Histoire Evolution du Football1

Histoire Evolution du Football

Création puis prospérité de la Cpe du monde

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Création puis prospérité de la Coupe du monde

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L’Uruguay, victorieuse de la Coupe du monde 1930

Coupe du monde de football

Le projet d’organiser une Coupe du monde existe dès la création de la Fédération internationale de football association (FIFA) en 1904. Une première édition est programmée en 1906 en Suisse par le dirigeant néerlandais Carl Hirschmann, mais le manque de candidats conduit à l’annulation du tournoi en août 1905. Avec le développement du football aux Jeux olympiques, devenu une épreuve officielle à partir de 1908, Hirschmann envisage de faire reconnaitre le tournoi olympique comme un championnat du monde de football amateur (le Comité international olympique refusant tout professionnalisme). L’idée est validée lors du congrès de la FIFA en 1914, mais la Première Guerre mondiale bloque cette initiative.

Élu à la présidence de la FIFA en 1921, Jules Rimet, et son compatriote Henri Delaunay, relancent le projet d’une nouvelle compétition, ouverte aux professionnels, dans un contexte où les compétitions régionales rencontrent déjà un certain succès, comme le championnat sud-américain de football, qui se tient tous les ans depuis 1916, ou la Coupe internationale européenne en Europe centrale lancée en 1927. Le succès populaire, et financier, des tournois de football aux Jeux olympiques de 1924 et 1928, boycottés par la Grande-Bretagne passée au professionnalisme mais où se rencontrent des formations d’Amérique du Sud et d’Europe, permet de concrétiser le projet.
UruguayVsArgentina1930WorldCupLe principe d’une Coupe du monde est finalement adopté par la FIFA lors du congrès d’Amsterdam le 26 mai 1928, avec une cadence alternée avec les Jeux olympiques. L’organisation de la première édition, prévue en 1930, est confiée à l’Uruguay, qui fête le centenaire de son indépendance et dont la sélection est double championne olympique en titre, aux dépens de la candidature de l’Italie, soutenue par les fédérations européennes. Dans le contexte de la crise de 1929 et malgré l’engagement de l’Uruguay à prendre en charge tous les frais des participants, les Européens rechignent à participer, sans parler de la Grande-Bretagne qui a quitté la FIFA en 1928. Après un travail intense de négociation de Jules Rimet, la Belgique, la France et la Roumanie et la Yougoslavie envoient finalement chacune une délégation.

La Coupe du monde se tient avec treize participants au lieu des seize prévus. Si le Français Lucien Laurent marque le premier but du tournoi, et si les États-Unis, renforcés par des joueurs écossais, créent la première surprise face à la Belgique, la supériorité attendue de l’Uruguay de José Andrade, meilleur joueur du tournoi, et de l’Argentine de Guillermo Stábile, meilleur buteur, se confirme. Les deux sélections rivales se retrouvent en finale, dans un climat tendu. L’arbitre belge, M. Langenus, obtient que plusieurs milliers de policiers soient mobilisés. À l’issue d’un match de haut niveau, bien que très viril sur la fin, l’Uruguay l’emporte quatre buts à deux, après avoir été mené deux buts à un. Malgré l’absence des principaux pays européens et certaines difficultés matérielles, notamment l’inauguration retardée du gigantesque stade Centenario, le tournoi est un franc succès, populaire et financier.

Malgré la crise économique, l’Italie accueille la deuxième édition de la Coupe du monde quatre ans plus tard, dans un climat de montée du fascisme en Europe. Le tenant du titre, l’Uruguay, ne participe pas en représaille de l’absence des Européens quatre ans plut tôt. Trente-deux nations s’inscrivent cette fois, un tour préliminaire doit donc être mis en place pour réduire à seize le nombre de participants à la phase finale. L’équipe d’Italie de Vittorio Pozzo reçoit l’Espagne en quart de finale : après une première rencontre âpre, les deux équipes sont à égalité et doivent rejouer le lendemain. Luis Monti rudoie un Espagnol dès le début du match, l’obligeant à sortir sur blessure, et Giuseppe Meazza offre la victoire aux siens. Ce dernier récidive face à l’Autriche en demi-finale. En finale à Rome, dans un stade rempli de militaires et devant Benito Mussolini, la Tchécoslovaquie ouvre le score mais s’incline finalement après prolongation.

italie-vainqueur-1938L’organisation de la Coupe du monde de 1938 est confiée à la France, au grand dam des Sud-Américains. L’Argentine et l’Uruguay boycottent le tournoi, l’Espagne en guerre civile et l’Autriche annexée par l’Allemagne nazie déclarent forfait. En huitième de finale, le Brésil, seul représentant d’Amérique du Sud, et la Pologne offrent un match mémorable (6-5 a.p.), marqué par le triplé de Leônidas. Le quart de finale opposant le Brésil à la Tchécoslovaquie se transforme lui en bataille générale, avec trois expulsions et cinq blessés.

Qualifié, le Brésil défie en demi-finale l’Italie en laissant au repos des joueurs cadres comme Leônidas. Les Italiens l’emportent. En finale les Italiens conservent leur titre face aux Hongrois, un adversaire qu’ils ont l’habitude d’affronter. Dès ces premiers tournois, la compétition affirme sa vocation professionnelle. Alors que le tournoi olympique est réservé aux amateurs, la FIFA reconnait et accepte tous les joueurs, amateurs et professionnels, lui permettant de compter sur les meilleurs joueurs de la planète.

En 1939, l’Allemagne, le Brésil et l’Argentine se portent candidates à l’organisation de la Coupe du monde de football de 1942. Alors que le président de la FIFA Jules Rimet est en Amérique du Sud pour évaluer les projets brésilien et argentin, la Seconde Guerre mondiale éclate. Les préparatifs sont interrompus avant le choix du pays organisateur.

Le congrès du 25 juillet 1946 à Luxembourg marque le retour du football, un an après l’armistice. Il est décidé que l’organisation de la quatrième Coupe du monde, prévue en 1950, est confiée au Brésil. En hommage à l’action de son président, le trophée de la Coupe du monde est renommé « Coupe Jules-Rimet » (il sera conservé par le Brésil après son 3e titre en 1970). L’Angleterre, berceau du football et dont la fédération a fait son retour à la FIFA, participe pour la première fois aux éliminatoires. Dans le stade Maracanã construit pour l’occasion, 150 000 spectateurs assistent au match décisif du premier tour entre le Brésil et la Yougoslavie, remporté par les locaux (2-0). Les fiers Anglais sont par contre battus rapidement. Le tour final oppose le Brésil, impressionnant offensivement avec son buteur Ademir, l’Uruguay, son principal rival, la Suède et l’Espagne. Brésil et Uruguay s’affrontent lors d’un match décisif au Maracanã le 16 juillet 1950 devant près de 200 000 personnes. Alors que le Brésil n’a besoin que d’un match nul pour gagner la Coupe du monde et qu’il ouvre le score en début de la seconde période, l’Uruguay l’emporte finalement grâce à des buts de Juan Alberto Schiaffino et Alcides Ghiggia. Cette défaite est vécue comme un drame national, tandis que l’Uruguay est championne du monde pour la deuxième fois.

L’édition 1954 se déroule en Suisse. Le « Onze d’or hongrois », invaincu depuis quatre ans, est favori du tournoi. Dominateurs en début de tournoi mais diminués par les brutalités répétées de leurs adversaires, les Hongrois peinent en quart de finale face au Brésil, la rencontre se terminant en véritable pugilat. La Hongrie se défait ensuite de l’Uruguay, tenant du titre, après d’un match homérique. En finale, elle retrouve l’Allemagne, écrasée en match de poule. Les Hongrois inscrivent rapidement deux buts mais concèdent l’égalisation. À la stupeur générale, Helmut Rahn offre finalement la victoire à la RFA. Le match est surnommé le « miracle de Berne ». La compétition confirme à chaque édition son succès croissant. 943 000 spectateurs ont assisté à un spectacle de qualité, illustré par la moyenne de 5,4 buts par match.

Djalma_Santos,_Pelé_and_Gilmar_1958La sixième édition de la Coupe du monde, en 1958, se déroule en Suède. L’Union soviétique fait son apparition dans la compétition. Inattendue, l’équipe de France étonne par son jeu offensif. La progression des joueurs français est arrêtée en demi-finale par le Brésil, grâce à un triplé du jeune Pelé. La Suède, à domicile, se qualifie en battant la RFA. En finale, le Brésil l’emporte logiquement (5-2), porté par ses jeunes génies Pelé et Garrincha. Le buteur français Just Fontaine, bien alimenté par Raymond Kopa, fixe à treize le record de buts dans une seule Coupe du monde. Quatre années plus tard, la Coupe du monde retourne en Amérique du Sud. Cinquante-six pays participent aux éliminatoires. La France ne parvient pas à se qualifier. Le jeu devient plus défensif. Le Chili, pays organisateur, se hisse en demi-finale après avoir éliminé l’Union soviétique notamment, mais s’y incline face au Brésil de Vavá et Garrincha, pourtant privé de Pelé. En finale, les Brésiliens réalisent le doublé en battant la Tchécoslovaquie de Masopust, Ballon d’or en fin d’année.

La Corée du Nord est la surprise de la Coupe du monde 1966 en Angleterre, où elle bat l’Italie en phase de poule. Le Brésil, hors du coup, est sorti dès les poules. L’Angleterre, qui joue tous ses matchs dans son stade de Wembley, bénéficie d’un arbitrage globalement favorable. Ils battent en quart de finale l’Argentine, réduite à dix après l’exclusion d’Antonio Rattín en première mi-temps77, puis le Portugal d’Eusébio. En finale, face à la RFA, les Anglais encaissent un but rapidement, prennent ensuite l’avantage puis concèdent l’égalisation. En prolongation, un but litigieux est accordé à Geoffrey Hurst, qui marque à nouveau à la dernière minute, alors que des supporters sont entrés sur le terrain. L’Angleterre remporte sa première Coupe du monde.

La neuvième Coupe du monde de la FIFA a lieu en 1970 au Mexique, qui construit pour l’occasion le Stade Azteca. 75 sélections nationales s’inscrivent aux éliminatoires, un record. Le Portugal, la Hongrie, la France, l’Espagne et même l’Argentine échouent à se qualifier. La RFA et l’Angleterre se retrouvent en quart de finale : menés 2-0 à vingt minutes de la fin, les Allemands s’imposent 3-2 après prolongation. En demi-finale, l’Italie bat l’Allemagne (4-3), dont le capitaine Franz Beckenbauer joue une heure avec clavicule cassée85. En finale, les Italiens s’inclinent 4-1 face au Brésil, qui présente lors de cette édition une des équipes les plus brillantes jamais alignées en Coupe du monde. Devant le métronome Gerson, Pelé étale une nouvelle fois son talent, notamment avec une tentative de lob de 50 mètres sur Ivo Viktor, un grand pont sur le gardien Ladislao Mazurkiewicz et quatre nouveaux buts dans la compétitio. Il remporte sa troisième Coupe du monde, la troisième du Brésil qui obtient ainsi le droit de garder la Coupe Jules-Rimet.

