5.1 Élément de la culture populaire

5.1 Élément de la culture populaire

5.1.2 Les supporters

5.1.2 Les supporters

Article détaillé : Supporter de football

« Le Supporter. Ne riez pas, vous en connaissez tous au moins un. Le supporter, le vrai, le vulgaire supporter qui crie, qui gueule le long de la touche est une inconsciente victime de la folie du football. Mais c’est en même temps un être bizarre autant que dangereux, d’abord parce qu’il ne supporte rien… contre son club et que le club aura beau faire, jamais il parviendra à se débarrasser de cette pieuvre qu’on nomme supporter. Pourquoi s’est-il voué à l’Union Sportive de X, plutôt qu’au Sporting Club de la même ville, il ne saurait le dire lui-même.(…)

Pendant la partie, il passe à la fois par toutes les angoisses et par les manifestations de joie les plus débordantes. Il est atterré pendant dix minutes et radieux pendant quinze autres. Les goals marqués contre son équipe sont toujours off-side. L’arbitre est un cochon et les linesmen sont des vendus. Et c’est fourbu, démoli, le visage décomposé qu’il se rend après le match au siège de son club, où il s’affale, plus fatigué que les joueurs eux-mêmes. Là, l’œil terne et brumeux, un ami lui fait bien le récit de ses récentes escapades, mais il ne daigne même pas sourire au passage le plus gai du récit. Mais voilà qu’incidemment l’ami a prononcé le nom de son club.

Son œil s’allume, sa main s’énerve, sa bouche, jusqu’alors dédaigneusement close, s’ouvre. Il va parler. Il parle. Et alors, il est magnifique le supporter. Il décrit ses joies, les beautés de son club. Les mots abondent, les métaphores se précipitent, c’est un fleuve d’éloquence qui vous culbute, vous immerge et vous entraîne dans un torrent tumultueux. N’essayez pas de résister, abandonnez-vous au contraire, car vous êtes sa victime. Il vous tient et ne vous lâchera que quand vous aurez reconnu que son club est le premier, le plus fort et le plus grand de tous les clubs de France. »

extrait de Football et sports athlétiques du 12 novembre 1910, p. 2 (article non signé)

Le football entraîne un vaste mouvement de soutien populaire, parfois inconditionnel : le phénomène des supporters. Les fans d’un même club peuvent s’organiser en mouvements appelés groupes ou associations de supporters. Certains groupes versent dans le hooliganisme. Le phénomène des supporters existe depuis l’Antiquité, et avant même la codification du football, tous les bénéfices et travers de ce mouvement sont déjà bien connus. Le cricket anglais est ainsi durement touché par une vague de violence de ses supporters des années 1770 au début du XIXe siècle. L’écrasante majorité des supporters sportifs sont pacifiques et festifs, il est donc réducteur de traiter uniquement ce thème sous l’angle de la violence. De même, réduire le supporter à un simple consommateur de produits de merchandising est également un lieu commun. Les autorités sportives, elles-mêmes, n’ont d’ailleurs toujours pas intégré de plein droit les supporters au sein de la « famille du foot ». Michel Platini, président de l’UEFA, a prévu de corriger cet oubli.

Les supporters ont pourtant un rôle déterminant dans le financement des clubs, l’animation des stades et permettent aux joueurs de donner le meilleur d’eux-mêmes sur le terrain. Le surnom de « douzième homme » n’est pas usurpé. Ils représentent également une forme de contre-pouvoir face aux dirigeants. Ainsi, en Angleterre et en France, des déménagements de clubs, à l’américaine, sont tentés par certains dirigeants à la recherche de meilleurs « marchés ». La pression des supporters est telle que ces déménagements purement mercantiles sont désormais interdits en France après la fusion controversée du Toulouse FC première version avec le Red Star en 1967 et exceptionnels en Angleterre : cas isolé du Wimbledon FC qui déménage à Milton Keynes en 2003 devenant le Milton Keynes Dons Football Club. En réponse à ce déménagement, les fans de Wimbledon ont créé leur propre club : AFC Wimbledon.

Les rivalités dans le football touchent principalement les supporters. Les derbies et autres affiches de gala constituent des rendez-vous importants pour les fans qui rivalisent alors dans les domaines du chant ou de l’animation des tribunes (et parfois de la violence) pour prendre un ascendant sur les supporters rivaux. Les rivalités les plus spectaculaires sont en Europe celles opposant Celtic et Rangers à Glasgow, tandis qu’en Amérique du Sud le Super-Clasico Boca-River Plate atteint des sommets dans le genre. Les supporters se regroupent rapidement au sein de fan-clubs. Dès la fin du XIXe siècle, de tels groupes existent déjà au Royaume-Uni. Ils sont généralement sous l’autorité directe du club. Ce sont des clubs de supporters dits « officiels ». L’un des principaux buts de ces associations est de collecter de l’argent pour leur club.

