3 Développement du football

3 Développement du football

3.4 Essor du professionnalisme

3.4 Essor du professionnalisme

À la fin des années 1920 et au début des années 1930, plusieurs nations européennes et sud-américaines autorisent le professionnalisme afin de mettre un terme aux scandales de l’amateurisme marron qui touchent ces pays depuis les années 1910. Le gardien de but international français Pierre Chayriguès refuse ainsi un « pont d’or » du club anglais de Tottenham Hotspur en 1913 ; il admettra dans ses mémoires que les joueurs du Red Star étaient grassement rémunérés malgré leur statut officiel d’amateur. L’Autriche (1924), la Tchécoslovaquie et la Hongrie (avant 1930), l’Espagne (1929), l’Argentine (1931), la France (1932) et le Brésil (1933) sont les premières nations (hors du Royaume-Uni) à autoriser le professionnalisme dans le football. En Italie, la Carta di Viareggio, mise en place par le régime fasciste en 1926, assure la transition entre le statut amateur et professionnel, définitivement adopté en 1946.

Sport professionnel

Un sport est dit professionnel lorsque ses pratiquants vivent de leur activité sportive. Un sportif est dit professionnel lorsqu’il reçoit un salaire par son club et/ou de son sponsor pour pratiquer une discipline sportive. Lorsque ce salaire est insuffisant pour vivre du sport, on parlera alors d’un semi-professionnel. De nombreux évènements sportifs récompensent les meilleurs compétiteurs par une récompense qui peut être pécuniaire sans pour autant être taxés de professionnels.

Repères chronologiques

Antiquité

En 580 av. J.-C. à Athènes, Solon promulgue une loi précisant que chaque Athénien vainqueur des Jeux olympiques recevra 500 drachmes1. Cette mesure qui vise à motiver les sportifs athéniens officialise le professionnalisme déjà largement répandu dans toute la Grèce antique. La monnaie est une innovation vieille de moins d’un siècle. Les cités se montrent ainsi plus généreuses les unes que les autres, couvrant d’or et d’honneurs les champions qui portaient haut leurs couleurs. Les transferts d’athlètes d’une cité à l’autre se généralisent à cette période, à la grande colère des citoyens-supporters qui manifestent, parfois très violemment, leur mécontentement face à ces authentiques trahisons.

Même phénomène à Rome avec des sommes considérables dévolues aux sportifs. Ainsi, en 146 au décès du célèbre aurige romain Dioclès (104-146) on apprend qu’en 24 ans de carrière, cet « hispanus lusitanus » a pris part à 4257 courses pour 1462 victoires et ses gains financiers en primes de course, de victoire ou de transfert s’élèvent à 35 863 120 sesterces. C’est plus que le fabuleux héritage de Néron (30 millions de sesterces). Le transfert de l’aurige Fuscus de la faction bleue chez les blancs rapporta 400.000 sesterces au jeune cocher.

De François 1er à Pierre de Coubertin

Le 9 novembre 1527, par lettres patentes du roi de France François Ier le professionnalisme sportif est officialisé en France, en jeu de paume notamment. Ce texte révolutionnaire met en effet sur le même plan les gains d’un joueur de paume et les fruits du travail. Depuis bien longtemps déjà, paris et enjeux ont transformé de fait cette activité sportive en métier pour beaucoup. On recense encore 29 joueurs professionnels de jeu de paume à Paris au milieu des années 1780.

Sur le deux rives de la Manche, les jockeys des courses hippiques sont rémunérés dès le XVIIe siècle, mais il faut attendre 1846 pour assister à la professionnalisation d’un sport collectif : le cricket. Cette année est marquée par la fondation du club professionnel anglais « All-England Eleven ». Cette formation effectue des tournées qui font beaucoup pour la popularisation du jeu. Aux États-Unis, c’est le baseball qui est le premier sport collectif à franchir le Rubicon en 1864 avec le premier cas connu de professionnalisme : A. J. Reach perçoit en effet un salaire quand il quitte les Philadelphia Athletics pour rejoindre Brooklyn. Le 15 mars 1869 se tient le premier match de baseball impliquant un club professionnel : les Cincinnati Red Stockings. Ce choix permet au club de recruter les meilleurs joueurs et les résultats ne se font pas attendre : en ce 15 mars, Antioch College est balayé 41 à 7. Le 4 mai 1871, Fort Wayne Kekiongas s’impose 2-0 face à Cleveland’s Forest City Club à l’occasion du premier match de championnat professionnel de baseball (National Association). La fondation à La Havane de la première ligue cubaine professionnelle de baseball a lieu le 29 décembre 1878.

Les nouveaux sports individuels sont également touchés par ce mouvement de professionnalisation dès le milieu du XIXe siècle. Ainsi, depuis les années 1850, les tournois britanniques de golf sont dotés de prix en espèces. En France, les courses à pieds sont également dotées de prix en espèces dès 1853. Pendant trois décennies, les coureurs professionnels français s’affublent de surnoms comme « Cerf Volant », « L’homme éclair » ou « l’homme vapeur ». Au milieu des années 1880, Georges de Saint-Clair et Ernest Demay lancent une campagne de « purification » de l’athlétisme français et obtiennent l’interdiction de ces courses professionnelles. En réaction à la politique de « purification » de l’athlétisme français menée depuis le milieu des années 1880 par l’interdiction de courses dotés de prix en espèces, l’Union des Sociétés Professionnelles d’Athlétisme est créée à Paris. Une fédération du même type se crée à Paris dans la foulée concernant la natation.

Le football anglais prend contact avec le professionnalisme en 1876 et les premiers cas de professionnalisme dans le football anglais à Sheffield avec Peter Andrews (Sheffield’s Heeley Club) et J. J. Lang (The Wednesday). En 1882, la fédération anglaise (FA) autorise le remboursement des frais pour les joueurs concernant les rencontres de la FA Cup, mais interdit le professionnalisme dont l’usage se répand pourtant inexorablement. Après deux ans de débats, la FA autorise finalement le professionnalisme le 20 juillet 1885, mais tient à encadrer ce statut. Les autres fédérations britanniques (surtout celle d’Écosse), mais aussi la Sheffield Association y sont opposées. Cette évolution est voulue par les clubs du nord et du centre de l’Angleterre tandis que le sud du pays, Londres inclus, veut conserver les « valeurs » de l’amateurisme.

