les Choletais sont membres de la FGSPF, les Parisiens de la LFA, deux fédérations réunies dans le Comité français interfédéral (CFI). Plus de 500 personnes assistent à la partie dont la recette sera versée au profit de l'aviation militaire.

Face à Gaston Barreau (futur sélectionneur de l'Equipe de France pendant 36 ans) et ses coéquipiers, Marcel Triboulet et les siens obtiennent la parité (1-1), en particulier grâce au gardien Simon. A Angers, l'AUC privé de Bishop est battu par le Paris Université Club (2-0) mais accroche le Stade français (2-2) tandis que la Vaillante s'incline en fin de match devant l'Etoile des deux-Lacs (4-1) puis clôt sa saison par belle victoire sur l'Etoile sportive de la Bienfaisance (2-0).

Mars 1912

On entre dans la phase finale des championnats de France. Dans l'Ouest, le 1er tour offre la même affiche sensationnelle que l'année précédente : elle met aux prises le champion de Bretagne – l'Union sportive servannaise – et le champion de l'Atlantique – Angers Université Club. L'affiche attire plus de 3.000 spectateurs sur le terrain neutre du Stade lavallois.

Tout le monde a en mémoire l'inattendue victoire des Angevins en 1911, hélas annulée sur tapis vert, mais cette fois, les Bretons ne se laissent pas surprendre. Après une première mi-temps relativement équilibrée, ils finissent par percer la défense, le gardien angevin étant quelque peu fautif sur les deux premiers buts, puis profitent de la position trop repliée de l'adversaire pour gagner haut la main (5-0). De son côté, en match amical la Vaillante reçoit à nouveau un prestigieux club de la capitale, le Patronage Olier : les Parisiens emportent la victoire 1 à 0.

Février 1912

Dans le match au sommet entre les Enfants de Cholet et Angers Université Club, balayé par le vent, la pluie et même la grêle, un but du capitaine Bishop dans les dernières minutes permet à l'équipe angevine d'enlever la victoire in extremis (2-1). Elle concède la victoire aux Nantais quinze jours plus tard, déception adoucie par le titre de champion de l'Atlantique et par la performance de l'équipe B qui remporte le championnat de 2ème série. Du côté des "patros" catholiques, Triboulet est encore à l'honneur: à lui seul, il permet aux noir-et-blancs de la Jeune France de tenir en échec la Vaillante (3 à 3).

Janvier 1912

L'événement du 1er janvier, c'est la venue à Angers de l'Etoile sportive des Deux-Lacs, le meilleur patronage catholique français, à l'invitation de la Vaillante. Les Parisiens gagnent très facilement (six buts au bout d'une demi-heure) mais laissent courtoisement les Angevins sauver l'honneur en fin de partie. Mais la veille, ils avaient été accrochés (1-1) par la Jeune France de Cholet emmenée par Triboulet, l'international qui accomplit son service militaire à Cholet. En championnat d'Anjou, l'Etoile sportive d'Angers est balayée par la Vaillante 13-0.

En championnat USFSA, le choc de janvier met aux prises les Enfants de Cholet et l'Angers Université Club, tous deux vainqueurs du Stade nantais Université Club ; déjouant les pronostics, les Angevins battent les Choletais 4 à 2. De son côté, Segré-Sports remporte plusieurs matches amicaux.

Décembre 1911

Pour l'ouverture du championnat de l'Atlantique, les Enfants de Cholet s'inclinent à domicile face au Stade nantais Université Club après avoir mené 2 à 0. Mais ils se rattrapent magnifiquement à l'occasion d'un important match amical en vainquant le Sporting Club universitaire de Paris par 5 buts à 0, avant de poursuivre la fête par un grand bal.

Les Angevins de l'A.U.C., en revanche, accumulent les déboires. A Tours, leur match – facilement gagné 8 à 1 – se termine avec un ballon de rugby, l'unique ballon rond disponible ayant crevé ! Ensuite, leur premier match de championnat à Nantes est reporté. Enfin, l'inauguration de leur nouveau stade, déjà repoussée en début de mois, est totalement perturbée par les fortes pluies qui transforment le terrain en marécage, et se traduit par deux défaites devant le Sporting amical de Paris les 24 et 25 décembre.

