Résultats E1992

Résultats E1992

Résumé Finale Euro 1992

Les pionniers du continent

 Le Danemark cultive sa tradition footballistique depuis 1889, date à laquelle fut créée la Fédération. Fondée le 18 mai 1889, l’Association danoise de football (DBU) a été la première association nationale de football sur le continent européen. A cette époque, un seul des 20 clubs de Copenhague était exclusivement réservé au football et le premier président de la DBU, Fia Markmann, venait du cricket et du tennis. A l’instar du cricket, le football a été amené par des expatriés anglais qui sont arrivés en 1847 pour construire des chemins de fer.

Le cricket était réservé à des classes sociales plus privilégiées, alors que le football devenait rapidement un sport très populaire. Il était pratiqué en public pour la première fois en septembre 1879 par le Københavns Boldclub (KB), dont la florissante section football comptait 70 membres.

En 1881, le KB créait une section pour les jeunes et, le 16 décembre 1883, il organisait au Danemark la première rencontre nationale entre deux clubs. Le football était, alors, de plus en plus florissant et le parti des travailleurs danois se rangeait derrière ce nouveau sport de la classe ouvrière.

Lors de la saison 1889/90, la DBU a organisé une compétition avec sept clubs de Copenhague. En 1913, un championnat du Danemark voyait le jour mais il fallait attendre la saison 1929/30 pour avoir un véritable championnat avec dix équipes en première division. En 1936, il y avait une seconde division puis une troisième en 1945.

Des modifications structurelles étaient réalisées en 1958 et le championnat automne/printemps se transformait en un championnat suivant l’année civile et qui se terminait en novembre. Les trois divisions étaient élargies à 12 clubs. En 1992, la Superligue danoise était lancée et la saison danoise revenait, immédiatement à une formule automne/printemps. Lors des cinq premières années de la nouvelle formule de la compétition il y a eu cinq champions différents, cela démontrait qu’il y avait un rééquilibrage des forces au niveau national.

Le Danemark a cependant été un pionnier au sein du football européen car Ebbe Schwartz est devenu le premier président de l’UEFA en 1954. Mais, à cette époque-là, le pays entamait une traversée du désert car le football européen était divisé entre le professionnalisme de l’ouest et l’amateurisme de l’est. Ce n’est qu’en 1971 que la DBU acceptait d’intégrer dans la sélection Senior des professionnels évoluant à l’étranger.

Au bout de deux décennies d’isolement, avec seulement une médaille d’argent décrochée aux Jeux Olympiques 1960 comme récompense, les Danois sont entrés dans le semi-professionnalisme en 1978. Seuls 9 des 48 clubs souhaitaient conserver leur statut amateur – ce n’est qu’en 1985 que le Brøndby IF faisait signer des contrats professionnels à 20 joueurs et devenait la première équipe du pays ne comprenant que des professionnels.

Le développement des programmes destinés aux jeunes a permis de sortir de jeunes talents comme Allan Simonsen qui avait été désigné meilleur footballeur européen de l’année 1977, et cela a également permis à l’équipe nationale de tenir un grand rôle au niveau international, avec en point d’orgue, un titre de champion d’Europe de l’UEFA en 1992 en Suède.

Le Danemark est parvenu à se qualifier pour dix des dix derniers grands tournois internationaux et tout une série de joueurs talentueux a brillé sur la scène internationale, le plus célèbre d’entre eux étant Michael Laudrup, élu meilleur joueur danois de tous les temps en 2007.

Morten Olsen fait également partie de ceux-là. Premier joueur à avoir atteint les 100 sélections en 1989, Olsen devint entraîneur au Danemark avant de s’expatrier puis de revenir entraîner la sélection danoise. I contribua notamment à qualifier le Danemark pour la Coupe du Monde 2010 contre la Suède. C’était son 100e match en tant qu’entraîneur.

Euro 92 : Le Danemark dit oui à l’Euro

UEFA-European-Football-1992Le Danemark, champion d’Europe. Le fruit de la négligence adverse, d’un certain talent nordique (B.Laudrup, Olsen, Schmeichel), et d’un contexte géopolitique agité. L’Euro 92 a débuté le 9 novembre 1989. Le mur de Berlin fuit de toutes parts, et l’influence de l’évènement qui a rebattu les cartes de l’ordre mondial ne sera pas sans conséquence sur le tournoi sportif.