Depuis la création du mouvement des Torcida au Brésil dans les années 1940, certains groupes de supporters deviennent indépendants du club et prétendent même mériter des subventions de sa part. C’est la base du mouvement dit « ultra ». La culture ultra est très développée en Amérique latine et commence à toucher l’ex-Yougoslavie en Europe à partir de 1950. Ce mouvement se propage via l’Italie à partir des années 1960. La vague ultra atteint la France au milieu des années 1980. Si la majorité de ces groupes affiche un pacifisme réel, la violence n’est pas étrangère au mouvement ultra. Les codes utilisés ne sont toutefois pas les mêmes que ceux en usage chez les hooligans britanniques, plus individualistes, et donc totalement étrangers aux rivalités opposant certains groupes au sein de mêmes clubs. Après le drame du Heysel, le terme de hooligan devient synonyme de barbare.

Un mouvement plus radical d’inspiration britannico-allemando-néerlandaise, les hools, prend pourtant le relais. Ces derniers utilisent souvent la violence à des fins purement privées, sans liens réels avec le club. Certains auteurs désignent du terme de hooligan tous les supporters violents, alors qu’il existe plus qu’une nuance entre un supporter lambda devenant subitement violent et une prise de tribune adverse. Exclue des compétitions européennes à la suite du drame du Heysel, l’Angleterre est la première nation à édicter des règles strictes pour lutter contre la violence. Malgré cette volonté et l’arsenal juridique qui l’accompagne, le problème perdure en Angleterre en marge des rencontres et dans les divisions inférieures.

Après avoir testé la bunkérisation des stades avec la mise en place de grillages et autres herses pour canaliser la foule, les autorités préfèrent aujourd’hui traiter le problème en amont en interdisant de stade les supporters violents permettant l’abandon d’une attitude défensive et très agressive, encore de rigueur dans de nombreuses nations, qui donnent à certains stades l’apparence de zones de guerre. On considère souvent que la France, qui reste relativement peu touchée par ces phénomènes violents, ne traite pas efficacement le problème[???]. Clubs, police, justice et autorités politiques se renvoient la balle[???]. En Italie, où le mouvement ultra violent est très actif, les autorités sont souvent perçues comme mal armées pour faire face au phénomène. Idem en Espagne, notamment[???]. En Amérique du Sud, où est né le mouvement ultra, on assiste depuis plusieurs décennies à une radicalisation des supporters[???]. La répression est aussi féroce qu’inefficace avec des groupes de Barra Bravas ultra violents.

De même, on reproche souvent aux dirigeants de faire perdurer les actions racistes de certains supporters par leur passivité[???]. Au début du XXIe siècle, on remarque ainsi qu’une grande partie des supporters interdits de stade en France ou en Belgique, par exemple, le sont pour des tentatives d’introduction de fumigènes dans les enceintes. Si le joueur de Valenciennes Abdeslam Ouaddou n’avait pas attiré l’attention sur le supporter messin faisant usage répété d’insultes racistes à son encontre le 16 février 2008, celui-ci n’aurait jamais été inquiété. Il est finalement interpellé à la sortie du stade.

Le plus souvent pacifiques et festives, les invasions de terrains à la fin de certains matches donnant notamment un titre sont également très spectaculaires. Pour des raisons de sécurité, ce type de manifestation devient rare. D’autres invasions de terrains, bien moins festives, se produisent exceptionnellement à l’occasion de certaines rencontres, en plein match. Ce fut notamment le cas lors du match France-Algérie du 6 octobre 2001 au Stade de France. Le match fut définitivement arrêté à un quart d’heure de la fin.

Après avoir compté parmi les plus violents supporters, les fans écossais sont devenus plus pacifiques depuis les années 1970. Des études ont montré une importante différence d’âge entre les fans violents et ceux qui sont festifs : 23 ans en moyenne pour les fans anglais lors de l’Euro 1988 contre 31 ans aux Danois. 15 % des supporters danois étaient des femmes contre seulement 2 % chez les Anglais. Certains clubs disposent également de publics d’une fidélité à toute épreuve malgré des résultats médiocres depuis plusieurs générations. On citera pour l’exemple Newcastle UFC en Angleterre.

Football et cinéma

film-reel

Football et cinéma

Le football et le cinéma possèdent une histoire commune bientôt centenaire. Harry The Footballer, fiction britannique de 11 minutes datant de 1911, fait en effet figure de première œuvre cinématographique consacrée au football. Outre les films prenant pour sujet principal le football, ce sport est également évoqué, de façon plus secondaire, dans d’autres films. On citera pour l’exemple le match de football opposant le Dynamo de Peppone à La Gaillarde de Don Camillo dans Le Petit Monde de don Camillo.