Bundesarchiv_WM,_BRD_-_Niederlande_2-1Après que le Brésil remporte l’épreuve en 1970, la compétition a lieu quatre années plus tard en Allemagne de l’Ouest. Haïti crée la surprise en se qualifiant aux dépens du Mexique. L’Australie fait également ses débuts dans la compétition. Lors du premier tour, la RFA joue la RDA avec pour enjeu la première place du groupe I. Le 22 juin 1974, la RDA bat le pays organisateur 1-0 d’un but de Jürgen Sparwasser. Non sans difficultés, les Pays-Bas, le Brésil et l’Italie, qui est même menée 1-0 par Haïti, se qualifient également pour la deuxième phase de poule. Lors de ce tour, les Pays-Bas dominent le Brésil lors d’un dernier match décisif alors que la RFA bat la Pologne sur un terrain inondé pour s’adjuger une place en finale. Les Pays-Bas, emmenés par Johan Cruijff, développent un football total. En finale de l’édition, la RFA, à domicile, l’emporte 2-1 contre les Pays-Bas. Malgré la défaite de son équipe en finale, Cruijff est désigné meilleur joueur de la compétition.

Les qualifications de la Coupe du monde 1978 s’annoncent difficiles. La RFA et l’Argentine étant directement qualifiées, il ne reste que 14 places à attribuer entre les 97 équipes jouant les tours préliminaires. Le Brésil, l’Italie et Pays-Bas font également figures de favoris. L’équipe de France se qualifie, contrairement à l’URSS, l’Uruguay, la Yougoslavie et l’Angleterre, une nouvelle fois absente. L’Iran et la Tunisie sont également présents pour la phase finale se déroulant en Argentine. La compétition se déroule à nouveau en deux phases de poules. La RFA et les Pays-Bas se retrouvent et font match nul. Bien placée, l’Italie affronte les Pays-Bas pour la place de finaliste du groupe A. Les Néerlandais sortent vainqueurs de la confrontation et se qualifient pour la finale. Alors qu’elle doit battre le Pérou par quatre buts pour se qualifier en lieu et place du Brésil, l’Argentine remporte la rencontre 6-0 et atteint son objectif. Lors de la finale, Mario Kempes ouvre le score peu avant la mi-temps. Dominée par les Pays-Bas, la deuxième mi-temps se conclut par un but de Dick Nanninga pour les joueurs néerlandais à huit minutes de son terme. À égalité à 1-1, les deux équipes se dirigent vers la prolongation. Lors de celle-ci, les joueurs argentins marquant à deux reprises par Kempes, meilleur joueur et buteur de la compétition, puis Daniel Bertoni. L’Argentine remporte la compétition à domicile.

Sandro_Pertini_Spagna_1982

La 12e Coupe du monde se déroulant en Espagne voit, pour la première fois, 24 équipes participer à la phase finale. Les Pays-Bas, finaliste de l’édition précédente ne parviennent pas à passer les phases de qualification. Le premier tour est marqué par la victoire historique de la Hongrie sur le Salvador par 10 à 1 et par le non match entre l’Allemagne et l’Autriche qualifiant les deux pays aux dépens de l’Algérie. L’Italie se qualifie de peu après trois matchs nuls en trois rencontres. Après deux tours de poule, les demi-finales opposent quatre équipes européennes. La Pologne, sans son maître à jouer Boniek suspendu, s’incline face à l’Italie sur deux buts de Paolo Rossi. L’autre demi-finale oppose la France et la RFA à Séville. Le match très intense connait de nombreux rebondissements et voit l’Allemagne s’imposer aux tirs au but. En finale, l’Italie s’impose 3 à 1 face à des Allemands marqués physiquement par le match précédent. L’attaquant italien Paolo Rossi finit meilleur buteur de la compétition.

Initialement prévue en Colombie, l’édition 1986 de la Coupe du monde se déroule au Mexique. Comme quatre années auparavant, la France est battue en demi-finale de la compétition par la RFA. Les Bleus terminent troisième de l’édition après avoir battu le Brésil en quart de finale dans un match historique terminé par une séance de tirs au but. La compétition est marquée par la rencontre entre l’Argentine et l’Angleterre en quart de finale. Capitaine de l’équipe argentine, Diego Maradona inscrit à la 51e minute un but de la main. Quatre minutes après le but surnommé plus tard « la main de Dieu », Maradona dribble six joueurs anglais et le gardien Peter Shilton pour inscrire un but historique. Auteur d’un nouveau doublé en demi-finale contre la Belgique, Maradona est élu meilleur joueur du tournoi. Son équipe domine en finale la RFA 3-2 et remporte la Coupe du monde. Gary Lineker termine meilleur buteur de la compétition avec six buts devant Maradona, Emilio Butragueño et Careca avec cinq buts chacun.

Tenant du titre, l’Argentine joue le match d’ouverture de l’édition 1990 contre le Cameroun. Jouée en Italie, la compétition offre une première surprise avec la victoire des Camerounais. Le Cameroun devient même la première nation africaine à se qualifier pour les quarts de finale de la compétition après une victoire sur la Colombie grâce à un doublé de Roger Milla alors âgé de 38 ans. L’équipe camerounaise est éliminée en quart de finale par l’Angleterre après prolongation sur le score de 3-2. Le Brésil et les Pays-Bas éliminés en huitièmes de finale, les deux demi-finales de la compétition sont Italie-Argentine et Angleterre-RFA. La rencontre entre l’Italie et l’Argentine se déroule à Naples, club de Diego Maradona où il est une idole. Les joueurs italiens ouvrent le score par Salvatore Schillaci. Ils encaissent ensuite leur premier but de la compétition sur une tête de Claudio Caniggia.

Les deux équipes vont à la prolongation puis aux tirs au but. Sergio Goycochea arrête les tirs de Roberto Donadoni et Aldo Serena et qualifie l’Argentine pour la finale de la compétition. La deuxième demi-finale doit également se jouer aux penaltys. Stuart Pearce et Chris Waddle manquent leur tentative et permettent à la RFA de prendre une revanche sur la finale de 1966. Franz Beckenbauer est alors sur le banc allemand. Deux joueurs argentins sont expulsés durant la finale qui se conclut par un but décisif d’Andreas Brehme sur penalty à cinq minutes de la fin de la partie104. Après avoir perdu les deux précédentes finales, l’Allemagne remporte son troisième succès dans la compétition au terme d’une finale décevante. Le capitaine allemand Lothar Matthäus soulève le trophée.

À la suite de la performance du Cameroun, la FIFA décide d’offrir une troisième place qualificative pour le continent africain. La compétition se déroule aux États-Unis. 147 pays participent aux éliminatoires dont ne parviennent pas à sortir l’Angleterre, le Portugal, la France et le Danemark, champion d’Europe en titre. Le début du mondial est marqué par le contrôle antidopage positif de Diego Maradona. Le pays organisateur est éliminé en huitième de finale par le Brésil. Les Brésiliens poursuivent dans la compétition en battant les Pays-Bas puis la Suède, une des surprises du mondial. Également demi-finaliste de la Coupe du monde de 1994, la Bulgarie est l’autre révélation de l’édition.

Qualifiée à la dernière minute aux dépens de la France, la Bulgarie élimine le Mexique et l’Allemagne, tenante du titre. L’équipe bulgare et son attaquant auteur de six buts Hristo Stoitchkov sont éliminés en demi-finale par l’Italie, qualifiée comme dernier meilleur troisième après une défaite contre l’Irlande lors du match d’ouverture. La finale se dispute entre le Brésil et l’Italie au Rose Bowl. Contrairement au reste de la compétition plutôt offensive avec 2,7 buts par match, la finale est fermée. À la fin du temps réglementaire, le score est toujours 0-0, résultat qui n’évolue pas en prolongation. La rencontre est la première finale à se décider aux tirs au but. Les deux premiers tireurs échouent mais ce sont les échecs des Italiens Daniele Massaro et Roberto Baggio qui se révèlent décisifs et permettent aux joueurs brésiliens de devenir champions du monde106.

Le-12-juillet-1998-les-Bleus-soulevaient-la-Coupe-du-monde-au-Stade-de-FranceLa Coupe du monde de 1998 est la deuxième à se disputer en France, soixante ans après celle de 1938. Les éliminatoires enregistrent une participation record avec 174 pays inscrits. Pour la première fois, les phases finales regroupent 32 équipes. Tenant du titre, le Brésil atteint une nouvelle fois la finale de la Coupe en battant les Pays-Bas aux tirs en but en demi-finale. Après trois victoires en trois matchs dans le groupe C, la France s’impose contre le Paraguay à Lens sur un but en or de Laurent Blanc. En quart de finale, les Bleus s’imposent aux tirs au but face à l’Italie. Contre la surprenante équipe de Croatie, l’équipe de France l’emporte 2-1 grâce à un doublé de Lilian Thuram répondant au but du meilleur buteur de la compétition Davor Šuker. En finale, la France s’impose 3-0 au stade de France grâce à un doublé de Zinédine Zidane et un but d’Emmanuel Petit. C’est la sixième fois que l’épreuve est remportée par le pays hôte. L’attaquant brésilien Ronaldo est élu meilleur joueur de la compétition.

Organisée au Japon et en Corée du Sud, la Coupe du monde de 2002 voit le Brésil s’imposer pour la cinquième fois, signant ainsi la « Penta ». L’adversaire des Brésiliens en finale est l’Allemagne, vainqueur des sud-coréens en demi-finale. Ronaldo, déjà décisif en demi-finale contre la Turquie, inscrit un doublé en finale, les deux seuls buts du match. Il termine meilleur buteur de la compétition avec huit buts. Pays hôte entraîné par Guus Hiddink, la Corée du Sud est la surprise de cette édition. Après avoir battu le Portugal en phase de poule, la Corée du Sud élimine l’Italie en huitièmes de finale sur un but en or de Ahn Jung-hwan puis l’Espagne au tour suivant après séance de tirs au but. La France, tenante du titre, est éliminée au premier tour de la compétition sans inscrire le moindre but. Également éliminés au premier tour, le Portugal, l’Argentine et le Cameroun sont les autres déceptions du premier mondial asiatique.