Fille du desserrement de l’étau autoritariste, la poussée des nationalismes en Europe de l’Est va ainsi conduire à l’éclatement de la Yougoslavie, et à l’expulsion de sa sélection au profit du Danemark. L’histoire est connue, et pour Brian Laudrup & co, elle sera belle. Le bouleversement de la géographie européenne ne sera pas non plus sans conséquence sur le destin allemand, l’autre finaliste.

Quand le tirage au sort des éliminatoires de l’Euro est effectué, le processus de réunification n’est pas encore achevé, et des boules taquines placent la RDA et la RFA dans le même groupe. Séparés pendant un demi-siècle, Est et Ouest finissent par se réunir quelques semaines avant le coup d’envoi de la campagne européenne.

L’Allemagne va progressivement intégrer les plus talentueux Ossies, dont Mathias Sammer, le futur Ballon d’Or 1996, qui disputera la finale de l’Euro en titulaire. Un autre invité a vu son identité évoluer dans les mois précédents la compétition : l’URSS, qualifiée comme telle, disputera le tournoi en représentant de la CEI. Les maillots CCCP sont rangés dans les placards de l’histoire.

Une France paralysée et le sosie de Kim Wilde

Avant d’être écartée du dernier Euro à se jouer à huit, la Yougoslavie pouvait être considérée comme la favorite du tournoi, tout du moins comme le plus beau des outsiders. L’ensemble balkanique réunissait, entre autres, les talents insolents de Robert Prosinečki, Dejan Savićević, Davor Šuker, Darko Pančev, et Siniša Mihajlović.

L’éviction de la Yougoslavie va finalement placer la France seule face à l’Europe. Auteur d’un parcours parfait en éliminatoires (huit victoires en huit matches, dans un groupe où elle côtoyait l’Espagne et la Tchécoslovaquie), l’équipe guidée par Michel Platini va se pétrifier en Scandinavie, trop perméable à la pression.

En Suède, un vent de fraîcheur va souffler sur l’Euro. Repêché et pas franchement préparé, le Danemark s’immisce dans le dernier carré. Le pays hôte s’y glisse également pour la première fois de son histoire. Le 17 juin, date de l’ultime journée du groupe A, France et Angleterre maîtrisent pourtant encore leur destin, mais vont terminer la tête sous l’eau glacée de la mer du Nord.

Les Bleus et les Three Lions s’inclinent sur le même score (2-1). Lors du dernier quart d’heure, un but du danois Lars Elstrup, joueur de l’OB Odense, met fin aux illusions de Papin, Cantona et Deschamps. Le bourreau des Anglais se nomme Tomas Brolin, le poupon suédois, pas loin d’être alors le sosie le plus convaincant de Kim Wilde.

Schmeichel > van Basten

Dans l’autre groupe, les Pays-Bas se font plaisir. Lors de l’ultime rencontre, ils marchent à nouveau sur l’Allemagne (3-1), après leur succès libérateur de 1988. La Mannschaft s’en remet finalement aux circonstances favorables pour passer. Car l’Écosse, séduisante mais déjà éliminée, ne va pas jouer les passives devant la CEI. À Norrköping, les McClair, McCall et McAllister s’amusent des Mikhailichenko, Aleinikov et toute la clique de l’ex-URSS (3-0). Après deux matches nuls encourageants face aux Pays-Bas et à l’Allemagne, la CEI sort par la petite porte.

Le bilan de la phase de poule conduit à tabler sur une finale Pays-Bas – Allemagne, pour définitivement régler les comptes de 1974. Qu’un nouveau conte d’Andersen soit écrit en 1992 ne traverse, alors, pas encore l’esprit de l’Europe.

Il est même entendu que van Basten, Rijkaard et Gullit, désormais appuyés par le jeune Bergkamp, vont se charger de gentiment raccompagner les Danois vers leur drakkar. Privés de Michael Laudrup, en conflit avec le sélectionneur Richard Møller Nielsen, les rappelés de dernière minute ne sont clairement pas encore pris au sérieux, malgré leur place dans le dernier carré.

Résultat : le Danemark dégomme les arrogants Oranje au terme d’une séance de tirs aux buts (2-2, 5-4 t.a.b). Un classique des grands tournois veut que le meilleur joueur d’une sélection provoque l’élimination des siens. C’est le cas de Marco van Basten, dont la frappe est repoussée par Peter Schmeichel, le meilleur gardien du tournoi.

