Foootball

4.2 Dérivés sportifs du football

4.2 Dérivés sportifs du football

La guerre des codes

La Football Association, fédération anglaise de football fondée à Londres en 1863, prend à son compte le terme générique de football. Elle comprend, il est vrai, en son sein des clubs suivant des règles très différentes ; Blackheath RC, notamment, qui milite pour l’usage des mains et l’autorisation du placage. L’unification des règles menée par la FA, qui marque la période allant de 1863 à 1870 place Blackheath dans une position isolée. Le club londonien quitte alors la FA et part créer en 1871 la Football Rugby Union. Le nom de cette fédération est clair : fédération du football selon les règles dites de Rugby. Ainsi, dès 1871, deux formes de football sont codifiées et disposent d’instances dirigeantes. Ces deux sports essaiment dans le monde entier et donnent naissance à des variantes américaine, australienne, gaélique ou canadienne. Débute alors un débat sur les noms à donner à ces différents sports.

Ces débats touchent essentiellement les anglophones, qui utilisent deux termes pour nommer le jeu : football et soccer. Soccer n’est officiellement en usage que dans trois pays : États-Unis, Canada et Samoa, les trois seules fédérations nationales anglophones qui reprennent le terme de soccer et non de football dans leur nom. Ce terme argotique pour les autres anglophones est toutefois parfois employé, notamment dans la presse. Il est ainsi d’emploi très courant en Afrique du Sud et plus rare au Royaume-Uni. À noter qu’aux États-Unis, le terme soccer remplace progressivement celui de football association dans le nom de la fédération nationale.

De 1913, date de sa fondation, à 1945, la fédération américaine a pour nom United States Football Association, puis jusqu’en 1974 elle porte le nom de United States Soccer Football Association. Elle adopte alors le nom de United States Soccer Federation. Ces débats, qui ne devraient pas toucher les francophones comme le confirme le dictionnaire quadrilingue de la FIFA qui donne football comme seule dénomination officielle du jeu en français, sont de mise en raison de l’adoption du terme soccer par les francophones canadiens.

Ces problèmes de dénominations ne touchent pas exclusivement les pays donnant naissance à des football locaux. Ainsi, en France, la peur panique des paris, du professionnalisme et de la montée en puissance des pouvoirs des clubs provoquent un boycott de cette discipline par l’USFSA. Pour cette dernière, le seul football qu’elle reconnaît est celui de la variante de rugby car les instances anglaises de cette discipline étaient parvenues à interdire l’adoption du professionnalisme. Aussi, le terme football fait plutôt référence en France au rugby jusqu’au début du XXe siècle. Pour le football, on utilise depuis 1894, et la reconnaissance tardive de cette discipline par l’USFSA, les termes de « Football Association » ou plus simplement « Association ».

On joue ainsi à l’« Assoce » en France à la Belle Époque. On retrouve dans certains journaux de province le terme « Association » jusque dans les années 1920. Du côté fédéral, la Fédération française adopte le nom de Fédération française de football association à sa création en 1919 à la suite de l’éclatement de la structure omnisports de l’USFSA. Dans le milieu du football, pourtant, le terme de football est utilisé seul pour nommer le jeu. Le magazine spécialisé Football, créé en 1929, puis la FFFA qui devient FFF à la Libération ne font que suivre cette évolution. Le rugby a, il est vrai, éclaté en deux sports différents, à XV ou à XIII, tandis que les autres variantes sont perçues comme exotiques en Europe et dans les pays francophones, Canada excepté. Elles sont donc nommées selon leur origine : football américain, football australien, football gaélique et football canadien.

Le français, comme c’est le cas en général dans le domaine sportif, a conservé le terme d’origine. Ce n’est pas le cas dans les autres langues où ont été forgés des termes à consonances locales, du Fussball allemand, au Fútbol espagnol en passant par le Voetbal néerlandais ou le Futebol portugais. En Italie, on adopte en 1909 le terme de calcio en référence à l’ancien jeu du calcio florentin.

2.3.2-Clubs V/F 1953-1965

Winner_S_Podium_

cpe-charles-drago

2.3.2-Clubs V/F 1953-1965

Clubs ayant remporté plusieurs fois la Coupe Charles Drago

Année Club trophyEntraîneur Champion
1953-1965 200px-Ancien_logo_FC_Sochaux_Montbéliard-Avant 1998 FC Sochaux-Monbéliard (3)
1953-1965 Logo_RC_Lens_(1955-1968) RC Lens (3)
1953-1965 1940 AS Saint-Etienne (2)

