L’Espagne se paye l’URSS

L’Espagne se paye l’URSS

L’Espagne se paye l’URSS

1964 : L’Espagne se paye l’URSS

Avant que l’Espagne mette le monde à ses pieds, la Roja n’avait remporté qu’un seul trophée : l’Euro 1964, à domicile. Un sacre qui doit beaucoup à Luis Suarez, Ballon d’Or 1960.

Espagne du général FrancoC’était l’Espagne du général Franco. Quand le Caudillo prenait place dans les tribunes de Santiago Bernabeu, le public se tournait vers son guide, et l’applaudissait debout. En 1964, l’Espagne est choisie parmi les quatre demi-finalistes de l’Euro pour accueillir sa phase finale. L’UEFA pose toutefois une condition : accepter la participation de l’URSS. Quatre ans auparavant, le général Franco avait fait du football une question politique, en interdisant à la Roja de disputer son quart de finale chez les Soviets, trouble soutien des Républicains lors de la guerre civile (1936-1939). L’intransigeance de Franco avait conduit à l’exclusion de l’Espagne du championnat d’Europe.

Pour sa deuxième édition, l’Euro a pris du volume. 29 nations s’alignent au départ de la phase éliminatoire, contre 17 quatre ans auparavant. Parmi les nouveaux ralliés de choix : l’Italie et l’Angleterre. Les deux poids lourds ne feront pas de vieux os dans la compétition. Lors du tour préliminaire (sorte de seizièmes de finale), les Three Lions se font manger par la France. Le match aller, disputé en octobre 1962, est le premier d’Alf Ramsey à la tête de l’Angleterre. Les Bleus ramènent un nul de Wembley (1-1). Au retour, quatre mois plus tard, Robert Herbin et consorts font voler en éclats (5-2) le futur contestable champion du monde 1966. Quant à l’Italie, malgré une moitié d’équipe composée d’Interistes, des joueurs qui allaient régner sur l’Europe (C1 1964 et 1965), elle ne résiste pas à la puissance soviétique en huitièmes de finale (2-0, 1-1).

Une surprise nommée Luxembourg

Plutôt que les sorties prématurées de la Squaddra et des Three Lions, c’est le Luxembourg qui marque la phase éliminatoire en sortant les Pays-Bas. Les Bataves n’ont certes alors rien d’oranges mécaniques, leur football restant enlisé dans une terre encore labourée par des boeufs, mais voir le minuscule Grand Duché atteindre les quarts de finale interpelle. Les compatriotes de Charly Gaul se trouvent même à deux doigts de s’immiscer dans le dernier carré. En quarts, après deux matches nuls (3-3, 2-2), ils contraignent le Danemark à un match d’appui, que les Vikings remportent étroitement (1-0).

Parmi les demi-finalistes, l’URSS, championne en titre, s’avance en favori de la compétition. Elle justifie son statut en corrigeant le Danemark (3-0), pour atteindre l’échéance ultime. En face, l’Espagne doit en découdre avec une Hongrie qui a encore de beaux restes, animée par Florian Albert, István Nagy, et le buteur Ferenc Bene. Malgré l’hostilité de Bernabeu, les Magyars, qui ont expédié la France au tour précédent (1-3, 2-1), emmènent la Roja jusqu’en prolongations, avant d’abdiquer (2-1).

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