On retrouve le même mouvement anti-professionnel en France à cette même période. Le cyclisme a désormais adopté le statut professionnel, et les tenants de l’amateurisme peinent à endiguer le phénomène. À Londres, le club de football de Royal Arsenal devient le Woolwich Arsenal et passe professionnel en 1891. C’est le premier club du Sud du pays à opter pour ce statut. Le 20 septembre 1893, un vote douteux repoussant le professionnalisme en rugby se tient à Londres. Lors de l’assemblée générale de la Rugby Football Association. De nombreux votants venus du Nord du pays n’ont pas pu exercer leur droit de vote, et il apparaît clair que ces nordistes auraient nettement fait pencher la balance en faveur d’une adoption du professionnalisme… En réaction, le 29 août 1895, fondation à Huddersfield de la Northern Football Union par 22 clubs du Nord de l’Angleterre lassés par l’attitude bornée de la Rugby Football Union concernant, notamment, le professionnalisme. C’est le point de départ du rugby à XIII (rugby league), même si le passage de 15 à 13 joueurs remonte seulement à 1906.

Les tenants de l’amateurisme sont les classes aisées parisiennes et londoniennes qui n’admettent pas de partager les mêmes activités que le bas peuple… Le Racing club de France qui est créé en 1882 recrute exclusivement ses membres parmi les meilleures familles parisiennes et part en croisade contre le poison du professionnalisme. La fédération omnisports de l’USFSA est notamment formée pour échapper à ce péril professionnel. C’est sur cette fédération que Pierre de Coubertin s’appuie pour rénover les Jeux olympiques en 1896. Ainsi, les JO se feront, un siècle durant, les chantres de l’amateurisme.

De l’amateurisme marron au professionnalisme
L’idéologie amateuriste s’opposa vivement au professionnalisme sportif tout au long du XXe siècle. Le summum fut atteint pendant la Seconde Guerre mondiale en France avec l’interdiction pure et simple du sport professionnel par le régime de Vichy en 1942. Football, cyclisme, tennis, rugby à XIII, pelote basque et boxe, qui s’étaient professionnalisés, parfois de longue date, étaient condamnés à un retour au statut amateur. Le rugby à XIII fut même interdit. Le football et le cyclisme échappèrent à ce sort en raison de leur popularité. Le tennis, la pelote et la boxe bénéficiaient de soutien en haut-lieu.

Le principal argument contre l’idéologie amateuriste était la transparence. En effet, l’amateurisme marron, c’est-à-dire la rémunération occulte ou la fourniture d’emplois de complaisance à des sportifs officiellement amateurs était une règle quasiment universelle. Elle avait ainsi touché le football français depuis la fin du XIXe siècle et la Fédération française de football décida d’y mettre un terme en acceptant les joueurs professionnels en 1930.Cette opposition prit fin dans les années 1990. Les Jeux olympiques, bastion historique de l’amateurisme, se sont professionnalisés entre 1988 et 1992. Le rugby à XV, autre pilier du temple amateur, cède dans la foulée (1995).

Aujourd’hui, en France, nombre de sports sont pratiqués par des professionnels. Si les sports individuels n’impliquent souvent que quelques athlètes professionnels, les sports collectifs représentent le gros du contingent. Le football, si longtemps raillé pour son statut professionnel, est l’un des rares grands sports à ne pas avoir mis en place de championnat professionnel pour les féminines. Basket-ball, handball et volley offrent en effet un statut professionnel aux filles comme aux garçons. En rugby, hockey sur glace et football, les garçons sont seuls concernés.

Articles connexes
Union nationale des footballeurs professionnels (syndicat français de joueurs de football professionnels)

3.3 Inscription aux Jeux olympiques

3.3 Inscription aux Jeux olympiques

Le football fait son apparition officieuse aux Jeux olympiques en 1896 à Athènes, comme une épreuve de démonstration. Seul le Danemark dépêche une équipe, qui bat sans difficulté les deux clubs locaux inscrits. Il garde son statut annexe lors des deux olympiades suivantes, bien que ces deux tournois aient été reconnus a posteriori par le Comité international olympique. En 1900 à Paris, la Grande-Bretagne est représentée par Upton Park, qui dispose sans mal du Club français, lui-même vainqueur des Universités de Bruxelles. Quatre ans plus tard à Saint-Louis, les Canadiens du Galt FC écartent facilement leurs deux équipes concurrentes américaines.

Les sélections nationales n’apparaissent qu’en 1908 à Londres. Huit équipes sont inscrites, mais six seulement se déplacent, dont deux venues de France. La Grande-Bretagne, composée de joueurs anglais, remporte la médaille d’or aisément. Cette épreuve est la première reconnue par la FIFA, fondée en 1904. En 1912 à Stockholm, onze équipes s’inscrivent, dont l’Autriche et la Hongrie issue de l’empire d’Autriche-Hongrie et la Finlande et la Russie issue de l’Empire russe, et dix-sept matchs sont organisés, signe du développement de l’épreuve. Comme en 1908, la finale est remportée par la Grande-Bretagne sur le Danemark.

Après-guerre, les Jeux reprennent et le football y devient une épreuve d’importance, malgré le contexte de montée du professionnalisme dans le football, en contradiction avec les principes du CIO. En 1920 à Anvers, les Britanniques sont battus au premier tour. À domicile, les Belges l’emportent en finale face aux Tchécoslovaques, qui abandonnent le match en cours et sont disqualifiés.

