Genèse

1.4 Genèse du football féminin

1.4 Genèse du football féminin

Article détaillé : Débuts du football féminin

Les femmes jouent au football depuis la fin du XIXe siècle en Angleterre et en Écosse. La France met en place le premier championnat national juste après la Première Guerre mondiale. Les recettes sont telles que les joueuses sont rémunérées via la pratique de l’amateurisme marron. Le tir de barrage contre la pratique du football par les femmes s’intensifie et le décès d’une joueuse, Miss C.V. Richards, en plein match en 1926 renforce les tenants de l’interdiction.

Henri Desgrange (L’Auto) est plus radical encore dès 1925 : « Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d’accord. Mais qu’elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu’elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n’est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable ! ». Les instances masculines refusent déjà d’admettre depuis le début des années 1920 des licenciées féminines et elles doivent s’organiser en fédération indépendante des deux côtés de la Manche. Le championnat de France de football féminin, où brilla notamment le Fémina Sport, s’arrête en 1933. Pourtant favorable au sport féminin, le Régime de Vichy « interdit rigoureusement » la pratique dans l’Hexagone en 1941. Le football est jugé « nocif pour les femmes ».

Presque anecdotique, la pratique perdure après la Seconde Guerre mondiale mais il faut attendre la seconde moitié des années 1960 pour assister au renouveau du football féminin : en 1969-1970, les fédérations anglaise, française et allemande reconnaissent ainsi le football féminin. On recense 2 170 licenciées à la FFF pour la saison 1970-71, puis 4 900 la saison suivante.

Au niveau international, une première Coupe d’Europe est organisée en 1969. Elle met aux prises l’Angleterre, le Danemark, la France et l’Italie. Le football féminin n’étant pas reconnu officiellement par la FIFA et l’UEFA, cette compétition est « non officielle ».

Au niveau mondial, la première Coupe du monde est jouée dès juillet 1970. C’est encore une compétition « non officielle ». Après de multiples organisations de ce type, l’UEFA (1984) puis la FIFA (1991) conviennent qu’il faut mettre en place des compétitions « officielles », Coupe du monde de football féminin et Championnat d’Europe de football féminin notamment.

Débuts du football féminin

Débuts du football féminin

Genèse du football féminin

Chronologie sommaire des débuts du football féminin (des origines à 1970).

British_Ladies_Football_Club

Le British Ladies Football Club (The North team), en 1895.

Debout : Lily Lynn, Nettie Honeyball, Williams, Edwards, Ide.

Assises : Compton, F. B. Fenn, Nellie Gilbert, P. Smith, Rosa Thiere, Biggs.