La Coupe du monde 2006 se déroule en Allemagne. À domicile, la Nationalmannschaft atteint les demi-finales notamment grâce aux 5 buts de Miroslav Klose qui termine meilleur buteur de l’édition. Elle est battue par l’Italie, future nation vainqueur de la compétition. Dans l’autre demi-finale, la France affronte le Portugal. Après un premier tour difficile avec notamment une qualification acquise à la troisième journée, les joueurs français battent l’Espagne puis le Brésil. Le Portugal élimine les Pays-Bas et l’Angleterre. Grâce à un penalty de Zinédine Zidane, la France bat les Portugais et se qualifie pour la finale de la Coupe du monde. Après l’ouverture du score de Zidane d’une panenka, Marco Materazzi égalise d’un but de la tête sur corner. Les deux équipes ne marquent plus et après que Zinedine Zidane, élu meilleur joueur de la compétition, est expulsé pour un coup de tête sur Materazzi, la France et l’Italie se départagent aux tirs au but. Les Italiens inscrivent tous leurs tirs, David Trezeguet rate le sien, l’Italie remporte la compétition

La Coupe du monde 2010 se déroule pour la première fois sur le continent africain, en Afrique du Sud. La phase finale oppose 32 sélections nationales. Tous les précédents vainqueurs de la Coupe du monde sont présents. Championne d’Europe, l’Espagne est favori alors que la Nouvelle-Zélande, le Honduras ou encore la Corée du Nord sont les équipes les moins redoutées. Le premier tour est marqué par plusieurs surprises, les équipes favorites sont tenues en échec ou s’inclinent face à des équipes supposées plus faibles telles l’Angleterre tenue en échec par les États-Unis puis l’Algérie ou l’Espagne, championne d’Europe en titre, qui est battue par la Suisse. Cette édition voit l’élimination des deux finalistes de la précédente édition au premier tour, ce qui est une première. Le pays organisateur, l’Afrique du Sud, est le premier pays hôte à ne pas dépasser le premier tour de la Coupe du monde. Alors que le Brésil et l’Argentine impressionnent, ils sont éliminés au stade des quarts de finale.

Spain's Casillas lifts the World Cup trophy after their final match victory over Netherlands, during the award ceremony at Soccer City stadium in Johannesburg

L’Uruguay atteint les demi-finales de la Coupe du monde après avoir battu le Ghana, troisième équipe africaine à atteindre les quarts de finale, à la suite d’une fin de prolongation houleuse. Les Pays-Bas dominent la dernière nation sud-américaine en demi-finale et retrouvent la finale de la compétition, 32 ans après celle contre l’Argentine. Surpris respectivement par la Serbie et la Suisse en phase de poule, l’Allemagne et l’Espagne se rencontrent dans la deuxième demi-finale.

Les Espagnols l’emportent et atteignent pour la première fois la finale d’une Coupe du monde. Pour la deuxième édition consécutive, la finale de la Coupe du monde oppose deux nations européennes, ce qui entraîne à coup sûr une première victoire européenne dans une coupe du monde hors d’Europe. L’Espagne est victorieuse (1-0) sur un but marqué à la 116e minute par Andrés Iniesta, pendant les prolongations. Cette finale est la plus prolifique en termes d’avertissements, avec 14 cartons jaunes donnés par l’arbitre.

philip-lahm-allemagne-coupe-du-monde-2014-tropheeLa Coupe du monde 2014 se déroule au Brésil pour la deuxième fois de l’histoire de la Coupe du monde. Deux résultats surprises ont lieu lors des phases de groupe, l’Espagne, le tenant du titre, est éliminée dès le premier tour, et le Costa-Rica termine premier du groupe D devant trois anciens vainqueurs du titre mondial, l’Uruguay, l’Italie et l’Angleterre. L’équipe d’Amérique centrale atteint pour la première fois de son histoire les quarts de finale de la compétition où elle est éliminée aux tirs aux buts par les Pays-Bas. Autre sélection à atteindre pour la première fois ce niveau, la Colombie menée par James Rodriguez, meilleur buteur de la compétition avec six buts inscrits, est éliminée à ce stade par le pays organisateur, le Brésil.

En demi-finale, les Allemands s’imposent facilement sur le Brésil, sept buts à un, un résultat jamais vu à ce stade de la compétition. C’est la plus lourde défaite du Brésil en Coupe du monde. L’autre demi-finale voit les Argentins battre les Pays-Bas quatre tirs aux buts à deux après un match nul sans buts. Le Brésil connaît, lors de la rencontre pour la troisième place, une nouvelle défaite face aux Pays-Bas sur le score de trois buts à zéro. La finale se déroule au Stade Maracanã de Rio de Janeiro entre l’Allemagne et l’Argentine. L’Allemagne s’impose un but à zéro en prolongations grâce à un but de Mario Götze. L’Allemagne décroche ainsi son quatrième titre, vingt-quatre ans après son dernier trophée.

Il y a 150 ans, le football naissait (2/2)

Il y a 150 ans, le football naissait (2/2)

Il y a 150 ans cette semaine, le lundi 26 octobre 1863, une poignée de passionnés se réunissaient dans un pub londonien, le Freemasons’ Tavern, pour fixer quelques règles communes de jeu. La première fédération de football au monde, la Football Association, était née et le football moderne avec.

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1863, an zéro : naissance de la FA et des premières Lois du jeu

Ebenezer Cobb Morley est un avocat de 32 ans et un joueur émérite. En tant que président et capitaine du club londonien de Barnes, il a contacté l’hebdomadaire sportif Bell’s Life pour suggérer la création d’une instance dirigeante et proposer de nouvelles règles destinées à sortir le football de l’ornière. Il met en exergue le succès de la codification du cricket un siècle plus tôt, ainsi que celle du baseball. Le journal approuve l’initiative et lui prête son concours [1]. Arthur Pember, journaliste et avant-centre du club londonien de No Name Kilburn s’associe à sa démarche.

C’est ainsi que le 26 octobre 1863, les réprésentants et capitaines de huit clubs et trois écoles [2] – tous londoniens ou proche région – se réunissent au Freemasons’ Tavern près de Covent Garden à Londres (réunion appelée « The Meeting of Captains ») pour, enfin, arrêter officiellement quelques règles communes. Avant toute chose, il faut créer une instance et c’est Pember qui devient le premier Président de la Football Association (Morley est nommé Secrétaire général), puisque telle est la dénomination choisie [3]. Cette création est ainsi justifiée par le comité :

« Il est souhaitable qu’une fédération de football soit formée avec pour but l’élaboration d’un ensemble de règles destinées à réguler ce sport. »
fa-rulebookLa partie semble bien entamée pour Morley et Pember, ardents défenseurs du dribbling game popularisé par Eton College, mais il va falloir convaincre la frange dure des acteurs présents, le petit groupe mené par Francis Maule Campbell, capitaine du club londonien de Blackheath FC. Ce dernier est partisan d’un football rugbystique et rejette la version molle du sport voulu par le clan Morley-Pember, version qui limiterait sérieusement toute brutalité ainsi que l’usage des mains et bannirait le hacking (ou shinning), ce vicieux coup de savate au tibia.

La bataille s’annonce coriace et l’on sait déjà que ce premier meeting en appellera d’autres. Au fil des débats qui dureront six semaines, quelques concessions seront faites au clan Campbell (le football reste un sport hybrique – usage pied/main) mais c’est le tandem Morley-Pember qui sortira largement victorieux des négociations et provoquera le grand schisme entre football et rugby (lire en bas d’article la réaction des footeux pro-rugby).

Lors des six réunions tenues du 26 octobre au 8 décembre 1863, le comité va peaufiner le réglement pour finalement adopter, à 13 voix contre 4, les treize règles suivantes (alors surnommées les « London Rules » [4]) qui ont pour source les brouillons d’Ebenezer Cobb Morley, eux-mêmes inspirés des Cambridge Rules :

Les 13 Lois du jeu de 1863

La traduction ci-dessous est tirée de ce wiki en français. Cette traduction wiki, bonne dans l’ensemble (on passera sur les quelques fautes), a cependant dû être modifiée [5] (à noter également que le texte anglais de ce wiki diffère légèrement de la version officielle originale contenue dans The Rules of Association Football 1863).

Règle 1 : « La longueur maximale du terrain doit être de 200 yards (183 m), la largeur maximale de 100 yards (91,5 m), la longueur et la largeur doivent être délimitées par des drapeaux. Les buts sont signalés par deux montants verticaux, espacés de 8 yards (7,32 m), sans être reliés par une bande ou barre. »

england-scot

Le premier England-Scotland, 30 nov. 1872 (0-0)

Règle 2 : « Le vainqueur du tirage au sort peut choisir ses buts. Le match commence lorsque l’équipe ayant perdu ce tirage donne un “place kick“ [6] du centre du terrain. L’équipe adverse ne doit pas s’approcher à moins de 10 yards (9,15 m) du ballon jusqu’au coup d’envoi. »

Règle 3 : « Après tout but inscrit, l’équipe perdante doit donner le coup d’envoi. Les équipes doivent changer de camp après chaque but inscrit. »

Règle 4 : « Un but est validé lorsque le ballon passe entre les poteaux, ou au-dessus de l’espace entre les poteaux (quelle que soit sa hauteur), sans y avoir été jeté, poussé ou porté avec les mains. »

Règle 5 : « Quand le ballon sort de l’aire de jeu, le premier joueur à le récupérer doit le remettre en jeu depuis l’endroit où le ballon est sorti et le lancer perpendiculairement à la ligne de touche. Le ballon n’est pas en jeu tant qu’il n’a pas touché le sol. »

Règle 6 : « Quand un joueur tape dans le ballon, tout coéquipier se trouvant plus près de la ligne de but adverse que lui est hors-jeu : il ne doit ni toucher le ballon ni empêcher un adversaire de le toucher. En revanche, aucun joueur n’est hors-jeu quand le ballon est remis en jeu de derrière la ligne de but. »

Règle 7 : « Quand le ballon sort au-delà de la ligne de but, si le premier joueur à le toucher est un joueur de l’équipe qui défend ce but, alors l’équipe obtient à un coup-franc depuis la ligne de but, au point opposé de l’endroit où le ballon a été touché. Si le premier joueur à toucher le ballon est un joueur de l’équipe adverse, alors son équipe obtient un coup-franc d’une distance de 15 yards de la ligne de but, au point opposé de l’endroit où le ballon a été touché. Dans ce dernier cas, les joueurs de l’équipe adverse doivent rester sur leur ligne de but et attendre l’exécution du coup-franc. »

The Football Association puts original rules in safe hands

Joe Hart tenant le manuscrit original des premières Lois du jeu (le fais pas tomber Joe stp, ne nous sors pas une de tes boulettes, ça coûte bonbon)

Règle 8 : « Si un joueur réussit un “fair catch” [7], il obtient alors un coup-franc, mais seulement s’il marque le sol avec son talon immédiatement. Dans ce cas, il peut prendre autant d’élan qu’il le souhaite, sans qu’un joueur adversaire ne vienne le gêner. »

Règle 9 : « Aucun joueur n’a le droit de courir avec le ballon en main. »

Règle 10 : « Ni croche-pied ni coup de pied ne sont permis, et il est interdit d’utiliser ses mains pour retenir ou pousser un adversaire. »

Règle 11 : « Il est interdit à tout joueur de lancer ou passer le ballon à un coéquipier avec ses mains. »

Règle 12 : « Il est formellement interdit de ramasser le ballon avec ses mains tant qu’il est en jeu. »

Règle 13 : « Il est interdit de porter des chaussures avec clous protubérants, plaques de fer ou gutta-percha* sur la semelle ou le talon. » [*sorte de caoutchouc/résine très dur, rarement utilisé aujourd’hui]

Le reste des règles – telles que la durée du match, les sanctions à appliquer ou le nombre de joueurs par équipe – est laissée à l’appréciation des deux capitaines avant le match (même si des conventions vont rapidement s’établir, le jeu à onze va vite s’imposer par exemple).

