1 Histoire

1 Histoire

1.4 Genèse du football féminin

1.4 Genèse du football féminin

Article détaillé : Débuts du football féminin

Les femmes jouent au football depuis la fin du XIXe siècle en Angleterre et en Écosse. La France met en place le premier championnat national juste après la Première Guerre mondiale. Les recettes sont telles que les joueuses sont rémunérées via la pratique de l’amateurisme marron. Le tir de barrage contre la pratique du football par les femmes s’intensifie et le décès d’une joueuse, Miss C.V. Richards, en plein match en 1926 renforce les tenants de l’interdiction.

Henri Desgrange (L’Auto) est plus radical encore dès 1925 : « Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d’accord. Mais qu’elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu’elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n’est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable ! ». Les instances masculines refusent déjà d’admettre depuis le début des années 1920 des licenciées féminines et elles doivent s’organiser en fédération indépendante des deux côtés de la Manche. Le championnat de France de football féminin, où brilla notamment le Fémina Sport, s’arrête en 1933. Pourtant favorable au sport féminin, le Régime de Vichy « interdit rigoureusement » la pratique dans l’Hexagone en 1941. Le football est jugé « nocif pour les femmes ».

Presque anecdotique, la pratique perdure après la Seconde Guerre mondiale mais il faut attendre la seconde moitié des années 1960 pour assister au renouveau du football féminin : en 1969-1970, les fédérations anglaise, française et allemande reconnaissent ainsi le football féminin. On recense 2 170 licenciées à la FFF pour la saison 1970-71, puis 4 900 la saison suivante.

Au niveau international, une première Coupe d’Europe est organisée en 1969. Elle met aux prises l’Angleterre, le Danemark, la France et l’Italie. Le football féminin n’étant pas reconnu officiellement par la FIFA et l’UEFA, cette compétition est « non officielle ».

Au niveau mondial, la première Coupe du monde est jouée dès juillet 1970. C’est encore une compétition « non officielle ». Après de multiples organisations de ce type, l’UEFA (1984) puis la FIFA (1991) conviennent qu’il faut mettre en place des compétitions « officielles », Coupe du monde de football féminin et Championnat d’Europe de football féminin notamment.

1.2 Exemple britanique

1.2 Exemple britannique

Article détaillé : Débuts du football

Les Britanniques codifient et organisent le football en s’inspirant des exemples du cricket et du baseball, ces deux sports collectifs étant déjà structurés avant l’émergence du football. Des ligues professionnelles aux championnats et autres coupes, le football n’innove pas. Le premier club non scolaire est fondé en 1857 : le Sheffield Football Club. Le Sheffield FC dispute le premier match inter-club face au Hallam FC (fondé en 1860) le 26 décembre 1860 à seize contre seize. Ces deux clubs pionniers se retrouvent en décembre 1862 pour le premier match de charité. La Youdan Cup est la première compétition. Elle se tient en 1867 à Sheffield et Hallam FC remporte le trophée le 5 mars.

La première épreuve à caractère national est la FA Challenge Cup 1872. Le professionnalisme est autorisé en 1885 et le premier championnat se dispute en 1888-1889. La Fédération anglaise tient un rôle prépondérant dans cette évolution, imposant notamment un règlement unique en créant la FA Cup, puis les clubs prennent l’ascendant. La création du championnat (League) n’est pas le fait de la Fédération mais une initiative des clubs cherchant à présenter un calendrier stable et cohérent. L’existence d’un réseau ferroviaire rend possible cette évolution initiée par William McGregor, président d’Aston Villa. Ce premier championnat est professionnel, et aucun club du Sud du pays n’y participe.

AVilla1899

L’Angleterre est alors coupée en deux : le Nord acceptant pleinement le professionnalisme et le Sud le rejetant. Cette différence a des explications sociales. Le Sud de l’Angleterre est dominé par l’esprit classique des clubs sportifs réservés à une élite sociale. Dans le Nord dominé par l’industrie, le football professionnel est dirigé par des grands patrons n’hésitant pas à rémunérer leurs joueurs pour renforcer leur équipe, de la même façon qu’ils recrutent de meilleurs ingénieurs pour renforcer leurs entreprises. Pendant cinq saisons, le championnat se limite aux seuls clubs du Nord. Le club londonien d’Arsenal passe professionnel en 1891. La ligue de Londres exclut alors de ses compétitions les Gunners d’Arsenal qui rejoignent la League en 1893. La Southern League est créée en réaction (1894). Cette compétition s’ouvre progressivement au professionnalisme mais ne peut pas éviter les départs de nombreux clubs vers la League. Les meilleurs clubs encore en Southern League sont incorporés à la League en 1920.