1 Les balbutirments et l’âge d’or

  • 7 mai 1881 : première rencontre internationale entre l’Angleterre et l’Écosse, à Edimbourg. La même année, de nombreux matchs féminins s’attirent les critiques de la presse.
  • 23 mars 1895 : Sous la houlette de Nettie Honeyball, un match de prestige opposant Londres du Nord et Londres de Sud est organisé à Crouch End, Londres. Les Nordistes s’imposent 7-0 (ou 7-1 selon les sources).
  • 30 septembre 1917 : Premier match de football féminin disputé en France. Ce match met aux prises deux équipes du Fémina Sport (club omnisports féminin fondé à Paris en 1912).
  • 25 décembre 1917 : Premier match de la formation anglaise Dick-Kerr’s Ladies (club fondé en 1915). 10 000 spectateurs assistent à ce match au profit des soldats.
  • 18 janvier 1918 : Fondation de la Fédération des sociétés féminines sportives de France (FSFSF).
  • 1918 à 1922 : Le Fémina Sport dispute une série de matchs dans toute la France pour faire la promotion du football féminin. De nombreux clubs sont fondés à la suite de ces rencontres.
  • 13 avril 1918 : Première édition du Championnat de France organisé par la FSFSF; c’est une première mondiale. Le fameux Fémina Sport enlève ce premier titre en s’imposant en finale face à l’En Avant (club omnisports féminin fondé à Paris en 1912).
  • 29 avril 1920 : Premier match international entre une formation anglaise de Preston, les Dick-Kerr’s Ladies, et une sélection des meilleures joueuses françaises. La partie déplace plus de 25 000 spectateurs à Manchester. La France gagne 0-2 et boucle cette première tournée anglaise avec deux victoires, un nul et une défaite.
  • octobre 1920 : 12 000 spectateurs assistent au stade Pershing de Paris au match retour du précédent. Un match nul 1-1 sanctionne cette partie. Les Anglaises disputent dans la foulée trois matchs en province (Roubaix, Le Havre, Rouen) face à des sélections locales.
  • 1921 : 150 équipes féminines sont recensées en Angleterre.
  • 1921 : Tournée triomphale en Angleterre des Dick-Kerr’s Ladies avec un record d’affluence de 53 000 spectateurs à Goodison Park (Everton, Liverpool).
  • 1920/1921 : En France, 18 équipes parisiennes participent au Championnat. De plus, les championnes de Paris affrontent en play-offs pour la première fois des formations de province pour l’attribution du titre de championnes de France.
  • 17 avril 1921 : En finale du premier championnat de France ouvert aux clubs de province, l’En Avant (Paris) s’impose 3-0 face aux Sportives de Reims (club fondé le 28 janvier 1921).
  • mai 1921 : Nouvelle tournée anglaise pour l’équipe de France. Les Bleues s’imposent lors de leur premier match (1-5), puis encaissent trois courtes défaites.
  • octobre 1921 : L’équipe d’Angleterre se déplace en France (Paris, Le Havre), mais en deux rencontres face à l’équipe de France aucun but n’est inscrit.

2 L’interdiction du football féminin

  • 5 décembre 1921 : La Football Association interdit le football féminin. Cet interdit anglais sera levé en juillet 1971.
  • 10 décembre 1921 : En réaction à l’interdit de la FA, fondation de la Ladies Football Association, forte de 60 clubs.
  • avril 1922 : Tournée sans défaite pour l’équipe de France en Angleterre. Victorieuses à Plymouth (1-2), les Bleues concèdent des nuls sans but à Exeter et Falmouth.
  • 1925 : Le foot féminin est en crise en France « Le jeu ne vaut rien », Gabriel Hanot. Les grandes foules de l’immédiat après-guerre ont fondu. Henri Desgrange (L’Auto) est plus radical encore : « Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d’accord. Mais qu’elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu’elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n’est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable!. »
  • 1926 : Décès d’une joueuse, Miss C.V. Richards, en plein match. Cet incident est surexploité par les opposants du football féminin. Pour eux, les femmes ne doivent pas être footballeuses.
  • 1927 : Autre angle d’attaque des opposants au football féminin : le professionnalisme ! Les meilleures joueuses sont en effet sujettes à transferts et touchent des primes financières…
  • 1932 : Le football féminin meurt à petit feu en France. La 15e et dernière édition du championnat de France organisée sous l’égide de la FSFSF sacre en 1932 l’incontournable Fémina Sport.
  • 3 avril 1932 : Dernier match de l’équipe de France de la FSFSF. C’est un match nul sans but face à la Belgique à Bruxelles.
  • mars 1933 : Première trace de football féminin en Italie (Milan), le « Gruppo Femminile Calcistico de Milan »2,3.
  • avril 1933 : Le football est officiellement radié des sports soutenus par la FSFSF.
  • 3 novembre 1933 : La Fédération d’Italie empêche la continuation de matchs de foot féminin en Italie4.
  • 26 novembre 1933 : La Ligue de Paris organise un championnat de Paris féminin comprenant dix clubs. Le premier match de ce championnat se tient le 26 novembre 1933. Fémina sport enlève le titre en 1934 ; Dunlop Sports, finaliste malheureux en 1934, est champion 1935 en écartant en finale le Fémina. Actif à Paris, mais en nette perte de vitesse, l’activité en province du football féminin est quasi nulle depuis la radiation de 1933.
  • 28 avril 1934 : La Fédération Française de Football Association possède une équipe nationale qui affronte ce 28 avril 1934 l’équipe féminine de Belgique à Saint-Ouen.
  • 1937 : Dernière édition du championnat de Paris organisé depuis 1933 par la Ligue de Paris. Victime d’attaques permanentes de la part des autorités sportives et politiques qui font campagne contre la pratique du football féminin, le foyer parisien s’éteint en 1937.
  • 27 mars 1941 : Le Gouvernement de Vichy « interdit vigoureusement » la pratique du football féminin. La liste des sports interdits aux femmes est publiée le 27 mars 1941.