 Clubs Vainqueur et Finaliste de la Coupe Charles Drago 1953-1965

Année Club trophyClub Vainqueur Club icones_2Club Finaliste
1953 200px-Ancien_logo_FC_Sochaux_Montbéliard-Avant 1998 FC Sochaux-Monbéliard toulouse-fc-1 Toulouse FC
1954 Écusson original (1931-1991) Stade de Reims LOSC-55-74 Lille OSC
1955 1940 AS Saint-Etienne UA Sedan Torcy (1919-1970) UA Sedan-Torcy
1956 nimes-2 Nîmes Olympique LOSC-55-74 Lille OSC (2)
1957 1935.1972-om Olympique de Marseille Logo_RC_Lens_(1955-1968) RC Lens
1958 1940 AS Saint-Etienne (2) Logo_OGC_Nice_1948-1992 OGC Nice
1959 Logo_RC_Lens_(1955-1968) RC Lens De 1913 à 1976 US Valenciennes-Anzin
1960 Logo_RC_Lens_(1955-1968) RC Lens (2) toulon-2 SC Toulon
1961 monaco-3 AS Monaco Blason_RC_Strasbourg_1950 RC Strasbourg
1962 Besançon RC RCFC Besançon LeHavreancien Le Havre AC
1963 200px-Ancien_logo_FC_Sochaux_Montbéliard-Avant 1998 FC Sochaux-Monbéliard (2) UA Sedan Torcy (1919-1970) UA Sedan-Torcy (2)
1964 200px-Ancien_logo_FC_Sochaux_Montbéliard-Avant 1998 FC Sochaux-Monbéliard (3) US_Forbach US Forbach
1965 Logo_RC_Lens_(1955-1968) RC Lens (3) FC_Girondins_de_Bordeaux_logo_(1970s) FC Bordeaux Girondins

Images liées:

Organisation USFSA

Organisation

L'équipe de France de football aux Jeux olympiques de 1900 avec le logo de l'USFSA sur les maillots.Équipe de France de football aux Jeux olympiques de 1900 à Paris

L’équipe de France de football aux Jeux olympiques de 1900 avec le logo de l’USFSA sur les maillots. Toutes les équipes nationales françaises émanant de l’USFSA portent le maillot blanc et arborent comme emblème deux anneaux entrelacés, rouge et bleu, réduits aux couleurs du drapeau français. Cet emblème inspire plus tard le drapeau olympique. Le coq est ensuite intégré progressivement au blason à partir de 1913 avec l’adhésion de l’USFSA au CFI.

La devise de l’USFSA Ludus Pro Patria (soit Des jeux pour la Patrie) est l’œuvre de Jules Marcadet, président du Stade Français et cofondateur de l’Union. Chaque discipline sportive est organisée par une commission : athlétisme, rugby à XV, football. Le 23 octobre 1894, le comité d’organisation de l’USFSA décide de créer 19 comités régionaux afin d’organiser des compétitions en province. Elle publie sa revue Les sports athlétiques chaque samedi.

L’USFSA face aux autres fédérations

Un championnat parmi d’autres Même si elle est d’abord réticente à la pratique du football, l’USFSA, fédération omnisports, est, en 1894, la première fédération française à reconnaitre ce sports. Rapidement, d’autres fédérations vont aussi s’y intéresser. Paradoxalement, le vélo participe au développement du football en France, avec la création d’un championnat regroupant une quinzaine de clubs par la Fédération Cycliste Amateur, créée par des dissidents de l’Union vélocipédique de France (UVF) qui n’acceptaient pas le professionnalisme qui s’y pratiquait.

CA_Sud_en_1907-Le Club athlétique du Sud remporte le championnat de la FSAPF en 1907.
Le Club athlétique du Sud remporte le championnat de la FSAPF en 1907.

En 1897, la Fédération des Sociétés athlétiques de France (FSAF) met sur pieds son propre championnat, pour récupérer les membres de l’USFSA exclus pour avoir enfreint la règle de l’amateurisme. Cette fédération souhaite instaurer le professionnalisme, tandis que l’USFSA reste intransigeante et maintient l’amateurisme dans ses rangs. Un accord important a finalement lieu le 29 janvier 1906. Les deux fédérations signent un traité dans lequel l’USFSA délègue ses pouvoirs en ce qui concerne le sport professionnel à la FSAF, qui prend le nom de Fédération des Sociétés Athlétiques Professionnelles de France (FSAPF).

Dès la première édition du championnat professionnel en 1907, la presse est dithyrambique quant à l’annonce de la finale, qui voit la victoire du Club athlétique du Sud sur le Football Club de Paris par 2-0. Le championnat perdure jusqu’en 1914 et ne reprend pas après la guerre. Néanmoins, il semblerait que les rémunérations des membres de la FSAPF soient davantage un remboursement des frais de déplacement qu’un véritable salaire.

La Fédération cycliste et athlétique de France (FCAF) décide en 1902 d’élargir ses activités au football pour occuper la morte-saison du cyclisme, et pour tenter de récupérer les sportifs de l’USFSA lésés par le traité passé entre l’USFSA et l’UVF, qui donne le monopole des sports athlétiques à la première fédération et le monopole du cyclisme à la seconde. La FCAF établit alors son championnat de 1904 à 1914. L’USFSA va surtout se confronter aux patronages, qui introduisent la gymnastique dans leurs activités, puis le football.

À Paris, le patronage de Saint-Honoré-d’Eylau fonde en 1898 l’Étoile des Deux Lacs, futur plus grand club de patronage de France. Dans la foulée, Paul Michaux fonde la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF). Elle instaure aussi en 1901 un championnats.