Le tournoi suivant à Paris est le premier opposant aux Européens une équipe d’outre-Atlantique. Les Britanniques n’y participent cependant pas pour des problèmes d’acceptation du professionnalisme. L’Uruguay, une sélection inconnue en Europe mais qui a remporté à plusieurs reprises le championnat sud-américain, illumine le tournoi de sa supériorité. L’Amérique du Sud confirme sa supériorité footballistique en 1928 avec une finale, jouée en deux fois, opposant l’Uruguay à l’Argentine, son principal rival continental.

Devant le succès populaire des tournois de football aux Jeux olympiques et les problèmes avec le CIO dus à l’avènement du professionnalisme, la FIFA décide d’organiser en 1930 sa première Coupe du monde, qui supplante dès lors le tournoi olympique de football, réservé officiellement aux joueurs amateurs.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Suède est en 1948 à Londres le dernier pays ne faisant pas partie de l’Europe de l’Est à s’adjuger une médaille d’or olympique jusqu’en 1984. Les joueurs des pays communistes étaient officiellement des fonctionnaires, « amateurs d’État », leurs sélections pouvaient compter sur les meilleurs joueurs du pays, contrairement aux pays d’Europe de l’Ouest ou d’Amérique du Sud, tant qu’ils n’avaient pas joué un match de Coupe du monde. C’est ainsi que la Hongrie (en 1952, 1964 et 1968), l’Union soviétique (en 1956 et 1988), la Yougoslavie (en 1960), la Pologne (en 1972), l’Allemagne de l’Est (en 1976) puis la Tchécoslovaquie (en 1980) remportent tour à tour la médaille d’or, avec dans leurs rangs des joueurs aussi réputés que Ferenc Puskás et Sándor Kocsis, Lev Yachine, Milan Galić, Ferenc Bene, Grzegorz Lato ou encore Oleg Blokhine.

Lors des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, la FIFA et le CIO décident d’ouvrir le tournoi à tout joueur, professionnel ou amateur, à la conditions, pour les seuls Européens et Sud-Américains, de ne pas avoir participé à une Coupe du monde. À l’issue d’un tournoi bien plus équilibré, les Français l’emportent en finale sur le Brésil. Depuis 1992, le tournoi est réservé aux joueurs de moins de 23 ans, avec le droit (depuis 1996) de compter trois joueurs de plus de 23 ans dans le groupe. Ces nouvelles règles ont permis à des sélections africaines de se montrer compétitive, comme l’illustrent les médailles d’or du Nigeria et du Cameroun en 1996 et 2000.

Football aux Jeux olympiques

Football aux Jeux Olympiques

Olympic
Généralités
Sport : Football
1ère appartition: Paris 1900 (Hommes officiel)
Atlanta 1996 : (femmes)
Organisteur : CIO/FIFA
Edition : 25ème(Hommes et 5ème (femmes) en 2012
Périodicité : tous les 4 ans
Epreuves : 2
Palmarès
Tenant du titre 
Hommes : Mexico.pingMexique
Femmes : United_States.svgEtats-Unis

Le football aux Jeux olympiques d’été est une discipline olympique depuis les Jeux olympiques de 1900 à Paris (en 18961, il n’avait que le statut de sport de démonstration). Les Jeux olympiques furent la première compétition internationale de l’histoire du football, et subirent plusieurs changements en raison du professionnalisme, de la création de la coupe du monde ou du développement du football à travers le monde. Les champions olympiques en titre sont chez les hommes le Mexique et chez les femmes les États-Unis.

Histoire

Sport en 1896 lors des premières Olympiades à Athènes jusqu’en 1904 à Saint-Louis, le tournoi olympique était disputé par des équipes nationales sélectionnées et des clubs locaux sur des matchs d’exhibition avec un format précaire. Les tournois de 1900 et de 1904 sont officialisées plus tard par le Comité international olympique.

À partir de 1908, des éliminatoires sont mis en place et les éditions sont reconnues par la FIFA. Seules les nations européennes y participèrent jusqu’en 1924 (à l’exception de l’Égypte en 1920), en 1908 et 1912, le Royaume-Uni s’imposa contre le Danemark puis en 1920 la Belgique gagna contre la Tchécoslovaquie. En 1924, des nations sud-américaines font leurs apparitions et dominent alors le tournoi en 1924 et 1928, avec la victoire de l’Uruguay.

En 1932, il n’y eut pas de tournoi à Los Angeles en raison du peu de succès de ce sport en Amérique du Nord, mais en 1936 le football refait son apparition à Berlin avec la victoire de l’Italie. Les années 1930 ont marqué un changement radical dans le statut du football olympique en raison de l’arrivée du professionnalisme dans les grandes nations de football (Angleterre, France, Italie, Espagne, Brésil, Argentine ou Uruguay) et de la mise en place d’une autre compétition internationale depuis 1930 : la Coupe du monde. Après la Seconde Guerre mondiale et cela jusqu’en 1980, seules les équipes amateurs de Scandinavie et les équipes d’Europe de l’Est remportèrent le tournoi (victoire de la Suède en 1948, de la Hongrie en 1952, 1964, 1968, de l’Union soviétique en 1956, de la Yougoslavie en 1960, de la Pologne en 1972, de l’Allemagne de l’Est en 1976 et de la Tchécoslovaquie en 1980) avant que la FIFA ne décide de sanctionner les joueurs ayant pris part aux qualifications de la coupe du monde après avoir disputé des Jeux olympiques.

À partir de 1980, le tournoi subit trois principaux changements. Tout d’abord, le développement de ce sport sur les continents asiatique et africain où les JO sont très médiatisés, ensuite devant le succès des JO de 1984 à Los Angeles (victoire de la France) et des JO de 1988 à Séoul (victoire de l’Union soviétique), la FIFA décida en 1992 d’élargir la participation des joueurs amateurs à tous joueurs de moins de 23 ans (avec possibilité d’appeler 3 joueurs de plus de 23 ans), enfin les victoires des nations africaines en 1996 (avec le Nigeria) et 2000 (avec le Cameroun) permirent au tournoi olympique d’accroître son intérêt. En 2004, l’Argentine remporta le tournoi.