Concernant le jeu, le passage du dribbling game (dribbles individuels) au passing game (jeu de passes) est une évolution importante. À l’origine, le football est très individualiste : les joueurs, tous attaquants, se ruent vers le but balle au pied, c’est-à-dire en enchaînant les dribbles. C’est le dribbling. Mais comme Michel Platini aime à le rappeler, « le ballon ira toujours plus vite que le joueur ». C’est sur ce principe simple qu’est construit le passing game. Cette innovation apparaît à la fin des années 1860 et s’impose dans les années 1880. Dès la fin des années 1860, des matches entre Londres et Sheffield auraient introduit le passing au Nord. C’est la version de Charles Alcock, qui situe en 1883 la première vraie démonstration de passing à Londres par le Blackburn Olympic. Entre ces deux dates, la nouvelle façon de jouer trouve refuge en Écosse.

FACupFinal1905NewcastleVilla

Sur le modèle de la Football Association, des fédérations nationales sont fondées en Écosse (1873), au pays de Galles (1876) et en Irlande (1880). Des rencontres opposant les sélections des meilleurs joueurs de ces fédérations ont lieu dès le 30 novembre 1872 (Écosse-Angleterre), soit quelques mois avant la fondation officielle de la Fédération écossaise. Des matches annuels mettent aux prises ces différentes sélections, et à partir de 1884, ces matches amicaux se transforment en une première compétition internationale : le British Home Championship. En pratiquant le passing plutôt que le dribbling, les Écossais dominent les premières éditions.

1.1Genèse du jeu

Football

Histoire

Article détaillé :Histoire du football

1.1 Genèse du jeu

Article détaillé : Origines du football

Football dans un livre de colportage anglais du XVIIIe siècle.Les jeux de balle au pied existent dès l’Antiquité. Ce sont des jeux et non des sports. Les Grecs connaissent ainsi plusieurs jeux de balle se pratiquant avec les pieds aporrhaxis et phéninde à Athènes et épiscyre à Sparte. La situation est identique chez les Romains où l’on pratique la pila paganica, la pila trigonalis, la follis et l’harpastum. Les Chinois accomplissent également des exercices avec un ballon qu’ils utilisent pour jongler et effectuer des passes ; cette activité pratiquée sans buts et en dehors de toute compétition sert à l’entretien physique des militaires (蹴鞠, cuju). Les premiers textes concernant le cuju datent de la fin du IIIe siècle av. J.-C. et sont considérés comme les textes les plus anciens liés au sport chinois. À la fin du XVe siècle, le calcio florentin apparaît en Italie. Il s’agit d’un lointain cousin du football, qui disparaît totalement en 1739.
_La_soule_en_Basse_Normandie__1852Soule en Basse-Normandie en 1852.
Le football trouve ses racines réelles dans la soule (ou choule) médiévale. Ce jeu sportif est pratiqué dans les écoles et universités mais aussi par le peuple des deux côtés de la Manche. La première mention écrite de la soule en France remonte à 1147 et son équivalent anglais date de 1174. Dès le XVIe siècle, le ballon de cuir gonflé est courant en France. Longtemps interdite pour des raisons militaires en Angleterre ou de productivité économique en France9, la soule, malgré sa brutalité, reste populaire jusqu’au début du XIXe siècle dans les îles britanniques et dans un grand quart nord-ouest de la France. Le jeu est également pratiqué par les colons d’Amérique du Nord et il est notamment interdit par les autorités de la ville de Boston en 1657. Nommée football en anglais, la soule est rebaptisée folk football (« football du peuple ») par les historiens anglophones du sport afin de la distinguer du football moderne. Cette activité est en effet principalement pratiquée par le petit peuple comme le signale un ancien élève d’Eton dans ses Reminiscences of Eton (1831) : « I cannot consider the game of football as being gentlemany; after all, the Yorkshire common people play it ». (« Je ne peux pas considérer le football comme un sport de gentlemen ; après tout, le petit peuple du Yorkshire y joue. »)

Le Highway Act britannique de 1835 interdisant la pratique du folk football sur les routes le contraint à se replier sur des espaces clos. Des variantes de la soule se pratiquent déjà, de longue date, sur des terrains clos. C’est là, sur les terrains des écoles d’Eton, Harrow, Charterhouse, Rugby, Shrewsbury, Westminster et Winchester, notamment, que germe le football moderne. Les premiers codes de jeu écrits datent du milieu du XIXe siècle (1848 à Cambridge). Chaque équipe possède ses propres règles, rendant les matches problématiques. La Fédération anglaise de football (Football Association) est créée en 1863. Son premier objectif est d’unifier le règlement.