3 Une renaissance difficile

  • 1947 : La tentative de relance du football féminin en Alsace échoue.
  • 1947 : 17 clubs de football féminin sont actifs en Angleterre.
  • 1947-1951 : Plusieurs matchs de charité France-Angleterre. Les premières rencontres ont lieu les 23, 25 et 26 juin 1947.
  • 1951 : 26 clubs de football féminin sont actifs en Angleterre.
  • 1955 : Fondation d’une éphémère fédération féminine en Italie (AICF)
  • 1955 : Fondation d’une fédération féminine aux Pays-Bas
  • 1955 : La Fédération d’Allemagne de football refuse de partager « ses » terrains avec les filles… Interdiction de fait du football féminin en Allemagne.
  • 1956 : Malgré l’interdit, les Allemandes continuent à jouer et 18 000 spectateurs se déplacent à Essen (RFA) pour assister au premier match RFA-Pays-Bas (2-1), évidemment non officiel.
  • 1965 : Cinquantième anniversaire des Dick-Kerr’s Ladies. 858 matchs ont été disputés par cette formation au cours de ce demi-siècle.
  • 1966 : 32 équipes tchèques prennent part au tournoi national tchèque organisé par le magazine « Mlady Svet ».
  • 1966 : Relance du football féminin en Italie. Ce renouveau fait suite à la décision de la Milanaise Valeria Rocchi de mettre sur pied une équipe féminine de football afin de récolter des fonds pour des œuvres humanitaires en Inde.
  • 1967 : 46 équipes tchèques prennent part à la deuxième édition du tournoi national organisé par le magazine « Mlady Svet ». Dès cette année 1967, le Slavia Prague dispute des matchs en Italie.
  • 1968 : 64 équipes tchèques prennent part à la troisième édition du tournoi national organisé par le magazine « Mlady Svet ». Le football féminin s’implante en Tchécoslovaquie avec la création d’une fédération de football féminin, indépendante de la fédération tchèque, forte de 91 clubs à ses débuts.
  • 23 février 1968 : L’Italie bat la Tchécoslovaquie, 2-1.
  • 1968 : Fondation du championnat national italien FICF.
  • 14 et 15 juin 1969 : Tournoi international entre le FCF Reims, une sélection alsacienne, une équipe anglaise (Herne Bay LFC) et le Slavia Pramen Kablice, champion de Bohême-du-Sud. Les Tchèques s’imposent en finale face au FCF Reims.
  • 1969 : Première édition de la Coupe d’Europe avec quatre pays : Angleterre, Danemark, France et Italie. L’Italie est sacrée championne.
  • Novembre 1969 : Un article du journal sportif français Miroir Sprint appelle à la création d’une Fédération française de football féminin. Les anglaises suivent cette voie en fondant la Women’s Football Association qui regroupe 44 clubs.
  • Décembre 1969 : La Football Association anglaise reconnaît le football féminin. 54 clubs sont recensés en Angleterre.
  • 1969 : Le Slavia Prague est l’équipe de l’année. Sur 59 matchs joués, aucune défaite et 401 buts marqués pour seulement 11 encaissés !
  • 30 octobre 1970 : Réhabilitation officielle du football féminin en Allemagne de l’Ouest.
  • 1971 : La Fédération anglaise de football lève son interdiction de voir des femmes jouer sur les terrains de ses membres.
  • 1970 : Première édition de la Coupe du monde féminine de football (non reconnue par la FIFA). Le Danemark bat l’Italie en finale, 2-0 le 15 juillet.
  • 1981 : Création hors aval de la FIFA du Mundialito féminin.
  • 2008 : Après une semaine de célébrations de la vie de Lily Parr, la Fédération anglaise de football présente ses excuses pour avoir banni les femmes du football de 1921 à 1971.