En 1996, un tournoi féminin fut mis en place à Atlanta ; contrairement aux hommes, toute joueuse peut y prendre part quel que soit l’âge. Les Américaines ont remporté à quatre reprises l’épreuve (1996, 2004, 2008 et 2012 ; finalistes en 2000) et les Norvégiennes une fois (2000).

Jeux olympiques et sélection nationale

En 1999, la FIFA décide que les matchs de football disputés dans le cadre des Jeux olympiques à partir des Jeux olympiques de Rome de 1960 ne comptent pas comme sélection nationale en équipe A

Records
Le Royaume-Uni et la Hongrie ont remporté le plus de victoires dans le tournoi masculin : 3 (de 1900 à 1912 pour le Royaume-Uni et de 1952 à 1968 pour la Hongrie mais la première victoire britannique, en 1900, a été remportée par une équipe de club et non par une équipe nationale dans un tournoi non reconnu par la FIFA). La Yougoslavie a disputé 4 finales consécutives, de 1948 à 1960, tandis que l’équipe des États-Unis de soccer féminin en dispute 5 et en remporte 4 dont 3 consécutives de 2004 à 2012. Le Hongrois Dezsö Novák est le seul joueur triple médaillé olympique dans cette discipline.

3.2 Fondation de la fédération internationale

3.2 Fondation de la fédération internationale

La Fédération internationale de football association (FIFA) est fondée à Paris en 1904 malgré le refus britannique de participer à une entreprise initiée par les dirigeants français de l’USFSA. Le but premier de l’Union est de réduire au silence les autres fédérations sportives françaises pratiquant le football, et elle impose dans les textes fondateurs de la FIFA qu’une seule fédération par nation soit reconnue par l’organisme international. Le piège se retourne contre l’USFSA en 1908. L’Union claque la porte de la FIFA, laissant à son principal concurrent, le Comité français interfédéral (ancêtre direct de l’actuelle Fédération française de football), son siège à la FIFA ; l’USFSA se retrouve isolée mais son état d’esprit contre le professionnalisme demeure la règle jusqu’à la fin des années 1920. Le racingman Frantz Reichel prophétise ainsi en 1922 que « le football professionnel anglais périra s’il reste cantonné sur le sol britannique ».

 

Fédération internationale de football association

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Généralités
Sigle: FIFA
Sport : Football (depuis 1904)
Futsal : (depuis 1989)
Football de plage : (depuis 2004)
Création : 21 mai 1904
Président : suisse-ping-2Italie.svgGianni Infantino
Gianni-Infantino-nouveau-patron-de-la-Fifa_
Siège : Zurich, canton de Zurich, suisse-ping-2Zurich
Affilation : Comité international olympique
Nations membres : 211 associations nationales

Fédération internationale de football association

La Fédération internationale de football association (FIFA) est la fédération sportive internationale du football, du futsal et du football de plage. Association des fédérations nationales fondée le 21 mai 1904 à Paris, elle a pour vocation de gérer et de développer le football dans le monde. La Coupe du monde de football est créée par Jules Rimet, président de la fédération internationale de 1920 à 1954.

Fondée par les fédérations d’Allemagne, de Belgique, du Danemark, d’Espagne, de France, des Pays-Bas, de Suède et de Suisse, elle compte au 13 mai 2016 211 associations nationales affiliées à travers le monde, qui doivent être reconnues par l’une des six confédérations continentales. Son siège est situé depuis 1932 à Zurich, en Suisse.

Bien qu’étant officiellement une association à but non lucratif, la FIFA brasse un chiffre d’affaires très important du fait de l’organisation des compétitions et de leur sponsoring. En 2013, la FIFA génère 1,3 milliard de dollars de chiffre d’affaires, et dispose de réserves évaluées à 1,4 milliard de dollars1. La FIFA est chargée de l’organisation des grands tournois mondiaux, et notamment des Coupes du monde masculines, depuis le 13 juillet 1930, et féminines, depuis le 30 novembre 1991.

Après plusieurs années de rumeurs et d’enquêtes de journalistes sur les affaires financières au sein de la FIFA, notamment autour de l’attribution de l’organisation des Coupes du monde de 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar, une enquête lancée par le Département de la Justice des États-Unis pour des faits de corruption aboutit à un grand scandale en 2015, à la suite duquel le président Sepp Blatter, le 2 juin 2015, trois jours après sa réélection pour un cinquième mandat, annonce qu’il convoque un congrès extraordinaire, prévu en février 2016, afin de remettre son mandat de président à disposition. Le 8 octobre 2015, la commission d’éthique de la FIFA suspend Sepp Blatter de manière provisoire, pendant 90 jours2. Le 21 décembre 2015, la commission d’éthique de la FIFA suspend Sepp Blatter pendant 8 ans3. Cette suspension est ramenée à six ans le 24 février 2016, peu avant l’élection de son successeur, Gianni Infantino, qui obtient 115 voix (sur 207) le 26 février 2016.

1.Histoire

La FIFA est fondée le 21 mai 1904 à Paris au 229, rue Saint-Honoré sous l’impulsion de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques et dans ses locaux. Les membres fondateurs sont : les Pays-Bas, la Belgique, la Suède, le Danemark, la Suisse, l’Espagne et la France. Un an plus tard, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et la Hongrie rejoignent la FIFA. Les Britanniques refusent d’abord d’être membres mais rejoignent finalement la FIFA quelques mois plus tard. S’engage alors un bras de fer entre l’USFSA française et la Football Association anglaise. La première est fondatrice de la FIFA et violemment hostile au professionnalisme. La seconde a donné son feu vert aux professionnels dès 1885.