 

1.3 Football international

1.3 Football international

Article détaillé : Football dans le Monde

The founders were cricketers who wanted to keep fit during the winterContrairement aux sports « nobles » comme le cricket, le tennis, le hockey sur gazon et le rugby, le football n’est pas très développé au sein des clubs sportifs installés dans l’Empire britannique. Ainsi, cette discipline est aujourd’hui encore peu prisée en Inde, au Pakistan, en Amérique du Nord ou en Australie, notamment.

En Afrique du Sud, les colons britanniques y importent le football dès 1869 puis une coupe du Natal est organisée dès 1884, mais le football, sport roi dans les townships, reste très mal perçu par les tenants blancs de l’apartheid qui lui préfèrent le rugby, le tennis et le cricket. Le football fut, il est vrai, en pointe pour dénoncer l’apartheid et dès le 9 avril 1973, une équipe mêlant joueurs noirs et blancs représente l’Afrique du Sud lors d’un match international non officiel face à la Rhodésie.

Les Britanniques jouent pourtant un rôle important dans la diffusion du football, notamment grâce aux ouvriers dépêchés aux quatre coins du monde pour mener à bien des chantiers. Le football est par exemple introduit en Amérique du Sud par les ouvriers travaillant sur les chantiers des lignes ferroviaires. Ils montent des équipes et mettent en place des compétitions d’abord réservées aux seuls joueurs britanniques, et qui s’ouvrent progressivement aux joueurs puis aux clubs locaux. Le cas sud-américain est complexe. Il existe également des clubs britanniques qui pratiquent cette discipline et des étudiants originaires d’Angleterre jouent un rôle important dans l’introduction du football entre Montevideo et Buenos Aires. Ainsi, le football s’installe durablement dans des nations comme l’Uruguay ou l’Argentine dès les années 1870-80. En Amérique du Nord, des compétitions sont créées dans les années 1880 (1884 aux États-Unis sur la côte Est). La Belgique, où les universités anglaises jouent un rôle moteur, les Pays-Bas (premier club fondé en 1879), la Suisse (introduction du football dès les années 1860 et premier club en 1879) et le Danemark (premier club en 1876) figurent parmi les premiers pays de l’Europe continentale touchés par le football.

L’expansion du football est également due à des voyageurs de diverses nationalités ayant effectué des séjours au Royaume-Uni où ils furent initiés au jeu. En France, l’introduction du football se fait ainsi principalement par l’action des professeurs d’anglais qui ramènent de leurs voyages linguistiques outre-Manche règles et ballons dans les cours d’écoles. Les Britanniques sont également déterminants dans l’introduction du football en France. L’action des clubs britanniques parisiens des White-Rovers et du Standard AC fait plier l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) le 9 janvier 1894, qui, dans la droite ligne des clubs britanniques guindés, redoutait une expansion du football et de ses vices, comme le professionnalisme, les transferts et les paris et se refusait à reconnaître cette discipline. En Allemagne, le football est d’abord clairement perçu comme un corps étranger à la nation et est dédaigneusement surnommé le « sport des Anglais » par les nationalistes. Toutefois, le football prend racine dans les villes (premier club fondé en 1887 : SC Germania Hambourg) où ouvriers et cols blancs se rassemblent autour d’une passion commune. L’Europe du Nord est ainsi progressivement contaminée entre les années 1870 et le début des années 1890, puis l’Europe du Sud (Sud de la France inclus) connaît le même sort entre les années 1890 et le début du XXe siècle.

La Fédération internationale de football association (FIFA) est fondée à Paris en 1904La Fédération internationale de football association (FIFA) est fondée à Paris en 1904 malgré le refus britannique de participer à une entreprise initiée par les dirigeants français de l’USFSA.