Les Danois en tongs

Le Danemark est en finale, pendant que Serbes, Croates et Bosniaques continuent de s’entre-tuer. Brian Laudrup et consorts affronteront l’Allemagne. Privée de Matthaus et Voller, forfaits, mais menée par le nain Thomas Häßler, la Mannschaft signe son meilleur match de la compétition en demi-finales, pour éliminer la talentueuse génération suédoise (3-2).

Celle des Brolin, Dahlin et Limpar, qui atteindra la demi-finale de la Coupe du Monde en 1994. C’est encore entendu, l’impitoyable Mannschaft va ramener ces insouciants danois à la réalité, et ajouter un nouveau trophée à son imposante vitrine. Depuis le dénouement de l’Euro 92, une image bucolique colle aux Danois. Celle de souriants Vikings, en tongs et bermudas, qui projetaient leurs vacances aux quatre coins du monde, avant de devoir renfiler shorts et chaussures à crampons.

Au vrai, la sélection nordique se trouvait rassemblée pour disputer un match amical face à la CEI au moment où la nouvelle de son repêchage lui est parvenue. Le relâchement danois était bien relatif. Le récit médiatique s’était toutefois emballé, et pendant l’Euro, le camp de base des Scandinaves n’était pas loin d’être décrit comme un club Med. En finale, les Allemands se figuraient-ils leurs adversaires en bermudas et en tongs ?

Le sélectionneur Berti Vogts a confessé, après coup, que ses hommes, à son grand dépit, n’avaient pas abordé la finale le couteau entre les dents. Résultat : Jensen, Olsen et B. Laudrup vont encore bousculer l’ordre établi, et corriger proprement l’Allemagne (2-0). Le Danemark, qui venait de rejeter le traité de Maastricht, n’avait rien contre cet Euro-là.

1992 : Peter Schmeichel atteint la plénitude

gardien

« Une compétition, une histoire »

En 1992, les Danois ont remporté un Championnat d’Europe des Nations qu’ils n’auraient même pas dû jouer. Aujourd’hui, je profite de l’occasion pour rendre hommage à Peter Schmeichel, un des meilleurs gardiens de but de tous les temps.

Un Danemark trop petit pour un tel joyau Alors qu’il s’apprête à attaquer les meilleurs années d’un joueur de football, Peter Schmeichel finit par se sentir à l’étroit dans son Danemark natal. Le gardien de Brøndby remporte le championnat à quatre reprises en cinq éditions, de 1987 à 1991. Il décide donc de répondre favorablement aux appels de Sir Alex Ferguson, le (déjà) légendaire manager de Manchester United. Il a alors 28 ans.

L’outsider rafle la mise dans la stupeur générale

Malgré un statut de gardien titulaire de Manchester United, Schmeichel n’en mène pas large au moment d’aborder le Championnat d’Europe des Nations 1992. Il faut dire que le Danemark ne doit sa présence qu’à un repêchage miraculeux, qui fait suite à l’exclusion de la Yougoslavie, frappée de plein fouet par la guerre.

Contre toute attente, les Danois s’extirpent d’un groupe relevé, en battant la France du Ballon d’Or en titre Jean-Pierre Papin, et en décrochant le match nul face à l’Angleterre, demi-finaliste de la dernière Coupe du Monde. Le tenant du titre hollandais se présente ensuite face aux Vikings.

Les Néerlandais forment un savant mélange de joueurs au sommet (Ruud Gullit, Ronald Koeman) et de jeunes espoirs (Dennis Bergkamp, Franck De Boer). Face à cette équipe de rêve, le Danemark ne s’affole pas malgré l’égalisation tardive de Frank Riijkard. Aux tirs aux buts, « the Great Dane » sort le grand jeu en arrêtant la tentative du double Ballon d’Or, Marco van Basten.

Tout un symbole

Comme pour mieux légitimer son titre, les Danois battent les champions du monde allemands en finale. La prestation en finale du dernier rempart scandinave éblouit les spectateurs. Stefan Effenberg, Matthias Sammer, Jürgen Klinsmann… Aucun de ces talentueux joueurs ne saura tromper la vigilance de l’ange gardien d’un Danemark qui remporte son premier trophée international. Inconcevable quelques mois auparavant.