Les principaux films sur le thème du football

  • 1911 : Harry The Footballer film britannique de Lewin Fitzhamon
  • 1912 : The Cat’s Cup Final film britannique d’Arthur Melbourne Cooper
  • 1914 : The Cup Final Mystery film britannique de Maurice Elvey
  • 1914 : A Footballer’s Honour, film britannique de Lewin Fitzhamon
  • 1916 : The Rival Captains, film britannique d’Ethyle Batley
  • 1926 : The Ball of Fortune, film britannique de Hugh Croise
  • 1930 : The Great Game, film britannique de Jack Raymond
  • 1931 : Up for the Cup, film britannique de Jack Raymond
  • 1933 : The Lucky Number, film britannique d’Anthony Asquith
  • 1937 : Les Rois du sport, film français de Pierre Colombier
  • 1937 : Oh, Mr Porter!, film britannique de Marcel Varnel
  • 1939 : The Arsenal Stadium Mystery , film britannique de Thorold Dickinson
  • 1948 : Easy Money, film britannique de Bernard Knowles
  • 1948 : Cup-tie Honeymoon, film britannique de John E. Blakeley
  • 1949 : Les Dieux du dimanche, film français de René Lucot
  • 1950 : Up for the Cup, film britannique (remake de celui de 1931) de Jack Raymond
  • 1952 : The Card, film britannique de Ronald Neame
  • 1952 : The Great Game, (remake de celui de 1930) film britannique de Maurice Elvey
  • 1954 : The Love Match, film britannique de David Paltenghi
  • 1956 : Up in the World, film britannique de John Paddy Carstairs
  • 1962 : On the Beat, film britannique de Robert Asher
  • 1962 : The Saturday Men, film britannique de John Fletcher
  • 1964 : Rattle of a Simple Man, film britannique de Muriel Box
  • 1965 : Cup Fever, film britannique de David Brackwell
  • 1967 : Charlie Bubbles, film britannique d’Albert Finney
  • 1968 : Goal! Goal! Another Goal!, film soviétique (Lenfilm)
  • 1973 : Régi idök focija, film hongrois de Pál Sándor
  • 1974 : Tom foot (Fimpen), film suédois de Bo Widerberg
  • 1977 : The Boys in Company C, film hong-kongais de Sidney Furie
  • 1978 : Forza Bastia, film français de Jacques Tati et Sophie Tatischeff
  • 1979 : Coup de tête, film français de Jean-Jacques Annaud
  • 1979 : Yesterday’s Hero, film britannique de Neil Leifer
  • 1981 : Longshot, film américain de E.W. Swackhamer
  • 1981 : À nous la victoire (Victory), film américain de John Huston
  • 1982 : Gregory’s Girl, film britannique de Bill Forsyth
  • 1983 : À mort l’arbitre, film français de Jean-Pierre Mocky
  • 1988 : Le Jeu viril, film tchèque de Jan Švankmajer
  • 1990 : Struck by Lightning, film australien de Jerzy Domaradski
  • 1990 : Ultrà, film italien de Ricky Tognazzi
  • 1991 : Cup Final, film israélien de Eran Riklis
  • 1992 : Ladybugs, film britannique de Sidney Furie
  • 1993 : Nordkurve, film allemand d’Adolf Winckelmann
  • 1994 : Ballon d’or, film franco-guinéen de Cheik Doukouré
  • 1995 : ID, film britannique de Philip Davis
  • 1996 : Forza Roma, (Al centro dell’area di rigore) film franco-italo-suisse de Bruno Garbuglia et Roberto Ivan Orano
  • 1996 : Carton jaune (Fever pitch), film britannique de David Evans
  • 1996 : The Van, film irlandais de Stephen Frears
  • 1996 : Jimmy (When Saturday Comes), film britannique de Maria Giese
  • 1996 : Hillsborough, film TV britannique de Charles McDougall
  • 1997 : Didier, film français d’Alain Chabat
  • 1997 : Historias de fútbol, film chilien d’Andrés Wood
  • 1998 : My Name Is Joe, film britannique de Ken Loach
  • 1998 : Home Team, une équipe de champions (Home Team), film canadien d’Allan A. Goldstein
  • 1999 : La Coupe (Phörpa), film australo-bhoutanais de Khyentse Norbu
  • 1999 : Le Match du siècle (The Beautiful Game (GBR), The Match (USA)), film britannique de Mick Davis
  • 1999 : Gregory’s Two Girls, film britannique de Bill Forsyth
  • 2000 : Jimmy Grimble (There’s Only One Jimmy Grimble), film britannique de John Hay
  • 2000 : Newcastle boys, film britannique de Mark Herman
  • 2000 : Le Football est notre vie, (Fußball ist unser Leben) film allemand de Tomy Wigand
  • 2000 : Deuxième vie, film français de Patrick Braoudé
  • 2001 : Shaolin Soccer, film chinois (Hong-Kong) de Stephen Chow
  • 2001 : Carton rouge (Mean Machine), film britannique de Barry Skolnick
  • 2001 : Mike Bassett: England Manager, film britannique de Steve Barron
  • 2002 : 3 zéros, film français de Fabien Onteniente
  • 2002 : Joue-la comme Beckham (Bend it like Beckham), film britannique de Gurinder Chadha
  • 2003 : Días de fútbol, film espagnol de David Serrano
  • 2003 : Le Miracle de Berne, (Das Wunder von Bern) film allemand de Sönke Wortmann
  • 2004 : The Football Factory, film britannique de Nick Love
  • 2005 : Le Match de leur vie (The Game of Their Lives), film américain de David Anspaugh
  • 2005 : Match en famille (Kicking and Screaming), film américain de Jess Dylan
  • 2005 : Goal!, film américano-britannique de Danny Cannon
  • 2005 : Hooligans (Green Street Hooligans), film américano-britannique de Lexi Alexander
  • 2006 : Zidane, un portrait du XXIe siècle, film français de Douglas Gordon et Philippe Parreno
  • 2006 : Goal! 2, film américano-britannique de Jaume Collet-Serra
  • 2006 : Once in a Lifetime, film américain de Paul Crowder et John Dower.
  • 2006 : Esprit d’équipe, (Strákarnir okkar), film islandais de Robert I. Douglas,
  • 2007 : Gracie, film américain de Davis Guggenheim
  • 2007 : Goal! 3, film américano-britannique de Danny Cannon
  • 2008 : Maradona, film franco-espagnol d’Emir Kusturica
  • 2009 : Looking for Eric, film britannique de Ken Loach
  • 2009 : The Damned United, film britannique de Tom Hooper
  • 2013 : Comme un lion, film français de Samuel Collardey
  • 2013 : Je suis supporter du Standard, film franco-belge de Riton Liebman
  • 2013 : Les Petits Princes, film français de Vianney Lebasque
  • 2014 : Les Rayures du zèbre, film franco-belge de Benoît Mariage
  • 2014 : Le Crocodile du Botswanga, film français de Fabrice Éboué et Lionel Steketee
  • 2014 : Goal of the dead, film français de Benjamin Rocher et Thierry Poiraud