Le but premier de l’Union est de réduire au silence les autres fédérations sportives françaises pratiquant le football, et elle impose dans les textes fondateurs de la FIFA qu’une seule fédération par nation soit reconnue par l’organisme international.

Le piège se retourne contre l’USFSA en 1908. L’Union claque la porte de la FIFA, laissant à son principal concurrent, le Comité français interfédéral (ancêtre direct de l’actuelle Fédération française de football), son siège à la FIFA ; l’USFSA se retrouve isolée mais son état d’esprit contre le professionnalisme demeure la règle jusqu’à la fin des années 1920. Le racingman Frantz Reichel prophétise ainsi en 1922 que « le football professionnel anglais périra s’il reste cantonné sur le sol britannique ».

À la fin des années 1920 et au début des années 1930, plusieurs nations européennes et sud-américaines autorisent le professionnalisme afin de mettre un terme aux scandales de l’amateurisme marron qui touchent ces pays depuis les années 1910. Le gardien de but international français Pierre Chayriguès refuse ainsi un « pont d’or » du club anglais de Tottenham Hotspur en 1913 ; il admettra dans ses mémoires que les joueurs du Red Star étaient grassement rémunérés malgré leur statut officiel d’amateur. L’Autriche (1924), la Tchécoslovaquie et la Hongrie (avant 1930), l’Espagne (1929), l’Argentine (1931), la France (1932) et le Brésil (1933) sont les premières nations (hors du Royaume-Uni) à autoriser le professionnalisme dans le football. En Italie, la Carta di Viareggio, mise en place par le régime fasciste en 1926, assure la transition entre le statut amateur et professionnel, définitivement adopté en 1946.

CONMEBOLAu niveau continental, des confédérations gèrent le football. La première confédération créée est celle d’Amérique du Sud, la CONMEBOL, fondée le 9 juillet 1916. Placées sous l’autorité hiérarchique de la FIFA, les confédérations veillent toutefois à préserver leur indépendance. Elles ont toutes libertés, par exemple, pour organiser à leur convenance les qualifications pour la Coupe du monde et pour mettre en place des calendriers spécifiques, malgré des tentatives d’harmonisation sans grande portée de la FIFA. Les cas africains et sud-américains sont significatifs. La Coupe d’Afrique des nations (CAN), par exemple, se dispute tous les deux ans en pleine saison européenne posant des problèmes pour les clubs employant des joueurs africains. La FIFA n’a pas autorité pour fixer ces calendriers, et seule la Confédération africaine maîtrise cette question.

Selon un comptage publié par la FIFA le 31 mai 2007, le football est pratiqué dans le monde par 270 millions de personnes dont 264,5 millions de joueurs (239,5 millions d’hommes et 26 millions de femmes). On compte environ 301 000 clubs pour 1 700 000 équipes et 840 000 arbitres. 113 000 joueurs évoluent sous statut professionnel. Ce dernier chiffre est à manier avec précaution car il existe des différences considérables entre les nations à propos de la définition d’un joueur professionnel. L’Allemagne est ainsi absente du classement des vingt premières nations à ce niveau tandis que d’autres nations, moins strictes dans la définition du statut professionnel, avancent des données artificiellement élevées.

joueurs-licencies-dep2006

Au niveau des nations, la Chine est en tête avec 26,166 millions de joueurs pratiquants. Derrière la Chine, on trouve les États-Unis (24,473 millions), l’Inde (20,588), l’Allemagne (16,309), le Brésil (13,198), le Mexique (8,480), l’Indonésie (7,094), le Nigeria (6,654), le Bangladesh (6,280), la Russie (5,803), l’Italie (4,980), le Japon (4,805), l’Afrique du Sud (4,540), la France (4,190) et l’Angleterre (4,164). Ces chiffres prennent en compte les licenciés et les pratiquants non licenciés. Concernant les joueurs licenciés, le tableau ci-dessous présente les données des douze fédérations nationales comptant le plus de joueurs licenciés. À noter qu’après la participation en finale de la Coupe du monde 2006 de l’équipe de France, le nombre des joueurs licenciés a dépassé le cap des 2 millions en France (2 020 634).

Débuts du football féminin

Débuts du football féminin

Genèse du football féminin

Chronologie sommaire des débuts du football féminin (des origines à 1970).

British_Ladies_Football_Club

Le British Ladies Football Club (The North team), en 1895.

Debout : Lily Lynn, Nettie Honeyball, Williams, Edwards, Ide.