Le débat ne se fait pas sur cette question, mais sur l’interprétation des textes fondateurs de la FIFA, qui n’acceptent qu’une fédération et une seule, par nation. C’est la stratégie voulue par l’USFSA afin d’éliminer les ligues concurrentes françaises. N’étant pas reconnues par la FIFA, ces fédérations sont interdites de matches internationaux. Ainsi, l’USFSA demanda à la FA de ne présenter qu’une seule fédération à la candidature à la FIFA pour représenter tout le Royaume-Uni, et non les quatre fédérations (Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord) qui demandent leur adhésion à la FIFA au même moment. Un vote des membres fondateurs tranche la question; la France est mise en minorité. Vexés, les Français claquent la porte et l’USFSA quitte la FIFA. La France ne reste pas longtemps hors du giron de la FIFA et c’est le Comité français interfédéral, principal concurrent de l’USFSA, qui la rejoint. L’USFSA se retrouve alors dans la situation d’arroseur arrosé, car sa position hors de l’organisation l’a marginalisée.

La Coupe du monde, trophée majeur de la FIFA, est créée par Jules Rimet, alors président de la fédération internationale4. Enchanté par le spectacle donné par l’équipe d’Uruguay aux Jeux olympiques de 1924 et 1928, Rimet lance la machine Coupe du monde en 1930. L’Uruguay qui fête alors son centenaire en 1930 est un candidat idéal pour l’organisation du premier rendez-vous mondial. Le trophée de la Coupe du monde est baptisé du nom de Jules Rimet. La Coupe Rimet prend définitivement la route du Brésil après son troisième succès dans l’épreuve en 1970, comme le prévoit le règlement. Un nouveau trophée est donc forgé pour l’édition 1974. L’expression « FIFA World Cup » est plus récente. Jusqu’en 1990, la Coupe du monde s’intitula Weltmeisterschaft en Allemagne (1974), Mundial en Argentine (1978), Espagne (1982) et Mexique (1986) puis Mondiale en Italie en 1990. Le crochet par les États-Unis est fatal à cette tradition linguistique, et la Coupe est désormais baptisée « FIFA World Cup », qui est une marque déposée. Le français est la langue officielle de la FIFA au même rang que l’anglais (comme l’allemand et l’espagnol). La terminologie « Coupe du monde FIFA » est également acceptée.

La FIFA déménage à Zurich en 1932 en raison du statut de la Suisse et des graves soucis financiers de la Fédération depuis le krach boursier d’octobre 19295. Avec l’augmentation importante des sources de revenus (droits TV, publicités et produits sous licence principalement), la situation financière est aujourd’hui excellente.

Ainsi, la FIFA annonçait en avril 2004 qu’elle prévoit un bénéfice de 144 millions de dollars pour 1,64 milliard de dollars de revenus sur la période 2003-2006 (cycle de quatre ans incluant la Coupe du monde 2006). Elle a réalisé un bénéfice de 631 millions de dollars sur la période 2007-2010 (cycle incluant la coupe du monde en Afrique du Sud). En 2013, à l’orée de la coupe du monde au Brésil, les réserves de trésorerie de la FIFA se montaient à 1,4 milliard de dollars6.

2.Organisation

Statutairement, la FIFA est régie par les dispositions des articles 60 et suivants du Code civil suisse7 sur les associations à but non lucratif8. Elle rassemble 211 fédérations9 (nationales ou pas : cas du Royaume-Uni, par exemple). La dernière adhésion en date est celle du Kosovo le 13 mai 2016. Un certain flottement fut notable durant les vingt dernières années au niveau des adhésions. Les Féroé danoises ou certains DOM-TOM français reçurent l’autorisation de leur fédération d’origine (danoise, française) pour adhérer. Conscient des conséquences d’une telle politique (Catalogne, Pays basque, Québec…), la FIFA a décidé de mettre fin à ces pratiques. Elle n’acceptera désormais plus de nouveaux membres sans indépendance politique claire au préalable. Cette décision n’est évidemment pas rétroactive et les Féroé, Tahiti ou la Nouvelle-Calédonie conserveront leur statut actuel de même que l’Angleterre, l’Écosse, le pays de Galles et l’Irlande du Nord (qui sont à la fois considérés comme des nations, bien que le Royaume-Uni reste l’état souveraine)[???].

Huit états souverains ne sont pas membres de la FIFA : Monaco et le Vatican en Europe, les Kiribati, les États Fédérés de Micronésie, les Îles Marshall, Nauru, les Palaos, et les Tuvalu, en Océanie. Tous ces états non-membres ont bien une équipe nationale de football parfois inactives10,11. Certains, tels les Tuvalu, cherchent à rejoindre la FIFA, mais peinent à remplir les conditions nécessaires en termes d’infrastructures. A contrario, vingt-cinq associations membres de la FIFA ne représentent pas un état souverain (Angleterre, Écosse, Pays de Galles, Irlande du Nord, Tahiti, Nouvelle-Calédonie, Iles Féroé, Îles Vierges Américaines, Bermudes, Montserrat, Îles Samoa Américaines, Hong-Kong, Macao, Gibraltar, Guam….).
Afin de gérer au mieux le football au niveau continental, des confédérations ont vu le jour. On pourrait croire à une hiérarchie, mais ce n’est pas le cas. Les confédérations ont rang sur la FIFA quand il s’agit de problèmes internes au continent. Ainsi, la FIFA qui organise pourtant la Coupe du monde, n’est pas décisionnaire pour fixer les calendriers des préliminaires ni leur formule. La confédération sud-américaine est particulièrement sensible à ces problèmes, mais l’UEFA s’est également déjà illustrée dans le passé sur ce terrain. De même, elle n’a aucune emprise sur l’organisation de chaque fédération nationale. On évoquera ici l’éternel problème des calendriers que la FIFA n’est toujours pas parvenu à régler, faute de pouvoir forcer la main aux fédérations et autres confédérations, seules souveraines dans ce domaine.