Forte évolution des Lois du jeu de 1863 à 1900

Ces règles, civilisées pour l’époque (« Le triomphe de l’adresse sur la force », dira l’un des membres fondateurs), déplaisent fortement aux pro-rugby menés par Campbell de Blackheath FC. L’un des points de contention majeurs est le hacking (ou shinning) que le clan Campbell voudrait ardemment conserver et qui, protestent-ils, figurait dans le brouillon de réglement établi par ce bon Ebenezer ainsi que dans les points acquis au cours des débats (ce point crucial n’aurait été changé que sur le tard, rendant les pro-rugby furieux). Campbell s’insurge :

  • « Le coup de savate au tibia [hacking] est un aspect essentiel du vrai football. Si vous l’enlevez des règles, alors vous éliminerez de ce sport toute notion de courage et de bravoure. »
  • Les dirigeants de Blackheath FC, en minorité, s’inclineront et, avec une vingtaine d’autres clubs, iront créer leur propre sport : le rugby (la Rugby Football Union – fédé anglaise du rugby à XV – sera fondée en 1871).
  • Parallélement, la Football Association se dote d’un réglement intérieur, 9 règles qui tiennent en quelques lignes (plus de 600 pages aujourd’hui pour le FA rulebook, Lois du jeu comprises !).
  • Après vingt ans d’atermoiements, plus de temps à perdre et le premier match disputé suivant les nouvelles règles se déroule onze jours après l’établissement des Lois du jeu, le 19 décembre 1863 : 0-0 entre Richmond et Barnes (le club d’Ebenezer Cobb Morley, qui dispute le match [8]).

Ces nouvelles règles stimulèrent l’esprit compétitif et nombre de clubs se créa dans la foulée.

Parmi les plus connus :

  • Notts County en 1862 – mais date très controversée, décembre 1864 selon Keith Warsop, historien des Magpies -,
  • Stoke City 1863, Wrexham FC 1864, Nottingham Forest 1865, Chesterfield FC 1866, Sheffield Wednesday 1867.
  • Les premiers vrais derbys purent avoir lieu, notamment entre Notts County et Forest (le tout premier étant bien sûr Hallam FC v Sheffield FC, disputé pour la première fois le 26 décembre 1860 et récemment ici. Hallam qui a recruté gros cet été, enregistrant l’arrivée de… Chris Waddle, ci-dessous – il habite dans le coin depuis 20 ans).

Modifications et évolutions

Jusqu’à la fin du XIXè siècle, les modifications et ajouts seront nombreux (L’IFAB est créée en 1882).

Parmi les plus significatifs :

  • 1865 : une bande/corde doit être installée entre les deux poteaux, à une hauteur de 8 pieds (2,44 m). La barre transversale, d’abord en bois, ne se généralisera qu’à partir du début des années 1880 (rendue obligatoire en 1882). Avant 1863, si la longueur avait déjà été fixée à huit yards, aucune hauteur n’était spécifiée ! (Francis Jeffers aurait adoré).
  • 1866 : la passe vers l’avant est autorisée et un vrai hors-jeu est introduit : un joueur est désormais hors-jeu s’il y a moins de trois joueurs entre lui et la ligne de but adverse. Ce bouleversement va favoriser le lent essor d’un embryon de jeu de passe, technique alors inexistante.
  • 1867 : le nombre de joueurs est fixé à 11 par équipe (pourquoi 11 ? Voir [9]).
  • 1869 : le coup de pied de but (goal kick) est introduit, mais comme le marquage du terrain n’existe pas encore (dessin 1863), on place le ballon un peu vaguement devant le but. Ce n’est qu’en 1891 qu’un marquage clair est introduit et il faudra attendre 1902 pour voir apparaître un marquage tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec l’ajout du « D » à la surface de réparation en 1937. Dans ce superbe clip de 1901 (Newcastle-Liverpool), on voit bien – à 1 minute – que la surface de réparation était arrondie, un peu comme au handball aujourd’hui. Un an plus tard, elle sera totalement redessinée.
  • 1871 : la position de gardien est officiellement reconnue par la FA et lui seul peut désormais toucher le ballon avec les mains.
  • 1872 : le corner (semblable à aujourd’hui) remplace le « corner » exécuté jusqu’alors comme un coup-franc et tiré à 15 yards de la ligne de but, là où le ballon était sorti.
  • 1873 : la règle du hors-jeu est modifiée : le hors-jeu est signalé au départ du ballon et non plus à son arrivée.
  •  1874 : Sam Widdowson, cricketteur et footballeur puis arbitre, invente les protège-tibias, qui rentreront dans les lois du jeu bien plus tard (accessoirement, ce futur international anglais et arbitre développa aussi la formation 2-3-5, dite « pyramide » ; ce sera le dispositif standard des années 1890 à la Seconde guerre mondiale, avec quelques variantes parfois).
  • 1877 : la durée de match est fixée à 90 minutes.
  • 1878 : l’arbitre peut utiliser un sifflet. Avant, c’était armé d’un mouchoir blanc qu’il tentait de se signaler aux joueurs…
  • 1891 (année charnière pour les lois du jeu, car professionnalisation en 1885 et création de la Football League à 12 clubs en 1888, les choses très sérieuses commencent donc) : la direction du match par un seul arbitre officiel de terrain devient obligatoire et la fonction de juge de ligne est créée (la présence d’un umpire – nom emprunté au cricket – était cependant habituelle depuis les années 1870, c’était même souvent deux arbitres qui se partageaient le terrain, avec parfois un arbitre « général » sur la ligne de touche. Pré-1885, le football était amateur et en l’absence d’un arbitre, c’est souvent le fair-play cher aux Victoriens – hormis les ancêtres de Lee Dixon – qui prévalait. Le cas échéant, les deux capitaines tranchaient).
  • 1891 : le pénalty, sans doute emprunté au rugby, est introduit en juin (on pouvait le tirer n’importe où de la ligne des 12 yards) après un incident lors d’un ¼ de finale de FA Cup où un défenseur toucha le ballon sur la ligne de but. Un coup-franc fut accordé – sur la ligne de but donc – que le gardien bloqua évidemment facilement. cet incident déclencha une telle controverse que les lois du jeu furent changées. Le tireur peut alors toucher le ballon plusieurs fois (beaucoup s’avancent vers le but et fusillent le gardien à bout portant). Un an plus tard, il est interdit au tireur de toucher le ballon une seconde fois (mais il est permis de le tirer à deux, si possible avec plus de succès que le duo Pirès-Henry).
  • 1891 : les filets de but sont rendus obligatoires en septembre après des essais concluants la saison précédente. Le premier joueur à les faire trembler en match officiel est Fred Geary d’Everton (le premier grand avant-centre Toffee) contre Notts County en janvier 1892.
  • 1891 : le temps additionnel est introduit, après un incident lors d’un Aston Villa-Stoke City. A l’avant-dernière minute du match, alors que Villa mène 1-0, l’arbitre accord un pénalty à Stoke. Le gardien de Villa balance alors le (seul) ballon hors du stade pour empêcher les adversaires de récupérer le ballon à temps. Stratagème réussi, l’arbitre est obligé de siffler la fin du match à la 90è minute. Cet acte antisportif fut considéré comme une injustice terrible et les règles furent modifiées (comme quoi les embrouilles impliquant Stoke ne datent pas d’hier). Si les lois du jeu ont bien changé depuis 1863, il n’en reste pas moins que l’élan insufflé par quelques mordus il y a 150 ans a largement façonné le football moderne. Un sport qui mit cinquante ans avant de décoller, et ne prit son envol que grâce à un livret de dix pages vendu 1 shilling et 6 pence. Un minuscule bouquin à 7 centimes d’euros qui changea notre monde.

Détails des données

[1] Entre-temps, quelques semaines avant le meeting du 26 octobre, nos amis de Cambridge University (qui ne lâchent pas facilement le morceau !) ont fait publier dans la presse une troisième proposition des règles du jeu. C’est donc la cinquième codification depuis la première en 1848 (Cambridge 1848, Cambridge 1856, Sheffield 1858, Uppingham 1862, Cambridge 1863) et s’inscrit dans cette filiation qui a abouti à l’élaboration des Lois du jeu d’aujourd’hui.

[2] Seul le club amateur londonien du Civil Service FC (alors appelé War Office) existe toujours.

[3] Les lois du jeu ne seront pas discutées lors du premier meeting qui se borne à créer la fédération ainsi que ses statuts intérieurs, les 9 « Rules of the Football Association » (seule fédération qui ne précise pas sa nationalité car première du genre, on était alors loin de se douter que 208 autres suivraient !). La terminologie du jeu est aussi clairement définie (place kick, fair catch, hacking, free kick, tripping, etc.).

Au cours des réunions suivantes, il sera décidé que ce nouveau sport s’appellera officiellement « association football » pour le différencier de sa forme la plus dure que ses défenseurs (rugbymen) veulent désigner officiellement « rugby football » ainsi que de toute autre forme de football (dans le sens « jeu de ballon hybride main/pied »). Voici le registre (d’une valeur de 2,5M £) où furent consignées les minutes des premières réunions de la FA et d’autres données, actuellement exposé à la British Library.

[4] Le manuscrit des Rules of Association Football de 1863 est exposé au National Football Museum de Manchester, ici.

[5] La traduction de projecting nail par « écarte-narines » – règle 13 – étant notamment fort intrigante !

[6] Le place kick est alors une sorte de remise en jeu (« a kick at the ball while it is on the ground in any position which the kicker may choose to place it » étant la definition officielle de l’époque). Dans le contexte de la règle 2, ce place kick devient le coup d’envoi.

[7] Le terme fair catch est traduit dans le wiki français par « arrêt de volée » mais cette traduction peut induire en erreur. Voici la définition officielle telle qu’elle figure dans le livre The Rules of Association Football 1863 sus-cité :

« A Fair Catch is when the ball is caught after it has touched the person of an adversary or has been kicked or knocked on by an adversary, and before it has touched the ground or one of the side catching it; but if the ball is kicked from behind the goal line, a fair catch cannot be made. ».

Afin d’éviter toute confusion, il convient donc de préciser que :

  • a) la position de gardien n’existait pas en 1863 (le terme fut officiellement introduit dans les règles en 1871 par la FA), il ne s’agissait donc pas d’un arrêt mais plutôt d’une prise ou réception de balle.
  • b) jusqu’en 1871, l’usage des mains était permis mais se limitait à une « réception franche » (fair catch) : on pouvait passer le ballon avec la main mais « à condition qu’il soit réceptionné franchement ou au premier rebond par un coéquipier ».

L’usage de la main sera définitivement proscrit en 1871, date de l’introduction du terme goalkeeper dans les lois du jeu publiées par la FA.

[8] Un match Barnes-Richmond était prévu le 19 décembre prochain dans le cadre des commémorations de ce 150è anniversaire mais aucun de ces clubs n’existant, la FA a organisé un match dans le parc de Buckingham Palace entre un club formé en 1875 (Polytechnic FC) et le seul club présent lors des réunions de 1863 et encore existant, le Civil Service FC – voir [1].

