Historique

Histoire du Football Féminin(3)

Histoire du foot au féminin(3)

La renaissance (années 60)

Après deux semaines de pause, reprise de l’histoire du foot au féminin avec la fin des années 60 et la renaissance de la pratique. A l’issue de la deuxième guerre mondiale, comme après l’armistice de 1918, quelques Anglaises se prêtèrent de nouveau à des parties de foot pour récolter des fonds pour les familles et les anciens combattants. Ces manifestations restèrent sans lendemain. Vingt bonnes années furent encore nécessaires pour voir réapparaître le football féminin.

Dans les années 60, si quelques échos venus des pays de l’Est évoquent ici et là l’existence d’équipes féminines, en France, la possibilité de voir une femme taper dans un ballon de foot reste une notion pour le moins abstraite. Ainsi, le numéro du 23 février 1965 de France-Football officiel, l’organe de communication de la Fédération française, propose une étude intitulée « La femme et le football ». D’entrée, l’auteur du billet Pierre Delaunay, situe la nature de son article. « Il est hors de notre pensée d’admettre qu’elles puissent vraiment le pratiquer. S’agissant d’un sport où toute rudesse loyale n’est pas exclue, celui-ci est universellement considéré comme devant être joué uniquement par des hommes. (…) Outre-Rhin, nous savons que récemment, des équipes féminines ont joué entre elles. Elles auraient même envisagé de jouer en France des matches d’exhibition. Je crois que ce dernier terme caractériserait bien de semblables rencontres si elles devaient provoquer la venue de spectateurs. (…) Toute tentative organisée ne peut-être semble-t-il que vouée à l’échec, même si elle devait être encouragée ; encore une fois, le football ne s’adresse, à notre sens, qu’à la gent masculine. »
L’auteur insiste ensuite sur le rôle important que peuvent jouer les femmes mais uniquement comme secrétaires des ligues, supportrices ou encore femmes des joueurs et arbitres. Cette parution suffit à situer l’état d’esprit de l’époque vis-à-vis d’une présence féminine dans le monde du ballon rond. Le chemin est encore long.

Très lentement, les choses évoluent pourtant. Un peu partout en France, le plus souvent dans le cadre d’exhibitions destinées à des animations locales, des équipes de village se forment. Au début de ce renouveau, le football féminin n’est considéré que comme un divertissement susceptible d’attirer des spectateurs et donc d’augmenter les recettes. Ainsi, en 1965, M. Shiltz crée une équipe à Humbécourt (Haute-Marne) formée de femmes âgées entre 17 et 45 ans et qui va être opposée aux pompiers du village ! Cette rencontre, remportée 4-2 par les femmes attire près de 500 spectateurs et va devenir un rendez-vous annuel. En 1967, Humbécourt dispute son premier match entièrement féminin face à une équipe composée de femmes des villages alentours.

reims-equipe-humbecourt1967

A Reims (photo ci-dessus), une petite annonce dans le quotidien L’Union, rédigée par Pierre Geoffroy, enregistre un succès immédiat. Le samedi 24 août 1968, en lever de rideau d’un match entre le Stade de Reims et Valenciennes, des footballeuses sont ainsi présentées au public du stade Auguste-Delaune. Le lendemain, lors de la kermesse de L’Union Sports, le Football Club Féminin de Reims (qui deviendra vite le Stade de Reims féminin), en maillot bleu et short blanc, est cette fois opposé aux Alsaciennes de Schwindratzheim et s’impose 3-1. Au départ, tout le monde prit ces matches comme une plaisanterie. Tout le monde sauf les filles qui vont bientôt réclamer d’être considérées comme de véritables sportives.

Un phénomène qui se répète un peu partout en France. En Alsace notamment. Une équipe féminine se monte ainsi au sein du FC Eschau puis le FCF Schwindratzheim, club autonome, joue le premier match amical le 14 juillet 1968 face à l’AS Gerstheim (0-1), devant 1 000 spectateurs au stade de la Zorn. Dès la saison 1969-70, une compétition est ainsi mise en place. C’est le FC Schwindratzheim, emmené notamment par une certaine Marilou Duringer, la future grande dame du football féminin français, qui décroche le premier titre de champion. En 71-72, vingt-cinq clubs évoluent dans la Ligue Alsace.