4 Percée en France

  • 10 novembre 1967 : Martine Giron (21 ans) est la première femme certifiée arbitre officiel. C’est la Ligue de Paris qui montre ici la voie.
  • 1967 : Relance du football féminin en Alsace.
  • 1967 : Création d’une équipe féminine de football au sein de la VGA Saint-Maur.
  • 1er mai 1968 : Relance du football féminin à Caluire, banlieue de Lyon, avec l’organisation d’un match de football féminin. Une équipe prend corps dans la foulée de ce match de démonstration.
  • Juin 1968 : Le CSC Vieux Nice forme une équipe féminine de football qui se contente de s’entraîner pendant deux étés.
  • 30 août 1968 : Renouveau du football féminin français avec un match disputé en lever de rideau d’un match amical professionnel Stade de Reims-US Valenciennes. Cette partie historique faisait suite à un article de Pierre Geoffroy, jeune journaliste du quotidien L’Union de Reims6.
  • 1968 : Les filles du FCF Reims, puis du Stade de Reims engagent le combat en France pour la reconnaissance du football féminin. Enchaînant entre 1968 et 1973 les tournées aux États-Unis, Mexique, Canada, Indonésie et Haïti, notamment, les Rémoises constituent la meilleure formation de l’Hexagone. 60 000 spectateurs sont enregistrés à Bandung (Indonésie) à l’occasion d’un match des filles de Reims.
  • Octobre 1968 : Création d’une équipe féminine de football au sein du RC Joinville.
  • 1968 : Début de la pratique du football féminin dans le Centre-Ouest, notamment à Soyaux.
  • 23 mars 1969-29 septembre 1969 : Première saison du championnat de Champagne-Ardenne de football féminin. Treize clubs y participent. C’est alors la seule compétition de football en France. Le FCF Reims remporte le titre en battant Marnaval en finale au Stade Auguste-Delaune.
  • 1969-1970 : La Ligue d’Alsace organise le premier championnat d’Alsace de football féminin. Neuf clubs y prennent part et le FCF Schwindratzheim remporte le titre en écartant Notre-Dame de Strasbourg en finale.
  • 1er octobre 1969 : Création d’une équipe féminine de football au sein de la Fidésienne SA, club de Sainte-Foy-lès-Lyon.
  • 16 novembre 1969 : Match de démonstration au Stade Jean Bouin entre le FCF Reims et une sélection du Nord.
  • 1970 : En début d’année 1970, on recense 21 clubs ou sections féminines de football en Champagne-Ardenne.
  • Janvier 1970 : Le FCF Reims est intégré au Stade de Reims.
  • 7 mars 1970 : Réunion au siège de la FFF entre les autorités du football français et les représentants d’une cinquantaine de clubs de football féminin en vue de préparer la reconnaissance du football féminin faite quelques jours plus tard.
  • 29 mars 1970 : La FFF reconnaît le football féminin tombé en désuétude en France depuis les années 1930. Une cinquantaine de clubs féminins sont recensés dont 21 pour la Ligue du Nord-Est et 12 dans le Bas-Rhin.
  • 1970 : À la fin de la saison 1969-1970, on recense 21 clubs féminins de football en Centre-Ouest.