[9] Deux théories coexistent :

  • a) les dortoirs des public schools étaient souvent organisés en chambres de 11 ou de 10 + 1 surveillant
  • b) le foot a imité le cricket qui se joue à 11

L’hypothèse b) semble plus plausible car on ne jouait pas à 11 dans les public schools prè-1860 mais à 10, 12, 16, 20 joueurs ou plus (il semble cependant qu’on joua souvent à 11 à Eton, dès le début des années 1840), cela dépendait en fait de la longueur très variable du terrain (parfois 300 mètres de long). Il a été dit que le chiffre initial fut de 10 et qu’en ajoutant le gardien, on arriva à 11. Peu probable, car quand le chiffre de 11 devint la norme, au tout début des années 1860, le poste de gardien n’existait pas. Un autre élément tendrait à favoriser b) : le fait que le football s’inspira du cricket pour l’établissement et l’unification de règles communes ; or, le cricket était très pratiqué dans les public schools dont étaient issus tous les fondateurs de la Football Association (sauf les deux principaux, Morley et Pember).

La réponse se trouve probablement dans une combinaison de a) et b) : si le cricket adopta 11 joueurs à la fin du XVIIIè, c’était peut-être dû à l’organisation des dortoirs/chambrées des public schools.

Il y a 150 ans, le football naissait (1/2)

Il y a 150 ans, le football naissait (1/2)

Il y a 150 ans cette semaine, le lundi 26 octobre 1863, une poignée de passionnés se réunissaient dans un pub londonien, le Freemasons’ Tavern, pour fixer quelques règles communes de jeu. La première fédération de football au monde, la Football Association, était née et le football moderne avec. Si vous visitez Londres, ne cherchez pas le Freemasons’ Tavern, il n’existe plus(1) . Mais sa legacy est universelle : les premières lois du jeu du football y ont été édictées et la Football Association y fut créée. Parmi les hommes à l’origine de cette révolution, deux dirigeants de club jouèrent un rôle déterminant : Ebenezer Cobb Morley (ci-dessous, à gauche) et Arthur Pember. A ce titre, ces deux pionniers injustement méconnus sont considérés comme les deux principaux pères fondateurs du football(2) .

Une brève histoire de la FA e-c-morleypember

1830-1848 : l’élite scolaire prend les rênes

Avant les années 1830, et contrairement aux idées reçues, le football d’en bas existait bien, à une micro échelle (un jeu de balle, à tout le moins – on recense même un club créé en 1824 à l’université d’Edimbourg, The Foot-Ball Club [3]). Il s’était développé dès le 16è siècle parallèlement à la soule (appelée mob football ou folk football), ce combat de rue généralement considéré comme lointain parent du football (ou du hooliganisme, c’est selon) et perpétué avidemment en Angleterre lors des Mardi Gras turbulents (Shrove Tuesday) et jours fériés où les excès étaient de rigueur.

riToutefois, peu à peu, ce football allait s’éteindre (l’intensité de la révolution industrielle, ainsi que son dévorant besoin d’espace, lui portant notamment un coup fatal) et ce sont les universités et Public Schools, ces écoles privées réservées à l’élite et propriétaires de vastes domaines, qui reprennent le flambeau pour résusciter l’agonisant au milieu du XIXè siècle. Un problème majeur se pose alors à ces jeunes gens élevés dans un esprit victorien très compétitif : chaque école a son propre code (fluctuant), ce qui rend les rencontres inter-scolaires impossibles. La solution est donc d’adopter des règles communes à tous. Si le principe est simple, son application s’avèrera autrement plus compliquée.

Un autre élément souvent occulté va favoriser l’éclosion d’une codification unifiée : la révolution industrielle. L’industrialisation effrénée du pays – qui entraîne des bouleversements si soudains et profonds que Friedrich Engels comparera la révolution industrielle britannique à la révolution française – s’accompagne d’un changement radical des mentalités. A mesure que la société se civilise, les classes dirigeantes, puis le peuple, tolèrent de moins en moins la brutalité de ce sport qui ressemble alors bien plus à une violente forme de rugby qu’au football. Les nombreuses pétitions qui exigeaient la disparition de la soule deux décennies auparavant – « trop moyenne-âgeuse » se scandalisait-on – sont remplacées par des voix s’élevant contre ce football sauvage pratiqué dans les public schools et universités.

1848 : les Cambridge Rules, ancêtres des lois du jeu

Le besoin d’uniformisation des règles se fait pressant et c’est de Cambridge que vont venir les prémices du salut. La célèbre cité universitaire est alors pionnière en matière sportive et une forme de football très viril est prisée des étudiants du cru depuis des centaines d’années. La légende locale veut que le notoire Oliver Cromwell, sorte de Napoléon anglais (toujours aussi haï en Ecosse et surtout en Irlande 400 ans après), ait été un brillant footballeur pendant son embryon d’études à Cambridge au début du XVIIè siècle. L’un des poumons verts de Cambridge est Parker’s Piece, une vaste étendue de dix hectares où se pratiquent toutes sortes d’activités depuis des siècles, parmi lesquelles le football occupe une place de choix (Parker’s Piece revendique régulièrement la paternité du football « moderne et organisé »).

webb-ellis-statueCe sont les dénommés Henry de Winton et John Charles Thring qui donnent les premiers l’impulsion pour une codification du football (JC Thring refera parler de lui, voir plus bas). En octobre 1848, au terme d’une réunion houleuse de huit heures à Trinity College, les Cambridge Rules [4] sont établies par quatorze étudiants de l’université issus de cinq lycées huppés (Eton, Harrow, Rugby, Shrewsbury et Winchester), chacun défendant le bien-fondé des règles de son alma mater.

Deux clans et philosophies de jeu s’opposent alors clairement : les anciens d’Eton College, partisans d’un football essentiellement pratiqué au pied (souvent appelé le dribbling game [5], développé vers 1845 et parfois joué à 11 v 11), et ceux de Rugby School, prestigieuse public school du centre du pays, défenseurs d’une version bien plus musclée du sport, un football rugbystique où l’utilisation des mains est généralisée (appelée le handling game, type de football que Rugby School codifia en août 1845, mais en interne seulement – ces 37 règles furent d’ailleurs publiées dans un livret intitulé « The Laws of Football played at Rugby School »).

Dans le compromis quelque peu boîteux qui émerge, c’est la vision policée des ex Etonians qui s’est imposée. Ces règles introduisent notamment une sorte de touche, les passes en avant (alors interdites), le coup de pied de but et un principe qui pose un jalon fondamental dans l’évolution formative du football : l’interdiction de courir ballon en main.

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1848-1862 : l’anarchie entraîne l’immobilisme

Las, en l’absence d’une instance nationale, une grande confusion règne et les Cambridge Rules tombent vite en désuétude, chaque établissement préférant conserver ses traditions, forcément meilleures que celles du voisin. Parfois, comme à Rugby School, les règles varient même d’une classe ou d’un groupe d’âge à l’autre… Certaines pratiques en vigueur sont déroutantes et l’inexistence d’un semblant de norme est problématique, même le ballon peut considérablement varier d’un endroit à l’autre (question taille, poids ou même forme). A Winchester School, les deux poteaux de buts doivent obligatoirement être… des joueurs. A Charterhouse School, les cloîtres servent de terrain et les piliers de buts. A Eton, Nottingham et autour de Sheffield, on peut scorer un « rouge » (le terme vient du hockey sur gazon, alors à la mode), un croisement complexe entre essai de rugby, corner et but (tout en sachant que le but peut s’étendre sur toute la largeur du terrain !).

chForce est de constater que la période 1848-1862, après avoir beaucoup promis, a engendré l’immobilisme, voire la régression (les débats animés ayant ravivé quelques vieilles rancoeurs et fait naître de nouvelles). Un facteur explique cette inertie : les rapports entre écoles sont sous-tendus par de profonds préjugés et antagonismes. Eton prend Rugby de haut et considère leur rugueux football comme « vulgaire », tandis que Rugby juge celui d’Eton « efféminé ».

Un snobisme de caste envenime les relations entre établissements. Les plus historiques et prestigieux, tels Eton ou Westminster, voient d’un mauvais oeil l’ascension d’écoles récemment créées qui, conjecturent-ils, cherchent simplement se faire un nom. Certains membres de la vieille garde refusent même d’affronter ces « arrivistes », ne considérant pas cet adversaire comme « de vrais gentlemen ». Ces rivalités hautaines et stériles vont stopper la progression du football, au moment où l’élaboration des Cambridge Rules aurait dû le faire décoller.

1862 : les prémices du schisme football-rugby

La standardisation des règles s’annonce d’autant plus difficile que, reflet de la révolution industrielle, de robustes régionalismes apparaissent, surtout dans le nord du pays, à la fois berceau de cette révolution et de l’essor du football (logique, puisque son développement est lié à la révolution industrielle).

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 En octobre 1858, les Sheffield Rules sont créées (ci-dessus – officiellement nommées Rules, Regulations & Laws of the Sheffield Foot-Ball Club). Inspirées des Cambridge Rules, elles seront progressivement modifiées et utilisées dans un vaste rayon autour de Sheffield jusqu’en 1877, coexistant avec les règles établies par la FA en 1863.

En mars 1867, Sheffield crééra même sa propre fédération, la Sheffield Football Association, mais rentrera dans le rang dix ans plus tard (le seul exemplaire existant des Sheffield Rules, et qui appartenait à Sheffield FC, le plus vieux club au monde toujours en activité, a été vendu 881 250 £ aux enchères par Sotheby’s en 2011 – voir clip. Un tournoi, disputé selon les Sheffield Rules, s’est récemment déroulé à Sheffield).

FA-photoEn 1862, une version réactualisée des Cambridge Rules est élaborée par… John Charles Thring, le principal co-initiateur des Cambridge Rules 1848 et désormais enseignant à Uppingham School, une école progressiste qui a épousé avec enthousiasme les idéaux victoriens d’effort physique salutaire pour le corps et l’esprit. L’activité sportive, devenue synonyme d’ordre et de discipline, est alors en vogue mais doit désormais s’exercer dans un cadre structurant (c’est l’ère de la « masculinité victorienne »).

Ces nouvelles Uppingham Rules, appelées également « The Simplest Game » et similaires aux Cambridge Rules, réitèrent plusieurs points essentiels de 1848 en restreignant leur portée : l’interdiction de faire des crocs-en-jambe, de mettre des coups et d’utiliser ses mains hormis pour arrêter le ballon et le poser devant soi (avant de continuer l’action). Les footballeurs de Rugby et d’ailleurs qui militent pour un football rentre-dedans accusent le coup.

La situation semble donc se débloquer et c’est cette période favorable que choisit un certain Ebenezer Cobb Morley pour entrer en jeu. Mais pour convaincre les footeux pro-rugby que leur version du sport est moche et archaïque, ce bon Ebenezer va devoir entrer tête la première dans la mélée…

 

Détails des données

[1] Enfin si, mais plus dans son jus. Le superbe Freemasons’ Tavern, ancien QG art déco des francs-maçons anglais, fut transformé et rebaptisé Connaught Rooms en 1905, en l’honneur du Duke de Connaught, l’un des fils de la Reine Victoria. Ce lieu mythique situé tout près de Covent Garden est aujourd’hui le Grand Connaught Rooms, un centre réputé de réunions/galas/soirées/événementiel (qui compte parmi ses clients réguliers nombre d’acteurs du foot et sport anglais, dont la FA, la Football Supporters’ Federation, la Football Writers’ Assciation, la Sports Journalists’ Association, etc.). Samedi 26, la FA célèbrera le 150è anniversaire au Grand Connaught.