Un peu plus au sud, dans la Ligue Sud-Est, en juin 68, Les dirigeants du Vieux Nice se lancent dans l’aventure. A Marseille, six filles du Collège Anatole France ont également entendu parler de l’expérience du Stade de Reims. Avec MM. Aubergy et Gombert, elles montent une équipe à l’OM. Josiane Marcassoli (20 ans en 73), une des meilleures gardiennes de la région, Denise Arifont, arrière, Martine Tisserand (16 ans), très bonne attaquante, Chantal Marcassoli, capitaine et milieu de terrain (19 ans) ou encore Françoise Aubert, ailier droit, en sont les piliers. A Menton, en 1970, des filles issues du club de basket quittent leur gymnase pour la pelouse du stade voisin. La municipalité leur prête un bus et des installations qui vont les aider à devenir championnes Côte d’Azur en 72.

Paris, bien sûr, ne reste pas à l’écart de ce phénomène. M. Indrigo monte ainsi la première section à Saint-Maur en 67-68 puis M. Ivanovic l’imite au Racing Club de Paris Joinville. Même éveil à l’Etoile Sportive de Juvisy ou encore au Paris-Saint-Germain. Le premier championnat parisien est finalement lancé en 1971. Le Racing Club de Paris Joinville, avec un effectif pourtant réduit de treize filles, l’emporte devant Saint-Maur (1-1, 2-0).

Face à cette évolution, le Conseil fédéral réagit. Dans sa session du 30 août 1969, il avait déjà donné le droit aux femmes de jouer au football dans ses structures : « Connaissance prise des demandes d’informations présentées par les Ligues du Lyonnais et du Sud-Est, le Conseil donne son accord de principe en vue de la création de sections féminines au sein des clubs affiliés à la FFF. Les Ligues régionales auront donc la latitude de délivrer les licences dans les mêmes conditions que pour les joueurs. Il insiste sur le fait qu’en aucun cas des équipes mixtes ne pourront être tolérées. Les modalités visant à la création d’épreuves féminines interviendront ultérieurement après examen approfondi. Un rapport est demandé à la Commission Centrale médicale ainsi qu’à l’Instructeur National, M. Georges Boulogne. »

Le conseil fédéral du 29 mars 1970 marque un tournant dans l’histoire de la discipline en France. Cette fois, la Fédération reconnaît officiellement le football féminin. Quatre mois plus tard, une commission centrale du football féminin chargée de l’organisation nationale du football féminin est mise en place.

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Histoire du Football Féminin(4)

Histoire du football au féminin (4)

Naissance du Championnat de France
Lors du précédent épisode de cette histoire du football au féminin, nous avions évoqué la renaissance de la pratique à la fin des années 60. Cette renaissance avait été symbolisée lors du conseil fédéral du 29 mars 1970 par la reconnaissance officielle du football féminin par la Fédération française. Dans ce quatrième volet, découvrez comment l’évolution de la discipline à travers toute la France et l’augmentation du nombre de licenciées conduisirent à la création du Championnat de France en septembre 1974.

La discipline tisse au fur et à mesure une grande toile avec la création dans la plupart des régions de commissions régionales du football féminin. Plus une réunion des pontes fédéraux ne se déroule sans que soit évoqué le football féminin.
Pour la première fois, la présence de footballeuses apparaît dans les statistiques officielles de la FFF. Pour la saison 70-71, elles sont 2170 sur les 758 559 licenciés (Paris : 142 ; Sud-Est : 220 ; Normandie : 178 ; Lyonnais : 286 ; Centre-Ouest : 227 ; Nord : 148 ; Midi : 0 ; Picardie : 186 ; Auvergne : 0 ; Nord-Est : 329 ; Franche-Comté et Corse : 0, etc).