Supporter de football

Supporter de football

Un supporter de football est une personne qui apprécie un club de football et appuie ce club lors de ses performances.

7772703218_un-supporter-colombien-en-tigre-le-13-juin-2014Types de supporters

On distingue plusieurs niveaux d’implication chez les supporters. Les supporters occasionnels se rendent ponctuellement au stade de leur équipe favorite, de façon autonome. Certains vont regarder les matches dans des bars ou des pubs qui les retransmettent à la télévision.
Certains supporters s’abonnent au stade de leur équipe favorite, afin d’assister à tous ses matches à domicile. Cette proportion dépend de plusieurs facteurs dont le palmarès du club considéré et du degré d’engouement local pour le football.

Les supporters les plus passionnés s’organisent en groupes de supporters officiels ou non officiels. Ces associations de supporters sont créées afin d’organiser les encouragements. Ces groupes ont plus ou moins de pouvoir : certains vont jusqu’à contrôler en partie la billetterie du stade, d’autres élisent le président de leur club de football. Certains clubs possèdent plusieurs groupes de supporters, parfois plus d’une dizaine.

Parmi ces groupes de supporters, les groupes plus influents sont ceux des supporters Ultras, parfois assimilés aux Hooligans, la distinction entre les deux termes résidant principalement dans l’usage de la violence, caractéristique des seconds. Enfin un mouvement apparaît depuis peu sous l’impulsion de supporters souhaitant disposer de plus de pouvoirs au sein de leurs clubs, c’est celui du Football Participatif inspiré en partie par le modèle portugais et espagnol des Socios.

Équipement

ECHARPESParmi les équipements traditionnels d’un supporter de football, on trouve :

  • l’écharpe,
  • le maillot de l’équipe,
  • le drapeau,
  • le maquillage facial.

Ces équipements sont la plupart du temps aux couleurs de l’équipe soutenue.
Les supporters appartenant à des groupes sont généralement mieux équipés, avec par exemple des klaxons (ou plus récemment des vuvuzelas), des mégaphones ou des instruments de musique de fanfares (trompettes et tambours). Une grande partie des supporters utilisent des fumigènes ou des feux de Bengale, bien que l’usage de ceux-ci soit controversé voire interdit (dans certains pays) à l’intérieur des stades.