Le meilleur gardien… de ces 20 dernières années !

Peter Schmeichel est le plus fort et le plus charismatique de tous les gardiens que j’ai eu la chance de voir jouer, à égalité avec Oliver Kahn. L’ancienne idole de Manchester United disposait, techniquement, de toutes les qualités du parfait rempart. Sidérant sur sa ligne, doté de reflexes surprenants, le Danois n’a jamais eu peur de jouer comme un libéro pour couvrir les oublis de sa défense. Véritable kamikaze, capable de s’aventurer bien loin de ses cages, Schmeichel utilisait à merveille sa taille et de son envergure pour boucher les angles de frappe. Appliqué dans la relance, il marquera même un but en sélection lors de son dernier match, ses coéquipiers insistant pour qu’il tire un penalty.

Capitaine du Danemark, leader dans l’âme, Schmeichel avait un très haut niveau d’exigence envers ses défenseurs comme pour lui-même. Perfectionniste, compétiteur, il ne pardonnait jamais la moindre erreur et avait pour habitude de hurler de rage au moindre relâchement de sa défense. Même un colosse comme Jaap Stam pouvait en prendre pour son grade et se faire incendier.

Le niveau de jeu irréprochable du Danois lui donnait le droit d’adopter une telle conduite. Sa féroce envie de gagner le faisait entrer dans une sorte d’état second lorsqu’il foulait la pelouse, et cette fureur a effrayé bien des attaquants durant de longues saisons. Je suis certain que vous êtes déjà tombés sur un gardien en état de grâce, contre lequel on peut tout tenter, réussir le geste parfait, sans marquer.

C’est ce qu’ont ressenti bon nombre de joueurs ayant croisé la route du meilleur gardien de ces 20 dernières années. Il est bien dommage qu’Hans Christian Andersen, célèbre conteur danois qui a notamment écrit « Le Vilain Petit Canard » ou « La Petite Sirène », ne soit plus de ce monde. Lui seul aurait su trouver les mots appropriés pour évoquer la grandeur de son compatriote.

Schmeichel revient sur l’EURO 92

Peter Schmeichel løfter pokalen efter 2-0 sejren over Tyskland.

Peter Schmeichel était dans le but danois lors de l’incroyable épopée de l’EURO 92. Il revient sur ces jours incroyables pour UEFA.comL’histoire est tellement fameuse. Mérite-t-elle d’être contée de nouveau ? Le Danemark était éliminé quand il a été repêché pour la phase finale en Suède, après le forfait de la Yougoslavie. Les Danois devançaient l’Angleterre et la France dans la phase de groupes, battaient les Pays-Bas aux tirs au but en demie et l’emportaient 2-0 en finale, devant l’Allemagne. Peter Schmeichel était dans le but danois lors de l’incroyable épopée. Il revient sur ces jours incroyables.

Sa convocation

J’étais à Brøndby, je m’entraînais ce jour-là. Notre saison en Angleterre s’était terminée (il jouait au Manchester United FC) et sachant qu’on n’était pas à l’EURO et que le Danemark est proche de la Suède, on faisait partie des équipes que les qualifiés voulaient jouer pour se préparer en amical. Alors je me préparais pour un match à Brøndby contre la Communauté des États indépendants. Entre deux entraînements, on déjeunait et on a entendu les premières rumeurs qui disaient que la Yougoslavie ne participerait pas et que nous prenions leur place. Et quand nous sommes rentrés du deuxième entraînement de la journée c’était officiel, nous y étions.

Le Danemark n’abdique jamais

La base de l’équipe venait de Brøndby [IF] et aussi des moins de 21 ans. Nous avions des joueurs comme Fleming Poulsen qui n’a jamais joué pour Brøndby mais on était un peu les pionniers du football professionnel dans le pays et Brøndby fut la première équipe, en 1986, à être totalement professionnelle. On avait donc une mentalité très différente de tout ce qui s’était fait jusque-là au Danemark. Je ne pense pas que nous ayons eu des résultats fantastiques avant 1992. On a gagné la plus belle mais on n’y est pas allé en disant : « On veut gagner cette compétition », parce que ce serait mal passé au Danemark.