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Histoire EFF Genèse

 

Histoire de l'équipe de France de football

Genèse

Dès la fin du XIXe siècle, des rencontres impliquant des sélections françaises sont organisées, notamment sous l'égide de l'union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA). En 1895, une « sélection de Paris », composée principalement de joueurs britanniques résidant à Paris, affronte notamment une sélection de clubs anglais.

France_football_1900

L'équipe de France USFSA des JO de 1900.

La sélection française USFSA dispute entre 1900 et 1904 cinq matches internationaux face à la Belgique, battue 6-2, et l'Angleterre amateurs, qui domine les Français à quatre reprises. Lors du tournoi de football des Jeux olympiques d'été de 1900, la sélection USFSA, constituée des joueurs du Club français, obtient la médaille d'argent. Ces matches ne sont cependant pas pris en compte dans les statistiques officielles.

La création de l'équipe de France de football est liée à la fondation de la Fédération internationale de football association (FIFA) en 1904. L'équipe de France de football démarre son histoire officielle le 1er mai 1904 à Bruxelles, par un match nul face à la Belgique 3-3. Le premier buteur français se nomme Louis Mesnier et le premier capitaine Fernand Canelle. La France dispute cette année-là un second match non officiel face à l'Union Saint-Gilloise le 27 mai 1904.

France-Suisse_1905

En 1905, la France dispute son premier match à domicile face à la Suisse et remporte à cette occasion la première victoire de son histoire3. Les années qui suivent sont peu glorieuses. L'Angleterre vient infliger à l'équipe de France la plus lourde défaite de son histoire à domicile sur le score de 15-04.

Equipe_de_France_de_football_du_1er_novembre_1906

L'équipe qui affronte l'Angleterre amateur le 1er novembre 1906.

Exclue de la FIFA le 7 juin 1908 mais membre fondateur du Comité international olympique (CIO), l'USFSA est encore responsable des sélections olympiques de l'été 1908. Malgré cette position affaiblie, elle délègue deux équipes de France A et B pour représenter la France à Londres. Le règlement autorise alors cette double sélection, mais la France est la seule à utiliser cette étrange possibilité. De plus, de nombreux forfaits sont enregistrés dans les rangs des joueurs de l'USFSA, et nombre des 44 joueurs français sélectionnés arrivent le matin même du match sur le lieu de compétition après un long voyage en train et bateau.

C'est une véritable pantalonnade : l'équipe française subit deux cinglants revers contre le Danemark à trois jours d’intervalle (0-9 puis 1-17) lors des jeux olympiques de Londres. Ces deux rencontres olympiques sont rétroactivement comptabilisées comme matchs officiels de l'équipe de France A (matchs no 11 et 12). À partir du match contre la Belgique du 9 mai 1908, c'est le Comité français interfédéral (CFI) qui procède aux sélections en tant que seule fédération reconnue par la FIFA.

« Il y a en ce moment tellement d'équipes de France qu'on ne sait vraiment plus à laquelle décerner le titre mirifique de « onze national ». Équipe de France USFSA, équipe de France CFI, équipe de France FSAPF, équipe de France indépendants – j'en oublie peut-être – rencontrent des amateurs, des professionnels, des semi-amateurs, des semi-professionnels, sans jamais combattre entre elles. Comment diable choisir la meilleure, la nec plus ultra, la Nationale ! » Le Matin du 23 mai 1909

En 1912, le CFI ne parvient pas à se mettre d'accord avec l'USFSA pour présenter une équipe de France aux jeux olympiques de Stockholm. Un accord est cherché jusqu'au dernier moment, en vain. En juin, la France est contrainte de déclarer forfait. Malgré ces conflits entre les différentes fédérations qui coexistent dans l'hexagone, qui rendent impossible la sélection des onze meilleurs joueurs du pays, quelques belles performances sont à signaler comme la victoire face à l'Italie à Turin en 1912, grâce à un triplé d'Eugène Maës (3-4).