Animations

Pour encourager leur équipe et montrer leur enthousiasme ou leur insatisfaction, les supporters crient, chantent, applaudissent, sifflent et huent. Mais ils profitent aussi de leur grand nombre pour organiser des animations collectives, comme la ola, qui consiste à ce que les spectateurs lèvent puis baissent les bras les uns après les autres de façon coordonnée, créant une impression de vague traversant les tribunes, ou encore les Tifos, des décorations constituées de bâches, de milliers de morceaux de papier ou de rubans brandis par les supporters, à la façon des mosaïques. Ces spectacles sont la grande spécialité des Ultras.

Quand une partie importante des supporters se met à siffler ou huer pour protester contre la mauvaise prestation de leur équipe, une décision d’arbitrage litigieuse ou une faute de l’adversaire, on parle de bronca. La bronca est une spécialité latine (sud de l’Europe et Amérique latine).

Mouvements particuliers

Les supporters espagnols sont appelés les hinchas ou socios, les italiens les Tifosi. Ces groupes prennent souvent des noms aux consonances belliqueuses ou emphatiques.

Le Torcida (qui en portugais signifie « groupe de supporters ») désigne un mouvement né au Brésil et qui s’est ensuite répandu, notamment lors de la Coupe du monde de 1950.

Rivalités entre supporters

Certains clubs font l’objet de grandes rivalités entre leurs supporters respectifs. L’origine de ces rivalités peut être historique (par exemple à la suite d’un match entre les deux équipes ayant eu un déroulement particulier ou ayant fait l’objet d’un enjeu important), ou géographique. Lorsque deux clubs d’une même ville ou d’une même région s’affrontent, on parle de derby.

Article détaillé : Derby (sport).

Portraits de supporters

Zato

Né en 1955 à Alès, Serge Vieilledent est un supporter globe-trotter célèbre dans le milieu footballistique. Surnommé « Zato » en référence à Emil Zátopek, il a parcouru plus de six millions de kilomètres et vu plus de seize mille matchs en trente-quatre ans d’un périple qui se poursuit toujours en 2008. Sans domicile, il est logé par des joueurs, des entraîneurs, des arbitres et des supporters de football toute l’année. Parrainé par Jean Sadoul, il a notamment suivi l’épopée de l’équipe de France espoirs en 1988, en France et à l’étranger. Laurent Blanc n’a jamais cessé de le soutenir depuis cette époque : une carte d’« accompagnateur » de la Fédération française de football, renouvelée chaque année depuis 1996, lui donne accès gratuitement à tous les stades français, pour toutes les compétitions nationales et internationales.

5.1.1 Culture du football

5.1.1 Culture du football

Article détaillé : Culture du football

Le football, « langage universel » pour certains auteurs, crée une culture spécifique avec ses codes, son vocabulaire, ses rites initiatiques et toute sa cohorte de productions artistiques. Du cinéma à la chanson en passant par tous les arts, le football est en effet une source d’inspiration universelle depuis plus d’un siècle. L’humaniste français Albert Camus, ancien gardien de but, rend d’ailleurs un vibrant hommage au football en déclarant : « Tout ce que je sais de plus sûr à propos de la moralité et des obligations des hommes, c’est au football que je le dois ». Camus aurait été le gardien de but idéal dans l’équipe de France des philosophes si cette dernière avait été conviée au Match de football pour philosophes des Monthy Python (1972). Raymond Aron aurait pu compléter cette formation, lui qui écrit deux mois avant le début de la Coupe du monde 1982 :

  • « Ne boudons pas cette grande fête, non d’amitié, mais de compétition entre les nations par l’intermédiaire d’artistes fragiles. Une compétition soumise à des règles, contrôlées par des arbitres, n’est-ce pas, en dernière analyse, l’image de la seule réconciliation entre les peuples compatible avec la nature des collectivités et peut-être de l’homme lui-même? »

Les chants tiennent une place importante dans la culture football. Clubs et équipes nationales créent des chansons dont certaines sont d’authentiques succès commerciaux, d’Allez les Verts ! de Jacques Monty en France au milieu des années 1970 aux multiples chants de clubs anglais édités à partir de 1971.

Citons :

  • Leeds United (Leeds Utd), no 10 dans les charts anglais en avril 1971
  • Good old Arsenal (Arsenal) no 16 en mai 1971
  • The blue is our colour (Chelsea) no 5 en mars 1972
  • I’m forever blowing bubbles (West Ham) no 31 en mai 1975
  • We can do it (Liverpool FC) no 15 en mai 1977
  • Glory glory Man United (Manchester United) no 13 en mai 1983.

Toutefois, les supporters préfèrent généralement recycler des chants n’ayant aucun rapport avec le football. Ainsi, l’hymne emblématique des supporters est You’ll Never Walk Alone depuis 1965 et son adoption par les fans de Liverpool FC et du Celtic Glasgow. Ce chant fut créé pour une comédie musicale américaine sans rapport avec le football. Certains artistes, en revanche, s’inspirent directement du phénomène football. Le groupe Queen exploite ainsi cette influence dans ses titres We Will Rock You et We Are the Champions.

