UGSP 1942-1944

Union gymnique et sportive des patronages de France-1942-1944

Le bilan de l’Occupation

Le bilan de l'Occupation

Malgré tout l'activité fédérale reste cependant importante car la politique d’éducation générale de Vichy sous l'Occupation oblige tous les mouvements de jeunesse à pratiquer l’éducation physique et exige leur affiliation à un organisme reconnu. Ceux de la jeunesse chrétienne affluent à la FGSPF avec laquelle ils étaient déjà en contact. Elle connaît alors un développement inattendu qui exige quelques adaptations de structures.

Ainsi en 1941, la FGSPF qui vient de réintégrer l’Union générale sportive de l'enseignement libre (UGSEL) doit créer une Union générale sportive de l'enseignement libre féminine confiée à Mère Sainte-Monique pour répondre à ces nouveaux besoins.

À partir de 1942, l'UGSPF se voit confier par l'Église de France, des missions de conciliation ou d'adaptation des structures. Elle est ainsi officiellement chargée des rapports entre Vichy et l'enseignement primaire catholique l’UGSEL ayant le secondaire en responsabilité et doit mandater un de ses membres à l'Office central des auberges de jeunesse. Elle est sollicitée pour instaurer une commission sportive rurale pour la Jeunesse agricole chrétienne (JAC) puis d'étudier des modalités de coopération avec la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

Ces diverses actions amènent son entrée le 13 janvier 1945 à la commission confédérale des loisirs de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC). Armand Thibaudeau, le secrétaire général, s'efforce de profiter au mieux du contexte tout en préservant le maximum d'autonomie, exercice difficile qui entraîne des affrontements parfois sévères avec les autorités de Vichy, Jean Borotra puis Joseph Pascot.

En 1943 l'examen final sanctionnant la formation des cadres fédéraux est calqué sur la première partie du professorat d'éducation physique et sportive (EPS). Après la guerre, le 1er janvier 1945, les élues féminines du comité central décideront de pérenniser la fusion du RSF et de la FGSPF qui reprend son nom initial dès le 10 octobre 1944 et choisit, le 22 juin 1946, celui de Fédération Sportive de France (FSF). Il faut attendre le 22 mars de l'année suivante pour l'enregistrement de ce nouveau nom et sa parution au Journal officiel (JORF).

Le 13 mars 1968, la FSF devient la Fédération sportive et culturelle de France (FSCF).

Images liées:

Les patronages dans la clandestinité

Les patronages dans la clandestinité

L'activité spécifique des patronages se trouve alors fortement ralentie, beaucoup préférant la mise en sommeil au risque d'une fusion imposée par la Charte des sports. Quelques-uns, tels à Paris l'association Championnet s'engagent délibérément dans la Résistance où leurs services sont clairement reconnus aujourd'hui.

En d'autres lieux les dirigeants et les vicaires-directeurs s'éloignent des structures pour entrer individuellement dans la clandestinité sans faire courir de risques aux autres adhérents. C'est le cas d'Argenteuil où, à travers deux patronages, une étude locale fait ressortir l'engagement individuel fort des directeurs (les abbés Paul Louis et François Spahnagel) et de responsables laïcs (le lieutenant-colonel Clément Prudhon et le capitaine Maurice Weber.

Fusillés_de_la_cascade_du_Bois_de_BoulogneÀ la sortie d'une réunion dans les locaux du patronage de Championnet des jeunes résistants furent assassinés près de la cascade du Bois de Boulogne

L'histoire a retenu aussi les noms de Madeleine Bouteloup, Eugène Maës, Agnès de Nanteuil et du capitaine Fernand Rodriguez. Alors que ces associations se trouvent ainsi démunies de leurs principaux animateurs, des jeunes entrent dans la résistance et, assez curieusement, des jocistes précédemment engagés à la Confédération générale du travail (CGT) le font souvent dans les rangs des Francs-tireurs et partisans (FTP) plutôt qu'aux Jeunes chrétiens combattants.

Images liées:

La mixité imposée

La mixité imposée

Jusqu'à la guerre, la fédération sportive catholique n'est qu'une fédération masculine, les féminines relevant d'un autre organisme, le Rayon sportif féminin (RSF). L'ordonnance du 4 octobre 1940 oblige chaque fédération féminine à rejoindre une fédération masculine de son choix et le RSF s’affilie à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF).

L’occupation oblige aussi celle-ci à se scinder en deux : le secrétaire général Armand Thibaudeau reste à Paris en zone occupée. Un cadre du RSF, Eugénie Duisit, qui se trouve déjà à Lyon pour le RSF, prend en charge la zone libre le 13 décembre 1940 avant de s'expatrier en Algérie et faire une brillante carrière, dans la 1re armée française, récompensée par l'attribution de la croix de guerre et de la Médaille militaire.