La saison suivante, la progression est évidente avec 4 900 joueuses (Paris, 286 ; Sud-Est : 520 ; Normandie, 390 ; Lyonnais, 528 ; Atlantique : 413 ; Centre-Ouest : 535 ; Nord : 435 ; Midi : 0 ; Alsace : 393 ; Picardie, 111 ; Nord-Est, 288 ; Franche-Comté, 0 ; Corse, 0 ; etc).
Dès lors, les effectifs vont sans cesse progresser (72-73 : 5518, sur un total de 930 499, réparties dans 320 clubs ; 73-74 : 5654 ; 74-75 : 6048 ; 75-76 : 7045 ; 76-77 : 8743 ; 77-78 : 11674 ; 78-79 : 16028 dont 4 551 cadettes et 1 048 benjamines ; 79-80 : 18315)

« Le football féminin est une réalité sérieuse, constate Marcel Laugel, président du district du Bas-Rhin, dans le France Football Officiel du 4 octobre 72. Il évolue et progresse rapidement. On cherche souvent à le classer dans la hiérarchie de notre football. On se demande s’il est comparable à celui pratiqué en une série inférieure départementale senior ou au niveau des championnats juniors régionaux. Eh bien le football féminin ne peut être comparé à un niveau quelconque du football masculin. Il est différent. Les joueuses commettent certes fréquemment des maladresses inhabituelles chez les jeunes cadets mais elles réussissent souvent des déviations et des exploits de simplicité, spectaculaires qu’on ne voit pas dans des matches masculins de division d’Honneur. Il y a quelques années, le public venait par curiosité et souvent se distrayait agréablement. Aujourd’hui, surtout lorsque l’on voit à l’?uvre une équipe championne comme celles de Reims ou de Schwindratzheim, on est étonnés, surpris et finalement conquis. »
Les instances européennes suivent également de près cette « révolution » même si l’Union européenne ne veut pas se précipiter et refuse d’organiser aucune compétition ni pour les clubs, ni pour les équipes nationales représentatives. Dans la mesure du possible, les associations nationales sont appelées à contribuer au développement du football féminin.

 SOYAUX_ORIGINEfoot-femeinin-ping3L’équipe de Soyaux à son origine au milieu des années 70.

Le premier championnat de France est mis sur place lors de la saison 1974-1975. Il est baptisé « Challenge Chesterfield » et réunit seize équipes réparties en quatre groupes. Le 7 septembre 1974, la bible du football, le magazine France Football, sous la plume de Tony Arbona, lance alors un retentissant « Bienvenue au football féminin » . « Le football et la femme, lit-on. C’est nouveau ou presque. On sait qu’il existe mais rares sont les sportifs qui pourraient citer trois noms de joueuses de l’équipe de France, laquelle existe pourtant depuis deux ans. (…) Aujourd’hui, en natation comme en cyclisme, en aviron comme au tennis et en athlétisme comme en natation, les femmes ont conquis leur place et bien souvent on compte sur elles pour donner plus de lustre au sport français. En football, nous n’en sommes pas là. Pas encore. Pourquoi ? Sport viril, sport de contact, le football est-il interdit à la femme ? Le mouvement n’est pas nouveau. Mais le voilà qui s’amplifie. Parti de Reims, pays de football, il a gagné toute la France. »

C’est donc le 22 septembre 1974 que se disputent les premières rencontres officielles du Championnat de France féminin. L’histoire retiendra les résultats de ce jour, à savoir : Saint-Maur – Fourmies, 0-1 ; Rouen – Reims, 1-3 ; Metz – Valentigney, 1-0 ; Vitry – Vendenheim, 1-1 ; Cavaillon – Caluire, 0-2 ; Cannes – Romagnat, 1-5 ; Limoges – Challans, 3-3 ; Bergerac – Orléans, 9-3.
Le Championnat de France est né. Vainqueur de son premier match, le Stade de Reims entame une grande période de domination.