Dans le domaine du cinéma, tous les aspects du jeu ont été explorés depuis 1911 et le premier film du genre, Harry The Footballer du Britannique Lewin Fitzhamon : de la folie de certains supporters dans À mort l’arbitre de Jean-Pierre Mocky (1984, un an avant le Drame du Heysel) à la satire sociale avec Coup de tête de Jean-Jacques Annaud (1979) en passant notamment par la fresque historique avec Le Miracle de Berne (Das Wunder von Bern) de Sönke Wortmann (2003) et l’exotisme avec La Coupe (The Cup), film australo-bhoutanais de Khyentse Norbu (1999) nous racontant les aventures de deux jeunes tibétains réfugiés dans un monastère bouddhiste, qui tentent de suivre la Coupe du monde 1998 à la télévision, exemples qui illustrent encore et toujours l’universalité du ballon rond.

Dans le domaine de la peinture, Les footballeurs, abstraits Nicolas de Staël, sont une série de 25 toiles et de plusieurs esquisses peintes par l’artiste au cours d’un match France-Suède en 1952 au Parc des Princes. En littérature, Nick Hornby publie Fever Pitch en 1992 qui fait évoluer la perception du phénomène supporter par les Britanniques. Citons également des auteurs comme Pierre Bourgeade (Le Football, c’est la guerre poursuivie par d’autres moyens chez Gallimard en 1981) ou le plus léger René Fallet (Le Triporteur chez Denoël en 1951) sans oublier les pionniers Henry de Montherlant (1895-1972), Jean Giraudoux (1882-1944) et Albert Camus (1913-1960) qui introduisent le football dans la littérature.

En Allemagne, on monte des pièces de théâtre axées sur le football : la pièce burlesque Un footballeur et un indien d’Amérique (Fussballspieler und Indianer, écrite en 1924 et montée en 1926), satire pointant déjà la place des médias dans le sport, Sous le maillot rouge et blanc (Stimmung Rot-Weiss, 1971) et La Guerre des États (Länderkampf, 1971), dénonçant les passions nationalistes engendrées par le football. La radio allemande diffuse des pièces conçues pour ce média tel Le Match (Das Fussballspiel, 1967-1969), La Balle (1974 ; brèves de comptoirs de supporters) ou Der syntetische Seler (1973).

Ludique à la base, le football se décline également dans une gamme de jeux de plein air, de plateaux ou vidéo. Les plus emblématiques sont le Baby-foot et le Subbuteo. Depuis l’avènement du jeu vidéo, le football figure parmi les thèmes les plus porteurs. Le jeu vidéo de football Pro Evolution Soccer est le produit culturel le plus vendu en France en 2006.

D’autres produits sont liés directement au football telles les vignettes Panini que les enfants collectionnent, ou les programmes de match, qui jouent un rôle important dans les relations entre clubs et supporters au Royaume-Uni, notamment. De même, les paris sur les matches de football tiennent une place de choix dans le domaine des paris sportifs. Le Totocalcio italien (créé le 5 mai 1946) et la Quiniela espagnole (saison 1946-1947) sont de véritables institutions, sans même parler des Britanniques qui pratiquent les paris depuis l’origine du jeu et de manière plus encadrée depuis 1923. La France est la dernière nation en Europe à autoriser les paris sur des matches de football (17 avril 1985). Une taxe, plus ou moins lourde selon les pays, est généralement prélevée sur ces paris pour financer le mouvement sportif.

L’étude historique du football constitue un élément important de la culture foot. Tout supporter digne de ce nom est incollable sur l’histoire de « son » club. Longtemps abandonnée aux seuls journalistes qui se laissent souvent aller à l’emphase, l’histoire du football passe progressivement dans le champ des historiens. Les Anglo-Saxons sont en pointe dans ce domaine tandis que les nations latines préfèrent encore laisser la plume aux journalistes. À la fin des années 1980, l’historien français Alfred Wahl appelle de ses vœux une évolution, mais les travaux d’historiens ne pèsent rien face à la communication souvent légendaire des clubs relayée par les médias.

Rivalités dans le football

Rivalités dans le football

Les rivalités dans le football désignent les antagonismes liés aux confrontations opposant certaines équipes de football concurrentes à travers le monde. Le football est un sport né en Angleterre au XIXe siècle. Ce sport d’équipe voit s’affronter souvent deux villes d’une même région, deux catégories sociales distinctes d’une même ville, ou deux métropoles concurrentes. Cette vision des équipes comme étant des étendards d’une ville ou d’un milieu social a créé de nombreuses rivalités, dans de très nombreux pays où le football est implanté, et parfois entre les nations.