Novembre 1911

En USFSA, l'Angers Université Club débute sa saison par une victoire éclatante. Pas encore rodée, l'équipe de Bishop écrase l'Union sportive tourangelle 10 à 0 : buts de Poisson (3), Mène, De Bustos (3), Mollingoff, Escouvès et du tourangeau Charbos contre son camp. Malgré la pluie et un terrain détrempé, les Angevins ont pratiqué "un jeu très fin, très scientifique, tout de passes et de combinaisons". L'international tchécoslovaque Hursak, nouveau venu, y a contribué. Le semaine suivante, l'A.U.C. quitte son ancien terrain du Chaumineau et s'installe non loin, du côté de l'octroi de la route de Paris.

Avril 1911

En cette fin de saison, les meilleurs clubs angevins occupent leurs dimanches par des matches amicaux de prestige. En USFSA, l'Angers Université Club reçoit ainsi le Burgigala, grand club du sud-ouest (victoire 6-3), puis son homologue du Paris Université Club (défaite 3-2). Chez les catholiques de la FGSPF, la Vaillante accueille l'Association sportive du Gros-Caillou, un des meilleurs club parisiens, lors des fêtes de Pâques ; les Parisiens sont vainqueurs le dimanche (6-1) et le lundi (3-2).

Mars 1911

La Vaillante s'écroule face aux Cadets de Bretagne en championnat de France de la FGSPF, à Rennes. Les champions de Bretagne, plus aguerris et plus puissants, se qualifient 13 à 0. De son côté, en championnat de France USFSA, l'AUC écarte aisément l'Union sportive tourangelle, championne de Touraine, puis réussit l'exploit aussi sensationnel qu'inattendu d'éliminer l'Union sportive servannaise réputée invulnérable (2-0, à Laval). Mais l'affaire Talbot prive finalement le club angevin de sa victoire et de la demi-finale prévue contre le Racing Club de France.

Février 1911

En championnat USFSA de 1ère série, Angers Université Club s'arroge le titre de Maine-et-Beauce grâce à deux victoires écrasantes sur Nogent-le-Rotrou (8-0) et Le Mans (8-1) grâce à son demi- centre Talbot. En revanche, la marche est trop haute face au Club Athlétique de la Société Générale, deuxième du championnat de Paris : les Banquiers remportent aisément ce beau match amical à Angers (8-2). La Vaillante gagnent le championnat de l'Union d'Anjou (FGSPF) devant l'Etoile Sportive Angevine.

Janvier 1911

En battant le Sporting Club d'Alençon par 3 buts à 1 sur le terrain neutre du Mans, Segré-Sports se qualifie pour la finale du championnat de Beauce & Maine USFSA de 2ème série. Le même jour, en match amical de gala, Angers Université Club vainc le prestigieux Stade Français, champion de Paris en titre, devant 1.500 spectateurs (2-1) ; le gardien Robert Mansville est le grand homme de la rencontre.

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Equipe de France de la FFF

Equipe de France de la FFF

Après guerre, le football français s’unit sous l’autorité de la FFFA mais les résultats irréguliers de l’équipe nationale continue. En amical, l’équipe de France perd cinquante-deux rencontres sur les soixante-dix-huit disputés de 1919 à 1934. Il y a notamment de nombreuses et larges défaites face aux Italiens, aux Anglais, aux Hongrois, aux Néerlandais, aux Espagnols et aux Roumains. Les parties sont plus serrées face aux Autrichiens, Belges, Yougoslaves, Tchèques, Irlandais ou Portugais. Souvent, c’est en seconde période que les Français lâchent. Toutefois, le jour de gloire arrive le 5 mai 1921. Devant 35 000 personnes réunies au stade Pershing de Paris, la France domine 2-1 l’Angleterre. Depuis, l’équipe nationale d’outre-Manche sera de moins en moins composée d’amateurs. Les Tricolores rééditent cet exploit dix ans plus tard, surpassant 5-2 les Britanniques. Pour la première fois après un match, les joueurs se sont échangé leur maillot. L’initiative en revient au vainqueur. Toujours en 1931, pour le premier France-Allemagne de l’histoire. 40 000 supporteurs des deux pays voient les Tricolores triompher 1-0 dans une bonne ambiance.