Le 14 avril 1901, en plein débat sur l’association loi de 1901, neuf équipes parisiennes s’affrontent toute la journée pour le premier tournoi de football catholique. Ce nombre passe à 64 équipes engagées dès 1906, concurrençant l’USFSA. Malgré l’intégration du football dans la plupart des fédérations, il reste tout de même majoritairement administré par l’USFSA. Ainsi, en 1906, dans le département de la Seine, l’USFSA compte 40 clubs, la FGSPF 25 clubs, la FSAF 10 clubs et la FCAF clubs.

Tensions entre fédérations

Equipe_de_France_de_football_du_1er_novembre_1906-L'USFSA gère l'équipe de France jusqu'en 1908 avant d'être contrainte de passer la main au CFI. Ici l'équipe qui affronte l'Angleterre amateur en 1906.L’USFSA gère l’équipe de France jusqu’en 1908 avant d’être contrainte de passer la main au CFI. Ici l’équipe qui affronte l’Angleterre amateur en 1906. En 1906, environ 10 000 personnes pratiquent le football au sein des différentes fédérations. En pleine vague anticléricale due à la loi de séparation des Églises et de l’État adoptée le 9 décembre 1905, les relations entre l’USFSA et la FGSPF deviennent particulièrement tendues.

Le 28 mai 1905, l’Étoile des Deux Lacs, le club phare de la FGSPF, domine le Gallia Club, championnat de France en titre de l’USFSA, par 2-1 en match amical. Devant l’affront, l’USFSA interdit à ses clubs de rencontrer ceux de la FGSPF. Le 22 octobre 1906, l’USFSA refuse d’affilier un patronage pourtant décidé « à maintenir hors de son programme toute question politique ou religieuse ».

Le 20 janvier 1907, la FGSPF organise un match entre une sélection nationale de la FGSPF, alors que l’équipe de France est gérée par l’USFSA, et le North London Amateur FC. La sélection s’impose 4-3 devant une assistance nombreuse. Le match est quelconque, mais cette victoire, rare à l’époque sur un club anglais, connaît un fort retentissements . Elle encourage Charles Simon à prendre conscience de la valeur du football des patronages et à aller définitivement au conflit avec l’USFSA.
simonDans la foulée, pour s’opposer à l’USFSA, Charles Simon crée le 23 mars 1907 une confédération qui regroupe alors la FGSPF, la Fédération Cycliste Amateur de France (FCAF), la Fédération athlétique Amateur (FAA), la Fédération cycliste et athlétique de Lyon et du Sud-Est (FCALSE) et la Fédération athlétique du Sud-Ouest (FASO). Elle prend le nom de Comité français interfédéral (CFI) et organise le Trophée de France, sorte de championnat de France commun auquel participe toutes les fédérations sauf l’USFSA. Charles Simon crée le CFI en 1907 pour s’opposer à l’USFSA.

Le 7 juin 1908, l’USFSA, qui représente seule le football français auprès de la FIFA, en démissionne en solidarité avec la fédération anglaise de l’Amateur Football Association qui s’en est vu refuser l’accès. Le CFI en profite pour déposer sa candidature le 13 février 1909, qui est étudiée puis validée le 18 mai 1910.

Charles Simon tient sa revanche sur l’USFSA.

Le CFI est désormais seul habilité à gérer l’équipe de France et à organiser des rencontres internationales pour ses clubs. L’affiliation du CFI à la FIFA est une catastrophe pour les principaux clubs parisiens, adhérents à l’USFSA, dont la fin des rencontres internationales signifie la pertes de leurs plus grosses recettes. Quatre clubs parisiens, le Cercle athlétique de Paris, le Red Star Amical Club, l’Union sportive suisse et Paris Star fondent la Ligue de Football Association, premier organisme autonome du football français. La LFA établit de suite son propre championnat et adhére au CFI. Dès 1911, elle compte 36 clubs. Résignée, l’USFSA finit par adhérer au CFI et à faire participer ses clubs au Trophée de France à partir de 1913.

Déroulement du championnat

a venir

Autres compétitions nationales et européennes

Le CFI organise à partir de 1907 le Trophée de France, compétition à laquelle l’USFSA inscrit son champion à partir de 1913. Pour le Trophée de France 1913, le Stade helvétique de Marseille, champion de France 1913 déclare forfait. Il est remplacé par le vice-champion, le FC rouennais, qui se fait éliminer en demi-finale par la Vie au Grand Air du Médoc, champion de France de la FCAF, sur le score de 2-1.

L’Olympique lillois remporte ensuite le Trophée de France 1914, en battant le Football étoile club de Levallois, champion de la Ligue de Football Association, par 4-1 en demi-finale, puis en finale la VGA Médoc sur le même score31. Il n’existe pas à l’époque de compétitions européenne. Les clubs champion de France de l’USFSA ne sont donc qualifié pour aucune compétition européenne.

Images liées:

Categories
  • 1914
  • Armand Thibaudeau
  • cdl le trophée du désamour
  • Paul Michaux
  • Statistiques et records du championnat
  • Trophée france football