La Première Guerre mondiale interrompt les activités de l'équipe de France et cause la mort de 17 de ses internationaux. La création de la fédération française de football (FFF) en 1919 permet à l'équipe de France de se structurer. L'USFSA rejoint finalement la FFF en 1921, ce qui permet aux Bleus d'être désormais l'équipe de France et non plus seulement une sélection de joueurs évoluant dans telle ou telle fédération. La première victoire face aux Anglais (2-1) le 5 mai 1921 marque les débuts réels d'une équipe de France sélectionnant désormais les meilleurs joueurs du pays.

En 1923, l'équipe de France connaît pourtant une année noire avec six défaites en six matchs, dont une sévère défaite (8-1) à Amsterdam face aux Pays-Bas. Afin de stopper l'hémorragie en vue des Jeux olympiques d'été de 1924 que la France organise, l'entraîneur britannique Charles Griffiths est engagé11. Malgré des débuts prometteurs avec une victoire face à la Belgique le 13 janvier 1924, la France s'incline ensuite face à la Suisse au mois de mars. Griffiths est vivement critiqué pour sélectionner des joueurs évoluant en province. Cette année-là pourtant, la finale de coupe de France est remportée pour la première fois par un club de la province : l'Olympique de Marseille face à un autre club provincial, le FC Cette.

Pour préparer le tournoi olympique, la France se mesure à l'Angleterre et au club anglais de West Ham. Après une défaite face au onze anglais, la victoire sur les Hammers redonne de l'allant aux Français. À la suite du tirage au sort du tournoi de football des JO, la France est exemptée du tour préliminaire et débute la compétition directement en huitièmes de finale. Le 27 mai 1924, les Tricolores battent la Lettonie largement (7-0) et se qualifient pour les quarts de finale15. Ils y affrontent l'Uruguay, l'un des favoris du tournoi. Les Français s'inclinent cinq but à un et sont éliminés.

« Il y a en ce moment tellement d'équipes de France qu'on ne sait vraiment plus à laquelle décerner le titre mirifique de « onze national ». Équipe de France USFSA, équipe de France CFI, équipe de France FSAPF, équipe de France indépendants – j'en oublie peut-être – rencontrent des amateurs, des professionnels, des semi-amateurs, des semi-professionnels, sans jamais combattre entre elles. Comment diable choisir la meilleure, la nec plus ultra, la Nationale ! » Le Matin du 23 mai 1909

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Genèse-les Anglais de France 1880-1914

Histoire du football en France

Genèse : les Anglais de France (1880-1914)

Début au nord d’une ligne Caen-Paris-Laon (fin du XIXe siècle)

Inventé par les Britanniques, le football codifié à Londres en 1863 est d’abord pratiqué en France au nord d’une ligne Caen – Paris – Laon, principalement en milieu scolaire. L’un des premiers cas est signalé en décembre 1867 dans un article du Monde illustré qui mentionne la pratique à l’institution internationale de Chatou, banlieue ouest de Paris, sur l’initiative d’élèves du collège international de Londres. Dès les années 1880, le football est l’un des jeux préférés des écoliers et lycéens. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont que très rarement les professeurs de gymnastique qui introduisent le jeu dans les cours de récréation. Les professeurs d’anglais, en revanche, rapportent ballons et règles du jeu de leurs voyages linguistiques au Royaume-Uni.

Parallèlement à cette introduction en milieu scolaire, quelques Anglais font démonstration de leur sport au cours de rencontres qui marquent parfois longtemps les mémoires. Ainsi, les ports et les villes de passage connaissent ces rencontres précoces. Les Français sont rarement conviés à jouer et les Anglais repartent toujours avec leur ballon. Les retombées locales sur la diffusion du jeu sont quasi nulles.

