5.3.2 Enjeux internationaux

5.3.2 Enjeux internationaux

5.3.2 Enjeux internationaux

5.3.2 Enjeux internationaux

5.3.2.1 Football et nationalisme

Le football a souvent servi de vecteur aux sentiments nationalistes. Beaucoup de régimes totalitaires ou autoritaires l’ont utilisé en tant que moyen de propagande. Benito Mussolini a ainsi promu l’équipe d’Italie au rang de « soldats de la cause nationale ». Les fascistes italiens sont pourtant clairement hostiles au football, trop anglais, à leur arrivée au pouvoir. Ils tentent ainsi de lui substituer le jeu local de la Volata ; sans succès.

Les dirigeants soviétiques, à l’image de Mussolini, ne sont pas franchement férus de football, mais exploitent le filon à partir des années 1950 après avoir mis la main via l’armée, la police et le KGB sur les principaux clubs de la capitale dès les années 1920-1930. En ex-Yougoslavie, les clubs de football deviennent également des symboles identitaires forts. La structuration des groupes ultras dès les années 1950 favorise cette évolution et la mutation en groupes para-militaires actifs (comme les Tigres d’Arkan, notamment, ultras de l’Étoile rouge de Belgrade à la base) pendant la guerre civile des années 1990.

5.3.2.2 Football et diplomatie

Le football a parfois provoqué des tensions entre états ayant de mauvaises relations diplomatiques.

En 1969, un match de football marque ainsi le coup d’envoi d’une guerre connue sous le nom de Guerre du football ou guerre de Cent Heures. En match de barrage pour accéder à la phase finale de la Coupe du monde 1970, le Salvador s’impose 3-2 face au Honduras. Dans la foulée de cette victoire, le Salvador envahit le Honduras afin de régler un ancien conflit frontalier. Cette courte guerre fait plus de 2 000 morts et ne règle pas le problème entre les voisins.

Des incidents frontaliers ont également lieu après la finale de la Coupe du monde 1930 entre l’Uruguay et l’Argentine, tandis que 320 morts sont recensés lors d’émeutes après un match Pérou-Argentine le 23 mai 1964. De même, le football est utilisé comme arme de propagande par le FLN durant la Guerre d’Algérie. Entre avril 1958 et mars 1962, l’équipe de football du FLN est un puissant ambassadeur de la cause algérienne, malgré l’interdiction par la FIFA d’affronter cette formation.

Le football peut également servir de médiateur diplomatique comme ce fut notamment le cas en 1998 lors de la Coupe du monde en France à l’occasion du match du groupe F opposant l’équipe des États-Unis à celle d’Iran match remporté 2-1 par l’Iran ou en 2002 quand la Coupe du monde se tient conjointement en Corée du Sud et au Japon. Ne voulant pas trancher entre ces deux nations historiquement rivales, la FIFA a en effet décidé, contre toute logique sportive, de leur confier l’organisation de cette Coupe du monde afin de favoriser leur réconciliation.

En 2008-2009, l’Arménie et la Turquie ont accompagné leurs matches de sélection pour la Coupe du monde 2010 d’un rapprochement diplomatique. Cette « diplomatie du football » aboutit quatre jours avant le match retour en octobre 2009 à la signature d’un accord historique entre les deux pays.

5.3.2.3 Droits de l’homme

En encourageant le dialogue entre les peuples, on peut considérer que le sport, et le football en particulier, favorise le changement des mentalités et la progression des droits de l’homme. On attribue au football une influence favorable à la parité homme-femme, à la lutte contre le racisme et l’intolérance, ou encore à la liberté d’expression.

Les dates de sélection des premiers joueurs noirs en équipe nationale européenne sont significatives : 1881 en Écosse (cas isolé), 1931 en France et au Pays de Galles, 1937 au Portugal, 1951 en Suisse, 1960 aux Pays-Bas, 1974 en Allemagne, 1978 en Angleterre, 1987 en Belgique, 1998 en Espagne, 2000 en Pologne et 2001 en Italie. De plus, les réactions à certaines de ces premières sont difficiles pour nombre de joueurs. Viv Anderson, sélectionné en 1978 pour porter le maillot de l’équipe d’Angleterre, reçoit non seulement des menaces de mort, mais doit aussi subir tout au long de sa carrière des chants racistes descendant des tribunes. Ces derniers, tels « Everton are White », restent courants dans les stades anglais jusqu’à la fin des années 1980. La situation est clairement plus paisible en France pour les Raoul Diagne et autres Larbi Ben Barek dans les années 1930.

Sous le régime communiste, le stade de football reste l’un des rares espaces où peut s’exprimer la contestation contre le régime. En effet, se déclarer supporter de tel ou tel club a alors une signification politique majeure tandis que les chants des supporters contre les clubs dirigés par le parti communiste et ses divers organes politico-militaro-industriels étaient autant de cris d’opposition au régime. Certains joueurs refusent même de jouer pour ces clubs. Eduard Streltsov, le « Pelé russe », refuse de quitter le populaire Torpedo Moscou pour le CSKA Moscou ou le Dynamo. Il effectue alors sept années de détention dans les goulags. À sa sortie, il remporte le titre de champion d’URSS 1965 avec le Torpedo en forme de pied de nez au régime.


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