Les stars de l’époque portent les noms de Gabriel Hanot, Pierre Chayrigues, Marcel Domergue, Lucien Gamblin, Jean Boyer, Jules Dewaquez, Paul Nicolas, Raymond Dubly, Alexis Thépot, Edmond Delfour, Lucien Laurent… Avec eux, les Bleus brillent lors de compétitions officielles. Aux Jeux Olympiques de 1920, ils vainquent pour la première fois les Italiens (3-1) avant de perdre en demi-finale face aux Tchèques (4-1). Aux Jeux de 1924 à Paris, la France étrille 7-0 la Lettonie mais s’incline en quarts de finale face aux futurs rois du football mondial, les Uruguayens, vainqueurs des JO de 1924, 1928 et de la Coupe du Monde 1930. Jules Rimet, président de la FFFA et de la FIFA, a enfin réussi à monter cette compétition. Mais à l’heure d’embarquer pour l’Uruguay, peu de sélections nationales européennes font le voyage. Avec la Roumanie, la Belgique et la Yougoslavie, la France en est. Le 13 juillet 1930 à Montevideo, les Bleus battent le Mexique 4 buts à 1 à dix contre onze et sous quelques flocons de neige ! Deux joueurs du FC Sochaux entrent alors dans l’histoire de la Coupe du Monde : Lucien Laurent, en en marquant le premier but, et André Maschinot, en en réalisant le premier doublé. Les Français, sans entraîneur, perdent leur deuxième match de poule face aux Argentins sur le plus petit score (1-0). Curieusement, l’arbitre brésilien siffle la fin de cette rencontre à la quatre-vingt-quatrième minute. Après protestations et discussions, la partie reprend. Edmond Delfour tire sur la transversale mais le score ne bouge pas. Néanmoins, les Bleus sont triomphalement salués par le public uruguayen. Le Chili défait les Bleus 1-0 dans une troisième rencontre sans enjeu. Avant de revenir en Europe, les Français jouent contre le Nacional de Montevideo, le Santos FC et même l’équipe nationale du Brésil. Le 1er août, après avoir mené 2-0, l’équipe de France s’incline finalement 3-2 face aux Brésiliens.

L’équipe de France de la fff à depuis participé à onze Coupes du Monde et va participer à la dix-huitième édition en Allemagne. Ils y ont brillé pour la première fois en 1958 en Suède. La formation des Kopa, Piantoni, Vincent, Jonquet, Fontaine… ont pris une belle troisième place. Just Fontaine inscrit treize buts, un record qui tient toujours. La génération Platini, Giresse, Genghini, Rocheteau, Battiston, Tigana, Six… termine quatrième en 1982 en Espagne et troisième au Mexique en 1986. Les Français s’inclinent par deux fois en demi-finales face à l’Allemagne de l’Ouest, la première à l’issue d’un superbe match (3-3 après prolongation et 5-4 après les tirs aux buts), la seconde 2-0 après un quart de finale somptueux gagné face au Brésil aux tirs au but. Ces Bleus-là remportent quand même le Championnat d’Europe des Nations, créé en 1960, en 1984. Enfin, à domicile, l’équipe de France des Zidane, Djorkaeff, Henry, Deschamps, Blanc, Lizarazu… triomphe à la Coupe du Monde 1998 en battant le Brésil en finale 3-0. Dans la foulée, ce sont quasiment les mêmes joueurs qui décrochent l’Euro 2000 à Rotterdam, et réussissent, dans cet ordre, un doublé inédit.