Le football s’organisant rapidement en Angleterre (professionnalisme dès 1885), la France ne peut rester longtemps à l’écart de ce nouveau phénomène. D’autant qu’un large mouvement très anglophile marquant la bourgeoisie depuis le Second Empire aide activement à l’introduction en France de la pratique sportive (aviron, athlétisme…). Toutefois, ces premiers sportifs français sont exclusivement recrutés parmi les meilleures familles du pays. La pratique du sport est alors perçue comme une forme de privilège. Or le professionnalisme bouleverse les habitudes de cette élite guindée.

Ainsi, en 1914, l’Angleterre compte plus de 400 clubs professionnels et 6 000 joueurs opèrent sous ce statut. 4 740 sont même syndiqués. L’opposition très farouche des dirigeants du sport français face à ces dérives britanniques pèse très lourdement sur l’expansion du football en France. L’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), fédération omnisports fondée en 1887, a vocation à gérer l’ensemble du sport français.

Le football est clairement boycotté par l’USFSA en raison de la peur panique du professionnalisme, des transferts et des paris (perçus alors en France comme le pire des défauts anglais) que génère ce sport outre-Manche. En revanche, le premier championnat de France USFSA de « football-rugby » a lieu dès 1891. Plusieurs dizaines de formations de rugby sont alors recensées à Paris, surtout en milieu scolaire. Le 12 décembre 1888, se tient au Bois de Boulogne (Paris) en présence du président de la République, Sadi Carnot, un match opposant deux équipes de l’Association athlétique des élèves de l’école de Monge, fondée un mois plus tôt.

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1900/1920 Histoire de l’OM

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Histoire de l'Olympique de Marseille

Genèse

Selon André Gascard, ancien joueur, entraîneur et dirigeant avant de devenir archiviste de l'OM, le club omnisports de l'Olympique de Marseille est fondé par René Dufaure de Montmirail en 1892, bien que son nom actuel soit adopté en 1899. Le club est en fait issu de la fusion du Football Club de Marseille et du club d'escrime L'Épée. Les statuts du club sont adoptés en assemblée générale extraordinaire en août 1899 et reconnus officiellement par arrêté préfectoral le 12 décembre 1900.

Aux débuts du club omnisports, le rugby est le sport vedette, et c'est à ce moment que la devise du club Droit au but prend son origine. Affilié à l'USFSA depuis 1898, le football est pratiqué grâce à l'impulsion d'Anglais et d'Allemands véritablement à partir de 1902. De tous les clubs de football de la cité marseillaise, l'OM grâce à son organisation et son budget devient rapidement le club phare de la ville (reléguant le Sporting, le Stade ou la Phocéenne au second plan) et évolue au stade de l'Huveaune.

En 1904, l'OM remporte son premier championnat du littoral (concernant les clubs de Marseille et sa banlieue) et participe aux phases finales du onzième championnat de France. À cette époque, le terme « association » est le plus souvent employé tandis que le mot « football » désigne principalement le rugby, notamment en province. Sur le plan national, l'OM n'arrive pas à franchir la dernière marche en tombant en demi-finales en 1904, 1905, 1906 et 1908, mais domine sans partage au niveau régional en décrochant cinq titres de champion de France d'affilée. Mais le club rival du Stade Helvétique de Marseille met fin à cette domination et accroche même trois titres de champion de France.

La Première Guerre mondiale va suspendre presque toute activité sportive. La paix revenue, une toute nouvelle épreuve qui va faire de l'OM son plus illustre représentant apparaît : la Coupe de France. Le premier match voit l'OM battre l'Herculis de Monaco sur le score de 7 buts à 0. Au niveau national, l'OM échoue en finale du Championnat de France USFSA face au Havre AC (4-1). L'Olympique de Marseille réalise ainsi sa première grande performance au niveau national, même si la diversité des compétitions nationales relativise ce parcours.

Olympique de Marseille, l'oème

L'Olympique de Marseille,couramment abrégé en OM,est un club de football français fondé en 1899 par René Dufaure de Montmirail.Le club joue au Stade de l'Huveaune de 1904 à 1937, date à laquelle est inauguré le Stade Vélodrome. Auparavant, le club marseillais remporte sa première Coupe de France en 1924 et devient le tout premier club provincial à s'adjuger ce titre.