Assises : Compton, F. B. Fenn, Nellie Gilbert, P. Smith, Rosa Thiere, Biggs.

1 Les balbutirments et l’âge d’or

  • 7 mai 1881 : première rencontre internationale entre l’Angleterre et l’Écosse, à Edimbourg. La même année, de nombreux matchs féminins s’attirent les critiques de la presse.
  • 23 mars 1895 : Sous la houlette de Nettie Honeyball, un match de prestige opposant Londres du Nord et Londres de Sud est organisé à Crouch End, Londres. Les Nordistes s’imposent 7-0 (ou 7-1 selon les sources).
  • 30 septembre 1917 : Premier match de football féminin disputé en France. Ce match met aux prises deux équipes du Fémina Sport (club omnisports féminin fondé à Paris en 1912).
  • 25 décembre 1917 : Premier match de la formation anglaise Dick-Kerr’s Ladies (club fondé en 1915). 10 000 spectateurs assistent à ce match au profit des soldats.
  • 18 janvier 1918 : Fondation de la Fédération des sociétés féminines sportives de France (FSFSF).
  • 1918 à 1922 : Le Fémina Sport dispute une série de matchs dans toute la France pour faire la promotion du football féminin. De nombreux clubs sont fondés à la suite de ces rencontres.
  • 13 avril 1918 : Première édition du Championnat de France organisé par la FSFSF; c’est une première mondiale. Le fameux Fémina Sport enlève ce premier titre en s’imposant en finale face à l’En Avant (club omnisports féminin fondé à Paris en 1912).
  • 29 avril 1920 : Premier match international entre une formation anglaise de Preston, les Dick-Kerr’s Ladies, et une sélection des meilleures joueuses françaises. La partie déplace plus de 25 000 spectateurs à Manchester. La France gagne 0-2 et boucle cette première tournée anglaise avec deux victoires, un nul et une défaite.
  • octobre 1920 : 12 000 spectateurs assistent au stade Pershing de Paris au match retour du précédent. Un match nul 1-1 sanctionne cette partie. Les Anglaises disputent dans la foulée trois matchs en province (Roubaix, Le Havre, Rouen) face à des sélections locales.
  • 1921 : 150 équipes féminines sont recensées en Angleterre.
  • 1921 : Tournée triomphale en Angleterre des Dick-Kerr’s Ladies avec un record d’affluence de 53 000 spectateurs à Goodison Park (Everton, Liverpool).
  • 1920/1921 : En France, 18 équipes parisiennes participent au Championnat. De plus, les championnes de Paris affrontent en play-offs pour la première fois des formations de province pour l’attribution du titre de championnes de France.
  • 17 avril 1921 : En finale du premier championnat de France ouvert aux clubs de province, l’En Avant (Paris) s’impose 3-0 face aux Sportives de Reims (club fondé le 28 janvier 1921).
  • mai 1921 : Nouvelle tournée anglaise pour l’équipe de France. Les Bleues s’imposent lors de leur premier match (1-5), puis encaissent trois courtes défaites.
  • octobre 1921 : L’équipe d’Angleterre se déplace en France (Paris, Le Havre), mais en deux rencontres face à l’équipe de France aucun but n’est inscrit.