[2] Les frères Alcock (Charles et John), fils d’un riche armateur de Sunderland, jouèrent également un rôle clé dans le développement du football. Charles Alcock est notamment le fondateur des fameux Wanderers FC, sud de Londres – cinq fois vainqueur de la FA Cup – et surtout le créateur de la Football Association Challenge Cup (FA Cup), dont la première édition se déroula en 1871-72. Une version bien différente d’aujourd’hui : seuls 15 clubs y participèrent, tous londoniens ou région – sauf Queen’s Park FC, Glasgow – et 15 matchs furent disputés seulement. Wanderers FC remporta la première finale, devant 2 000 spectateurs et fut dissous en 1887 puis refondé en 2009. Ils évoluent en D12 et, avec 5 FA Cups dans leur trophy cabinet, possèdent probablement le plus beau palmarès au monde pour un club de quartier ! Par ailleurs, la FA a retrouvé quelques descendants des huit pères fondateurs et une cérémonie a eu lieu hier (21 octobre) en leur honneur à Wembley.

[3] Club créé par un étudiant, John Hope, et qui peut légitimement revendiquer le titre de premier club « structuré » au monde, même s’il n’exista que 17 ans. Ce club avait établi ses propres règles et compta jusqu’à 80 licenciés. Sheffield FC (actuellement en D8), est le plus vieux club non scolaire au monde, fondé en 1857 par des cricketters qui s’ennuyaient l’hiver venu (le cricket ne se pratique que d’avril à septembre en Angleterre – thank God serait-on tenté d’ajouter).

[4] Il ne reste malheureusement aucune trace écrite des Cambridge Rules, seule subsiste une version révisée datant approximativement de 1856. Elle est conservée à la bibliothèque de Shrewsbury School, lycée des deux instigateurs des Cambridge Rules, Henry de Winton et John Charles Thring.

[5] Dribbling = conduite de balle, dans ce sens (ce terme signifie aussi « technique de dribble » bien entendu). Ni tactique ni positionnement n’existait vers 1850-1860 (même jusqu’au début des années 1880 en Angleterre, au contraire de l’Ecosse, bien plus avancée dans ce domaine), le modus operandi consistant le plus souvent à balancer le « ballon » devant [une vessie de boeuf ou cochon] et courir en masse derrière. Quand un joueur parvenait à contrôler le ballon et filer vers le but, ses coéquipiers l’entouraient pour le protéger des brutalités.

Eton College et Harrow, où le dribbling game a été développé, souhaitaient voir émerger un football moins primitif et violent, avec peu de jeu à la main et basé sur la conduite de balle, mais pas encore sur la passe (passer en avant était interdit et passer latéralement ou en arrière était rare). Sans trop entrer dans les détails, la passe n’arrivera véritablement en Angleterre qu’au début des années 1880 grâce aux Ecossais (même si quelques clubs anglais, tel Sheffield FC, avaient réfléchi au problème avant QPFC et en particulier grâce au club avant-gardiste de Queen’s Park FC (Glasgow), tenant d’un amateurisme pur et dur – au point que certains de ses joueurs refusèrent des sélections nationales (tel l’Anglais JB McAlpine dans les années 1920). Une dizaine d’années avant tout le monde, QPFC utilisa des dispositifs de jeu révolutionnaires pour l’époque (fin des années 1870), notamment le 2-3-5 alors que les clubs (anglais surtout), si d’aventure ils utilisaient un semblant de schéma tactique, jouaient en 2-2-6. Le 2-3-5 se généralisera à partir des années 1890. Quand les clubs anglais recrutèrent en masse des joueurs écossais, à partir de 1880, ces derniers introduisirent le jeu de passe en Angleterre.

Alors,

a) pourquoi les Anglais firent-ils venir des Ecossais ? et

b) Pourquoi les Anglais n’avaient-ils pas développé le passing game ?

  • a) Parce que les Ecossais, qui maîtrisaient le jeu de passe, étaient meilleurs que les Anglais et les clubs anglais les payaient généreusement, même avant la professionnalisation en 1885. Le football ne fut professionnalisé qu’en 1893 en Ecosse et dès l’essor du sport en Angleterre à partir des années 1880, beaucoup d’Ecossais irent jouer chez le voisin anglais, surtout dans le Nord. Le surnom du club de Queen’s Park FC, The Spiders, est tiré du jeu de passe « en toile d’araignée », cette toile qu’ils tissaient pour étouffer leurs adversaires (une autre version plausible et largement répandue sur l’origine de leur surnom existe – ici par exemple – mais il semblerait qu’elle ne soit pas avérée. Il convient toutefois d’être prudent avec ces versions, l’histoire du football vers 1870 se transmettant principalement de manière orale, surtout pour les questions de moindre importance comme le surnom).
  • b) Car la vieille garde, tenante d’un amateurisme pur et dur, considérait la passe comme un acte « lâche » et « contre l’esprit du jeu ». La professionnalisation et le fort apport de joueurs écossais feraient vite disparaître ces idées victoriennes faussement nobles.

Soule (sport)

Soule (sport)

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La soule (ou chôle en picard) est un jeu traditionnel pratiqué sous l’ancien régime principalement en France. Ancêtre présumé du football et du rugby, il se rapproche de ce dernier, si ce n’est que les deux équipes ont souvent un même en but (un lieu-dit, une mare), que leur composition n’a pas de limites définies (à l’origine les équipes étaient constituées de tous les hommes valides de deux ou plusieurs villages/ mariés contre non mariés quand la choule était jetée par la dernière mariée de l’année). Le manque de règle définie et l’exode rural ont contribué à son déclin avant une résurrection récente soit dans un cadre purement traditionnel en Picardie, soit avec des règles précises avec compétitions scolaires ou non en Normandie.

Ce jeu est le sujet d’un film homonyme, La Soule, de Michel Sibra (1989), avec Richard Bohringer et Christophe Malavoy.Le jeu de nos jours est joué par les Scouts, mais nommé « Sioul » avec deux équipes et deux bases.

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Étymologie et Description

D’un mot bas francique de la famille du germ. *keula- « cavité, voûte; objet rond », se prononçant choule en Normandie septentrionale (sur la base de règles modernisées) et en Picardie (pratique traditionnelle), la soule est de nouveau pratiquée très régulièrement dans ces deux régions, y compris avec des crosses surtout en Normandie, où les derniers témoignages antérieurs à une résurrection depuis 2001, remontaient à la Seconde Guerre mondiale dans le Cotentin.

Des liens importants existent avec des sports anciens romains (harpastum, puis calcio florentin en Italie du Quattrocento), scandinaves (knattleikr, cf. les sagas) ou avec le hurling et le football gaélique irlandais (il vit une renaissance depuis le début du XXe siècle), le shinty écossais, mais aussi avec des sports plus modernes ou moins traditionnels : les footballs américain et australien, la crosse canadienne (jouée à l’origine par les Amérindiens mélangeant sans doute leur jeu avec celui des colons), et même un jeu traditionnel avec les crosses au Chili, mais aussi en Tunisie et en Croatie. Sport essentiellement joué lors des fêtes des saints patrons et à l’époque de carnaval.

Historique

  • À l’origine, la soule est jouée par les classes basses (voir chronologie du sport au Haut Moyen Âge (Ve-XIIe siècles)). C’est le pendant pour la piétaille du tournoi des chevaliers.
  • 1066. Guillaume le Conquérant prend pied en Angleterre. Introduction probable de la soule normando-picarde outre-Manche.
  • 1174-1177. Première mention écrite de la soule ou choule en France. Le jeu oppose deux équipes (hommes de la ville à ceux de la campagne, mariés du village contre célibataires, paysans contre marchands, deux corporations), qui se disputent un ballon (boule de bois, vessie de porcs remplie d’air, de paille, de son ou d’autres ingrédients) qu’il faut déposer dans un but (porche d’une église, ruine, mur, arbre, trou, poteau, entrée d’un bois). C’était certes viril, très viril même, mais tous les coups n’étaient pas permis, comme on le croit trop souvent. La soule, qui passe aujourd’hui pour brouillonne et violente, était en fait très codifiée et pas si barbare que les fameuses « lettres de rémission » le laissent entendre.
  • Les cas évoqués par ces sources sont tous, par définition, des affaires judiciaires, avec leurs cohortes de blessés et même de morts donnant, à tort, l’image d’une mêlée ultra violente. Comme le signalent ainsi nombre de plaignants, « ce n’est comme cela qu’on pratique la Soule ».
  • Le jeu est évoqué dans le roman de Renart : Li vilein qui sont à la çoule…
  • 1174. Publication en Angleterre de La Vie de saint Thomas Becket de William Fitzstephen qui mentionne la pratique courante des jeux de ballons outre-Manche (soule/football).
  • Activité souvent violente, car dénuée de règles, elle est à maintes reprises, sur ordres d’autorités locales, voire par édits royaux, compromise, puis interdite par Philippe V en 1319 et Charles V en 1369, qui menacent son succès.
  • Très populaire à la Renaissance9. La pratique semble diminuer ensuite régulièrement jusqu’au XIXe siècle.
  • Beaucoup de témoignages au XIXe siècle (fêtes patronales, mariages, départ de la dernière mariée de l’année, carnaval).
  • Malgré les interdictions au milieu du XIXe, le jeu perdurera assez fortement, en cachette, essentiellement en Picardie, Normandie, Bretagne jusqu’en 1913, puis dans une moindre mesure ensuite pour s’éteindre à de rares exceptions près, dans le courant de la seconde guerre mondiale.
  • On assiste à une renaissance actuelle, essentiellement en Normandie et plus particulièrement dans le Cotentin, dans le Bessin, le Pays de Caux et dans l’Eure (2008 : 80 parties environ, avec ou sans crosses).
  • Aujourd’hui il est toujours pratiqué de façon assez importante en Normandie (avec des règles précises et une ligue veillant à leur respect que ce soit avec ou sans crosse), un peu en Picardie et très sporadiquement ailleurs, c’est aussi un jeu répandu chez les Scouts lors de grands rassemblements. Il est parfois nommé sioule. Il est cependant à noter qu’il est, de par son caractère potentiellement dangereux, aujourd’hui interdit dans plusieurs associations reconnues par la fédération du scoutisme français, comme chez les Scouts et Guides de France. Ce jeu reste néanmoins toléré dans d’autres mouvements scouts, comme les Guides et Scouts d’Europe ou les Scouts Unitaires de France.

joueursoulenormandiestpierre

La règle du jeu

En territoire normand

En Normandie des règles ont été écrites depuis 2001 et sont suivies actuellement que ce soit pour le jeu avec ou sans crosses (environ 70 parties par an avec ou sans crosses). La balle est à présent en mousse entourée de cuir avec une anse pour le lancer et pour ramasser la balle à terre.

Grande Choule (sans crosse)

le jeu se déroule en 2 phases.