  • l’AFC pour l’Asie
  • l’UEFA pour l’Europe
  • la CAF pour l’Afrique
  • la CONMEBOL pour l’Amérique du Sud
  • l’OFC pour l’Océanie
  • la CONCACAF pour l’Amérique du Nord, l’Amérique Centrale et les Caraïbes

En revanche, la situation est toute différente à propos des règles du jeu. Ici, pas de discussions, et le monde entier adopte le même jour les mêmes modifications du règlement. Sur ce point, la FIFA est inflexible. Les règles du football ne sont pas édictées par la seule FIFA, mais sont discutées et votées par une vieille institution britannique nommée International Football Association Board (IFAB). La FIFA y dispose de quatre voix tandis que les fédérations d’Angleterre, d’Écosse, du pays de Galles et d’Irlande du Nord y comptent une voix chacune.

3. Distinctions

La FIFA désigne chaque année le Meilleur footballeur de l’année FIFA depuis 1991 et ce jusque 2009 pour les hommes et depuis 2001 pour les femmes. Depuis 2010, la FIFA désigne en collaboration avec le magazine France football, le FIFA Ballon d’or. Un classement des équipes nationales est perpétuellement effectué.

En marge de la création de la FIFA le 24 mai 1904, un match de gala opposa la France à l’Union Saint-Gilloise. En 2004, la FIFA fête son centenaire et pour l’occasion est célébré un match entre l’équipe de France et l’équipe du Brésil le 20 mai 2004 au Stade de France qui se conclura par un match nul (0-0). Au cours du match, les joueurs des deux équipes portaient des répliques des tenues utilisées sur les terrains avant la Première Guerre mondiale. Toujours à l’occasion de son centenaire en 2004, la FIFA a demandé à Pelé de dresser une liste des 100 meilleurs joueurs vivants. Pelé en a donné 125 : FIFA 100.

4.Présidents de la FIFA

Le Néerlandais Cornelis Hirschman occupe le poste de président par intérim de 1918 à 1920, maintenant à ses frais la FIFA en activité après la Première Guerre mondiale. Jules Rimet, qui est président de 1920 à 1954, occupe la fonction tout d’abord à titre provisoire jusqu’au 1er mars 1921. Arthur Drewry, président de 1955 à 1961, est tout d’abord président par intérim jusqu’au 9 juin 1956. Après la présidence d’Arthur Drewry, le Suisse Ernst Thommen assure un intérim de six mois.

À la suite du scandale qui a frappé la FIFA en 2015, un congrès devant élire un nouveau President est organisé en février 2016. Sur 209 fédérations, 207 ont le droit de vote (Indonésie et Koweït sont suspendus). Au premier tour Gianni Infantino obtient 88 voix devant le cheikh Salman Al Khalifa, 85 qui était favori, le prince Ali ben Al Hussein 27 voix et Jérôme Champagne . Tokyo Sexwale s’etait retiré juste avant le vote. Au second tour, Infantino est élu avec 115 voix.

Le titre de président honoraire est décerné, après leur présidence, à Jules Rimet, Stanley Rous et João Havelange.

 

Liste des présidents de la FIFA

R Période d’activité Portrait LP Nom, prénom
1 23 mai 1904 – 1906 (2 ans) Robert_Guérin_1906_year France Robert Guérin
2 1906 – 24 octobre 1918 (12 ans) Daniel_Burley_Woolfall_1908_year Angleterre Daniel Burley Woolfall
Int 24 octobre 1918 – 1920 (2 ans) Pays-Bas Cornelis Hirschman
3 1920 – 21 juin 1954 (33 ans) Jules_Rimet_1933 France Jules Rimet Jules
4 21 juin 1954 – 7 octobre 1955 (1 an) Rodolphe_Seeldrayers Belgique Rodolphe William Seeldrayers
5 7 octobre 1955 – 25 mars 1961 (6 ans) Arthur_Drewry Angleterre Arthur Drewry
Int 25 Mars – 28Septembre 1961 (6mois) Suisse  Ernst Thommen
6 28 septembre 1961 – 11 juin 1974 (13 ans) Stanley_Rous Angleterre Stanley Rous
7 11 juin 1974 – 8 juin 1998 (24 ans) João_Havelange Brésil João Havelange
8 8 juin 1998 – 21 décembre 20153 (17 ans) Sepp Blatter Suisse Sepp Blatter
21 décembre 2015 – 26 février 2016 Issa Hayatou
9 Depuis le 26 février 2016 Gianni_Infantino SuisseItalie Gianni Infantino

5. FIFA et éthique

Lors de son 56e congrès (2006), la FIFA a fait de l’éthique l’une de ses priorités. Le thème général de cette campagne est de proposer une meilleure gouvernance et une meilleure transparence dans le monde du football afin de le protéger des dérives qui le menacent : relations entre fédérations et autorités publiques, propriété, influence et contrôle des clubs, transferts de joueurs, agents de joueurs, paris et harmonisation du calendrier, notamment.

En parallèle à cette action, la FIFA s’associe en 2006 à l’opération Unitaid, visant à taxer les billets d’avion afin de financer l’achat de médicaments pour les pays défavorisés. Les ballons de la Coupe du monde de 2006 sont ainsi floqués au nom de cette opération. La FIFA n’a toutefois pas découvert la notion d’éthique en 2006, et elle mène notamment une campagne sur le fair play depuis 1978.

Autre thème sur lequel la FIFA travaille depuis 1997 : le travail des enfants.

L’Organisation internationale du travail a lancé en 1997 une campagne contre le travail des enfants. L’UNICEF et la FIFA sont notamment également associés à cette campagne. En matière de football, c’est surtout la fabrication des ballons par les enfants qui est visée. Un accord fut signé par la FIFA sur ce point en 1997 concernant le district de Sialkot (Pakistan), particulièrement touché par ce phénomène. Entre 1997 et 2000, le programme a notamment permis de couvrir 95 % des fabricants de ballons de ce district en proposant une éducation à plus de 10 000 enfants.