2 L’interdiction du football féminin

  • 5 décembre 1921 : La Football Association interdit le football féminin. Cet interdit anglais sera levé en juillet 1971.
  • 10 décembre 1921 : En réaction à l’interdit de la FA, fondation de la Ladies Football Association, forte de 60 clubs.
  • avril 1922 : Tournée sans défaite pour l’équipe de France en Angleterre. Victorieuses à Plymouth (1-2), les Bleues concèdent des nuls sans but à Exeter et Falmouth.
  • 1925 : Le foot féminin est en crise en France « Le jeu ne vaut rien », Gabriel Hanot. Les grandes foules de l’immédiat après-guerre ont fondu. Henri Desgrange (L’Auto) est plus radical encore : « Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d’accord. Mais qu’elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu’elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n’est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable!. »
  • 1926 : Décès d’une joueuse, Miss C.V. Richards, en plein match. Cet incident est surexploité par les opposants du football féminin. Pour eux, les femmes ne doivent pas être footballeuses.
  • 1927 : Autre angle d’attaque des opposants au football féminin : le professionnalisme ! Les meilleures joueuses sont en effet sujettes à transferts et touchent des primes financières…
  • 1932 : Le football féminin meurt à petit feu en France. La 15e et dernière édition du championnat de France organisée sous l’égide de la FSFSF sacre en 1932 l’incontournable Fémina Sport.
  • 3 avril 1932 : Dernier match de l’équipe de France de la FSFSF. C’est un match nul sans but face à la Belgique à Bruxelles.
  • mars 1933 : Première trace de football féminin en Italie (Milan), le « Gruppo Femminile Calcistico de Milan »2,3.
  • avril 1933 : Le football est officiellement radié des sports soutenus par la FSFSF.
  • 3 novembre 1933 : La Fédération d’Italie empêche la continuation de matchs de foot féminin en Italie4.
  • 26 novembre 1933 : La Ligue de Paris organise un championnat de Paris féminin comprenant dix clubs. Le premier match de ce championnat se tient le 26 novembre 1933. Fémina sport enlève le titre en 1934 ; Dunlop Sports, finaliste malheureux en 1934, est champion 1935 en écartant en finale le Fémina. Actif à Paris, mais en nette perte de vitesse, l’activité en province du football féminin est quasi nulle depuis la radiation de 1933.
  • 28 avril 1934 : La Fédération Française de Football Association possède une équipe nationale qui affronte ce 28 avril 1934 l’équipe féminine de Belgique à Saint-Ouen.
  • 1937 : Dernière édition du championnat de Paris organisé depuis 1933 par la Ligue de Paris. Victime d’attaques permanentes de la part des autorités sportives et politiques qui font campagne contre la pratique du football féminin, le foyer parisien s’éteint en 1937.
  • 27 mars 1941 : Le Gouvernement de Vichy « interdit vigoureusement » la pratique du football féminin. La liste des sports interdits aux femmes est publiée le 27 mars 1941.

3 Une renaissance difficile

  • 1947 : La tentative de relance du football féminin en Alsace échoue.
  • 1947 : 17 clubs de football féminin sont actifs en Angleterre.
  • 1947-1951 : Plusieurs matchs de charité France-Angleterre. Les premières rencontres ont lieu les 23, 25 et 26 juin 1947.
  • 1951 : 26 clubs de football féminin sont actifs en Angleterre.
  • 1955 : Fondation d’une éphémère fédération féminine en Italie (AICF)
  • 1955 : Fondation d’une fédération féminine aux Pays-Bas
  • 1955 : La Fédération d’Allemagne de football refuse de partager « ses » terrains avec les filles… Interdiction de fait du football féminin en Allemagne.
  • 1956 : Malgré l’interdit, les Allemandes continuent à jouer et 18 000 spectateurs se déplacent à Essen (RFA) pour assister au premier match RFA-Pays-Bas (2-1), évidemment non officiel.
  • 1965 : Cinquantième anniversaire des Dick-Kerr’s Ladies. 858 matchs ont été disputés par cette formation au cours de ce demi-siècle.
  • 1966 : 32 équipes tchèques prennent part au tournoi national tchèque organisé par le magazine « Mlady Svet ».
  • 1966 : Relance du football féminin en Italie. Ce renouveau fait suite à la décision de la Milanaise Valeria Rocchi de mettre sur pied une équipe féminine de football afin de récolter des fonds pour des œuvres humanitaires en Inde.
  • 1967 : 46 équipes tchèques prennent part à la deuxième édition du tournoi national organisé par le magazine « Mlady Svet ». Dès cette année 1967, le Slavia Prague dispute des matchs en Italie.
  • 1968 : 64 équipes tchèques prennent part à la troisième édition du tournoi national organisé par le magazine « Mlady Svet ». Le football féminin s’implante en Tchécoslovaquie avec la création d’une fédération de football féminin, indépendante de la fédération tchèque, forte de 91 clubs à ses débuts.
  • 23 février 1968 : L’Italie bat la Tchécoslovaquie, 2-1.
  • 1968 : Fondation du championnat national italien FICF.
  • 14 et 15 juin 1969 : Tournoi international entre le FCF Reims, une sélection alsacienne, une équipe anglaise (Herne Bay LFC) et le Slavia Pramen Kablice, champion de Bohême-du-Sud. Les Tchèques s’imposent en finale face au FCF Reims.
  • 1969 : Première édition de la Coupe d’Europe avec quatre pays : Angleterre, Danemark, France et Italie. L’Italie est sacrée championne.
  • Novembre 1969 : Un article du journal sportif français Miroir Sprint appelle à la création d’une Fédération française de football féminin. Les anglaises suivent cette voie en fondant la Women’s Football Association qui regroupe 44 clubs.
  • Décembre 1969 : La Football Association anglaise reconnaît le football féminin. 54 clubs sont recensés en Angleterre.
  • 1969 : Le Slavia Prague est l’équipe de l’année. Sur 59 matchs joués, aucune défaite et 401 buts marqués pour seulement 11 encaissés !
  • 30 octobre 1970 : Réhabilitation officielle du football féminin en Allemagne de l’Ouest.
  • 1971 : La Fédération anglaise de football lève son interdiction de voir des femmes jouer sur les terrains de ses membres.
  • 1970 : Première édition de la Coupe du monde féminine de football (non reconnue par la FIFA). Le Danemark bat l’Italie en finale, 2-0 le 15 juillet.
  • 1981 : Création hors aval de la FIFA du Mundialito féminin.
  • 2008 : Après une semaine de célébrations de la vie de Lily Parr, la Fédération anglaise de football présente ses excuses pour avoir banni les femmes du football de 1921 à 1971.