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Les Attributions de la FFF

Les Attributions de la Fédération Française

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  • 1. L’association dite « Fédération Française de Football », fondée le 7 avril 1919 par transformation du « Comité français interfédéral » créé en 1906, et reconnue d’utilité publique par décret en date du 4 décembre 1922, comprend des groupements sportifs dénommés Clubs ayant pour but principal ou accessoire de faire pratiquer le football.
    Tout discours, manifestation ou affichage à caractère politique, syndical ou confessionnel est interdit à l’occasion des matchs.
  • 2. La Fédération Française de Football (F.F.F.) notamment a pour objet :
    – d’organiser, de développer et de contrôler l’enseignement et la pratique du football, sous toutes ses formes, par des joueurs de statuts différents, en France, sur le territoire métropolitain et dans les départements et territoires d’outre-mer ;
    – d’établir les règles techniques
    – de délivrer les titres et procéder aux sélections nationales
    – de procéder à la délivrance des licences
    – de définir et de mettre en œuvre un projet global de formation
    – de créer et de maintenir un lien entre ses membres individuels, les Clubs affiliés, ses Districts, ses Ligues régionales, le Conseil d’Administration de la Ligue du Football Amateur et la Ligue de Football Professionnel 
    – de défendre les intérêts moraux et matériels du football français ;
    – d’entretenir toutes relations utiles avec les associations étrangères affiliées à la Fédération Internationale de Football Association (F.I.F.A.), les organismes sportifs nationaux et les Pouvoirs Publics.
  • 3. Elle est régie par la loi du 1er juillet 1901, par les lois et règlements en vigueur et veille au respect des règles déontologiques du sport établies par le Comité National Olympique et Sportif Français.
    Elle assure les missions prévues dans le Code du Sport.
  • 4. Sa durée est illimitée.
  • 5. Elle a son siège à Paris au 87, boulevard de Grenelle, 15ème arrondissement. Elle peut le transférer en tout lieu de cette ville par simple décision du Comité Exécutif et dans une autre ville par délibération de l’Assemblée Fédérale.

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1955-2016 Club Vainqueur de la Coupe Gambardella

gifs_coupe_     Clubs Vainqueur de la Coupe Gambardella 1954-2014
 Année  L.P  L.C    VAINQUEURClub Vainqueur  Année  L.P  LC      VAINQUEURClub Vainqueur
 1955  France.ping AS Cannes(1)  2001  France.ping FC Metz(2) 
 1956  France.ping AS Troyes(1)  2002  France.ping FC Nantes(3) 
 1957  France.ping RC Lens(1)  2003  France.ping Stade Rennais(2) 
 1958  France.ping RC Lens(2)  2004  France.ping Le Mans UC 72(1)
 1959  France.ping RC Paris(1)  2005  France.ping Toulouse FC(1)
 1960  France.ping LOSC Lille(1)  2006  France.ping RC Strasbourg(1)
 1961  France.ping Nîmes Olympique(1)  2007  France.ping FC Sochaux-Montbéliard(2)
 1962  France.ping AS Monaco(1)  2008  France.ping Stade Rennais(3)
 1963  France.ping AS Saint-Etienne(1)  2009  France.ping MontpellierHSC(2)
 1964  France.ping Stade de Reims(1)  2010  France.ping FC Metz(3)
 1965  France.ping RC Strasbourg(1)  2011  France.ping AS Monaco(3)
 1966  France.ping Nîmes Olympique(2)  2012  France.ping OGC Nice(1)
 1967  France.ping US Quevilly(1)  2013  France.ping Girondins Bordeaux(2)
 1968  France.ping FC Martigues(1)  2014  France.ping
 1969  France.ping Nîmes Olympique(3)  2015  France.ping
 1970  France.ping AS Saint-Etienne(2)  2016  France.ping
 1971  France.ping Olympique Lyonnais(1)
 1972  France.ping AS Monaco(2)  
 1973  France.ping Stade Rennais(1)
 1974  France.ping FC Nantes(1)
 1975  France.ping FC Nantes(2)  
 1976  France.ping Girondins Bordeaux(1)
 1977  France.ping Nîmes Olympique(4)
 1978  France.ping INF Vichy(1)
 1979  France.ping   Olympique de Marseille(1)
 1980  France.ping INF Vichy(2)
 1981  France.ping FC Metz(1)
 1982  France.ping AJ Auxerre(1)
 1983  France.ping FC SochauxMontbéliard(1)
 1984  France.ping Stade Lavallois(1)
 1985  France.ping AJ Auxerre(2)
 1986  France.ping AJ Auxerre(3)
 1987  France.ping RC Paris(2)
 1988  France.ping INF Vichy(3)
 1989  France.ping Le Havre AC(1)
 1990  France.ping Stade Brestois(1)
 1991  France.ping Paris Saint-Germain(1)  
 1992  France.ping RC Lens(3)
 1993  France.ping AJ Auxerre(4)
 1994  France.ping Olympique Lyonnais(2)
 1995  France.ping AS Cannes(2)
 1996  France.ping Montpellier la Paillade SC(1)   
 1997  France.ping Olympique Lyonnais(3)   
 1998  France.ping AS Saint-Etienne(3)   
 1999  France.ping AJ Auxerre(5)   
 2000  France.ping AJ Auxerre(6)   
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