Définitions

Derbys entre clubs

Rivalités entre clubs d’une même ville

Par définition stricto sensu, un derby est une confrontation entre « deux équipes voisines ».

Dans certains pays, dont la France, les derbies entre deux clubs d’une même ville sont rares de nos jours en raison de la règle « une ville, un club ». Cependant, ceux-ci ont existé, en particulier à l’époque des ligues régionales, comme à Strasbourg où le Racing Club de Strasbourg et l’AS Strasbourg ont coexisté en DH Alsace, ou à Marseille où l’Olympique de Marseille et le Stade helvétique de Marseille. Il y avait également de nombreux clubs parisiens ensemble en championnat, et ceci également après la création du championnat professionnel, en 1932. De nos jours, les derbies entre clubs d’une même ville sont relativement rares, que ce soit en D1, D2, ou D3.

Dans les autres pays, la situation est différente. Par exemple, le Championnat d’Argentine de football est quant à lui particulier au niveau des derbies, car treize des vingts participants de la saison 2010-2011 sont basés à Buenos Aires. Les derby sont aussi la manière que le club veut imposer ses idées politiques tels que dans le championnat allemand où les face à face entre le FC Sankt Pauli et l’Hambourg SV, rencontres dénommées HamburgerDerby, sont très tendus puisque tous deux ont des valeurs différentes, de gauche et de droite.

Mais, les derby sont plus nombreux en Grande-Bretagne et en Irlande. Où l’on retrouve d’importants derby considérés tels qu’un derby écossais célèbre est le Old Firm, match opposant le Celtic Glasgow et les Rangers. Ces confrontations peuvent opposer deux communautés : dans le cas du Old Firm, ce sont les Protestants et les Catholiques, des derbys peuvent avoir ainsi des connotations religieuses. A Londres, on trouve treize clubs professionnels répartis en Premier League ainsi qu’en Championship dont beaucoup ont vécu leur petite ou leur grande épopée et donc ont été au-dessus des autres équipes, parmi les différentes confrontations possibles entre ces clubs, certaines sont considérées comme mythiques et sont ainsi très médiatisées.

Comme le East London derby entre Milwall FC et West Ham United, le North London derby, entre Arsenal FC et Tottenham Hotspur FC, le Hammersmith et Fulham entre Fulham FC et le Queens Park Rangers FC et le West London derby entre Chelsea FC et Fulham FC. Sur l’île, on trouve encore d’autre derby médiatisé comme le Manchester derby entre le Manchester United FC et le Manchester City FC, le Derby du Merseyside entre le Liverpool FC et Everton FC ou encore le derby de Birmingham entre Aston Villa FC et Birmingham City FC.

Les derby sont également présents dans des pays où le football est d’implantation récente ou dans des pays où il est moins populaire qu’en Europe ou en Amérique du Sud. Par exemple, au Japon, où la première édition du Championnat du Japon de football s’est tenue en 1993, il existe un derby de Tokyo, entre FC Tokyo et Tokyo Verdy 1969.

Rivalités entre clubs issus de villes différentes

Par extension, on parle de derby entre deux villes issues de deux régions voisines, voire de deux pays voisins. Les rivalités ainsi créées portent souvent le nom de points cardinaux, comme le Derby du Nord, le Derby du Sud, le Derby de l’Est, etc. Un derby peut aussi se faire entre deux métropoles issues d’une même région, le derby porte alors le nom de la région : derby d’Alsace, derby de la Ruhr, derby de la Normandie…

Il est aussi possible qu’un derby porte le nom d’un pays pour des raisons variées, ainsi la rencontre entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille est parfois surnommée Derby de France. L’opposition entre la Juventus et l’Inter de Milan porte quant à elle le nom de Derby d’Italie. On parle également de Derby of England concernant la rencontre entre Liverpool et Manchester United.

Rivalités entre sélections

Explication des rivalités

Rivalités géographiques

Rivalités régionales éphémères

Lorsque deux clubs issus d’une même région évoluent ensemble en championnat, les rencontres peuvent être assimilées à des fêtes régionales, comme en Alsace en 2010-2011 où SR Colmar et RC Strasbourg étaient ensemble en National. Même le président Jafar Hilali parlait d’« un match sympa »

La suprématie régionale

D’autres rivalités régionales se font vraiment dans le but de remporter la suprématie régionale.