Un autre cadre du RSF, Marie-Thérèse Eyquem, occupe à Vichy des fonctions officielles en dépit de conflits entre Armand Thibaudeau et Jean Borotra puis le colonel Joseph Pascot. Personnage incontournable du sport féminin à cette époque, Marie-Thérèse Eyquem est l'organisatrice de la fête de la sportive qui réunit le 5 juillet 1942 au Parc des Princes 5 000 participantes devant 20 000 spectateurs et où elle implique largement les monitrices et les associations féminines de l'UGSPF.

Images liées:

François Hébrard

François Hébrard

François Hébrard, président de la FGSPF

France.pingFrançois Hébrard, président de la FGSPF

Naissance : 24 décembre 1877 à Lodève (Hérault)
Décédé : 12 juillet 1970 (à 92 ans)
Ballan-Miré (Indre-et-Loire)
Nationalité : France.pingFrançaise
Pays de Résidence : France
Sport(s) représenté(s) : omnisports
Création : 1942
Disparition : 1944

Activité principale : de 1923 à 1956 :

Président de la FGSPF devenue FSF en 1947

Autres activités : Doyen de la faculté de droit de l’ICP
         Président de la FICEP

 Distinctions 

Legion_Honneur_Commandeur-1

Commandeur de la Légion d’honneur

Medaille_de_la_Jeunesse_et_des_Sports_Or-2

Médaille d'or de l' éducation physique

60px-Order_of_Pope_Sylvester_BAR-3

Commandeur de l'Ordre de Saint-Sylvestre

60px-Order_of_St._Gregory_the_Great-4

commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand

Ascendants : Charles Julien de Lasalle

François Hébrard est né le 24 décembre 1877 à Lodève (Hérault) et mort le 12 juillet 1970 à La Fuye, commune de Ballan-Miré (Indre-et-Loire). Après des études secondaires à Montpellier, il fait toutes ses études supérieures à la faculté de droit de l’Institut catholique de Paris où il est ensuite nommé professeur de droit civil puis doyen. Cette brillante carrière universitaire ne l'empêche pas de s'engager très tôt dans le monde associatif et celui des débats de société.

Fondateur en 1898 d'un patronage paroissial, il s'engage aussitôt à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France aux côtés de Paul Michaux auquel il succède à la présidence pendant trente-trois ans, de 1923 à 1956. Celle-ci devient Fédération sportive de France en 1947 puis Fédération sportive et culturelle de France en 1968. François Hébrard préside également pendant vingt-quatre ans, de 1931 à 1955, la Fédération internationale catholique d’éducation physique et sportive.

Biographie

Après des études secondaires chez les jésuites à Montpellier François Hébrard intègre la faculté de droit de l’Institut catholique de Paris (ICP) en 1895. À son arrivée dans la capitale il s'engage dans le monde associatif, assurant à 18 ans la présidence de la conférence Olivaint où il côtoie Paul Michaux dès 1895. L'année suivante il est aussi président départemental de l'association créée par Albert de Mun pour promouvoir le catholicisme social.

Il a 21 ans quand il fonde le patronage d’Auteuil et du point du jour en 1898, année de la création de l’Union des sociétés de gymnastique et d’instruction militaire des patronages et œuvres de jeunesse de France (USGIMPOJF). Il en demeure cinquante ans président. Il obtient la licence de droit cette même année et le doctorat en 1902 avec une thèse intitulée : Le sort des biens des associations en cas de dissolution. Nommé maître de conférences de l'ICP en 1903, puis professeur l'année suivante, il y enseigne d'abord le droit administratif. Il obtient ensuite la chaire de droit civil avant d’être nommé doyen de la faculté.

Il est par ailleurs un soutien constant de Paul Michaux dès 1899 à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) et en 1923, au décès de ce dernier, il lui succède à la présidence, dans un premier temps sous la présidence honorifique du général Édouard de Castelnau. Vivement encouragé par Pie XI lors d'une audience privée dès 1925, il demeure à ce poste jusqu’en 1956, soit trente-trois ans au total.

En 1947, c'est donc sous sa présidence que la FGSPF prend le nom de Fédération sportive de France (FSF). Décédé le 12 juillet 1970 à La Fuye en Indre-et-Loire, il est inhumé le 16 juillet 1970 au cimetière de Montmartre à Paris.

L’activité internationale

Fédération internationale catholique d’éducation physique et sportive.

Pendant sa présidence, il soutient l’important développement des patronages de l’Algérie française et de celui des territoires d’outre-mer. À l’invitation de Mgr Auguste-Fernand Leynaud, archevêque d’Alger, il accompagne avec Armand Thibaudeau, quatre-vingts associations venues des Bouches-du-Rhône, d’Alsace, de la Seine, du Rhône, des Landes et du Maine-et-Loire qui passent la Méditerranée avec 3 000 gymnastes et 500 musiciens pour participer le 14 juin 1930, à un grand concours fédéral à Alger pour célébrer le centenaire de la conquête de l’Algérie. Trois bateaux spéciaux partent de Marseille : le Lamoricière, le duc d’Aumale, l’Espagne.