Un triomphe inattendu

Au-delà de tout, ce fut surtout terrible quand nous sommes revenus à Copenhague, à l’Hôtel de Ville pour fêter cela avec le reste du Danemark. C’était incroyable, vraiment incroyable. Au point que vous vous dites : « Bon Dieu ! Ce n’est pas un rêve »

Le coup de l’invité surprise (II)

Sorti de la compétition en éliminatoires, le Denmark a été repêché à la dernière heure pour remplacer la Yougoslavie en guerre. C’est ainsi que les Danois sont devenus champions d’Europe en Suède. Les joueurs de Richard Møller-Nielsen affrontaient alors l’Allemagne de Berti Vogts à Göteborg, après que Karlheinz Riedle eut fait pleurer le pays organisateur (3-2). John Jensen marquait le premier but de la finale après 18 minutes. Kim Vilfort mettait

Tant pis pour la cuisine

« Je devais poser une nouvelle cuisine chez moi mais nous avons été appelés pour aller jouer en Suède. » Sans détour le sélectionneur danois Richard Møller-Nielsen racontait, peu après le triomphe, comment l’aventure avait commencé. « Maintenant, la cuisine est terminé. Nous avons dû faire appel à un décorateur. » Le Danemark avait alors deux semaines pour préparer sa phase finale.

Laudrup absent

De plus, le meneur de jeu star Michael Laudrup était absent. Il n’était donc guère surprenant que le premier match soit un nul 0-0 contre l’Angleterre et que le deuxième soit une défaite 1-0 devant la Suède de Tomas Brolin et Martin Dahlin. La France entraînée par Michel Platini allait faire la première les frais de cet invité surprise en s’inclinant 2-1 dans le Groupe 1. Le Danemark se qualifiait pour les demi-finales avec la Suède.

Bergkamp fait la différence

La géopolitique avait influé sur le Groupe 1. Elle se faisait aussi sentir dans le Groupe 2. L’Allemagne arrivait pour la première fois avec un équipe réunifiée et l’URSS s’appelait désormais Communauté des Etats indépendants (CEI). Le Groupe était remporté par les Pays-Bas, détenteurs du titre. Un jeune prodige du nom de Dennis Bergkamp faisait la différence contre la CEI et marquait encore lors de la victoire 3-1 contre l’Allemagne, qui prenait la deuxième place du groupe.Schmeichel sauve

Bergkamp levait encore les bras en demi-finale, mais Henrik Larsen le faisait une fois de plus que lui en faveur du Danemark L’égalisation signée Frank Rijkaard en fin de match signifiait la prolongation puis les tirs au but. Un exercice dans lequel Peter Schmeichel stoppait la tentative de Marco van Basten, le héros de 1988. La « Danish Dynamite » était amorcée pour la finale.

La gloire à Göteborg

Les joueurs de Møller-Nielsen affrontaient alors l’Allemagne de Berti Vogts à Göteborg, après que Karlheinz Riedle eut fait pleurer le pays organisateur (3-2). John Jensen marquait le premier but de la finale après 18 minutes. Kim Vilfort mettait un point final à cette histoire extraordinaire en seconde période alors que Schmeichel se montrait une nouvelle fois providentie

Suède 92: quand la surprise va jusqu’au bout

 

La politique, lorsqu’elle s’emmêle, brouille les pistes en football. C’est ce qui arriva une nouvelle fois pour l’Euro 92, organisé en Suède. La Yougoslavie, une superbe équipe de techniciens, a remporté le groupe 4. Mais l’UEFA, se basant sur les sanctions des Nations unies contre le pays, en pleine guerre, a décidé de refuser l’accès à la compétition. C’est donc le Danemark qui fut repêché, alors que ses footballeurs étaient déjà en vacances, bon nombre d’entre eux loin de leur pays.

Lors des qualificatifs, la France a impressionné avec 8 victoires en 8 matchs. L’Allemagne, pour la première fois réunifiée en football, s’est aussi qualifiée. Les Pays-Bas, l’Angleterre complètent ce plateau de choix. Deux groupes de quatre équipes, quatre villes : Stockholm, Malmo, Goteborg et Norrkopping. Le meme format a été reconduit.

D’un point de vue footballistique et de la beauté du jeu, ce fut sans doute le championnat d’Europe le plus décevant. Mais la performance du Danemark fera date dans l’histoire de ce sport ! Entraînée par Moller Nielsen, la selection danoise évolue sans la moindre pression. Elle perd d’ailleurs en poule face à la Suède (but de Thomas Brolin), mais bat la France (2-1).