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Naissance EFF

Les débuts de l'équipe de France de football

L'équipe de France de football naît en 1904. Avant cette date, les matches internationaux opposaient des clubs ou une sélection des meilleurs joueurs des équipes parisiennes. Ainsi, en 1900, un tournoi disputé à l'occasion des Jeux Olympiques, a été remporté par l'équipe anglaise d'Upton Park devant une sélection de l'USFSA (le onze du Club français en fait) et une de Belgique formée d'étudiants de Liège et de Bruxelles. D'ailleurs, au début du XXe siècle, les rencontres entre clubs ou sélections de pays différents se multiplient. Pour les Français, c'est surtout avec les Belges et les Anglais qu'ils se mesurent.

Le premier match international d'une équipe de France digne de ce nom a lieu le 1er mai 1904. Celle-ci est composée de dix joueurs parisiens et d'Adrien Filez, de l'US Tourcoing. Son dirigeant est Robert Guérin, président de la commission « d'association » à l'USFSA et futur président de la FIFA. La France affronte la Belgique à Bruxelles sous l'autorité d'un arbitre anglais. Près de 2 000 spectateurs voit les Belges ouvrir le score puis être dominés (2-1) avant de revenir au score et de mener à leur tour (3-2). Mais la France, en maillot blanc orné des anneaux de l'USFSA, égalise dans les dernières minutes. Louis Mesnier, du FC Paris, est le premier buteur de l'histoire de l'équipe de France de football. Il est apparu que ce dernier ainsi que Fernand Canelle ont joué sous un faux nom, semble-t-il, pour se cacher de leurs employeurs. Apparemment, il n'est pas encore de bon ton de prendre des congés pour représenter sa nation en jouant au football.

L'équipe de France dispute douze matches de 1904 à 1908. Après la Belgique, elle est opposée à la Suisse le 12 février 1905 au Parc des Princes. Grâce à Cyprès, les Français signent leur première victoire. Suivent plusieurs raclées, 7-0 et 5-0 par la Belgique puis 15-0 pris à Paris par une équipe d'Angleterre amateur ! La France se reprend en 1907 en allant battre les Belges 2-1. Le but décisif a été marqué par André François qui, aidé de deux coéquipiers, a poussé le gardien de but. Une action autorisée à l'époque. Le joueur du RC Roubaix permet aussi à son équipe de battre les Suisses 2-1 début 1908. Ensuite, les défaites s'enchaînent.

En Angleterre, l'équipe de France de football est humiliée 12-0 avant de perdre 2-1 à Colombes face aux Belges et 4-1 à Rotterdam contre les Pays-Bas. Pour les Jeux Olympiques de Londres, l'USFSA, tout juste écartée de la FIFA, aligne deux sélections. France B est éliminée 9-0 par le Danemark. Pire ! France A perd 17-1 face à ces mêmes Danois. Sans surprise, la Grande-Bretagne, invaincue en Europe jusqu'en 1910, remporte le tournoi.

Avec huit défaites pour quatre victoires, les débuts sont difficiles. La FIFA remplace l'USFSA par le Comité français interfédéral. Il devient le seul organisme habilité à organiser des matchs au nom de la France. La sélection du CFI, en maillot blanc rayé bleu et rouge, n'eut pas un meilleur bilan de 1909 à 1914 : quatorze défaites, souvent sévères, face aux Anglais, Suisses, Belges, Italiens, hongrois et même Luxembourgeois ; trois matches nuls et sept victoires. La première arrive en 1911 sur le Luxembourg (4-1). Même score en 1912 contre la Suisse avant deux victoires consécutives sur l'Italie (4-3 puis 1-0). Les Tricolores battent à nouveau les Helvètes 4-1 et affligent un 8-0 au Luxembourg. En janvier 1914, le traditionnel derby franco-belge organisé à Lille fait recette et voit les Français gagner 4-3.

Il fallait beaucoup de courage et d'envie pour porter le maillot national à cette époque. Davantage encore lorsque les matches se déroulaient hors de France : harassant voyage en train de jour et même de nuit, arrivée quelques heures avant le début de rencontre et retour juste après. Les joueurs ne touchaient pas un sou. La fédération ne payait qu'un repas et les billets de train. Quant au maillot, il était rendu sitôt le coup de sifflet final.

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