Comme le note les conclusions de l’OIT : « La population du district de Sialkot est désormais bien consciente que le travail des enfants est un fléau social qui doit être éradiqué par tous les moyens dont dispose chaque individu, famille ou communauté. » Depuis 1999, aucun cas de travail d’enfants n’a été signalé dans les ateliers de couture contrôlés. Fort de ce succès, cette opération sur le district de Sialkot fut intensifiée de 2000 à 2003 afin de couvrir 100 % des fabricants de ballons. La FIFA a investi plus d’un million de dollars dans cette opération entre 1997 et 2003. 540 000 dollars supplémentaires y sont investis depuis 2004 afin de mettre en place, notamment, des organismes locaux aptes à donner des soins médicaux.

Depuis le 13 février 2003, la FIFA et l’Organisation internationale du travail mènent une campagne intitulée « Carton rouge au travail des enfants ». Cette campagne de niveau mondial implique notamment d’anciens joueurs tel Roger Milla et se décline sous des formes très variées : marche de protestation ici, concours artistique là, et matches de football ailleurs. En 2006, date de mise en place d’une « journée contre le travail des enfants » (12 juin), le slogan de cette opération est : « La fin du travail des enfants : ensemble nous pouvons le faire ! ».

La FIFA dispose en interne d’un « Code disciplinaire », ensemble de règles qui peuvent conduire la FIFA à sanctionner une personnalité morale ou physique, via la Commission de discipline et la Commission de recours.

6. FIFA et corruption

6.1 Révélations

John Sugden et Alan Tomlinson signent en 1998 FIFA and the contest for world football: who rules the people’s game?, ciblant la période 1970-1998.David Yallop publie en 1999 How they stole the game (comment ils ont volé le jeu). Il y dénonce notamment la gestion de João Havelange.Dans la même veine, Andrew Jennings publie en 2006 Carton rouge !, où il dénonce la gestion de Sepp Blatter en reprenant nombre de données déjà publiées par Yallop (élections « truquées » en 1996 et 1998 entre autres). La FIFA tente, en vain dans les deux derniers cas, de faire interdire la publication des ouvrages.

En 2014, l’ancien président de la fédération anglaise de football David Triesman compare à la Chambre des lords Sepp Blatter à Vito Corleone, et déclare :« La FIFA possède une longue tradition de pots-de-vin, de magouilles et de corruption. La FIFA se conduit comme une famille de mafieux. La corruption a été érigée en système et soutenue par l’absence d’investigations et où la plupart des accusés échappe aux enquêtes. Des douzaines de travailleurs immigrés tués dans la construction des stades au Qatar sont ainsi ignorées ».

6.2 L’affaire ISL et le système Blatter

La faillite de la société suisse International Sport and Leisure (ISL), en 2001 avec des dettes de plusieurs dizaines de millions d’euros révèle le premier gros scandale de corruption touchant la FIFA. L’entreprise avait obtenu l’exclusivité de la vente des droits marketings de plusieurs Coupes du monde.

Dès l’année 2001, le juge d’instruction du canton de Zoug Thomas Hildbrand, spécialisé dans les crimes et délits économiques, mène son enquête sur la société désormais en faillite ISL. En mai 2002 déjà, le secrétaire général de la FIFA, Michel Zen-Ruffinen, avait publiquement dénoncé les dysfonctionnements au sein de l’association de football et critiqué le « système Blatter ». Un mois plus tard, il était contraint de démissionner.

Les investigations de la justice mènent aux perquisitions dans les bureaux de la FIFA à Zurich en novembre 2005, en raison de forts soupçons de détournement de fonds et de corruption. L’enquête de Michael Garcia accuse directement le président de la FIFA Joao Havelange et son gendre Ricardo Teixeira, puissant patron du football brésilien de 1989 à 2012 et vice-président de la FIFA. Les deux hommes auraient touché 40 millions d’euros de pots-de-vin dans les années 1990.

La BBC diffuse le 11 juin 2006 un reportage où apparaissent d’anciens employés d’ISL confirmant le versement entre 1982 et 2001 de pots-de-vin aux dirigeants de la FIFA. Sepp Blatter refuse de participer à ce reportage, mais nie les faits. Les équipes de l’émission d’informations BBC Panorama sont mises à l’index par la FIFA, mais les journalistes britanniques de la BBC répliquent le 10 décembre 2006 en diffusant un reportage suivant l’affaire ISL/FIFA et dénoncent également des irrégularités dans les ventes des billets de match pour la Coupe du monde. BBC Panorama poursuit sa série sur la FIFA avec un nouveau reportage diffusé le 22 octobre 2007. L’enquête a été bouclée en 2010 et aucune charge n’a été retenue contre la FIFA ou son président.

À la suite de la désignation de la Russie et du Qatar comme pays organisateurs des coupe du monde 2018 et 2022, de forts soupçons de corruption pèsent sur certains membres du comité exécutif de la FIFA. Soupçons confirmés en 2011 par le bannissement à vie de toute activité liée au football du Qatarien Mohamed Bin Hammam, ce président de la Confédération asiatique étant accusé d’avoir acheté des voix dans le cadre de l’élection présidentielle de l’instance.

6.3Matchs truqués

En juillet 2011, le New York Times déclenche une nouvelle polémique. Le quotidien met en évidence l’existence de matchs truqués (profitant aux bookmakers), de détournements de fonds, et de corruption au sein de l’organisation (des cadres anglais et australiens se seraient plaints de demandes de pots-de-vin de la part des dirigeants de la FIFA).

6.4 Trafic de billets

En 2014, un vaste trafic de billets d’entrées pour les matchs est démantelé par la police brésilienne. Un membre de la FIFA, Mohamadou Lamine Fofana ainsi que le directeur de la société Match Hospitality, Ray Whelan, sont arrêtés par la police. Le trafic pèse 70 millions de dollars et date des quatre dernières coupes du monde. La société suisse Match Hospitality est un prestataire exclusif de la FIFA, cette société suisse appartient à la société suisse Infront Sports and Media, dirigée par Philippe Blatter, le neveu de Sepp Blatter.

6.5 Arrestations pour racket, blanchiment et corruption

Affaire de corruption à la FIFA.