Les compétitions sont suivies de gestes politiques forts :

– réception par le gouverneur général Pierre-Louis Bordes et dépôt de deux gerbes au monument aux morts : une par la FGSPF, l’autre par l’Alsace catholique reconnaissante  – déplacement à Sidi-Ferruch où Mgr Auguste-Fernand Leynaud pose la première pierre de l’église locale : deux trains spéciaux et dix-huit autocars sont nécessaires pour transporter les participants.

Élu en 1931, à la présidence de l'Union internationale des œuvres catholique d'éducation physique (UIOCEP) qui devient Fédération internationale catholique d’éducation physique et sportive (FICEP) en 1947  il y demeure jusqu’en 1955, soit durant vingt-quatre ans.

Le rayonnement sportif

Les actions qui ont marqué particulièrement sa présidence sont :

– la reconnaissance de la FGSPF comme établissement d’utilité publique en 1932 

– l’établissement de rapports de coopération avec l’Union des sociétés de gymnastique de France (USGF) qui reconnaît les compétences de Gabriel Maucurier et sélectionne des gymnastes des patros pour les Jeux olympiques de 1936 à Berlin 

–  le soutien apporté, avec son secrétaire général Armand Thibaudeau à la création de la Fédération française de basket-ball (FFBB) en 1931 , il tente lui-même de soutenir le développement d'autres sports, dont le ski  et, avec moins de réussite, le rugby

– l’autonomisation, en 1937, de l’Union générale sportive de l'enseignement libre (UGSEL), jusque-là simple commission scolaire de la FGSPF 

– l'accueil du Rayon sportif féminin (RSF) en 1940, la mise en place d'une structure fédérale à Lyon en zone libre  et la gestion parfois complexe des rapports avec l'État français

– le changement du sigle fédéral FGSPF qui devient FSF le 22 mars 1947 avec la fusion définitive du RSF.

Le lien culturel

Fédération gymnastique et sportive des patronages de France.

Tout au long de son mandat, François Hébrard s’est efforcé d’établir et entretenir des liens étroits avec les organismes catholiques chargés des activités théâtrales et du cinéma : l'Association théâtrale des œuvres catholiques d’éducation populaire (ATOCEP) et la Fédération loisirs et culture cinématographiques (FLECC).

Cet intérêt, associé à ses charges à la faculté catholique, l’amène à présider la centrale catholique du cinéma et de la radio. Son action dans ce domaine prépare le changement de sigle significatif de la FSF en FSCF en 1968.

Ses relations associées à celles du général de Castelnau, président d'honneur de la FGSPF lui permettent d'activer et d'entretenir un important réseau de communication au profit de la fédération. Tout au long de sa présidence, porté par un souci constant d'éducation intégrale, il assure également les contacts avec le scoutisme et accompagne le développement de l'Action catholique, parfois dans un contexte quelque peu conflictuel.

Publications

Il concourt par ailleurs à de nombreuses revues et publications scientifiques spécialisées et publie deux ouvrages : Les disciplines de l’Action (prix Davigneau) ; Soigne ton corps, forme la volonté (prix Fabien de l'Académie française 1931, philosophie).

Notoriété

Mobilisé comme sergent et cité quatre fois il est promu capitaine au sortir de la Grande Guerre. François Hébrard est nommé au Comité national des sports le 1er septembre 1936. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur au titre de ses services militaires par décret du 16 juin 1920 puis promu officier de la Légion d’honneur par décret du 12 juillet 1934, en qualité de président général de la FGSPF.

Il est promu commandeur de la Légion d’honneur par décret du 23 avril 1957 en qualité de président d'honneur de la FSF et de la FICEP. Il est titulaire de la médaille d’or de l'éducation physique. Il est également décoré de cinq ordres étrangers parmi lesquels : commandeur de l’ordre de Saint-Sylvestre le 26 octobre 1925, commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand dont l'insigne lui est remis par le cardinal Feltin le 25 novembre 1949 et grand-croix de ce même ordre le 18 février 1962.

Images liées:

UGSPF 1942-1944

Union gymnique et sportive des patronages de France (UGSPF 1942-1944)

Union gymnique et sportive des patronages de France

Sigle : UGSPF
Nom précédent : FGSPF
Sport(s) représenté(s) : omnisports
Création : 1942
Disparition : 1944

François Hébrard, président de la FGSPFPrésident : François Hébrard

Nationalité : France.pingFrançaise
Activité principale : secrétaire général de la FGSPF (1919-1954)
Siège : 5 place Saint-Thomas d'Aquin à Paris
 

Le sigle d'Union gymnique et sportive des patronages de France (UGSPF) apparaît de façon éphémère sous l'Occupation. Le Régime de Vichy réservant l'exclusivité de l'appellation de fédération aux seuls groupements unisports, la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France se trouve contrainte de l'adopter le 24 octobre 1942. Elle reprend son nom initial dès le 10 octobre 1944 pour le troquer contre celui de Fédération sportive de France le 22 mars 1947, puis de Fédération sportive et culturelle de France en 1968.

Images liées:

Categories
  • 1914
  • Armand Thibaudeau
  • cdl le trophée du désamour
  • Paul Michaux
  • Statistiques et records du championnat
  • Trophée france football