Rivalités sportives

Certaines rivalités se créent parce que les deux clubs concernés sont souvent ensemble sur le podium d’un championnat. Il peut s’agir par exemple de la rivalité existante dans les années 1960-1970 entre l’AS Saint-Etienne et le FC Nantes. Le FC Nantes, qui a remporté six titres et cinq vice-titres entre 1963 et 1983, avait pour objectif affiché de « dépasser l’ASSE ». On peut aussi citer la rivalité Bruges-Anderlecht en Belgique, entre les deux clubs les plus titrés du pays. Ces rivalités sont souvent exacerbées par les médias dans le but de faire vendre, c’est le cas par exemple de la rivalité entre l’Olympique de Marseille et le Paris Saint Germain, où Canal+ a créé le différend de toutes pièces dans le but de faire de l’audience.

Rivalité sociale

Les rivalités sociales sont souvent le fruit d’un raisonnement manichéen opposant une couche de la société à une autre. La rivalité sociale la plus représentée est celle qui oppose le pauvre contre le riche. C’est le cas par exemple dans le derby stambouliote opposant Fenerbahçe et Galatasaray, le premier club étant plutôt populaire, et le second plutôt réservé à la bourgeoisie, dans la mesure où il a été fondé par l’élite du lycée français de la ville. D’autres derbies ont un public plus ciblé, c’est le cas par exemple du derby de Strasbourg opposant l’AS Strasbourg et le Racing, le premier étant un club bourgeois du centre-ville, et le second un club ouvrier.

À l’échelle d’une région, une rivalité sociale peut aussi se créer entre la métropole principale et une métropole secondaire, c’est-à-dire entre les « citadins » et les « paysans ». C’est le cas par exemple en Bretagne de la rivalité entre EA Guingamp et Stade rennais. La différence se fait déjà par la taille de la ville du club, dans le cas cité ici, l’antagonisme est flagrant, Guingamp étant un bourg d’aproximativement 8000 habitants, et Rennes étant le chef-lieu de la région, avec une aire urbaine de 580 000 habitants.

Ces rivalités peuvent se décliner à l’infini, comme celle qui lie le FC Metz et l’AS Nancy-Lorraine étant une opposition entre nancéiens cultivés et fins, et messins de tradition militaire. À l’échelle d’un pays, un derby peut opposer deux mentalités différentes, comme le derby OM-PSG entre l’Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain qui correspond à une confrontation entre la capitale et la deuxième plus grande commune de France, et ainsi à un match entre Province et Capitale, entre « Marseille la populaire contre Paris la hautaine ».

Rivalités historiques

En continuité avec l’histoire de deux cités

Il est possible que deux villes aient été rivales dans un passé plus ou moins récent, et que cette rivalité se retrouve dans les confrontations footballistiques. On peut sur ce point citer les matches FC Metz – AS Nancy-Lorraine, opposant les deux métropoles de Lorraine. La rivalité entre les deux villes est bien antérieure à l’ère du football et remonterait au XIe siècle où se décide le destin des deux villes, Metz se tournant vers le militaire, et Nancy vers l’urbanisme, l’artistique et le culturel. C’est également le cas de Rennes et de Nantes, toutes deux rivales autrefois pour le rôle de capitale de la Bretagne historique. La même problématique existe pour Rouen et Le Havre. On peut enfin citer le célèbre Derby opposant Lyon à Saint-Étienne.

Cette rivalité rejoint parfois la rivalité politique.

En continuité avec l’histoire de deux pays

Sans qu’il n’y ait forcément des aspects politiques dans les rencontres opposant deux nations, les animosités historiques qui les ont opposées durant de nombreuses années peuvent se ressentir dans les matchs de football. Un exemple frappant est celui de la confrontation footballistique entre la Nationalmannschaft allemande et l’Équipe de Pologne de football. Il n’est évidemment pas nécessaire de rappeler les différentes guerres qui ont opposé ces deux nations pour comprendre que la rencontre entre les deux pays est une source de tensions.

En réaction à un événement

Une rivalité peut aussi se créer en réaction à un événement, comme celle existante entre Guingamp et Brest. La rivalité date de 1991, lorsque Brest est mis en liquidation judiciaire. Les supporters brestois pensent alors que Noël Le Graët, alors président de la Ligue nationale de football, a abusé de son pouvoir pour réduire à néant la concurrence bretonne opposée à l’En Avant de Guingamp, club qu’il présidait depuis vingt ans. En Belgique, la rivalité Bruges-Anderlecht peut être datée précisément au 12 mars 1972.

Rivalité politique

Certains clubs se réclament explicitement ou implicitement d’un bord politique. C’est le cas entre le CSKA Sofia et le Levski Sofia, le premier se réclamant des militaires et des anciens communistes, le second étant connoté plus libéral. La politique est aussi source de rivalité entre les équipes nationales, comme le match Serbie – Croatie qui est sujet à de nombreux affrontements entre supporters.

Rivalité médiatique

C’est le cas lorsque le derby est créé par les acteurs du mass media dans le but d’augmenter leur audience. L’exemple typique est le match OM-PSG en France.

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