Le 27 mai 2015, sept hauts responsables de la FIFA sont arrêtés par la police à Zurich à l’occasion de leur rencontre annuelle. L’arrestation se produit à la demande des autorités judiciaires américaines et serait le résultat d’une enquête menée durant trois ans par le FBI sur « des faits présumés de racket, blanchiment d’argent et corruption dans le cadre notamment de l’attribution de plusieurs coupes du monde ou de contrats marketing » qui se seraient étalés sur une période de vingt ans. Les autorités judiciaires américaines demandent l’extradition de ces personnes pour les juger aux États-Unis. Au cours d’une conférence de presse tenue à New York en présence notamment de Loretta Lynch, procureur général des États-Unis, et de James Comey, directeur du FBI, la justice américaine a donné plus d’informations sur les faits reprochés aux personnes arrêtées.

Avec cette enquête, la justice américaine entend s’attaquer à « un système vieux de vingt-quatre ans destiné à s’enrichir grâce à la corruption dans le football international ». Plus tôt dans la journée le ministère de la justice américain avait publié un texte décrivant une pratique « systémique » et ayant touché « au moins deux générations d’officiels du football, qui ont abusé de leur position pour toucher des pots-de-vin et des commissions occultes de plusieurs millions de dollars ». Le 24 juillet 2015, l’un des principaux sponsors de la FIFA, le groupe bancaire Visa demande la création d’une commission indépendante dans l’affaire de corruption qui touche l’instance. Le groupe bancaire rejoint ainsi d’autres sponsors comme Coca-Cola ou McDonald’s qui ont également demandé la création d’une commission indépendante et appelé à une réforme en profondeur de l’institution.

7. Liste des compétitions organisées par la FIFA

La FIFA organise le tournoi de Football aux Jeux olympiques et aux Jeux olympiques de la Jeunesse masculin et féminin depuis 198429

7.1 Compétitions féminines

  • Coupe du monde de football féminin (depuis 1991)
  • Coupe du monde de football féminin des moins de 20 ans
  • Coupe du monde de football féminin des moins de 17 ans

7.2 Compétitions masculines

  • Coupe du monde de la FIFA (depuis 1930)
  • Coupe du monde de football des moins de 20 ans (depuis 1977)
  • Coupe du monde de football des moins de 17 ans (depuis 1985)
  • Coupe des confédérations (depuis 1997)
  • Coupe du monde des clubs de la FIFA (depuis 2000)
  • Coupe du monde de football de plage (depuis 2005)
  • Coupe du monde de futsal (depuis 1989)
  • FIFA Interactive world cup (depuis 2004)

3. Développement du football

3. Développement du football

3.1 Diffusion dans le monde

Contrairement aux sports « nobles » comme le cricket, le tennis, le hockey sur gazon et le rugby, le football n’est pas très développé au sein des clubs sportifs installés dans l’Empire britannique. Ainsi, cette discipline est aujourd’hui encore peu prisée en Inde, au Pakistan, en Amérique du Nord ou en Australie, notamment. En Afrique du Sud, les colons britanniques y importent le football dès 1869 puis une coupe du Natal est organisée dès 1884, mais le football, sport roi dans les townships, reste très mal perçu par les tenants blancs de l’apartheid qui lui préfèrent le rugby, le tennis et le cricket. Le football fut, il est vrai, en pointe pour dénoncer l’apartheid et dès le 9 avril 1973, une équipe mêlant joueurs noirs et blancs représente l’Afrique du Sud lors d’un match international non officiel face à la Rhodésie.

Les Britanniques jouent pourtant un rôle important dans la diffusion du football, notamment grâce aux ouvriers dépêchés aux quatre coins du monde pour mener à bien des chantiers. Le football est par exemple introduit en Amérique du Sud par les ouvriers travaillant sur les chantiers des lignes ferroviaires. Ils montent des équipes et mettent en place des compétitions d’abord réservées aux seuls joueurs britanniques, et qui s’ouvrent progressivement aux joueurs puis aux clubs locaux. Le cas sud-américain est complexe. Il existe également des clubs britanniques qui pratiquent cette discipline et des étudiants originaires d’Angleterre jouent un rôle important dans l’introduction du football entre Montevideo et Buenos Aires. Ainsi, le football s’installe durablement dans des nations comme l’Uruguay ou l’Argentine dès les années 1870-80. En Amérique du Nord, des compétitions sont créées dans les années 1880 (1884 aux États-Unis sur la côte Est).

La Belgique, où les universités anglaises jouent un rôle moteur, les Pays-Bas (premier club fondé en 187939), la Suisse (introduction du football dès les années 1860 et premier club en 1879) et le Danemark (premier club en 187641) figurent parmi les premiers pays de l’Europe continentale touchés par le football.

L’expansion du football est également due à des étudiants ou voyageurs de toutes nationalités ayant effectué des séjours au Royaume-Uni où ils furent initiés au jeu. En France, l’introduction du football se fait ainsi principalement par l’action des professeurs d’anglais qui ramènent de leurs voyages linguistiques outre-Manche règles et ballons dans les cours d’écoles. Les Britanniques sont également déterminants dans l’introduction du football en France. L’action des clubs britanniques parisiens des White-Rovers et du Standard AC fait plier l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) le 9 janvier 1894, qui, dans la droite ligne des clubs britanniques guindés, redoutait une expansion du football et de ses vices, comme le professionnalisme, les transferts et les paris et se refusait à reconnaître cette discipline. En Allemagne, le football est d’abord clairement perçu comme un corps étranger à la nation et est dédaigneusement surnommé le « sport des Anglais » par les nationalistes. Toutefois, le football prend racine dans les villes (premier club fondé en 1887 : SC Germania Hambourg) où ouvriers et cols blancs se rassemblent autour d’une passion commune. L’Europe du Nord est ainsi progressivement contaminée entre les années 1870 et le début des années 1890, puis l’Europe du Sud (Sud de la France inclus) connaît le même sort entre les années 1890 et le début du XXe siècle.

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