  • 1.Une au pied exclusivement, où deux joueurs de chaque équipe (de 5 à 10 joueurs) doivent ramener la choule dans leur camp pour démarrer la seconde phase.
  • 2.Une à la main et au pied : L’équipe qui a récupéré la choule peut avancer jusqu’à la moitié du terrain et aller « noyer » la choule dans la « mare » adverse symbolisée par un rectangle de 2 mètres sur 1,50 mètre environ, surmontée d’un piquet de 1,5 m minimum avec un drapeau. Il suffit que la balle touche la mare une fois pour compter un point, elle peut donc également être lancée au pied si besoin.
  • L’arbitre est juge des sorties de terrain, des « tenues  » de balle, de la correction des oppositions et des points marqués ou non. Il peut exclure un joueur. La partie se joue soit sur 5 « mares » soit sur deux mi-temps de 15 minutes.
  • L’autre équipe l’en empêche et tente de récupérer la balle. Les placages ne sont pas permis. Le joueur bloqué avec la balle doit s’en débarrasser dans les 3 secondes. Les passes en avant sont autorisées et même nécessaires, notamment sur les longues distances, grâce à une anse en corde cousue dans la choule. On peut également bloquer un joueur sans la balle.

Choule à la crosse :

  • Deux équipes (3 joueurs à 4 joueurs + 1 ou 2 remplaçants) doivent passer la choule avec une crosse à l’intérieur d’un but appelé « viquet » par devant ou par derrière ou encore faire tomber la barre transversale (2 points au lieu d’un, si la barre est touchée directement et tombe).
  • La progression de la balle se fait au pied et à la crosse.
  • La mise en jeu se fait par le lancer de la balle en l’air entre les deux capitaines.
  • La balle sera jouée par eux en premier une fois à terre.
  • Si l’on joue au pied le coup suivant doit être joué à la crosse quelle que soit l’équipe qui joue le coup.
  • Un joueur peut prendre la balle à la main (s’il n’y a personne à moins d’un mètre) et frapper la balle en l’air avec la crosse.
  • On peut progresser en jonglant avec la balle sur la crosse.
  • Les joueurs peuvent se « chouler » ou se « locher » c’est-à-dire se bousculer, et même se faire tomber.
  • L’arbitre doit rappeler avant la rencontre les conditions de ce droit.
  • Si la balle passe au pied dans le viquet le point n’est pas gagné mais un joueur peut la frapper pour marquer.
  • Quand la balle sort du terrain la remise en jeu s’effectue au pied ou à la main. S
  • i la défense fait tomber le viquet (hors choulage) cela donne un point à l’adversaire ou le choix de tirer à une distance de 3 mètres pour faire tomber la barre du haut avec la balle et obtenir ainsi 2 points (tir sans gardien).
  • Après un but la remise en jeu s’effectue à un mètre devant le viquet au pied ou en frappant avec la crosse à terre ou en l’air.

Champion de Normandie 2014 de Choule à la Crosse: VALLEE DE LA RISLE-LA CHOUQUE Vainqueur de la coupe de Normandie 2014: EXO NourMaundie Choule (expatriés et joueurs sans équipe) Le Championnat 2014 s’est déroulé de mi-mars à mi-juin / Tournois d’Hiver en salle (de novembre à fin mars) Novembre 2014 Le Havre/ mars 2015 Sandouville) / Tournoi d’automne 2015 = BERNAY 29 / 11 après midi au plateau sportif et gymnase MArie Curie. La Coupe de Normandie se déroule un dimanche entre mi avril et le 2e dimanche de mai (La Haye de Routot, Eure, terrains de choule) l’après midi (en même temps sur le site : autres jeux régionaux, collation et grande choule finale). En 2016 ce sera le ⇒ DIMANCHE 17 AVRIL La Haye de Routot En 2016 se tiendront les cousinades Gilles de Gouberville(grand chouleur de la Renaissance) les 11 et 12 JUIN au château des Ravalet à Tourlaville (Manche)et des parties de choules seront organisées, notamment certaines en costume d’époque.

Équipes 2015 engagées: Bessin choule Klub, Choule Hâot Cotentin, Vallée de la Risle, Exo Normaundie Choule (expatriés), Bernay, Pointe de Caux…

Les équipes normandes en 2013

Équipes actuelles :

  • Bayeux (Bessin choule Klub)
  • Vallée de la Risle (la Chouque)
  • Bocage Villedieu/ Vire (LBY)
  • choule Hâot Cotentin
  • Expatriés (Exo Nourmaundie choule)
  • Bernay Choule
  • Choule en Caux
  • les ar’moqueus da Rouen
  • CAEN CHOULE

Hors territoire normand

Hors territoire normand, la règle, avec de nombreuses variantes est établie ainsi:

  • Se joue sur un terrain de superficie et de limites indéterminées.
  • De chaque extrémité du terrain, deux buts/bases sont marquées par un objet fixe.
  • La durée du jeu n’est également pas définie.
  • Les joueurs peuvent se mettre d’accord au préalable pour restreindre le terrain et la durée du jeu.
  • Ils peuvent se concerter aussi pour désigner un arbitre dont le seul but est de donner le coup d’envoi et d’arrêter le jeu en cas d’accident sur le terrain.
  • Les deux équipes s’affrontent pour se saisir du ballon, plus généralement d’une pelote de chiffon ou vêtement de la grosseur d’un ballon de rugby. Le but est de marquer le but en touchant avec le ballon la base de la partie adverse.
  • Le reste du jeu est libre et permet tous les coups bas, à moins qu’ils ne soient prohibés.
  • Le point délicat de ce jeu éprouvant est de contenir sa violence afin de limiter la casse.

Le Calcio florentin (ou Calcio Storico), sport d’équipe et de combat encore pratiqué de nos jours à Florence en Italie, est une variante de la soule/Choule.

Formes modernes

On assiste à sa renaissance actuelle en Normandie, sous le terme de « Grande Choule » et de « Choule crosse » sur la base de règles évitant la violence et mélangeant un jeu au pied et un jeu à la main. On joue également dans cette région à la « choule à la crosse ». C’est un sport spectaculaire également, mélangeant le jeu à la crosse (balle à terre, balle soulevée ou balle frappée en l’air) et au pied. La balle doit passer dans le but ou « viquet », par n’importe quel côté ou bien renverser celui-ci. Les joueurs peuvent se bousculer (se chouler). La Coupe de Normandie a lieu le 1er dimanche de mai à La Haye de Routot dans l’Eure). Il existe également des compétitions scolaires (UNSS, et intra collèges), et une ligue officielle se met en place en 2013.

Palmarès récent :

Tournoi automne 2012 :

  • Vainqueurs Exo Nourmaundie Choule (expatriés)

Coupe de Normandie 2013 :

  • Vainqueurs Vallée de la Risle
  • 2e Exo Nourmaundie Choule » (expatriés)

Coupe de Normandie 2014 :

  • Vainqueurs « Exo Nourmaundie Choule (expatriés)
  • 2e Vallée de la Risle

Coupe de Normandie 2015 :

  • vainqueur Vallée de la Risle/ La Chouque
  • 2 eme « Exo Nourmaundie Choule (expatriés)

Championnat de Normandie 2013 : Vainqueurs Choule Hâot Cotentin

  • 2e Vallée de la Risle
  • 3e Exo Nourmaundie Choule (expatriés)
  • 4e Bocage Vire/Villedieu-les-Poêles
  • 5e Bessin choule klub.

Mais la survie de ce jeu ancestral est aussi due au scoutisme. Les différents mouvements du scoutisme français (cf. Portail du scoutisme) en ont fait leur sport quasi officiel. Il n’y a pas de règles officielles, mais l’esprit scout impose une non-violence et un respect de l’équipe adverse. Au son de la corne, les deux équipes (plus ou moins équilibrées) se disputent la balle (un ballon de rugby) afin de la loger, comme au rugby, dans les buts adverses (plus ou moins définis).

Dérivés

La Soule normande, devenue Soule Royale, est un jeu pratiqué par les joueurs du jeu en ligne Les Royaumes Renaissants. Elle fait s’affronter, sur forum, deux équipes de 11 joueurs devant pousser la soule dans le but adverse, avec possibilité de mettre K.O. les adversaires.

Images liées:

Les débuts du football 1835-1870

Débuts du football

Chronologie et Histoire du football.

Les débuts du football recouvrent une période où le jeu de football construit son règlement et son environnement. Les premiers clubs, coupes, championnats, fédérations et supporteurs apparaissent à cette période.

Le présent article détaille les éléments historiques notables de l’histoire du football entre 1835 et 1870.

Années 1830

1835

  • Highway Act en Grande-Bretagne qui interdit la pratique du football dans les rues. Ce « folk football » est déjà pratiqué depuis quelques années par des Public Schools comme Eton depuis 1747, Westminster depuis 1749, Rugby, Harrow, Charterhouse, Shrewsbury ou Winchester lors de la morte saison: l’hiver. Cricket, athlétisme et aviron occupent en effet déjà le calendrier des premiers beaux jours du printemps aux derniers beaux jours de l’automne. À noter que les élèves des universités anglaises avaient déjà tenté d’y introduire le football. Au XVIe siècle, ainsi, Oxford interdit la pratique du football (1555), tandis que Cambridge le bannit en 1574.

Années 1840

1848

  • Octobre : après plus de sept heures de débats entre les représentants de plusieurs établissements scolaires de Cambridge, les « Cambridge Rules » sont édictées. C’est la première tentative d’unification des différents codes. Il faudra encore attendre un demi-siècle avant de parvenir à cette unification…

1849

  • À Cheltenham, on décide que les capitaines désigneraient les « umpires », ces derniers devant s’entendre pour nommer un « referee ». Les umpires, un dans chaque camp, restent sur le terrain, tandis que le referee est installé dans la tribune. Si les umpires ne peuvent tomber d’accord sur une décision, c’est le referee qui tranche.

Années 1850

1857

  • 24 octobre : fondation du Sheffield Club, premier club non scolaire

Années 1860

1860

  • Fondation du Lausanne Football and Cricket Club, premier club en dehors de l’Angleterre.

1860 à 1880

  • Le passage du « dribbling game » au « passing game » constitue une véritable révolution. À l’origine, le football est très individualiste. Les joueurs, tous attaquants, se ruent vers le but ballon au pied, c’est-à-dire en enchaînant les dribbles. C’est le « dribbling ». Comme Michel Platini aimait le rappeler: « le ballon ira toujours plus vite que le joueur ». C’est sur ce principe simple qu’est construit le « passing game »… et le football ! Cette innovation apparaît à la fin des années 1860 et s’impose dans les années 1880. Dès la fin dès années 1860, des matches entre Londres et Sheffield auraient introduit le « passing » au Nord. C’est la version du vénérable Charles Alcock, qui situe en 1883 la première vraie démonstration de « passing » à Londres par le Blackburn Olympic. Entre ces deux dates, la nouvelle façon de jouer trouve refuge en Écosse.

1862

  • J.C. Thring, maître assistant à l’Uppingham School, publie un code de football en 10 lois intitulé « The simplest game » (le jeu le plus simple). Thring s’inspire très largement des « Cambridge Rules ». Cette publication relance la réflexion sur les lois du jeu, très différentes d’une école à l’autre, au sein d’une même université… Les rencontres sont toujours problématiques car chaque équipe veut jouer selon « ses » règles.