Officiellement, le club de l'Olympique de Marseille est fondé par René Dufaure de Montmirail en 1899. Le club est issu de la fusion du Football Club de Marseille, qui lègue sa devise « Droit au but » au club olympien, et du club d'escrime L'Épée. Les statuts du club sont adoptés en assemblée générale extraordinaire en août 1899 et reconnus officiellement par arrêté préfectoral le 12 décembre 1900.

Néanmoins, selon André Gascard, joueur, entraîneur et dirigeant, puis archiviste de l'OM, le club omnisports de l'Olympique de Marseille est fondé en 1892.

D'ailleurs, le papier à en-tête, les cartes de membres porteront longtemps l'intitulé«fondé en 1892 ».

Le rugby est le sport phare des débuts du club, avec notamment à ses débuts des joueurs comme Harry Baur, Camille Montade ou Fernand Bouisson. Reconnu par l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) en 1894, le football, alors appelé « association », est véritablement pratiqué à partir de 1902. De tous les clubs de football de la cité marseillaise, l'OM devient rapidement le club phare de la ville grâce à son organisation et son budget, reléguant le Sporting Club de Marseille, ou l'Union sportive phocéenne au second plan.

Il évolue alors au stade de l'Huveaune

En 1904, l'OM remporte son premier championnat du littoral (concernant les clubs de Marseille et sa banlieue) et participe aux phases finales du onzième championnat de France. Dans le championnat de France, l'OM n'arrive pas à franchir la dernière marche en tombant en demi-finales en 1904, 1907 et 1908, mais domine sans partage au niveau régional en décrochant cinq titres de champion du littoral d'affilée. Le club rival du Stade Helvétique de Marseille met fin à cette domination et accroche même 3 titres de champion de France.

La Première Guerre mondiale va pratiquement interrompre toute activité sportive.

Malgré ces événements, une toute nouvelle épreuve apparaît : la Coupe de France. Elle va faire de l'OM son plus illustre représentant. Le premier match voit l'OM battre l'Herculis de Monaco sur le score de 7 buts à 0. Après la Grande Guerre, l'OM échoue en finale de la dernière édition du Championnat de France USFSA face au Havre AC (4-1). L'Olympique de Marseille réalise ainsi sa première grande performance en championnat, même si la diversité des compétitions nationales relativise ce parcours.

Les dates de l'Olympique de Marseille

suisse

1856: Création de la Société de Gymnastique Suisse de Marseille. Au début du 19e siècle, les Suisses constituent la 2e communauté étrangère de Marseille derrière les Italiens. Nombre de Suisses débarquent à Marseille avec la ferme intention de réussir et de faire carrière.

1904: La section football est créée. Pendant ses premières années d'existence, le club ne peut aligner que de 7 à 9 joueurs.

1906: Les Suisses montent en première série du championnat USFSA du Littoral mettant aux prises les meilleurs clubs de la cité phocéenne.

1907: Le nom de Stade Helvétique est adopté.

1909: Champion de France USFSA. Champion du Littoral. Dix Suisses et un Anglais sacrés champions de France. C'est le premier succès marseillais face à un club parisien le Stade Helvétique devient dès lors le club phare de Marseille, mettant au second plan les autres clubs de la ville, Olympique inclus.

1910: Champion du Littoral. Finaliste du championnat de France USFSA atomisé par l'US Tourcoing.

1911: Champion de France USFSA. Champion du Littoral.

1912: Champion du Littoral.

stade-helvetique-1913

1913: Champion de France USFSA. Champion du Littoral. Devant le nombre important d'étrangers composant l'équipe marseillaise, le SH n'est pas autorisé à participer au Trophée de France, réunissant les champions des différentes fédérations. Le maillot est rayé jaune et noir.

1914: Champion du Littoral.

1916: Le club cesse ses activités.

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