Dans le second groupe, les Pays-Bas devancent l’Allemagne. La demi-finale entre le pays hôte et l’Allemagne s’avèrera le plus beau match de la competition, sur un score de 3-2 pour les Blancs. L’autre demi-finale, entre les orange et les vikings danois, tourne à la surprise. Menant 2-0, les Danois se font remonter grace à Bergkamp et Rijkaard, à la 86ème minute. Rien ne se passa pendant la prolongation, mais le Danemark s’impose aux tirs au but, après l’incroyable échec du grand Van Basten.

En finale, deux buts de Jensen et Vilfort crucifie les Allemands. Ce dernier, après chaque match de cette compétition, se rendait au chevet de sa petite fille malade, atteinte d’une leucémie. Malheureusement, elle décèdera juste après l’incroyable victoire finale du Danemark.

danemark1992Danemark :Schmeichel, Sivebaek (Christiansen), K. Nielsen, L. Olsen, Piechnik,Christofte, J. Jensen, Vilfort, H. Larsen, Povlsen, B. Laudrup.

La neuvième édition, qui s’ouvre le 10 juin va être l’une des plus surprenantes de toute l’histoire du Championnat d’Europe des nations. L’histoire, tout d’abord impose de grands changements : l’Allemagne joue réunifiée, l’URSS n’est plus et la compétition accueille une nouvelle Communauté des Etats indépendants (CEI) qui regroupe les restes de l’Union soviétique ; la Yougoslavie, en pleine guerre civile et malgré un brillant parcours qualificatif va être exclue de la phase finale et remplacée au pied levé par l’équipe du Danemark… Les sept autres pays qui jouent la phase finale de l’Euro 92 sont la Suède, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la CEI et l’Ecosse.

C’était en 1992

Le Néerlandais Marco van Basten remporte un nouveau Ballon d’Or et la Danemark crée une surprise historique lors de l’EURO. Avec deux demi-finalistes de la Coupe du Monde de la FIFA 1990 présents en Suède, 1992 aurait pu être l’année de l’Angleterre ou de l’Allemagne à l’occasion du Championnat d’Europe de l’UEFA.

Mais les Pays-Bas, avec Dennis Bergkamp et Marco van Basten devant, étaient confiants pour garder leur titre. Comme d’habitude, l’Allemagne se qualifiait pour la finale, mais c’est le Danemark, invité de dernière minute après la disqualification de la Yougoslavie, qui allait prendre toute l’Europe par surprise.

Équipes

  • Vainqueur : Danemark
  • Finaliste : Allemagne
  • Demi-finalistes : Pays-Bas, Suède
  • Phase de groupes : France, Écosse, Angleterre, URSS

Meilleurs buteurs :

  • Dennis Berkamp (Pays-Bas)
  • Tomas Brolin
  • Henrik Larsen (Suède)
  • Karlheinz Riedle (Allemagne) – 3 buts

Le saviez-vous ?

  • La Communauté des États indépendants représentait la plupart des anciennes républiques soviétique après la dissolution de l’URSS fin 1991, y compris l’Ouzbékistan, le Turkménistan, la Kyrgyzie et le Tadjikistan, actuels membres de la Confédération asiatique de football.
  • La CEI a également participé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992.

Également en 1992

  • Vainqueur de la Coupe de clubs champions européens : FC Barcelona (1-0 contre la Sampdoria UC)
  • Ballon d’Or : Marco van Basten (AC Milan)
  • Prix Eurovision de la chanson : Linda Martin (République d’Irlande, « Why me »)
  • Soulier d’Or : Ally McCoist (Rangers FC)
  • Prix Nobel de la paix : Rigoberta Menchú (pour son travail au nom des peuples du Guatemala)
  • Champion olympique du 100 m : Linford Christie (Grande-Bretagne, 9″96)
  • Champion du monde de Formule 1 : Nigel Mansell (Grande-Bretagne, Williams)
  • Champion du monde de boxe en lourds : Mike Moorer (USA)
  • Oscar du meilleur film : « Unforgiven »

Dates clé:

  • 7 février – Signature du Traité de Maastricht par 13 pays européens
  • 4 novembre – Bill Clinton succède à Gepgre Bush à la présidence des Etats-Unis
  • 20 novembre – Le château de Windsor, résidence de la famille royale britannique, est ravagé par un incendie
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