1863

  • 26 octobre : fondation de la Football Association à la Freemason’s Tavern de Londres par les membres de onze clubs principalement londoniens.
  • 14 novembre : la FA adopte ses lois du jeu, largement inspirées par les Cambridge Rules et les lois de Thring. 14 lois du jeu qui interdisent notamment de donner des coups de pied aux joueurs – le « hacking », les crocs en jambe et de porter le ballon avec les mains.
  • 19 novembre : premier match disputé selon les règles de la FA. C’est un match qui se solde par un score vierge et qui laisse les observateurs perplexes.
  • 8 décembre : confirmation par 13 voix contre 4 de l’abolition du hacking et de tout usage des mains – et non seulement les portés. Blackheath refuse d’abandonner « ses » règles proches de celles de Rugby et quitte la FA. Blackheath sera à l’origine de la création de la Rugby football Union en 1871.

1867

  • 16 février : premier tour de la première compétition de football: la Youdan Cup. Elle rassemble 12 formations: Mechanics, Garrick, Hallam, Norfolk, Broomhall, Milton, Norton, Mackenzie, Heeley, Fir Vale, Pitsmoor et Wellington.
  • 5 mars : finale de la Youdan Cup à Bramall Lane. Hallam remporte la coupe d’argent mise en jeu par le sponsor Tommy Youdan en s’imposant 2-0 face à Norfolk.

1868

  • Février : finale de la Coupe organisée par la Sheffield FA (Cromwell Cup). Quatre clubs, seulement, y prennent part. Il faut en effet que le club soit localisé à Sheffield (Hallam, vainqueur 1867, était du Norfolk) et qu’il ait moins de deux ans d’âge. The Wednesday enlève le premier trophée de son histoire en s’imposant en finale face à Garrick devant 600 spectateurs à Bramall Lane.

1869

  • 6 novembre : selon la vulgate sportive américaine, cette date est marquée par la tenue du premier match de football américain universitaire. Rutgers s’impose 6-4 face au College of New Jersey (futur Princeton). Selon les recherches de l’historien Stephen Fox, ce match de « New York Ball » pourrait être un match de football (soccer). Princeton1 et la NFL2 admettent désormais cette version.

1870

  • Création du poste de gardien de but qui se distingue par le port d’une casquette. Ce dernier peut saisir la balle avec les mains.
  • 5 mars : match international non officiel entre l’Angleterre et l’Écosse à Londres (Kennington Oval): 0-0.

Naissances

1831

  • 15 novembre : Alexander Morten, footballeur anglais. († 24 février 1900).

1836

  • 30 mars : Edward Ernest Bowen, footballeur anglais. († 8 avril 1901).

1838

  • 1er mai : Francis Marindin, footballeur puis arbitre et dirigeant sportif anglais.
  • Président de la FAF de 1874 à 1879. († 21 avril 1900).

1841

  • 22 mars : James Kirkpatrick, footballeur écossais. († 10 novembre 1899).

1842

  • 2 décembre : Charles Alcock, footballeur puis dirigeant sportif anglais. († le 26 février 1907).

1846

  • 13 avril : William McGregor, dirigeant de football anglais. Président du club d’Aston Villa. († 20 décembre 1911).

1847

  • 16 février : Arthur Kinnaird, footballeur écossais. († 30 janvier 1923).
  • 22 février : Edgar Lubbock, footballeur anglais. († 9 septembre 1907).
  • 3 août : William Lindsay, footballeur anglais. († 15 février 1923).
  • 24 août : William Kenyon-Slaney, footballeur puis homme politique anglais. († 24 avril 1908).
  • 30 août : Morton Betts, footballeur anglais. († 19 avril 1914).
  • 8 novembre : Henry Holmes Stewart, footballeur écossais. († 20 mars 1937).

1848

  • 16 mai : Ernest Bambridge, footballeur anglais. († 16 octobre 1917).
  • 13 juillet : Albert Meysey-Thompson, footballeur anglais. († 20 mars 1894)
  • 6 août : Leonard Sidgwick Howell, footballeur anglais. († 7 septembre 1895).
  • 21 octobre : Julian Sturgis, footballeur américain. († 13 avril 1904).

1849

  • 28 mars : Reginald Birkett, joueur de rugby et footballeur anglais. († 30 juin 1898).
  • 22 juillet : Frederick Maddison, footballeur anglais. († 25 septembre 1907).
  • 31 juillet : Charles Wollaston, footballeur anglais. († 22 juin 1926).
  • 5 décembre : Charles Meysey-Thompson, footballeur anglais. († 11 septembre 1881).
  • 23 décembre : Robert Kingsford, footballeur anglais. († 14 octobre 1895).

1850

  • 14 mars : Francis Birley, footballeur anglais. († 1er août 1910).
  • 21 mars : John Hawley Edwards, footballeur anglais et gallois. († 14 janvier 1893).
  • 19 juillet : Cuthbert Ottaway, footballeur anglais. († 2 avril 1878).
  • 28 décembre : Thomas Hooman, footballeur anglais. († 22 septembre 1938).

1851

  • 21 juin : Frederick Green, footballeur anglais. († 6 juillet 1928).
  • 17 septembre : Thomas Hughes, footballeur anglais. († 10 août 1940).
  • 7 octobre : Alexander Bonsor, footballeur anglais. († 17 août 1907).
  • 17 octobre : Reginald Courtenay Welch, footballeur anglais. († 4 juin 1939).
  • 30 octobre : W. D. O. Greig, footballeur écossais. († 28 janvier 1942).

1852

  • 30 janvier : Hubert Heron, footballeur anglais. († 5 juin 1914).
  • 11 février : William Crake, footballeur anglais. († 1er décembre 1921).
  • 24 octobre : Charles Ashpitel Denton, footballeur anglais. († 28 septembre 1932).
  • 13 novembre : Jarvis Kenrick, footballeur anglais. († 29 janvier 1949).
  • ? : Billy MacKinnon, footballeur écossais. († 24 mai 1942).

1853

  • 3 septembre : Robert Vidal, footballeur anglais. († 5 novembre 1914).
  • 5 septembre : Alfred Stratford, footballeur anglais. († 2 mai 1914).
  • 21 septembre : Henry Wace, footballeur anglais. († 5 novembre 1947).
  • ? : Francis Heron, footballeur anglais. († 23 octobre 1914).
  • ? : Henry McNeil, footballeur écossais. († ? 1924).

1854

  • 25 janvier : Segar Bastard, footballeur puis arbitre anglais. († 20 mars 1921).
  • ? : John Wylie, footballeur anglais. († 30 juillet 1924).
  • ? : Charles Campbell, footballeur écossais. († avril 1927).
  • ? : Peter McNeil, footballeur écossais. († 30 mars 1901).

1855

  • 1er mars : George Ramsay, footballeur puis entraîneur écossais. († 7 octobre 1935).
  • 24 avril : Edward Hagarty Parry, footballeur anglais. († 19 juillet 1931).
  • 4 juillet : Francis Sparks, footballeur anglais. († 13 février 1934).
  • 12 août : John Smith, footballeur et joueur de rugby écossais. († 15 décembre 1937).
  • 29 octobre : Moses McNeil, footballeur écossais. († 9 avril 1938).
  • ? : John McPherson, footballeur écossais. († 14 mars 1934).

1856

  • 7 mai : William McBeath, footballeur écossais. († 15 juillet 1917).
  • 24 mai : Andrew Watson, footballeur écossais. († 8 mars 1921).
  • 27 mai : Tom Vallance, footballeur écossais. († 16 février 1935).

1857

  • 6 mars : Peter Campbell, footballeur écossais. († janvier 1883).
  • 23 juillet : Norman Bailey, footballeur anglais. († 13 janvier 1923).

1858

  • 13 novembre : Joseph Lindsay, footballeur écossais. († 12 octobre 1933).

1859

  • 29 avril : Rupert Anderson, footballeur anglais. († 23 décembre 1944).
  • 27 novembre : Henry Cursham, footballeur et joueur de cricket anglais. († 6 août 1941).

1860

  • 28 août : James McAulay, footballeur écossais. († 13 janvier 1943).
  • 21 décembre : John Rawlinson, footballeur anglais. († 14 janvier 1926).

1861

  • 12 mai : Walter Arnott, footballeur écossais. († 18 mai 1931).
  • ? : Harry Newbould, footballeur anglais. († ? août 1928).

1862

  • 31 juillet : James Brown, footballeur anglais. († 4 juillet 1922).
  • ? : James B. Niven, footballeur écossais. († ?).

1863

  • 18 mai : Matt McQueen, footballeur écossais. († 28 septembre 1944).
  • 20 septembre : Andrew Amos, footballeur anglais. († 2 octobre 1931).

1864

  • 13 avril : Albert Aldridge, footballeur anglais. († 22 juin 1891).
  • 17 septembre : Andrew Hannah, footballeur écossais. († 17 juin 1940).
  • ? : Dan Doyle, footballeur écossais. († ?).

1865

  • 18 mars : Frank Burton, footballeur anglais. († 10 février 1948).
  • 11 juin : John William Madden, footballeur puis entraîneur écossais. († 17 avril 1948).
  • 5 octobre : James Kelly, footballeur puis dirigeant de football écossais. († 20 février 1932).

1866

  • 28 mars : Jimmy Ross, footballeur écossais. († 12 juin 1902).
  • 11 décembre : Jack Southworth, footballeur anglais. († 16 octobre 1956).

1867

  • 1er avril : Albert Allen, footballeur anglais. († 13 octobre 1899).
  • 17 mai : James Spensley, footballeur puis entraîneur et arbitre anglais. († 10 novembre 1915).
  • 13 octobre : Miquel Valdés, footballeur et entrepreneur espagnol. († 5 mai 1951).

1868

  • 7 mars : James Zealley, footballeur anglais. († ? 1934).
  • 25 avril : Willie Maley, footballeur puis entraîneur écossais. († 2 avril 1958).
  • 19 juin : John McPherson, footballeur écossais. († 31 juillet 1926).
  • 1er décembre : Jack Angus, footballeur écossais. († ? 1933).
  • 27 décembre : William Quash, footballeur anglais. († 17 mai 1938).

1869

  • 27 janvier : Billy Bassett, footballeur anglais. († 9 avril 1937).
  • 14 juin : Edgar Chadwick, footballeur puis entraîneur anglais. († 14 février 1942)
  • 19 juillet : William Gosling, footballeur anglais. († 2 octobre 1952).
  • 20 septembre : Hugh Morgan, footballeur écossais. († ? décembre 1930).
  • 6 octobre : Jack Bell, footballeur puis entraîneur écossais. († ?).

1870

  • 24 janvier : Herbert Kilpin, footballeur puis entraîneur anglais. († 22 octobre 1916).
  • 13 avril : Jock Drummond, footballeur écossais. († 24 janvier 1935).
  • 16 octobre : Sandy McMahon, footballeur écossais. († 25 janvier 1916).
  • ? : Willie Taylor, footballeur écossais. († 23 juillet 1949).
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