4 Percée en France

  • 10 novembre 1967 : Martine Giron (21 ans) est la première femme certifiée arbitre officiel. C’est la Ligue de Paris qui montre ici la voie.
  • 1967 : Relance du football féminin en Alsace.
  • 1967 : Création d’une équipe féminine de football au sein de la VGA Saint-Maur.
  • 1er mai 1968 : Relance du football féminin à Caluire, banlieue de Lyon, avec l’organisation d’un match de football féminin. Une équipe prend corps dans la foulée de ce match de démonstration.
  • Juin 1968 : Le CSC Vieux Nice forme une équipe féminine de football qui se contente de s’entraîner pendant deux étés.
  • 30 août 1968 : Renouveau du football féminin français avec un match disputé en lever de rideau d’un match amical professionnel Stade de Reims-US Valenciennes. Cette partie historique faisait suite à un article de Pierre Geoffroy, jeune journaliste du quotidien L’Union de Reims6.
  • 1968 : Les filles du FCF Reims, puis du Stade de Reims engagent le combat en France pour la reconnaissance du football féminin. Enchaînant entre 1968 et 1973 les tournées aux États-Unis, Mexique, Canada, Indonésie et Haïti, notamment, les Rémoises constituent la meilleure formation de l’Hexagone. 60 000 spectateurs sont enregistrés à Bandung (Indonésie) à l’occasion d’un match des filles de Reims.
  • Octobre 1968 : Création d’une équipe féminine de football au sein du RC Joinville.
  • 1968 : Début de la pratique du football féminin dans le Centre-Ouest, notamment à Soyaux.
  • 23 mars 1969-29 septembre 1969 : Première saison du championnat de Champagne-Ardenne de football féminin. Treize clubs y participent. C’est alors la seule compétition de football en France. Le FCF Reims remporte le titre en battant Marnaval en finale au Stade Auguste-Delaune.
  • 1969-1970 : La Ligue d’Alsace organise le premier championnat d’Alsace de football féminin. Neuf clubs y prennent part et le FCF Schwindratzheim remporte le titre en écartant Notre-Dame de Strasbourg en finale.
  • 1er octobre 1969 : Création d’une équipe féminine de football au sein de la Fidésienne SA, club de Sainte-Foy-lès-Lyon.
  • 16 novembre 1969 : Match de démonstration au Stade Jean Bouin entre le FCF Reims et une sélection du Nord.
  • 1970 : En début d’année 1970, on recense 21 clubs ou sections féminines de football en Champagne-Ardenne.
  • Janvier 1970 : Le FCF Reims est intégré au Stade de Reims.
  • 7 mars 1970 : Réunion au siège de la FFF entre les autorités du football français et les représentants d’une cinquantaine de clubs de football féminin en vue de préparer la reconnaissance du football féminin faite quelques jours plus tard.
  • 29 mars 1970 : La FFF reconnaît le football féminin tombé en désuétude en France depuis les années 1930. Une cinquantaine de clubs féminins sont recensés dont 21 pour la Ligue du Nord-Est et 12 dans le Bas-Rhin.
  • 1970 : À la fin de la saison 1969-1970, on recense 21 clubs féminins de football en Centre-Ouest.

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